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Rapports de pays

Angola Rapport de pays

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INTRODUCTION

Tout séjour en Angola (1,2 million de km² ; 24,3 millions d'habitants) devra être sérieusement préparé par le visiteur étranger, en raison de la prévalence de certaines réalités pouvant affecter sa sécurité.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

La province du Cabinda, enclavée entre la République du Congo et la République démocratique du Congo, est formellement déconseillée par le ministère français des Affaires étrangères en raison de l'insurrection indépendantiste qui y sévit depuis plusieurs décennies. La ville de Cabinda, qui bénéficie d'une présence renforcée des forces de sécurité, échappe toutefois à cette classification, mais demeure toutefois déconseillée sauf raison impérative par les chancelleries occidentales.

A Luanda, ces dernières déconseillent également formellement l'utilisation de la voie expresse entre Benfica et le stade « 11 novembre » (situés à Luanda Sul, en périphérie de la ville) en raison des agressions violentes et des enlèvements qui y ont été perpétrés au premier semestre 2016. Les autorités diplomatiques américaines déconseillent formellement à leurs ressortissants de se promener dans la zone «Serpentine » (Rue Nehru), particulièrement entre les rues Hourari Boumedienne et Gamal Abdel Nasser en raison du risque d'agressions et de vols. De plus, l'ambassade a interdit à ses employés de se déplacer à pied dans Luanda entre 22h et 05h30 ainsi que de se rendre dans les quartiers de Cazeng, Sambizanga, Kicolo et Rangel, ceci à toute heure de la journée.

Bien que des efforts aient été fournis en ce sens, certaines portions du territoire sont par ailleurs toujours minées, particulièrement dans les provinces sud du pays. Les chancelleries occidentales recommandent la plus grande prudence dans les provinces de BenguelaHuilaHuamboBie et Cuando Cubango, où la présence de mines est plus élevée que dans d'autres régions du pays.

La frontière avec la République Démocratique du Congo (RDC) est fermée depuis le 1er avril 2017 et les mesures de sécurité ont été renforcées, dans la province de Luanda-Norte, frontalière de la région du Kasaï en proie à des violences importantes ; 30 000 individus ont trouvé refuge dans la province depuis avril 2017.

La navigation de plaisance doit être évitée le long des côtes angolaises, en particulier au large de la région de Cabo Ledo, au sud de Luanda, qui abrite des installations militaires angolaises.

CRIMINALITÉ

L'Angola est avant tout confronté à une très forte criminalité en nette recrudescence depuis le début de l'année 2016 en raison d'une situation économique difficile consécutive à la chute des cours du pétrole (première ressource financière du pays). Il s'agit d'une criminalité violente enracinée dans les centres urbains, notamment à Luanda. On observe principalement des actes de vols à la tire et dans les véhicules, de carjacking, de vols à main armée et d'agressions. En raison du grand nombre d'armes à feu en circulation, les agresseurs sont la plupart du temps armés et n'hésitent pas à recourir à la force en cas de résistance. Bien que ces actes soient également perpétrés en journée, le risque criminel augmente considérablement après la tombée de la nuit.

Il convient en conséquence de faire preuve de prudence et de discrétion, de ne pas porter sur soi d'objets de valeur (pas de bijou apparent, d'appareil photo, etc.) et de privilégier les hôtels haut de gamme (Epic Sana, Hotel Presidente, Tropico), les seuls où la sécurité est, a priori, garantie. Il est impératif de se montrer vigilant lors des retraits d'espèces (utiliser plutôt les distributeurs situés à l'intérieur des banques, aux heures d'ouverture). Il est préférable de ne pas se déplacer à pied dans la capitale, surtout la nuit et de ne pas se rendre dans les endroits très fréquentés comme les marchés.

Par ailleurs, à l'arrivée comme au départ, il est recommandé de surveiller les abords de son domicile afin d'éviter les risques d'agressions.

Des tentatives d'extorsions sont régulièrement signalées à l'aéroport international de Luanda. Elles sont notamment le fait de responsables des services d'immigration et des douanes qui arrêtent illégalement des individus afin de leur soutirer une somme d'argent contre leur libération.

Les forces de police sont notoirement corrompues et s'avèrent peu impliquées dans la lutte contre la criminalité. Il convient de répondre à leurs sollicitations en cas de « contrôlé poussé ».

ENLÈVEMENT

Une nette augmentation du nombre d'enlèvement est constatée depuis le début de l'année 2016. Plusieurs cas d'enlèvements contre rançon de ressortissants étrangers ont été signalés, notamment sur la voie express reliant Benfica au stade « 11 novembre ». Les cas d'enlèvements par des hommes armés opérant dans les embouteillages à Luanda sont de plus en plus fréquents. Malgré une baisse du nombre de cas signalés ces derniers mois, le risque demeure en raison du contexte socio-économique.

Il est de ce fait recommandé de toujours circuler portières verrouillées et vitres fermées, de varier ses itinéraires, de bannir tout élément décoratif qui permettrait d'identifier votre véhicule (drapeaux, badges, autocollants, fanions etc.), de ne pas porter de vêtements arborant le logo de votre société et de communiquer à quelqu'un de confiance votre emploi du temps.

INSURRECTION (ENCLAVE DE CABINDA)

L'enclave pétrolière de Cabinda est en proie depuis plusieurs décennies aux revendications séparatistes du Front pour la libération de l'enclave du Cabinda (FLEC). Bien que ces dernières années aient été marquées par une certaine stabilisation de la situation, le FLEC a annoncé en février 2016 la reprise des hostilités. De fait, entre février et mai 2016, une dizaine d'affrontements ont été répertoriés entre le groupe indépendantiste et les forces de sécurité angolaises, cible privilégiée du FLEC. En février 2017, plusieurs affrontements ont également eu lieu. Devant la dégradation importante du contexte sécuritaire au Cabinda, et bien qu'elle épargne pour l'heure la ville éponyme, tout déplacement en dehors de celle-ci doit être impérativement proscrit.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

Dans le reste du pays, malgré une situation socio-politique stable à première vue (le Président José Eduardo dos Santos est au pouvoir depuis 1979), des manifestations sociales ou politiques peuvent toujours être organisées, et ce d'autant que le pays est confronté à une situation économique tendue (inflation galopante, ralentissement de la croissance, déficit budgétaire) en raison principalement de la chute des cours du pétrole. Depuis, le gouvernement a officiellement dévalué la monnaie en juillet 2016, mais pas de façon conséquente pour éviter une explosion de l'inflation. L'économie parallèle, quant à elle, demeure et le dollar se change toujours entre deux et trois fois plus que le taux officiel dans la rue. Par ailleurs, l'inflation continue d'augmenter en raison de la crise du secteur pétrolier.

En raison de la possibilité d'affrontements violents entre manifestants et forces de l'ordre, il importe de se tenir impérativement à l'écart de tout rassemblement.

SANTÉ

Sur le plan médical et hospitalier, le voyageur relèvera combien l'environnement sanitaire est délicat, alors même que les établissements hospitaliers sont mal équipés (hormis certaines cliniques privées de Luanda) et très chers. En tout état de cause, il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire, ce dernier étant obligatoire en cas de problème de santé grave ou présentant un caractère urgent.

L'Angola subit la présence de maladies transmises par piqûres de moustiques, qui connaissent chaque année un regain lors de la saison des pluies (de novembre à avril). On recense principalement la fièvre jaune. La vaccination antiamarile est donc indispensable et le certificat international (valable dix ans) doit être présenté aux autorités angolaises lors de votre arrivée sur le territoire. Concernant le paludisme, pour lequel le pays est classé en zone 3 en terme de chloroquinorésistance, une vigilance particulière est recommandée en raison de la recrudescence des cas de paludisme due aux fortes chaleurs, aux fortes pluies et à une situation sanitaire qui se dégrade. Des cas de virus Zika ont également été signalés dans le pays depuis janvier 2017. Il est impératif d'avoir recours à des mesures de protections individuelles contre les piqûres de moustiques et à un traitement médicamenteux adapté.

L'eau n'est pas potable en Angola, ce qui impose de respecter un certain nombre de mesures d'hygiène afin de se prémunir contre les maladies à transmission hydrique (diarrhée du voyageur, choléra, fièvre typhoïde) : il est ainsi vivement recommandé de se laver les mains régulièrement et de consommer uniquement de l'eau en bouteille ou de l'eau désinfectée, de veiller à la bonne cuisson des aliments et de bannir les glaces et glaçons.

En outre, l'Angola est exposé à la trypanosomiase (maladie du sommeil, endémique dans le Nord, transmise par la mouche tsé-tsé), à la tuberculose et au VIH/Sida qui toucherait 2,4% de la population adulte.

Il est enfin recommandé de ne jamais marcher pieds nus et d'éviter les baignades dans les eaux stagnantes en raison du risque d'infection parasitaire (risque de bilharziose).

RISQUES NATURELS

Durant la saison des pluies (de novembre à avril), l'Angola est exposé à des précipitations torrentielles et aux crues subites susceptibles de provoquer de sérieux dégâts aux infrastructures (approvisionnement en eau et en électricité rendu difficile, routes impraticables, etc.) et causer de nombreux décès, notamment à Luanda.

Par ailleurs, le pays est actuellement touché par une importante sécheresse ; 1,4 million de personnes sont affectées dans sept régions du sud  ; 800 000 personnes sont en situation de malnutrition aigüe.

INFRASTRUCTURES

Des pénuries occasionnelles d'essence et de diesel sont rencontrées. De ce fait, l'alimentation en électricité et en eau peuvent parfois être interrompue pendant plusieurs jours sans préavis. Il est conseillé de conserver des stocks de carburant et de réserves en eau à son domicile

Par ailleurs, l'eau potable et les denrées alimentaires font parfois défaut dans le pays ; il convient d'anticiper d'éventuelles pénuries.

Les établissements hôteliers de standing international sont peu nombreux à Luanda. Il est recommandé de réserver une chambre deux à trois mois avant son séjour.

Le réseau mobile en dehors des villes n'est pas garanti. Il est conseillé d'avoir recours à plusieurs opérateurs afin d'avoir une couverture mobile sur l'ensemble du territoire. L'usage d'un téléphone satellitaire est recommandé dès lors que l'on s'éloigne des grandes agglomérations.

Enfin, le taux de pénétration d'internet est en constante augmentation.

TRANSPORTS

La mortalité routière est particulièrement élevée en Angola et ce, même si l'état des routes tend à s'améliorer dans l'ensemble du pays grâce à des projets de modernisation des infrastructures routières. En tout état de cause il convient d'être prudent, les habitudes de conduite locales (dépassements intempestifs, vitesse excessive, non-respect du code de la route, état d'ébriété, etc.) font des déplacements par la route un exercice dangereux. A Luanda, les embouteillages sont fréquents en raison du nombre croissant de véhicules, augmentant ainsi le risque de vols. Il convient de mettre ses effets personnels à l'abri des regards et de rouler avec les portières verrouillées et vitres fermées. Enfin, il est recommandé de ne pas stationner dans des zones isolées ou mal éclairées. On conservera à l'esprit que de nombreuses voies de la capitale restent néanmoins très délabrées.

Il déconseillé de recourir aux services de transports publics en raison de la faible maintenance des véhicules et du risque d'agression. Toutefois, certaines compagnies de taxis considérées comme fiables peuvent être utilisées : Morvic, Transcoop, Divisao, Universal.

Les principaux axes du pays, en particulier dans le Sud ont été goudronnées et des stations-services installées. Certains tronçons de routes demeurent néanmoins non goudronnés et les routes secondaires, quant à elles sont souvent impraticables.

Par ailleurs, des mines antipersonnel sont encore nombreuses dans les zones rurales ; il est déconseillé de se déplacer en dehors de Luanda. La plupart des Occidentaux choisissent de restreindre leurs déplacements à une zone de 40 km autour de Luanda, afin de minimiser les risques.

En dehors de Luanda, les déplacements doivent donc impérativement être effectués de jour, en 4x4, en convoi d'au moins trois véhicules avec une escorte armée et muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant.

Pendant la saison des pluies, de novembre à avril, de nombreux axes deviennent impraticables.

Les plaisanciers éviteront quant à eux la région de Cabo Ledo (Sud de Luanda) qui abrite des installations militaires angolaises.

L'ensemble des compagnies aériennes angolaises étant inscrites sur la liste noire de l'Union européenne, leur utilisation doit être évitée dans la mesure du possible. À défaut, il est préférable d'avoir recours à la compagnie TAAG Angola Airlines, dont quelques appareils (6 Boeing B777 et 4 Boeing B737-700) disposent a priori des garanties de sécurité nécessaires.

LÉGISLATION LOCALE

La législation angolaise sanctionne le manque de respect envers les autorités nationales, ce qui peut conduire à des peines d'emprisonnement et/ou à une expulsion du territoire, y compris pour des critiques en apparence anodines.

L'utilisation de caméras, jumelles, GPS ou cartes à proximité de bâtiments gouvernementaux ou de toute autre installation jugée sensible (mais non systématiquement indiquée) est illégale. Par mesure de précaution, il convient donc d'éviter leur usage dans la mesure du possible.

L'homosexualité est illégale dans le pays.

Il est recommandé d'être constamment muni de ses papiers d'identités au risque d'avoir une amende de US$ 100.

L'achat et le trafic d'ivoire sont formellement interdits.

Enfin, une autorisation doit être sollicitée par les étrangers souhaitant se rendre dans les régions minières. La demande doit être effectuée auprès des principaux commissariats de police à Luanda.

Climat

Le climat de l'Angola est de type tropical, avec trois grandes zones climatiques. Une aire tropicale humide au nord s'étend de l'enclave de Cabinda à Ambriz, en passant par Luanda, à Malanje et dans l'Orient. Une aire tempérée sèche se situe dans la partie centrale et méridionale du plateau. La température annuelle moyenne à Huambo (ex-Nova Lisboa), ville située à 1 701 m d'altitude, est de 19 °C, et on enregistre parfois dans cette zone des gelées en hiver. Enfin, une zone semi-désertique et désertique couvre tout le sud du pays, à partir de Moçãmedes, entre le plateau et la frontière namibienne.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 244 Police: (222)39.29.33, (222)33.48.41, (222)33.67.00, (222)33.71.00

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: