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Rapports de pays

Bénin Rapport de pays

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INTRODUCTION

Le Bénin (10,6 millions d'habitants), petit pays d'Afrique de l'ouest entouré du Togo, du Burkina Faso, du Niger et du Nigéria ne présente pas a priori de risques majeurs particuliers ; néanmoins, tout séjour sur place devra être préparé avec sérieux, au vu de certaines réalités délicates.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

Le ministère français des Affaires étrangères déconseille formellement à ses ressortissants tout déplacement et séjour dans le parc national du W (dans le nord du pays), à la frontière avec le Burkina Faso et le Niger. Ces mêmes autorités déconseillent sauf raisons impératives de voyager dans la région nord-est (départements de Alibori et de Borgou, entre la Route Nationale Inter-Etats (RNIE) n°2 et la frontière nigériane de Tchaourou à Malanville).

CRIMINALITÉ

En comparaison d'autres nations d'Afrique subsaharienne, la criminalité au Bénin est relativement réduite, mais des délits  (vols à la tire, agression, etc.) peuvent néanmoins se produire, notamment dans les centres urbains (Cotonou, Porto Novo).

A Cotonou, il est recommandé d'être vigilant aux alentours des lieux (hôtels, ports, gares, bars et restaurants) fréquentés par les ressortissants étrangers. Par ailleurs, se promener sur les plages de Cotonou, de jour comme de nuit est à proscrire, celles-ci étant peu sûres. Il convient, en outre, d'éviter de se rendre au marché de Dantokpa, surtout à la nuit tombée.

Il est déconseillé  de se promener seul, particulièrement la nuit et dans des zones isolées.

Plusieurs cas de vols à mains armées (couteaux, pistolets, machettes) ont été rapportés en 2015.

Des mesures de précaution simples doivent être suivies : ne pas porter sur soi d'objets de valeur, ne pas transporter d'importantes sommes d'argent, ne jamais résister en cas d'agression.

Les ressortissants étrangers sont souvent victimes, en raison de leur richesse supposée, d'escroqueries prenant différentes formes : romance, amitié, entreprises commerciales, travail et emploi, pouvant emporter d'importantes incidences financières pour les victimes.

La cybercriminalité est développée au Bénin. Certains individus proposent sur des sites d'annonces ou par courriels des articles divers et variés à des prix très attractifs ; il est donc recommandé d'être prudent en effectuant des achats en ligne.

Les agressions sur les autoroutes et routes de campagne sont fréquentes. Les voyageurs doivent faire preuve de prudence en raison du risque de carjacking existant à Cotonou et en dehors des grandes villes. Il est préconisé de rouler avec les portes verrouillées et les fenêtres relevées.

Il est également recommandé de ne pas s'attarder dans les régions frontalières avec le Nigéria et le Niger, souvent exposés aux trafics et aux crimes violents, mais également en raison de la menace terroriste émanant de ces deux pays frontaliers.

Des actes de piraterie au large des côtes béninoises ont été signalés ; les marins doivent exercer une vigilance renforcée.

TERRORISME

Le Bénin s'est officiellement engagé dans la lutte contre le groupe terroriste nigérian Boko Haram ; plusieurs centaines de soldats béninois sont mobilisés au sein de la Force Multinationale Mixte (FMM - force militaire principalement composée de troupes issues des pays riverains du Lac Tchad - Nigéria, Niger, Tchad, Cameroun) ; un engagement qui augmente la menace terroriste dans le pays, le groupe djihadiste pouvant y perpétrer des actions de représailles. Par ailleurs, l'Afrique de l'Ouest ayant été victime de diverses attaques (Côte d'Ivoire, Mali, Burkina Faso, etc.), les voyageurs doivent rester prudents, notamment dans les lieux touristiques fréquentés (hôtels de standing, restaurants, cafés et stations balnéaires, etc.). Les autorités britanniques considèrent pour leur part que la menace est en hausse, en particulier contre leurs intérêts dans le pays, en raison de leur implication dans les conflits en Irak et en Syrie. Toutefois, le Bénin ne peut être placé à un niveau de risque comparable avec les autres pays de la sous-région.

RISQUE SOCIOPOLITIQUE

Le Bénin est l'une des démocraties les plus stables d'Afrique de l'Ouest. Patrice Talon a été élu Président de la République en mars 2016. L'élection s'est déroulée dans un climat apaisé avec un fort taux de participation.

Des manifestations peuvent néanmoins être organisées. En général, les rassemblements se déroulent devant les bâtiments officiels de Cotonou et sont pour la plupart pacifiques. Des protestations estudiantines ont régulièrement lieu, comme en mai 2016 à Banté (décès d'un manifestant), ou celles d'août 2016 à Porto-Novo et Cotonou.

Les prochaines élections sont programmées en 2019 (législatives) et 2021 (présidentielles). 

Par précaution, il est indispensable de se tenir informé de l'évolution de la situation et de demeurer systématiquement à l'écart de tout rassemblement.

TRANSPORTS

Plusieurs compagnies internationales assurent les liaisons aériennes vers l'Europe ou d'autres capitales africaines. Toutefois, certaines compagnies régionales ou nationales figurent sur la liste noire établie par l'Union Européenne.

Malgré un effort d'aménagement, le pays souffre dans son ensemble - à l'exception des grandes routes reliant Cotonou au Nigeria, au Togo, au Niger et au Burkina Faso - d'infrastructures routières obsolètes, insuffisantes et dégradées. Durant la saison des pluies (dans le nord d'avril à mi-juillet et de mi-septembre à octobre et dans le sud de juin à septembre), les routes sont souvent impraticables.

Envisager un transport interurbain par la route peut s'avérer périlleux. Les coupeurs de route sont actifs, systématiquement armés et violents. Les carjackings sont fréquents. Il convient de rouler avec les portes verrouillées et les fenêtres relevées. En dehors des agglomérations, tous les déplacements doivent donc se faire de jour, en véhicule tout terrain (4x4) et préférablement en convoi, muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant ; l'approvisionnement en carburant est assuré dans les grandes villes mais est difficile hors des agglomérations, en particulier dans le nord du pays. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et dispose de moyens de télécommunication efficaces.

La dangerosité des axes routiers est accrue par le non-respect du Code de la route par les usagers, le non-entretien des véhicules et l'absence de structures de soins. L'absence d'éclairage public et le défaut de signalisation font que tout trajet de nuit doit être banni. Tout accident de la circulation a fortiori s'il est mortel peut rapidement dégénérer en émeute. En cas d'accident, il convient de ne pas sortir du véhicule et de se rendre immédiatement au commissariat le plus proche. Les accidents de la route constituent la première cause de mortalité chez les expatriés.

Pour des déplacements à l'intérieur du pays, les autorités françaises attestent de la possibilité d'utiliser l'autocar (surtout la compagnie Africa Lines dont les horaires sont réguliers) ; ou éventuellement, pour les villes non desservies par cette compagnie, d'avoir recours à des taxis brousses.

Enfin, des points de passage terrestres existent à toutes les frontières du pays ; toutefois, en raison des risques encourus, seuls les points de passage côtiers avec le Nigeria et le Togo sont à emprunter.

A Cotonou, il est déconseillé de conduire de nuit, à l'exception des zones où se trouvent les restaurants les plus populaires (quartiers de la Haie Vive, du Cocotier et du Littoral). Les transports publics - dont les fameux «taxis-cyclomoteurs» appelés localement "zem", "zemidjans" ou "kekenons" - sont sujets à caution en raison de leur sécurité aléatoire. Tandis que les autorités françaises recommandent de porter un casque pour les utiliser, les autorités américaines déconseillent formellement à leurs ressortissants d'y avoir recours.

SANTÉ

Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire, ce dernier étant fortement recommandé en cas de problème de santé grave ou présentant un caractère urgent.

Un certificat de vaccination contre la fièvre jaune est exigé à l'entrée du pays pour les voyageurs en provenance d'une zone endémique et pour ceux ayant transité par l'aéroport d'un pays où il y a des risques de transmission. La vaccination est par ailleurs recommandée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour tous les voyageurs.

La fièvre de Lassa est endémique dans tout le pays, mais sévit plus particulièrement à Borgou. Dans certaines zones (cf. nord de la ville de Tanguieta, régions de Collines, Alibori, Atlanque, Kouffo, Ouémé et Littora)l, des cas ont été signalés. Une épidémie est en cours depuis janvier 2016. Au 13 juin 2016, 54 cas avaient été enregistrés, dont 28 décès. Un antiviral est disponible pour la fièvre Lassa mais reste très inadapté à la situation du terrain.

Concernant le paludisme, endémique dans tout le pays, il est impératif d'avoir recours à des mesures de protections individuelles contre les piqûres de moustiques et à un traitement médicamenteux adapté. On estime à un million le nombre de cas recensés entre 2014 et 2015.

La présence de la grippe aviaire étant avérée sur le territoire, la Direction Générale française de la Santé recommande aux voyageurs d'éviter tout contact avec les volailles et les oiseaux, c'est-à-dire de ne pas se rendre dans des élevages, ni sur les marchés aux volatiles.

L'eau courante n'est pas potable ; les maladies diarrhéiques sont chroniques au Bénin. Il est donc indispensable de ne boire que de l'eau décontaminée ou en bouteille, de veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jour.

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire, il est recommandé d'éviter de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

En outre, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte.

Les vaccins contre la rougeole et la méningite sont fortement conseillés, de nombreux cas étant répertoriés dans le pays. Le risque de méningite est particulièrement élevé au Bénin, situé dans la « ceinture de la méningite », et ce, en particulier pendant la saison sèche de novembre à mars dans le sud et d'octobre à mai dans le nord.

Enfin, notons que les infrastructures hospitalières publiques sont insuffisantes et généralement peu fiables ; en cas de nécessité, il est préférable de se diriger vers des structures de soin privées, tout en privilégiant, dès que possible, l'évacuation vers un pays mieux pourvu en la matière.

INFRASTRUCTURES

L'approvisionnement en électricité est problématique dans le pays et à Cotonou notamment. Les délestages sont récurrents. Seuls 38,4% de la population ont accès à l'électricité.

RISQUES NATURELS

Les courants océaniques sont très puissants ; des noyades sont régulièrement signalées. Une vigilance particulière est requise lors de toute baignade.

Les inondations sont fréquentes pendant la saison des pluies (d'avril à octobre dans le sud ; de juin à septembre au nord), en particulier dans le nord, rendant difficile tout trajet vers le Niger. En raison du manque d'infrastructures pour l'évacuation des eaux, de nombreux villages sont inondés et les routes sont souvent impraticables.

Les tremblements de terre sont rares ; toutefois ils peuvent avoir lieu, comme celui ayant touché le pays en juin 2010.

LÉGISLATION LOCALE

En raison de cultures et traditions anciennes encore très présentes, il est impératif de faire preuve de discrétion et de réserve en matière de religion et de respecter les lieux de cultes.

Il est interdit de photographier certaines emprises (bâtiments officiels, aéroports, infrastructures, marchés traditionnels etc.), ainsi que les membres des forces de l'ordre et les manifestations.

Le taux d'alcoolémie autorisé est de 0,8 g/l.

L'homosexualité est légale au Bénin mais sujette à controverse, il est conseillé de rester discret. Les délits de mœurs dans lesquels sont parfois impliqués des Européens sont sévèrement réprimés. La loi punit « les actes impudiques entre des personnes de même sexe ou avec un mineur de moins de 21 ans » (âge légal de la majorité sexuelle au Bénin).

Climat

Dans le sud, le climat est équatorial, avec une forte humidité. La saison sèche dure de novembre à mars et de mi-juillet à mi-septembre et la saison des pluies d'avril à mi-juillet puis de mi-septembre à octobre. Au nord, le climat est tropical. La saison sèche dure de novembre à mai et la saison des pluies de juin à septembre. Si la chaleur est supportable sur le littoral, au nord le thermomètre atteint souvent 40°C avec, heureusement, un air sec et des nuits plus fraîches. L'harmattan, vent brûlant et poussiéreux, souffle dans le désert pendant la saison sèche.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 229 Hôpital (C.N.H.U): 21 30 01 55 Police d'Etat: 21 31 58 99 Sûreté urbaine de Cotonou: 21 31 20 11

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: