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Rapports de pays

Algérie Rapport de pays

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INTRODUCTION

Tout voyageur se déplaçant en Algérie (40 millions d'habitants), pays du Maghreb placé sur la rive sud de la Méditerranée, se doit de prendre conscience des risques liés à la situation nationale et régionale, et des risques de catastrophes naturelles.

RÉGIONS À ÉVITER

En raison d'un risque terroriste à la fois interne (présence de groupuscules islamistes opposés au gouvernement central) et international (présence d'Al-Qaïda au Maghreb Islamique - AQMI - ou encore du groupe djihadiste « État Islamique » - EI) persistant dans le pays, la plupart des pays occidentaux déconseillent formellement à leurs ressortissants tout déplacement dans le sud désertique algérien, sous une ligne s'étirant de la ville de Béni Abbès à Tébessa, en passant par Adrar et Hassi Messaoud.

Les déplacements dans le reste du territoire présentent un risque élevé, à l'exception de quelques grandes villes telles qu'Alger, Oran ou encore Tlemcen, considérées comme plus sécurisées.

Il convient tout particulièrement d'éviter la région de la Kabylie, à l'est d'Alger, notamment les wilayas de Tizi Ouzou, Bouira, Boumerdès, Béjaïa, et Jijel, où le risque terroriste demeure élevé. C'est dans les alentours de la ville de Tizi Ouzou qu'un ressortissant français avait été enlevé le 21 septembre 2014, avant d'être exécuté quelques jours plus tard par un groupe terroriste.

Les régions frontalières avec la Tunisie (wilayats d'Annaba, El Taref, Souk Ahras, Tébessa, El Oued, et l'Est d'Ouargla) et avec la Libye (wilayat d'Illizi) sont également des zones sensibles où tout déplacement reste déconseillé. Plusieurs cellules terroristes opèrent dans le massif des Aurès.

La frontière entre l'Algérie et le Sahara occidental doit être évitée due à la présence résiduelle de mines.

TERRORISME

La plupart des pays occidentaux juge le risque terroriste élevé en Algérie.

L'Algérie demeure une cible prioritaire des groupes terroristes de la bande sahélienne (AQMI, EI, El-Mourabitoune, etc.), même si des États comme le Mali et le Niger constituent a priori des cibles plus faciles. Le gouvernement a également développé le dispositif sécuritaire présent sur les frontières du territoire et dans les villes principales (y compris Alger), tout particulièrement à proximité des ambassades et des sièges d'entreprises occidentales. Les frontières avec le Mali, le Niger et la Libye sont officiellement fermées, mais les migrants, terroristes et passeurs réussissent encore à traverser.

Tout au long de l'année 2017, l'armée algérienne a menée avec succès diverses opérations antiterroristes sur l'ensemble du territoire, en particulier contre les affiliées locales de l'État islamique dans l'est de l'Atlas. D'après le ministère de la Défense, 91 terroristes ont été abattus et une quarantaine arrêtés en 2017 ; plus de 400 refuges de groupes terroristes ont été détruits et de nombreux stocks d'armes ont été saisis. Les groupes terroristes actifs dans le pays, et en particulier dans la région de Kabylie, ont vu une diminution importante du nombre de leurs combattants et la perte de plusieurs anciens dirigeants qui ont réduit leur efficacité opérationnelle.

Néanmoins, les cellules terroristes présentes en Algérie se montrent résilientes, et il est possible qu'à terme, un groupuscule passe au travers des mesures de sécurité rigoureuses mises en place dans tout le pays. En février 2017, deux postes de police de Constantine avaient été la cible d'attentats suicides. Un autre attentat-suicide avait visé un poste de police à Tiaret en août 2017, tuant deux officiers.

En raison de la participation de la France à la lutte contre le terrorisme et l'EI, les ressortissants français présents en Algérie se doivent d'être particulièrement vigilants.

POLITIQUE

Le pouvoir politique algérien est concentré dans les mains du Président Abdelaziz Bouteflika (80 ans), au pouvoir depuis 1999. Les élections législatives du 4 mai 2017 ont maintenu au pouvoir la coalition composée du Rassemblement national démocratique (RND), dont le Premier ministre Ahmed Ouyahia est issu, et du Front de libération nationale (FLN), mené par Bouteflika. Ces élections ont connu un des plus bas taux de participation jamais enregistrés en Algérie, confirmant le mécontentement de la population à l'égard des responsables politiques. Ce phénomène s'explique par l'absence de changement et / ou d'initiative suite aux élections législatives ainsi que le maintien au pouvoir de certaines personnalités politiques malgré de nombreux scandales de corruption.

Les prochaines élections présidentielles devraient avoir lieu en 2019 ; d'ici lors, le nombre et l'intensité des manifestations à caractère politique devraient s'intensifier.

Dans le même temps, la pression économique découlant de la faiblesse persistante des prix du gaz et du pétrole augmente, et il est incertain que le rythme actuel des réformes garantira la stabilité économique et sociale de l'Algérie dans les années à venir.

Les tensions sociales se sont intensifiées début 2018, notamment à la suite de l'augmentation des prix du pétrole prévue par la loi de finance 2018, à l'origine d'une hausse de 3 à 5 % des prix des biens à la consommation. Le gouvernement espère combler son déficit, à la hausse depuis la chute des prix du pétrole mi-2014 (la production et l'exportation de pétrole représente 60 % des revenus du pays et 95 % de ses exportations, et les revenus pétroliers et gaziers de l'Algérie ont diminué de 50 % depuis 2014). L'Algérie est traversée par une vague de manifestations touchant un éventail de secteurs professionnels différents (commerçants, marins et pêcheurs, personnel aérien, médecins, étudiants, professeurs, anciens militaires, éboueurs, etc.). Les mouvements les plus notables concernent le secteur médical, dont la grève cyclique des paramédicaux et les manifestations des médecins résidents, qui compromettent sévèrement le fonctionnement des hôpitaux dans l'ensemble du pays, ainsi que la grève du personnel navigant d'Air Algérie, laquelle paralysa la flotte de la compagnie à deux reprises durant le mois de janvier. Le secteur de l'éducation n'échappe guère à la grogne sociale.

La plupart de ces mouvements restent pacifiques, même si des échauffourées entre manifestants et force de l'ordre ne sont pas à exclure. Les rassemblements sont interdits à Alger, et ce depuis 2001.

Des manifestations et mouvements de grèves peuvent toucher les villes de taille moyenne et affecter le fonctionnement des transports publics.

SÉCURITÉ

Certains crimes et délits (cf. vols à main  armées, cambriolages) surviennent dans les zones densément peuplées, même s'ils sont rarement signalés. Les voyageurs doivent être prudents, car ils sont souvent la cible privilégiée de ces crimes, même si l'on note une forte présence policière dans les régions touristiques. Il est ainsi recommandé d'éviter les marques de richesse, de ne pas se promener avec d'importantes sommes d'argent sur soi, et de ne pas marcher dans les endroits inconnus la nuit. Outre ces petits crimes, l'Algérie est généralement considérée comme un pays globalement « sûr » (hormis risque terroriste). 

Les cambriolages sont plus fréquents dans les régions moins développées même si certains surviennent dans les quartiers plus favorisés. La grande majorité de ces cambriolages sont des « crimes d'opportunité ». Ainsi, il suffit souvent d'une maison bien sécurisée afin de dissuader les criminels. Par ailleurs, même s'il faut rester vigilant, les criminels ont généralement tendance à éviter tout recours à la violence.

Des kidnappings « express » sont signalés de temps à autre. Les assaillants érigent souvent de faux barrages de police pour attaquer les conducteurs. Le risque est plus élevé à Alger, aux frontières et dans le sud. Les voyageurs doivent être vigilants en permanence et éviter de donner trop d'informations sur leur situation. 

Éviter les plages peu fréquentées, propices aux vols de voitures.

TRANSPORTS

Un grand nombre de d'accidents de la route mortels ont lieu chaque année en Algérie, en raison de l'état du réseau routier, des véhicules mal entretenus, et des automobilistes qui ne respectent pas le code de la route. Malgré l'amélioration des mesures de sécurité routière depuis quelques années, le nombre d'accidents reste élevé. En 2017, 25 038 accidents routiers ont été signalés (-13,23 % par rapport à 2016) et 3639 individus (-8,84 %) ont péri sur les routes.

De manière générale, il est préférable de se déplacer en avion pour les liaisons inter-villes ; tout voyage comprenant un déplacement par une route à l'extérieur du réseau routier des grandes villes demeure déconseillé. Toutefois, si nécessaire, il est préférable de se déplacer avec un convoi de plusieurs véhicules équipés d'appareils de communication d'urgence (cf. téléphones satellites). Il est toujours préférable de voyager avec une personne locale. Les embuscades routières sont rares mais quatre incidents différents avaient été signalés en 2016, causant la mort de plusieurs citoyens Algériens. Les contrôles militaires et politiques sont fréquents sur toutes les routes majeures dans les zones urbaines et rurales. Le personnel de sécurité s'attend à une coopération totale.

Si vous souhaitez emprunter un taxi, il est préférable de demander conseil auprès de votre hôtel afin de vous assurer de la fiabilité/sérieux de la compagnie envisagée.  Il est par ailleurs déconseillé d'autoriser des passagers étrangers à rejoindre le voyage et fortement recommandé de prévoir le trajet retour avec son conducteur car les taxis se trouvent difficilement, surtout après la tombée de la nuit.

Des trains relient les villes de la côte et sont généralement fiables et sécurisés. L'intérieur des terres est moins bien desservi. À Alger, une ligne de métro longe la côte et deux lignes de tramway desservent les quartiers est de la ville. Les lignes sont assez bien entretenues et sûres en journée.

La Société Nationale Corse Méditerranée (SNCM) assure la desserte des ports d'Alger et de Skikda à partir de Marseille, ainsi que la liaison sur Oran au départ d'Alicante (Espagne). Le ferry peut transporter aussi bien des véhicules que des passagers à pied. Il est préférable, pour les personnes voyageant sans moyen de locomotion, de prévoir un accueil par des personnes de confiance à l'arrivée.

L'aéroport International Houari Boumediene, assurant les liaisons domestiques et extérieures, se situe au sud-est de la capitale Alger. L'aéroport est soumis aux standards internationaux de sécurité aérienne. Même si les mesures de sécurité ne sont pas semblables à celles dans les aéroports occidentaux, un personnel de sécurité est présent et opérationnel dans l'intégralité de l'aéroport. Le gouvernement a récemment mis en place de nouvelles mesures afin d'améliorer la sécurité de l'aéroport.

RISQUES NATURELS

Les séismes touchent parfois le nord du pays. Le 21 mai 2003, un violent séisme de magnitude 6,7 (échelle de Richter) avait fait 2 200 victimes ; 15 000 personnes avaient perdu leur logement. Des séismes de faible magnitude sont souvent ressentis. Il est conseillé de se familiariser avec les consignes de sécurité en cas de séisme.

Le pays est de même régulièrement victime d'inondations. En 2001, une inondation avait fait près de 1 000 morts et de nombreux dégâts matériels à Alger (quartier de Bab El Oued).

Durant l'hiver, les tempêtes de neiges sont fréquentes ; cela peut impacter les transports.

LÉGISLATION LOCALE

La majorité de la population étant musulmane, il est conseillé d'adopter une attitude de circonstance. Les femmes doivent s'habiller modestement, et se vêtir d'un voile lors de la visite d'un lieu de culte. Les contacts physiques entre un homme et une femme ne sont pas bien vus, particulièrement aux alentours de sites religieux ainsi que dans les zones reculées. L'homosexualité est illégale dans le pays, et passible d'emprisonnement.

Il est conseillé de respecter les règles et coutumes durant le mois de Ramadan, à savoir éviter de boire, manger et fumer en public pendant la journée. La vente/consommation d'alcool n'est pas autorisée dans certains restaurants, et interdite durant le mois de Ramadan.

La possession, la consommation et le trafic de drogue sont sévèrement punis par la loi. 

Il est interdit de photographier les bâtiments publics, les sites sous contrôle de l'armée, et les zones sensibles.

SANTÉ

Avant tout voyage en Algérie, il est conseillé à tous les voyageurs de souscrire à une assurance garantissant la prise en charge des frais médicaux et l'évacuation d'urgence en cas d'accident.  

Le niveau des infrastructures de santé dans les grandes villes varient de limité à correcte. Privilégiez les institutions privées en cas de besoin. Le français est largement parlé dans les hôpitaux, la pratique de l'anglais y est plus rare. Les paiements se font la plupart du temps en espèces.

Une épidémie de grippe saisonnière H1N1 a fait plusieurs morts cet hiver (2017-2018). La grippe est un virus très contagieux qui se transmet d'humain à humain. Les symptômes incluent généralement de la fièvre, des douleurs musculaires, des maux de têtes, et des problèmes respiratoires. Il est recommandé de suivre des mesures de prévention élémentaires (se laver régul ièrement les mains au savon ou avec une solution hydro-alcoolique, éviter le contact direct avec les individus infectés, éternuer dans un mouchoir et le jeter dans une poubelle fermée, etc.) et de contacter un professionnel de santé pour toute information concernant la vaccination.

Les maladies diarrhéiques sont fréquentes; il est avisé de veiller à une bonne hygiène alimentaire (préférez les aliments cuits) et de ne pas consommer l'eau du robinet.

En raison du risque de maladies parasitaires et bactériales (cf. leishmaniasos et amebiasis), il est déconseillé de se baigner dans les eaux douces (lacs ou rivières) ou de se promener pieds nus sur sol humide.

Des cas de rage ont été signalés (une vingtaine de décès par an). Par précaution, il est préférable d'éviter tout contact avec les chiens des rues.

Climat

Le climat est de type méditerranéen sur toute la frange nord, qui englobe le littoral et l'Atlas tellien (étés chauds et secs, hivers humides et frais), semi-aride sur les hauts plateaux au centre du pays, et désertique dès que l'on franchit la chaîne de l'Atlas saharien.

Les écarts de température dans une même journée peuvent être considérables, notamment dans le Sahara où le mercure peut osciller d'un extrême à l'autre en l'espace de quelques heures seulement (au-delà de 40 °C le jour, au-dessous de 5 °C la nuit).

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 213 Police: 21

Electricité

Voltage: 230 V ~ 50 Hz

Prises:

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