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Rapports de pays

Afghanistan Rapport de pays

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INTRODUCTION

L'Afghanistan (652 000 km² ; 33 millions d'habitants) demeure un des pays les plus instables, les plus dangereux et hostiles de la planète et les moins propres à accueillir des visiteurs étrangers, quel que soit le motif de leur déplacement. Du reste, pour la totalité des chancelleries occidentales (à l'instar des autorités françaises), les voyages individuels ou collectifs y sont formellement déconseillés, dans tous les cas.

SÉCURITÉ

Seize ans après la chute du régime taliban (Emirat islamique d'Afghanistan ; 1996-2001), la situation générale (sécuritaire, politique, économique, interethnique, santé, développement humain) de ce pays affaibli par près de quatre décennies de conflit, de crise et de guerre ininterrompues, demeure terriblement sinistrée. A l'été 2017, aucune perspective d'amélioration à court-moyen terme ne semble se dessiner, à l'instar de cette inflation d'attentats perpétrés récemment dans la capitale Kaboul (cf. 31 mai 2017 ; une cinquantaine de victimes déplorées dans le 'quartier diplomatique') et ailleurs (cf. attentat à Lashkar Gah, dans la province méridionale du Helmand, le 23 juin 2017 : 40 morts et plusieurs dizaines de blessés), de la kyrielle d'opérations des talibans et autres insurgés radicaux (cf. 'Etat islamique' ; 17 soldats tués dans la province orientale du Nangarhar le 16 février).

Depuis 2015, l'insurrection obscurantiste  talibane et la nébuleuse de groupes islamo-terroristes (cf. 'réseau Haqqani' ; Daech / Etat islamique) ont redoublé leurs attaques et attentats (contre les symboles de l'Etat, les populations civiles, les forces de l'OTAN). A l'été 2017, on estime qu'environ 40% du territoire afghan serait contrôlé par ces acteurs non-étatiques radicaux, dans un contexte général de repli progressif de l'autorité de l'Etat et de pertes considérables dans les rangs des forces armées et de police.

Depuis le 1er janvier 2015, l'OTAN maintient dans un format restreint (au niveau du nombre de ses hommes et de ses missions) environ 12 500 soldats sur le sol afghan. Un dispositif considérablement réduit (en rapport des 140 000 hommes déployés en 2011) et peinant, à l'évidence, à répondre au besoin.

POLITIQUE

Trois ans après les dernières élections présidentielles (printemps-été 2014), la situation politique s'avère, en cette mi-2017, fort ténue, la faute essentiellement à l'incapacité de l'administration Ghani (du nom du chef de l'Etat) à fonctionner dans sa matrice, contre-nature, bicéphale. Le Président et son Chief Executive A. Abdullah, rivaux acharnés lors du scrutin présidentiel, peinent à seulement œuvrer ensemble, hypothéquant tout fonctionnement régulier des institutions et favorisant le chaos institutionnel.

Les pourparlers de paix voulus par le gouvernement, la population et la communauté internationale  peinent à prendre corps, face à l'intérêt très relatif des talibans, lesquels se montrent à l'été 2017 plus investis sur le terrain des combats, engageant les forces gouvernementales sur une multitude de fronts, éprouvant de plus en plus sérieusement ces dernières, au point d'inquiéter sérieusement la population et les observateurs étrangers.

Une vaste palette de risques (généralement élevés) afflige cette nation bigarrée parmi les plus pauvres et les moins développées de ce début de XXIème siècle.

A commencer par le contexte sécuritaire, particulièrement dégradé, lequel associe divers facteurs de risques, dont :

TERRORISME

Le risque terroriste, permanent, élevé : il n’est pas une province, pas une agglomération, à se trouver à l’abri de la menace terroriste, affectant la population locale, les infrastructures, les forces de sécurité et les responsables nationaux, les bâtiments publics et privés (cf. guest houses), les ressortissants étrangers, qu’ils soient militaires (cf. troupes de l’OTAN), personnels onusiens ou humanitaires. Les représentations diplomatiques étrangères peuvent également être visées. L’utilisation de bombes artisanales (IED) s’est répandue de manière considérable ces dernières années. Longtemps « préservée » - dans une certaine mesure - de ce fléau, la capitale Kaboul est régulièrement touchée par des attentats spectaculaires et meurtriers.

CRIMINALITÉ

Kidnapping, une menace avérée : l’exposition des Afghans et des ressortissants étrangers, sur tout le territoire est élevée. Homme ou femme, humanitaire, simple citoyen ou militaire, il n’est aucune frange de la population qui soit épargnée par cette autre menace. La réponse des autorités (politiques, forces de l’ordre) face à cette énième faiblesse est notoirement (très) insuffisante ; l’état de droit demeure sur des pans entiers du territoire un concept vide de sens. Enfin, le professionnalisme des forces de sécurité afghanes (police notamment), pour le moins sujet à caution, ne saurait arranger ce panorama ténu.  Une criminalité importante : premier pays producteur d’opium à pavot de la planète (94% de la production mondiale, lequel, une fois raffiné, devient héroïne), l’Afghanistan n’est pas loin d’être considéré comme un narco-Etat. Cette « production locale » de pavot criminalise depuis des décennies le fonctionnement de la société afghane, des segments les plus modestes jusqu'au plus haut niveau de l’Etat. L’absence de perspectives économiques (chômage et inflation élevés), la corruption généralisée, la poursuite des hostilités, poussent un grand nombre d’Afghans dans les méandres de la criminalité. Les visiteurs étrangers (résidents, missionnaires, civils et militaires, diplomates et humanitaires) peuvent y être exposés de diverses manières (vols à la tire ; extorsion ; violence ; homicide ; kidnapping ; car-jacking) ; une situation imposant à ces derniers une vigilance de tous les instants et la mise en place de dispositifs de sécurité adaptés.

TRANSPORTS

Les transports (routiers, aériens) dans ce pays tourmenté au développement loin d’être achevé sont eux aussi porteurs de risque. Le mauvais état des routes, la criminalité répandue (attaques, rackets) et l’activité insurrectionnelle de plus en plus étendue rendent les déplacements routiers des exercices par nature risqués, en province comme à la périphérie des villes. Les compagnies aériennes afghanes et leur façon de concevoir les déplacements ne présentent pas davantage toutes les garanties de sécurité ; à noter notamment que les compagnies domestiques Ariana, Safi, Pamir et Kam Air font l’objet d’une mesure d’interdiction d’atterrir dans l’Union européenne.

RISQUES NATURELS

Pays très montagneux, l’Afghanistan est exposé à une activité sismique significative et permanente. En octobre 2015, un séisme de magnitude 7,5 dans la province du Badakhshan (nord-est ; région de Pram) avait fait quatre cents victimes et plus de 2 500 blessés.

Les avalanches et tempêtes de neige sont fréquentes en Afghanistan et causent chaque année la mort de plusieurs dizaines de personnes ; fin février 2016, des avalanches dans le nord-est (région du Panshir notamment) avaient fait près de 200 victimes.

Des inondations destructrices et meurtrières sont régulièrement signalées, à l'instar de la cinquantaine de victimes déplorées en avril 2016 suite aux précipitations violentes et aux crues ayant sinistré plusieurs provinces du nord, dont Baghlan et le Takhar.

SANTÉ

Un environnement médical et sanitaire dégradé. Ce pays entre Asie centrale et sous-continent indien, sa population dépassant les 33 millions d’individus, souffrent d’un environnement médical et sanitaire très dégradé. Hors des grandes villes (Kaboul, Kandahar, Hérat), les installations hospitalières sont peu nombreuses, de qualité médiocre, généralement peu pourvues en matériels, personnel médical et médicaments, se débattant dans un environnement général de carences. Dans la mesure du possible, il est conseillé d’éviter leur visite…

L’eau courante n’est guère potable et à proscrire ; il s’agit de se rabattre sur la consommation d’eau en bouteille ou de thé à l’eau bouillie. Dans un registre proche, il s’agira également d’éviter de consommer des produits alimentaires crus ou peu cuits (légumes, fruits, viandes et œufs notamment). Il est suggéré de se laver régulièrement les mains avec de l’eau et du savon, voire une solution hydro-alcoolique.

Plusieurs centaines de cas de grippe A/H1N1 ont été signalés ces dernières années.

Les voyageurs étrangers noteront enfin que le paludisme est endémique dans les régions cultivées de moyenne altitude (sud notamment) ; de ce fait, il est conseillé de se protéger des piqûres de moustique en couvrant toutes les parties exposées du corps de crèmes répulsives, et d’avoir recours aux moustiquaires, y compris dans la capitale Kaboul.

DIVERS

Les ressortissants et visiteurs étrangers respecteront scrupuleusement les us et coutumes locales de cette république islamique (vêtements portés ; attitude en société et en public ; tradition et religion) et noteront que la consommation d'alcool est illégale, quand bien même certains établissements ''autoriseraient'' son commerce.

Climat

Le climat est continental, avec étés chauds et secs (35 à 40°C) et des hivers rigoureux (jusqu'à -40°C) et neigeux en altitude. Les précipitations sont concentrées en mars et en avril.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 93

Il n'y a pas de service d'urgence dans le pays.

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: