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La place des partenariats public-privé dans l’avenir de la sécurité publique.

Par: Marie-Claire Asseko
novembre 18, 2016

L’Honorable Christian Paradis, Vice-président principal pour le développement stratégique de GardaWorld Services de protection – Canada, a participé à une discussion, « Approches pratiques de la civilianisation des fonctions traditionnellement assumées par la police », organisée par l’Association canadienne de gouvernance de police (ACGP) le 17 novembre dernier.

Fort de son expérience politique, Christian Paradis observe l’inquiétude croissante des populations à l’égard de la répartition des coûts de la police et se questionne sur la sécurité publique au Canada.

Le temps d’un changement de paradigme

Les collectivités à travers le pays sont de plus en plus contraintes de réduire leurs coûts, et les budgets de la police n’échappent pas à cette tendance. Certes, la réduction des budgets de la police pourrait menacer les régimes de retraite et diminuer les avantages sociaux des policiers, entraînant des désaccords entre les municipalités et les syndicats. Les fonctions opérationnelles pourraient également être réduites, ce qui générerait des délais de prises en charge et un service aux populations de qualité moindre au détriment de la sécurité publique.

Or, il existe une meilleure façon de gérer les corps de police tout en réduisant les coûts. En effet, les policiers se retrouvent souvent à gérer des tâches secondaires, plutôt que de servir les populations directement. Et si les municipalités faisaient appel à des citoyens formés pour assumer ces rôles de support ? Les policiers pourraient alors se concentrer sur leurs fonctions essentielles, celles pour lesquelles ils ont été formés.

Les défis des partenariats public-privé

La mise en place d’un modèle public-privé fait face à un certain nombre de défis, dont beaucoup ont trait à une mauvaise compréhension de la solution proposée. L’impartition des services de soutien aux forces policières peut être interprétée comme une privatisation de la police. En fait, ces partenariats permettent à un plus grand nombre d’officiers, et non moins, de servir en première ligne, et ces fonctionnaires demeurent des employés du gouvernement. Le personnel de soutien occupe des postes qui ne nécessitent pas la formation spécialisée requise des policiers, tels que:

  • Les services de détention

  • La signalisation routière et la gestion de la circulation

  • Les réponses aux appels de faible priorité et non-criminels

  • L’application des lois municipales

  • La protection de scène de crime

  • La prise et le traitement des empreintes digitales

  • La gestion des inventaires et de la réception

Comme c’est une mesure d’économie, nombreux sont ceux qui pourraient penser qu’elle implique des licenciements. Ce n’est pas le cas. Au contraire. Les officiers dégagés de ces tâches secondaires seront simplement réaffectés aux postes de première ligne pour lesquelles ils ont initialement été formés quand ils ont intégré les forces de police.

La responsabilité et la gouvernance sont également des aspects essentiels pour une impartition réussie. Les employés des entreprises de sécurité privée doivent être tenus responsables de leurs actes et évalués sur une base régulière, et cette évaluation doit être documentée selon des indicateurs clés de performance.

Proposition d’un plan d’action pour un partenariat gagnant

 

Une industrie en transformation, prête à soutenir les forces policières

L’industrie canadienne de la sécurité privée s’est considérablement professionnalisée au cours des dernières années avec la mise en place de plusieurs organismes qui supervisent et veillent à la bonne conduite des acteurs de l’industrie – la Ligue internationale de sécurité, l’Association canadienne de la sécurité et le Bureau de la sécurité privée au Québec.

Ces organismes, témoins de la montée des menaces terroristes à l’échelle mondiale, ont conduit les entreprises de sécurité privée à rehausser leurs standards de formation, de vigilance et d’intégrité de leurs employés. Aujourd’hui, plus de 140 000 agents de sécurité privée au Canada sont titulaires d’un permis d’agent de sécurité et possèdent l’expérience et les capacités requises pour fournir des services de soutien aux forces policières. Cela représente un ratio d’environ 2 agents de sécurité pour 1 policier.

Étude de cas : la police de Lincolnshire au Royaume-Uni

La police de Lincolnshire au Royaume-Uni a déjà prouvé les bénéfices de l’impartition. En 2010, le budget déjà serré du Lincolnshire a été réduit de 20% et le modèle traditionnel de gestion des forces policières ne permettait plus de s’ajuster à cette nouvelle réalité. Un partenariat a donc été formé avec un fournisseur de services de sécurité privée pour prendre en charge plus de 18 fonctions de soutien opérationnel et organisationnel, y compris l’octroi de permis d’armes à feu, la gestion des installations, la gestion de la réception, les finances et les technologies de l’information. Au total, 575 postes ont été externalisés.

Au cours des deux années qui ont suivi, la municipalité de Lincolnshire a économisé plus de 5.2 millions de livres par an, nettement plus que les 3.6 millions de livres estimées. Mais il ne s’agit pas seulement d’économies : avec plus de policiers occupant des postes de première ligne, le taux de criminalité a été réduit de 14% et la confiance du public envers les institutions publiques a augmenté.

Étude de cas : GardaWorld et l’ACSTA

Fournir des services de soutien aux corps policiers ne serait pas une première. GardaWorld a déjà conclu un partenariat avec une agence gouvernementale.

En 2011, l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) a confié à GardaWorld et à trois autres sociétés de sécurité privée des contrats visant à assurer le contrôle préembarquement des aéroports partout au Canada. La réussite de ce partenariat est telle que le contrat de GardaWorld vient d’être renouvelé pour une nouvelle période de cinq ans.

L’équipe de GardaWorld ne s’est pas contentée de répondre aux exigences du contrat : elle les a dépassées. Nous avons mis en place des procédures améliorées qui ont permis d’offrir la plus grande efficacité de contrôle de sûreté préembarquement et la meilleure performance de détection des menaces au Canada. Nous avons augmenté les mesures d’efficacité opérationnelle de 18%. Nos améliorations au programme de formation des nouveaux employés de l’ACSTA ont été déployées à l’échelle nationale pour tous les fournisseurs de services de l’Administration.

De la même manière, GardaWorld espère contribuer à des partenariats public-privé avec les services de police. Nos agents de sécurité hautement qualifiés excelleront à des postes précis de soutien aux forces policières de façon rentable, ce qui permettra aux policiers d’accomplir plus efficacement leurs services directs aux populations. En fin de compte, tout le monde gagne : les budgets sont maîtrisés, la sécurité publique s’améliore et la confiance dans la police est renforcée.