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Afrique du sud Rapport de pays

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INTRODUCTION

Même si l'Afrique du Sud (56 millions d'habitants) demeure une des destinations touristiques les plus prisées d'Afrique sub-Saharienne, les voyageurs y séjournant se doivent de rester vigilant, notamment lorsqu'il est question de visiter ou de passer par les grandes villes du pays (Johannesburg, Le Cap, Durban).

CRIMINALITÉ

L'Afrique du Sud souffre d'une criminalité très importante et demeure classée parmi les pays les plus violents au monde. Les townships (quartiers pauvres et sous-équipés) ainsi que les régions reculées sont particulièrement touchés. Les statistiques annuelles sur la criminalité publiées par la police sud-africaine témoignent de la hausse continue des crimes avec violence ces dernières années.

Les cas de cambriolages armés et de harcèlements sont parmi les crimes les plus répandus ; ceux-ci sont souvent perpétrés par des gangs criminels organisés, armés de couteaux ou d'armes à feu. Les intrusions de domiciles (de nuit comme de jour), les carjackings, les cambriolages commis en brisant une devanture, ou encore les vols aux distributeurs de billets sont fréquents. Le détail des hotspots de carjacking dans les grandes villes du pays est disponible sur cette carte interactive (cliquez ici). Il a été rapporté plusieurs cas où les criminels faisaient croire à de faux accidents de la circulation pour forcer les automobilistes à s'arrêter. L'Afrique du Sud fait face, en outre, à l'un des taux les plus élevés au monde de viol ; les ressortissants étrangers ne sont pas épargnés par ce phénomène.

Les agresseurs sont quasi-systématiquement armés et n'hésitent pas à recourir à la force, jusqu'à commettre des homicides. Aucune résistance ne doit donc leur être opposée.

Si ces risques existent également en journée, ils connaissent néanmoins une augmentation très sensible une fois la nuit tombée. Les fréquentes coupures de courant à grande échelle survenant dans les zones urbaines sont susceptibles d'accroître ces risques en entraînant l'arrêt des systèmes de sécurité dans les maisons (alarmes, etc.) ainsi que de l'éclairage public. Il convient d'éviter de se rendre dans les stations-services une fois la nuit tombée.

Il est déconseillé aux visiteurs étrangers de se rendre dans les townships des grandes villes (Alexandre, Diepsloot, Berea, Yeoville et Soweto pour Johannesburg ainsi que DuNoon, Joe Slovo, Ocean View et Khyatelitsha pour le Cap). Une vigilance particulière doit également être exercée dans et à proximité des quartiers centraux (à Johannesburg : centre-ville historique et quartier de la gare routière ; au Cap : Bo-Kaap ; à Durban : Quai Victoria et front de mer), fréquemment désertés en dehors des heures de bureau.

Dans un autre registre, les fraudes à la carte bleue sont fréquentes, y compris dans les bars et restaurants s'adressant à une clientèle aisée, où les moyens de paiement doivent donc être surveillés lors du règlement de l'addition. Il est recommandé de n'utiliser que les distributeurs de billets situés à l'intérieur des banques et de procéder aux retraits d'argent en journée uniquement, du fait des risques d'agression - les distributeurs situés dans les stations-services doivent être strictement évités.

Dans les zones isolées connaissant un important afflux de touristes, le nombre d'attaques violentes a également augmenté. C'est notamment le cas dans la province du Mpumalanga, en bordure du parc national Kruger, ainsi que dans le parc national royal du Drakensberg (KwaZulu-Natal). Il est donc déconseillé de visiter ces zones seul.

Certains rapports font état de l'activité de gangs criminels à l'aéroport international OR Tambo (JNB). Courant juillet 2017, le gouvernement a intensifié sa lutte contre la criminalité autour de l'aéroport et ses environs ; des contrôles de sécurité ont été ajoutés à l'intérieur de l'aéroport, la présence policière a été renforcée et des barrages routiers ont été dressés afin d'en limiter l'accès.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

Ces dernières années ont été marquées par des tensions socio-politiques importantes  ; le parti au pouvoir, le Congrès national africain, a été tiraillé par des divisions internes et un recul du soutien populaire. Ce recul, lié à de multiples scandales, à la mauvaise gestion des derniers publics reprochée au président Jacob Zuma ainsi qu'à l'érosion de l'électorat traditionnel de l'ANC, avait été illustré par le résultat des élections municipales du 3 août 2016. Même si l'ANC avait remporté le scrutin, le parti avait perdu certains de ses bastions historiques.

De plus, depuis mars 2017, des tensions politiques, provoquées par le licenciement par Zuma d'un de ses ministres, se sont intensifiées, entrainant une division au sein du parti. Celles-ci ont amené plusieurs membres de l'ANC, de l'opposition et du grand public à appeler à la démission de Zuma. En dépit des nombreuses polémiques, dont des accusations de corruption et de détournement de fonds publics, Zuma, au pouvoir depuis 2007, restera certainement aux affaires jusqu'à la prochaine élection du dirigeant du parti (décembre 2017).

Des élections générales sont programmées en 2019 : le président Zuma n'y sera pas éligible.

RISQUE SOCIO-ÉCONOMIQUE

L'Afrique du Sud est historiquement un des moteurs de l'économie de l'Afrique sub-saharienne. Porté par une forte croissance lors des décennies 1990 et 2000, le pays a enregistré des progrès significatifs dans la lutte contre la pauvreté.

Cependant, la reprise économique difficile suite à la crise financière de 2008-2009 a exacerbé les disparités socio-économiques déjà présentes, héritées de l'apartheid. Depuis, le gouvernement peine à reprendre le contrôle sur le déficit budgétaire ainsi qu'à remédier à l'accroissement de la dette publique et à la détérioration des perspectives de croissance économique. Cette incertitude politique récente a aggravé la perspective économique négative du pays ; les troubles sociaux demeurent un enjeu majeur dans le pays. Des grèves et manifestations, engendrées par ces difficultés socio-économiques et politiques ont lieu régulièrement, organisées contre les carences du pouvoir dans la fourniture de services publics de base (électricité, eau et prestations sociales).

Les violences xénophobes demeurent. En février 2017, une vague d'attaques contre des immigrés avait touché différentes parties du pays, notamment Pretoria et Johannesburg (destructions de commerces, vandalismes, incendies de maisons, vols). Les éruptions violentes de ce type surviennent à intervalle régulier, visant principalement les migrants originaires d'autres pays africains.

Les syndicats sont puissants en Afrique du Sud ; le pays est coutumier des grèves dans de multiples secteurs, le plus souvent initiées pour des revendications salariales, et pouvant s'avérer violentes. En septembre 2017, le Congrès des syndicats sud-africains, première des trois fédérations syndicales du pays, avait mené une grève nationale contre la corruption.

Des manifestations et des protestations peuvent avoir lieu à tout moment et préavis. Celles-ci pouvant facilement dégénérées, il est conseillé d'éviter tout rassemblement et protestation.

TERRORISME

Bien que les autorités sud-africaines n'aient jamais été confrontées à un attentat terroriste, les experts ont toujours émis des réserves et exhorté le gouvernement à prendre des mesures face au développement de cellules terroristes sur le territoire.

Les forces de sécurité auraient déjoué plusieurs attentats à l'intérieur du pays, dont certains visaient des chancelleries diplomatiques occidentales. La menace terroriste s'est matérialisée le 11 juillet 2016 avec la tentative d'attentat contre l'ambassade des États-Unis et les bâtiments d'une institution juive de Pretoria, perpétrée par deux ressortissants nationaux, connus des services de police.

Certains éléments donnent à penser que l'État islamique (EI) aurait établi des réseaux de recrutement dans le pays, même si ceux-ci sont de taille limitée. En 2016, plusieurs cas de ressortissants sud-africains et étrangers, soupçonnés d'être affiliés aux groupes salafistes djihadistes et de vouloir entrer sur le territoire sud-africain depuis des zones de conflits, dont la Syrie, la Libye et l'Irak, ont été signalés. De plus, les individus inspirés par des attaques perpétrées par des terroristes isolés font l'objet d'un risque latent. Ces attaques ciblent les espaces publics hautement fréquentés ainsi que les rassemblements importants, ainsi que les lieux souvent fréquentés par les étrangers.

SANTÉ

Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire. En Afrique du sud, les infrastructures hospitalières privées sont de bonne qualité mais très coûteuses. Même en cas d'urgence, sans la présentation de garanties de paiement ou d'une assurance-santé, un patient étranger pourrait se voir refuser l'accueil et toute prise en charge médicale. La plupart des praticiens parlent couramment anglais.

Bien que l'Afrique du Sud connaisse des risques sanitaires importants, ceux-ci frappent avant tout les communautés défavorisées.

Le risque de contraction du paludisme reste faible, et les épisodes occasionnellement signalés ont une étendue limitée. En octobre 2017, la direction du Parc national Kruger avait publié une alerte mettant en garde les individus présents ou voyageant aux zones environnant le parc dans les provinces de Limpopo et Mpumalanga. Des cas de paludismes ont également été signalés en octobre 2017 dans la région du Pretoria, ce qui reste relativement exceptionnel.

Par ailleurs, des cas de fièvre de la vallée du Rift et du virus de la région Ouest du Nil, maladies transmises par les moustiques, ont été signalés dans le pays.

L'infection parasitaire de la schistosomiase (bilharziose) est présente dans certaines étendues d'eau, le parasite pénétrant la peau et s'y développant dans le corps humain. Il est recommandé d'éviter de nager ou de patauger dans l'eau douce ainsi que de marcher pieds nus à l'extérieur.

En outre, si les conditions d'hygiène alimentaire sont satisfaisantes dans les grandes villes, elles le sont moins dans les zones rurales, notamment au regard de la qualité de l'eau. Des maladies diarrhéiques comme le choléra peuvent alors survenir. Il est de ce fait impératif de se laver les mains régulièrement et soigneusement, de ne boire que de l'eau purifiée ou en bouteille, et de veiller à son alimentation.

En outre, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida. Selon des données recueillies par l'ONUSIDA en 2017, l'Afrique du Sud connait l'une des épidémies du SIDA les plus importantes au monde, avec 7,1 million de personnes de séropositives en 2016, et un taux de prévalence de 18,9 % chez les adultes.

L'Afrique du Sud est régulièrement touchée par des épidémies de rougeole, une maladie infectieuse qui se transmet par les postillons (toux) ou les éternuements d'une personne infectée. Cette maladie affecte principalement les jeunes enfants et reste l'une des causes principales de mortalité infantile. Il existe un vaccin contre la rougeole.

Alors que la fièvre jaune ne sévit pas en Afrique du Sud, un certificat de vaccination est nécessaire aux voyageurs âgés de plus d'un an en provenance d'une zone d'endémie (ou ayant transité plus de 12 heures par l'aéroport d'un pays où la maladie est présente) pour entrer sur le territoire. Les individus n'étant pas en mesure de présenter ce certificat peuvent se voir refuser l'entrée sur le territoire par les autorités.

TRANSPORTS

La majorité des moyens de transports est considérée comme relativement sûre (routes, Gautrain, compagnies aériennes nationales, etc.).

L'Afrique du Sud dispose d'infrastructures aéroportuaires de bonne qualité (aéroports de Johannesburg, de Durban ou du Cap). Les compagnies aériennes sud-africaines (nationales et low-costs) opèrent conformément aux standards internationaux de sécurité. Il convient d'être vigilant, de nombreux vols de bagages sont recensés. De même, des cas de voyageurs ayant été suivis de l'aéroport jusqu'à leur domicile pour y être agressés ont été signalés. Il est conseillé d'organiser son accueil à l'aéroport en amont.

Le « Gautrain », ligne de train à grande vitesse reliant Johannesburg à l'aéroport OR Tambo International et à Pretoria, peut être emprunté en toute sécurité. Il est en revanche déconseillé d'emprunter l'ancienne ligne de chemin de fer entre Johannesburg et Pretoria, « Metro », où sévissent de nombreux délinquants. Toutefois, la gestion des voies ferrées est souvent critiquée par les Sud-Africains, lesquels reprochent à l'État l'insuffisance de moyens dédiés à ce secteur.

Les grands axes traversant le pays sont en très bon état. Cependant, les routes secondaires - notamment dans les provinces défavorisées du Cap-Oriental et du Limpopo - sont souvent mal entretenues et/ou non-goudronnées. La présence d'animaux sur la route et d'individus sur le bas-côté, les dépassements dangereux et l'absence d'éclairage imposent ainsi de respecter une vigilance particulière et d'éviter strictement tout voyage de nuit dans les zones rurales. Les axes routiers autour du nord Kwazulu et du Zululand sont particulièrement dangereux la nuit, de nombreux vols y sont signalés, en particulier sur les routes secondaires. Le mauvais entretien de certains véhicules et le non-respect du code de la route entraînent fréquemment des accidents mortels.

Le recours à un véhicule avec chauffeur est recommandé le temps de s'habituer à son environnement et de se repérer dans la ville. Il convient toutefois de rappeler aux voyageurs que l'on roule à gauche en Afrique du sud, une situation qui impose vigilance (notamment aux carrefours et ronds-points) aux personnes habituées à la conduite à droite.

En outre, il est indispensable d'être particulièrement vigilant, les voleurs sont connus pour employer des méthodes diverses afin de faire arrêter un véhicule (placer des pierres sur la route, faire croire à une panne, se déguiser en faux policier ou demander à être pris en autostop).  Enfin, il est recommandé de placer toutes ses affaires à l'abri des regards et de circuler portières verrouillées et fenêtres remontées. En cas de déplacement de longue durée, il convient d'être muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et dispose de moyens de télécommunication efficaces.

Les touristes ou voyageurs d'affaires ne doivent jamais se déplacer de nuit ou seul - un groupe d'au moins trois personnes est conseillé. Il est recommandé d'éviter impérativement tout déplacement en transport en commun ; les services de minibus sont à proscrire en raison de la vétusté des véhicules et des pratiques particulièrement dangereuses des conducteurs.

RISQUES NATURELS

Pendant l'hiver austral (de juin à août), la région du Cap connaît d'importantes intempéries susceptibles de donner lieu à des pluies diluviennes à l'origine d'inondations et de glissements de terrain.

De nombreuses régions, notamment dans la province du Cap-Occidental (région du Cap), sont également touchées par les feux de brousse durant l'été austral (de décembre à février), occasionnant localement d'importants dégâts matériels ainsi que des difficultés de circulation. En janvier 2017, d'importants feux de brousse avaient détruit un grand nombre de propriétés à Somerset West. 

INFRASTRUCTURES

L'usage de la téléphonie mobile et d'internet est répandu. Alors que la réception cellulaire est généralement bonne dans les villes, elle reste sporadique dans les zones rurales.

LÉGISLATION LOCALE

Il est fortement recommandé à tous les ressortissants étrangers de toujours porter une pièce d'identité valable sur soi (cf. passeport). Celle-ci doit être présentée, sur demande, aux autorités compétentes.

Selon la réglementation locale en matière d'entrée et de sortie des mineurs, étrangers ou sud-africains, en vigueur depuis le 1er juin 2015, tous les parents sont tenus de présenter un justificatif attestant du lien de filiation avec leurs enfants, à l'entrée comme à la sortie du territoire sud-africain. Cette mesure s'applique en tout point frontalier du pays. Il convient de garder à l'esprit que certains de ces documents doivent être traduit par un traducteur assermenté et que les simples copies ne sont pas valables.

Climat

Le climat est assez variable d'une région à l'autre : désertique au nord-ouest, plus arrosé au centre et au nord-est. Des pluies de mousson se produisent en été (janvier-avril) notamment du côté de Johannesburg ; les température sont plus élevées de décembre à mars (été). Il peut parfois geler en hiver, voire neiger sur les hauteurs, notamment dans les montagnes du Drakensberg.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 27 Police: 110

Electricité

Voltage: 220/230 V ~ 50 Hz

Prises:

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