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Rapports de pays

Bahreïn Rapport de pays

Survol

INTRODUCTION

Petite monarchie (1,3 million d'habitants dont la moitié constituée de ressortissants étrangers) du Golfe Persique, le riche royaume de Bahreïn est une destination peu courante pour la majorité des voyageurs. Toutefois, sur place, les séjours se déroulent- en temps normal - dans des conditions de sécurité et de confort satisfaisantes. Les voyageurs garderont toutefois à l'esprit que Bahreïn reste exposé à plusieurs risques significatifs.

RÉGIONS À ÉVITER

Il est recommandé aux voyageurs d'éviter les quartiers ouest de Manama (à côté de Sinabis, Sitrah, Diraz, Karzakan, Bani Jamra, etc.), particulièrement sensibles aux mobilisations « spontanées », ou encore le sud de l'île interdit d'accès, où se trouve une importante base navale.

TERRORISME

Dans un registre différent, l'exposition potentielle du royaume à la menace terroriste, prégnante dans la région, ne doit pas être négligée par les visiteurs.

Ces dernières années, les autorités ont renforcé la sécurité dans tout le royaume en raison du contexte sécuritaire régional dégradé. Les récentes menaces proférées par l'organisation djihadiste « État Islamique » (EI) à l'encontre des intérêts français et occidentaux présents au Moyen-Orient rappellent que le risque terroriste est très élevé dans le pays.

Le 21 octobre 2015, 24 personnes suspectées d'appartenir à une cellule de l'EI à Bahreïn ont été condamnées. Celles-ci étaient accusées de recruter des combattants et de planifier des attentats dans le royaume ainsi qu'en Irak et en Syrie. Durant l'été 2015 deux attaques à la bombe avaient été revendiquées par un groupe chiite. Début janvier 2016, les autorités avaient démantelé un groupe terroriste suspecté d'appartenir au Hezbollah libanais et accusé de planifier des attentats dans le pays. Même scénario en mars 2017 lorsque plusieurs cellules terroristes démantelées ont conduit à l'arrestation de plusieurs présumés terroristes. Début 2017, les services diplomatiques britanniques ont rappelé à leurs ressortissants le risque terroriste pesant sur le Bahreïn.

Trois explosions ont été reportées durant le mois de février 2017 ; même si ces explosions revendiquées par un groupe chiite ciblaient particulièrement les forces de l'ordre et n'étaient pas particulièrement meurtrières, elles rentrent tout de même dans le cadre d'une action terroriste.

POLITIQUE

Le royaume de Bahreïn est dirigé par la famille Al-Khalifa. Ce dernier connaît de fortes tensions sociales et politiques, de par l'opposition entre la population à majorité chiite et le régime sunnite fortement appuyé par l'Arabie Saoudite.

En novembre 2014, les élections législatives avaient, sans grande surprise, conforté l'assise de la famille régnante, le scrutin ayant été massivement boycotté par les électeurs du parti d'opposition chiite Al-Wefaq. Le prochain scrutin est prévu en 2018.

En 2016, la situation politique était très tendue, notamment avec les nombreuses arrestations et exécutions ayant eu lieu. Ces arrestations ont entraîné de multiples manifestations dans le royaume ; les leaders de l'opposition appellent régulièrement à la mobilisation, surtout le vendredi, après la grande prière, en périphérie de Manama. Le régime en place a voté, en avril 2017, une loi controversée qui permettrait aux tribunaux militaires du pays (puissants et bénéficiant d'une immunité particulière) de juger des civils.

Le 2 janvier 2016, les tensions remontaient encore d'un cran avec l'exécution par l'Arabie Saoudite du prédicateur chiite Nimr al-Nimr. L'annonce de sa mort par les autorités saoudiennes avait suscité une profonde colère au sein de la communauté chiite de Bahreïn. Les manifestations se sont encore multipliées après l'annonce des ruptures diplomatiques entre le Bahreïn et l'Iran, faisant suite au saccage et à l'incendie de l'ambassade d'Arabie Saoudite à Téhéran. Le 5 janvier 2016, le royaume de Bahreïn, un proche allié de son voisin saoudien, avait suspendu les vols commerciaux en provenance et à destination de l'Iran.

Le 30 mai 2016, Ali Salman, le chef du parti de l'opposition Al-Wefaq, a été condamné en appel à neuf années de prison ferme (contre une peine de quatre ans précédemment requise). Le 14 juin 2016, les autorités ont suspendu les activités d'Al-Wefaq et ont gelé ses actifs jusqu'à nouvel ordre.

Début 2017, un autre prédicateur chiite, Shaikh Isa Qassim, aux mains de la justice bahreïnie depuis l'été 2016, est accusé de blanchiment d'argent et de collusion avec des services étrangers. Ses partisans se réunissent régulièrement à Manama, provoquant des heurts souvent violents (voire mortels) avec les forces de l'ordre. En mai 2017, Qassim est condamné à un an de prison, ce qui encourage la population chiite à organiser un sit-in à Diraz, lieu de résidence de Qassim. Les autorités Bahreïni, soucieuse de préserver l'ordre dans le pays ont violemment réprimé ce sit-in ; cinq morts et plusieurs blessés ont été reportés.

Les manifestations n'étant pas autorisées dans le royaume, le gouvernement n'hésite pas à recourir à la force pour les disperser. En tout état de cause, il importe de se tenir informé de l'évolution de la situation et d'éviter les rassemblements qui se tiennent habituellement le jeudi soir et le vendredi après-midi. Durant ces manifestations, la circulation peut être limitée ou même interrompue.

RISQUES SOCIAUX

Depuis 2011, la quiétude coutumière qui régnait (malgré de précédents troubles débouchant sur des affrontements violents en 1994 et 1999) a été remise en cause par l'onde de choc régionale des « printemps arabes ». Depuis lors et à intervalles réguliers, manifestations et défilés anti-gouvernementaux sont organisés, dans une atmosphère généralement tendue ; des incidents mettant aux prises plusieurs centaines de sympathisants de l'opposition et forces de l'ordre sont fréquemment signalés dans le centre ou la périphérie de Manama, ainsi que dans diverses localités à population majoritairement chiite (cf. Sinabis, Bani Jamrah, Diraz, Karzakan, Sitrah). À ce jour, depuis le début de cette crise interne, une centaine de personnes auraient perdu la vie dans un cycle dangereux de manifestations / répressions. En raison d'un arsenal juridique antiterroriste particulièrement restrictif, la plupart des manifestations sont interdites dans le royaume. Les rassemblements organisés par des mouvements de l'opposition chiite sont régulièrement violemment dispersés par les forces de police. Les espoirs d'une sortie de crise dans le court terme sont aujourd'hui faibles.

Il est formellement déconseillé de prendre part à toute manifestation ou rassemblement.

TRANSPORT

Située au large de Dammam en Arabie Saoudite, l'île qui constitue Bahreïn est reliée à celle-ci par un pont de 24km.

Le réseau routier est bien entretenu et la signalisation est pertinente.

La conduite s'effectue à droite. Seuls les permis bahreïni et international sont reconnus. Le pays opère une politique de « tolérance zéro » quant à la conduite et la consommation d'alcool. Une contravention peut dépasser 1000 euros et le conducteur peut être placé en état d'arrestation. La police érige fréquemment des checkpoints. 

Les transports publics et les taxis sont généralement fiables, cependant, des cas d'harcèlement sexuel ont été signalés. L'application Uber est particulièrement répandue dans le pays.

L'aéroport international de Bahreïn se situe sur l’île de Muharraq à 7km au nord-est de Manama et dessert de très nombreuses destinations. L'aéroport est considéré comme un hub pour la compagnie Gulf Air. En janvier 2016, le Bahreïn avait suspendu ses vols vers l'Iran.

Des épisodes de brouillard et des tempêtes de sable peuvent venir perturber les transports. De même des précipitations diluviennes peuvent rapidement entraîner des inondations rendant la circulation hasardeuse. 

Le gouvernement a imposé un couvre-feu dans les eaux territoriales entre 18h et 4h.

CRIMINALITÉ

Les crimes et les actes de délinquance sont peu fréquents, cependant des cas d' harcèlement sexuel ont été signalés, notamment dans les taxis. Les femmes doivent éviter de se déplacer seules la nuit, même en taxi.

SANTÉ

Il est indispensable de souscrire en amont du départ à une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire. Les infrastructures médicales sont de bonne qualité, et offrent différents services. Il existe trois hôpitaux gouvernementaux bien développés.

Les maladies diarrhéiques sont fréquentes. Ne buvez pas l'eau du robinet. Évitez la consommation d'aliment crus ou peu cuits.

Des cas du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) avaient  été signalés en avril 2016. Le MERS est une maladie virale due à un nouveau coronavirus (MERS‐CoV) dont les symptômes habituels comprennent fièvre, toux et complications respiratoires ; une pneumonie peut fréquemment s'y ajouter. Des symptômes gastro-intestinaux, dont la diarrhée, ont également été signalés. Environ 36% des cas notifiés d'infection par le MERS-CoV ont abouti au décès du patient.

Un début d'épidémie de rougeole était observé en mai 2016. Tous les cas avaient été recensés chez des individus non vaccinés (quatre adultes et trois enfants). La rougeole est une maladie infectieuse qui se transmet par les postillons (toux) ou les éternuements d'une personne infectée. Elle affecte principalement les jeunes enfants et reste l'une des causes principale de mortalité infantile. Un vaccin efficace contre cette maladie existe.

La rage animale existe dans ce pays. La principale mesure de prévention contre la rage est d'éviter tout contact avec les animaux domestiques et sauvages (morsures, griffures, léchage).

RISQUES NATURELS

Au niveau météorologique, il n'est pas rare que des tempêtes de poussière ou de sable, des périodes de sécheresse, se produisent.

L'été, les très fortes chaleurs (plus de 50°C) mettent les organismes à très rude épreuve.

Fin novembre 2015, le pays avait été durement frappé par des inondations qui s'étaient soldées par d'importants dégâts matériels.

LÉGISLATION LOCALE

Il est obligatoire de conserver sur soi une preuve de son identité (passeport).

Le Bahreïn est un pays musulman ; plus libéral que d'autres pays voisins, il n'en demeure pas moins que la population reste dans sa majorité conservatrice. Le port du voile n'est pas obligatoire et les femmes peuvent conduire. Il est recommandé de respecter les règles et coutumes locales et de veiller à sa tenue vestimentaire. Durant le Ramadan, il est interdit de fumer, boire ou manger en public ; il s'étirera cette année du 27 mai 2017 au 25 juin 2017.

La consommation d'alcool est autorisée, mais évitez de boire en lieux publics. La consommation d'alcool au volant est totalement interdite.

Les autorités se réservent le droit d'entrée de vidéos, cassettes et DVD. 

La possession, la consommation et le trafic de drogues sont sévèrement punis par la loi.

Climat

Le climat est très chaud (38°C) et humide d'avril à octobre. Des tempêtes de sable sont possibles en été. De novembre à fin avril, les températures sont douces à Bahreïn (18°C en janvier) mais les nuits sont plus fraîches. Quelques pluies tombent entre décembre et mars, parfois accompagnées de vents forts.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 973 Police: 999 Pompiers: 999 Ambulances: 999

Electricité

Voltage: 230 V ~ 50 Hz

Prises: