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Afghanistan Rapport de pays

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INTRODUCTION

L'Afghanistan (33 millions d'habitants) demeure l'un des pays les plus instables, les plus dangereux et les hostiles de la planète. Le pays subit une guerre civile et une insurrection continue depuis l'invasion des forces soviétiques en 1979. Le conflit actuel est rentré dans sa 17ème année consécutive. Les déplacements individuels ou collectifs sont formellement déconseillés par la majorité des chancelleries occidentales et ce quel que soit le motif du voyage. Pour tout déplacement impératif sur le territoire Afghan, Il est conseillé d'avoir recours à des services de gestion des risques internationaux en raison des difficultés logistiques et des menaces persistantes sur le terrain.

SÉCURITÉ

Dix-sept ans après la chute du régime taliban (1996-2001), les conditions sécuritaires, politiques, économiques, de santé, et de développement humain ainsi que les relations interethniques demeurent précaires après plus de trois décennies de conflits, de crises et de guerres ininterrompues. Aucune perspective d'amélioration à court et à moyen terme ne semble se dessiner. Alors que la majeure partie du conflit se déroule dans les zones rurales, le recours aux actions terroristes dans Kaboul, la capitale du pays ainsi que dans d'autres zones urbaines font parties des stratégies employées par les groupes anti-gouvernementaux. Kaboul est souvent la cible d'attentats à haute visibilité visant les installations d'organisations internationales ou de l'Etat. Le gouvernement ainsi que les forces de sécurité sont victimes de manière récurrentes de tentatives d'assassinats.

Les conditions de sécurité se sont rapidement détériorées après le retrait de la Force Internationale d'Assistance à la Sécurité (FIAS) en 2014. À la suite de la baisse du soutien aérien international et des efforts de renseignement et de surveillance, l'écart de force entre les groupes insurrectionnels, tels que les Talibans, et les Forces de la Sécurité Nationale Afghane (FSNA) s'est fortement réduit. Ce rééquilibrage des forces a permis aux forces anti-gouvernementales d'intensifier leurs opérations et d'étendre leur emprise sur différentes zones rurales. Ces groupes contrôlent un vaste territoire, d'une superficie jamais atteinte depuis l'invasion de 2001. Une étude conduite par les autorités américaines estime que l'état central contrôlait seulement 52 pour cent du territoire national Afghan fin 2017, contre 72 pour cent à l'automne 2015.

L'administration Trump a annoncé sa nouvelle stratégie qui fait suite à la décision de l'ancien président Obama d'abandonner son plan de retrait des troupes.  Pour fin 2017, il était prévu que le nombre de soldats américains présents en Afghanistan passe de 8 500 à environ 14 000. De plus, mille soldats supplémentaires appartenant à la nouvelle « Brigade d'assistance de la force de sécurité » (SFAB ; Security Force Assistance Brigade) devaient être déployés contre les forces anti-gouvernementales en amont d'une éventuelle « offensive printanière ». La SFAB sera composée de 36 équipes spécialisées, chacune composée de 12 soldats, pouvant être déployés en tant que « conseillers combatifs » aux côtés des forces afghanes. Le président américain a également levé les restrictions imposées à l'armée de l'air américaine, entrainant une augmentation des frappes aériennes visant les forces anti-gouvernementales. Selon le Pentagone, le soutien militaire américain devrait permettre aux forces afghanes de reprendre le contrôle de 80 % du pays d'ici 2020. Sans intervention étrangère (ou en l'absence d'un évènement politique ou sécuritaire majeur), les groupes anti-gouvernementaux continueront leurs avancés face au FSNA et étendront leur emprise sur les zones rurales dans le courant 2017-2018. Avec l'instabilité politique régnante, l'incertitude économique, et une économie de la drogue en expansion, la stabilité et la sécurité de l'Afghanistan demeurera précaire sur le moyen-long terme.

POLITIQUE

Près de quatre ans après les élections présidentielles d'avril 2014, la situation politique reste tendue en raison du manque d'entente au sein du Gouvernement d'Union National entre le président Ashraf Ghani et le chef de l'exécutif Abdullah Abdullah. Les deux rivaux peinent à œuvrer ensemble, hypothéquant tout fonctionnement régulier des institutions et favorisant le chaos institutionnel et des rivalités internes qui risquent de provoquer des manifestations et des violences, augmentant ainsi le risque politique.  Les pourparlers de paix voulus par le gouvernement, la population et la communauté internationale peinent à prendre corps, après que les talibans, contrôlant plusieurs provinces, se soient retiré des pourparlers en avril 2016. À la suite de cet échec, le leader des Talibans Mullah Mansour a été tué lors d'une frappe aérienne américaine en Mai 2016. Malgré les échecs répétés des efforts de paix avec les Talibans sur toute la durée du conflit, un accord de paix a été conclu entre le gouvernement d'unité nationale et le groupe Hezb-e-Islami Gulbuddin (HIG) en septembre 2016. Dans le cadre de l'accord de paix, le président Ghani a gracié fin 2017 des dizaines de prisonniers HIG, alors que le HIG a arbitré en janvier 2018 des pourparlers officieux en Turquie entre les Taliban et le gouvernement afghan. C'est une première étape historique qui pourrait inciter d'autres groupes rebelles à s'engager sur le chemin de la négociation et du dialogue.

Face à un vide sécuritaire et d'autres considérations géopolitiques, la Russie, la Chine, et l'Iran ont su étendre leur influence en Afghanistan, particulièrement la Russie qui soutient les Talibans dans la lutte contre l'expansion de l'Etat Islamique du Khorasan. La Chine continue à exercer son influence à travers le Pakistan et le nord de l'Afghanistan afin de sécuriser des routes commerciales lucratives ainsi que des droits miniers, tout en faisant part de ses inquiétudes quant à l'influx de certains éléments extrémistes du groupe ethnique ouighour dans sa province du Xinjiang. La Chine et la Russie expriment également leurs inquiétudes quant à la perspective d'une influence accrue des Etats-Unis sur leurs frontières. Ces acteurs régionaux pourraient compliquer le processus diplomatique puisque Washington réfléchit à intensifier sa présence militaire sur le terrain dans les prochains mois.

Le président Trump a publié un tweet début janvier 2018, affirmant que le Pakistan ne fournissait que des «mensonges et de la tromperie» en échange des millions de dollars d'aide fournis par les États-Unis. Cela s'ajoutait aux précédentes attaques qui prétendaient que le Pakistan aidait activement les forces AGE à l'intérieur de ses frontières en fournissant des «refuges» et une assistance militaire aux Talibans et au réseau Haqqani pour mener des opérations transfrontalières en Afghanistan. Depuis lors, les États-Unis ont suspendu leur aide militaire et sécuritaire tout en ciblant activement les forces AGE dans les zones frontalières tribales pakistanaises. Le Pakistan a réagi en coupant tous les liens diplomatiques et de partage de renseignements avec les États-Unis et en imposant le rapatriement forcé de 2,5 millions de Réfugiés afghans résidant actuellement sur son territoire.

Sur le plan intérieur, le président Ghani a accepté la démission du gouverneur de Balkh, Atta Mohammed Noor, en décembre 2017. Cependant, Noor, également chef du parti influent Jamiat-e-Islami, a déclaré que sa démission dépendait de plusieurs préconditions politiques. Une série de négociations longues mais pacifiques sur les douze conditions préalables ont débuté entre le palais présidentiel et les hauts responsables du parti Jamiat-e-Islami. En janvier 2018, Noor continue de refuser de démissionner à moins qu'un règlement négocié ne soit accepté par le parti Jamiat. En attendant, il menace les troubles civils dans la province de Balkh qui pourraient dégénérer et avoir un effet déstabilisateur potentiellement catastrophique sur le pays.

TERRORISME

Le risque terroriste est permanent et élevé en Afghanistan à cause d'une forte instabilité sécuritaire.  Les groupes anti-gouvernementaux utilisent le terrorisme comme tactique pour mettre en pression le gouvernement et ses alliés internationaux, mais aussi pour que les médias servent de relais pour leur propagande.

Les ciblent d'actes terroristes sont le personnel, les installations et les véhicules des forces, le gouvernement, les ressortissants étrangers, qu'ils soient militaires (cf. troupes de l'OTAN), personnels onusiens, diplomatiques ou humanitaires. Avec l'émergence de l'Etat Islamique du Khorasan, les rassemblements Shi'ites sont aussi visés.

La neutralité des ressortissants civils étrangers n'offre aucune garantie de protection face à la menace terroriste. Les Talibans ont déclaré après l'attaque d'une maison d'hôte en 2015 qui causa la mort de 10 ressortissants civils étrangers que "toute personne affiliée aux 'pays envahisseurs' n'est pas considérée comme un civil, et que tout ressortissant étranger d'un pays envahisseur, en particulier s'il provient d'un pays membre de l'OTAN, est considéré comme un envahisseur. On ne les considère pas comme des civils". Bien que les attaques conventionnelles des AGE aient récemment baissé en nombre (dû à l'hiver et une baisse des frappes aérienne US / ANSF), des attaques terroristes continuent à être perpétrées dans les grandes villes dans le but de déstabiliser l'ANSF et le gouvernement d'unité nationale. Entre décembre 2017 et janvier 2018, six attaques de grande ampleur ont eu lieu à Kaboul, dont une attaque visant des étrangers séjournant à l'hôtel Intercontinental (20 janvier) et une attaque contre le complexe " Save the Children " à Jalalabad (24 janvier).

CRIMINALITÉ

L'Afghanistan souffre d'un taux de criminalité élevé. En tant que premier pays producteur d'opium à pavot de la planète (94% de la production mondiale, lequel, une fois raffiné, devient héroïne), les groupes criminels profitent de l'instabilité régnante. Cette « production locale » de pavot criminalise depuis des décennies le fonctionnement de la société afghane, des segments les plus modestes jusqu'au plus haut niveau de l'Etat. L'absence de perspectives économiques (chômage et inflation élevés), la corruption généralisée et l'ininterruption des conflits poussent un grand nombre d'Afghans dans les méandres de la criminalité. De surcroit, les visiteurs étrangers (résidents, missionnaires, civils et militaires, diplomates et humanitaires) peuvent être exposés à la criminalité de diverses manières (vols à la tire ; extorsion ; violence ; homicide ; kidnapping ; car-jacking). Les ressortissants étrangers sont formellement conseillés de faire preuve d'une vigilance renforcée à tout moment et prendre des mesures de sécurité préventives.

Le risque de d'enlèvement est très élevé pour les Afghans et les ressortissants étrangers sur tout le territoire. Homme, femme ou enfant, personnel humanitaire, militaire ou simple citoyen, il n'est aucune frange de la population qui soit épargnée par cette autre menace. La majorité des personnes visées viennent généralement des milieux aisés Afghans et des pays occidentaux, en particulier pour bénéficier des sommes d'argent alléchantes qu'offrent ces gouvernements en guise de rançons. L'enlèvement est aussi utilisé comme levier de négociation politique. La libération de nombreux Talibans de Guantanamo Bay en échange du sergent américain Bowe Berghdal a encouragé les groupes militants à s'attaquer aux ressortissants américains. Faire profil bas ou cacher son affiliation à un gouvernement étranger n'offre pas d'immunité ou quelque protection que ce soit face aux enlèvements. Au contraire, le risque peut s'avérer être plus élevé puisque ce sont souvent de petits groupes criminels opportunistes qui vendent les victimes d'enlèvement aux groupes anti-gouvernementaux. Aucun groupe social n'est à l'abri du risque de kidnapping. La réponse des autorités politiques face à cette énième faiblesse est notoirement (très) insuffisante, à tel point qu'elles ont avertis les organisations internationales au printemps 2016 qu'elles ne pourraient pas intervenir en cas d'enlèvement. L'état de droit demeure à ce jour, sur des pans entiers du territoire, un concept vide de sens. Enfin, même si elles n'ont pas toutes les ressources et les équipements nécessaires à leur disposition, les forces de sécurité afghanes, notamment la police, sont loin de faire preuve d'un le professionnalisme à toute épreuve.

TRANSPORTS

Les transports routiers et aériens dans ce pays tourmenté au développement loin d'être achevé sont eux aussi porteurs de risque. Le mauvais état des routes, la criminalité répandue (attaques, rackets, kidnapping, barrages routiers illégaux) et l'activité insurrectionnelle de plus en plus étendue transforment les déplacements routiers en exercices particulièrement risqués, en province comme dans la périphérie des villes. Les déplacements en véhicule en dehors des zones urbaines doivent être entrepris au cas-par-cas après avoir analysé les risques potentiels. Les compagnies aériennes afghanes et leur façon de concevoir les déplacements ne présentent pas davantage toutes les garanties de sécurité ; à noter notamment que les compagnies domestiques Ariana, Safi, Pamir et Kam Air font l'objet d'une mesure d'interdiction d'atterrir dans l'Union européenne.

RISQUES NATURELS

Pays très montagneux, l'Afghanistan est exposé à une activité sismique significative et permanente. Le pays enregistre en moyenne deux séismes par semaine, principalement dans la région de l'Hindou Kouch et dans ses provinces du nord. Ces séismes sont relativement faibles et varient en moyenne entre 4,0 et 4,5 sur l'échelle de Richter. En octobre 2015, un séisme de magnitude 7,5 dans la province du Badakhshan (nord-est ; région de Pram) a fait près de quatre cents victimes et plus de 2 500 blessés.

Les avalanches et tempêtes de neige sont fréquentes en Afghanistan et causent chaque année la mort de dizaines de personnes ; fin février 2016, des avalanches dans le nord-est (région du Panshir notamment) avaient fait près de 200 morts.

Des inondations destructrices et meurtrières sont régulièrement à déplorer. Une cinquantaine de victimes furent comptabilisées en avril 2016 à la suite de précipitations violentes et de crues ayant sinistré plusieurs provinces du nord, dont Baghlan et le Takhar.

SANTÉ

L'Afghanistan souffre d'un environnement médical et sanitaire dégradé. Hors des grandes villes (Kaboul, Kandahar, Hérat), les installations hospitalières sont peu nombreuses, de qualité médiocre, généralement peu pourvues en matériels, personnel médical et médicaments et sont de manière générale constamment en état de manque. Dans la mesure du possible, il est conseillé d'éviter les installations hospitalières publiques. Il est vivement conseillé d'être à jour au niveau des vaccinations et de souscrire à une assurance maladie qui couvre les rapatriements sanitaires.

L'eau courante n'est guère potable et à proscrire ; il est conseillé de se rabattre sur la consommation d'eau en bouteille ou de thé à l'eau bouillie. Dans un registre proche, il est également conseillé d'éviter de consommer des produits alimentaires crus ou peu cuits (légumes, fruits, viandes et œufs notamment). Il est suggéré de se laver régulièrement les mains avec de l'eau et du savon, voire avec une solution hydro-alcoolique.

Plusieurs centaines de cas de grippe A/H1N1 ont été rapportés ces dernières années.

Les voyageurs étrangers noteront enfin que le paludisme est endémique dans les régions cultivées de moyenne altitude (sud notamment) ; de ce fait, il est conseillé de se protéger des piqûres de moustique en couvrant toutes les parties exposées du corps de crèmes répulsives, et d'avoir recours aux moustiquaires, y compris dans la capitale Kaboul.

DIVERS

Les ressortissants et visiteurs étrangers respecteront scrupuleusement les us et coutumes locales (vêtements portés ; attitude en société et en public ; tradition et religion) et noteront que la consommation d'alcool est illégale, quand bien même certains établissements ''autoriseraient'' son commerce.

Climat

Le climat est continental, avec étés chauds et secs (35 à 40°C) et des hivers rigoureux (jusqu'à -40°C) et neigeux en altitude. Les précipitations sont concentrées en mars et en avril.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 93

Il n'y a pas de service d'urgence dans le pays.

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: