Retour

Rapports de pays

Burkina Faso Rapport de pays

Survol

INTRODUCTION

Dans ce pays (19 millions d'habitants) enclavé d'Afrique de l'ouest, parmi les plus pauvres au monde, il est opportun de préparer avec soin ses déplacements, en raison notamment de la menace terroriste pesant sur les ressortissants et intérêts occidentaux, des conditions sanitaires délicates, en plus d'une récente situation politique mouvementée.

RÉGIONS A ÉVITER

L'ensemble de la zone frontalière avec le Mali - sur 80km environ (nord et ouest) - est formellement déconseillée par les chancelleries occidentales en raison de la présence de groupes djihadistes au Mali, lesquels mènent à l'occasion des incursions en territoire burkinabé.  Des groupes terroristes locaux sévissent également dans les régions septentrionales (du Sahel et du Nord). 

Tout déplacement dans le parc W, à la frontière avec le Niger et le Bénin (sud-est), est également déconseillé.

Alors que le Foreign Office britannique déconseille tout voyage sauf raisons impératives sur le reste du territoire, les autorités françaises, quant à elles, ne déconseillent sauf raison impérative que la zone se situant à moins de 30 km de la zone rouge, entre les villes de Dori (nord-est), Ouahigouya et Douna (sud-ouest) ainsi que la bande de territoire entre la frontière nigérienne jusqu'à Kantchari, en passant par Diapaga.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

L'histoire politique du Burkina Faso est tumultueuse, marquée par de nombreuses périodes d'instabilité, entre coups d'État, régimes militaires, autoritaires et révolutionnaires, et révoltes populaires.

Fin octobre 2014, une mobilisation civile intense avait réagi au souhait du Président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, de modifier la Constitution (et d'être ainsi en mesure de se représenter aux élections de 2015). Une contestation qui avait contraint ce dernier à la démission le 31 octobre 2014, à la faveur d'émeutes de grande ampleur dans tout le pays. Le Président par intérim, Michel Kafando, et son gouvernement de transition dirigé par le Premier ministre Isaac Zida, ont dirigé le pays jusqu'aux présidentielles d'octobre 2015. 

Mais alors que la campagne électorale devait commencer, des membres du Régiment de Sécurité Présidentiel (RSP), le régiment de protection personnel de l'ancien Président Compaoré, se sont emparés du pouvoir par la force le 16 septembre 2015. Très vite une mobilisation populaire s'est organisée dans les rues de la capitale et dans d'autres villes (dont Bobo-Dioulasso). Des affrontements s'en sont suivis ; ils auraient fait une douzaine de victimes à minima. Cet élan populaire s'est accompagné d'une mobilisation de l'armée régulière qui, alors que des acteurs régionaux tentaient une médiation, a fini par s'imposer et renverser les putschistes une semaine plus tard. Les autorités de la transition ont été réinstallées dans leur fonction dès le 23 septembre ; le régiment du RSP a pour sa part été destitué le 25 septembre.

Le 29 novembre 2015, Roch Marc Christian Kaboré, leader du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP), a été élu Président de la république avec une majorité absolue dès le premier tour tandis que son parti remportait la majorité des sièges à l'Assemblée nationale lors des législatives, organisées simultanément. Roch Marc Christian Kaboré a été investi dans ses fonctions le 29 décembre, marquant la fin d'une période d'instabilité.

Toutefois, durant et à la suite des élections municipales organisées le 22 mai 2016, des incidents ont été rapportés, notamment contre certains maires de province nouvellement élus. De plus, le 8 octobre 2016, une tentative de coup d'État a été avortée par les forces de sécurité. L'ancienne garde présidentielle est suspectée par les autorités d'être à l'initiative de ce putsch raté.

Enfin, des problèmes socio-politiques demeurent. Des grèves et/ou manifestations sont régulièrement organisées, notamment de la part des membres de l'opposition, des employés du secteur médical, des magistrats et des journalistes, entre autres ; ces derniers réclament de meilleures conditions de travail et de vie, et dénoncent, en outre, l'ingérence du gouvernement ainsi que des pratiques d'intimidation.

Il convient donc de se tenir régulièrement informé de l'évolution de la situation et de se tenir à l'écart de toutes manifestations.

TERRORISME

La région du Sahel, le long de la frontière avec le Mali, connaît une forte augmentation des attaques terroristes depuis 2015. La province de Soum dans la région du Sahel est en proie à une résurgence des attaques depuis le mois de décembre 2016, notamment contre les forces armées mais aussi contre les écoles qui ne basent pas leur enseignement sur le Coran.

Parallèlement, en réponse aux incursions régulières de militants djihadistes et d'autres groupes armés dans la région ces derniers mois, un couvre-feu a été instauré le 6 mars entre 17:00 et 06:00 et les autorités burkinabés ont renforcé la sécurité le long des frontières avec le Mali et le Niger. 

Le 13 août 2017, la capitale Ouagadougou a été touchée pour la deuxième fois par un attentat terroriste visant le restaurant Aziz Istanbul et l'hôtel Bravia, tous deux situés sur l'avenue Nkrumah, précédemment visée en 2016. 18 personnes ont trouvé la mort dans cette attaque qui n'a pas été revendiquée. En conséquence, les mesures de sécurité ont été renforcées sur l'avenue Nkrumah. Le 15 janvier 2016 un attentat à Ouagadougou avait causé la mort d'au moins 29 personnes, dont 14 ressortissants étrangers : quatre assaillants avaient ouvert le feu sur le Café Capuccino avant de prendre 126 personnes en otage à l'hôtel Splendid, deux lieux habituellement fréquentés par des Occidentaux et des employés des Nations-unies. Cette attaque avait été revendiquée par Al-Mourabitoune, une faction du groupe terroriste Al-Qaïda au Maghreb Islamiste (AQMI) déjà responsable de l'attaque de l'hôtel Radisson Blu à Bamako en novembre 2015.

En raison de la présence de militants djihadistes dans la région, la plus grande vigilance doit être observée dans la partie nord du pays (au-dessus de la ligne tracée par les villes Dori et Djibo) et tout au long de la frontière avec le Mali (dans une zone de 80 km depuis la frontière).

ENLÈVEMENT

Le risque d'enlèvement par des groupes islamiste perdure dans la bande frontalière avec le Mali (sur 80 km environ), placée en zone rouge par les autorités françaises depuis juin 2015 à la suite de l'enlèvement d'un ressortissant roumain dans la région de Tambao (province d'Oudalan), toujours aux mains de ses ravisseurs fin 2017.

Le 16 janvier 2016, un couple de ressortissants australiens avait été était enlevé dans la région de Baraboulé (province de Soum) par des militants d'Al-Qaïda au Maghreb Islamiste (AQMI) ; la femme du couple fut libérée un mois plus tard tandis que son mari demeure prisonnier.

Par ailleurs, eu égard à l'intervention militaire française au Mali, engagée en janvier 2013, et à la participation de la France à la coalition internationale contre l'organisation terroriste « État islamique » (EI) en Irak et en Syrie, les ressortissants français présents au Burkina Faso sont invités à exercer une vigilance accrue à l'encontre de tout comportement suspect.

CRIMINALITÉ

La criminalité, bien que modérée, affecte particulièrement les villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso où elle est en hausse.

Les ressortissants étrangers, en raison de leur richesse supposée, sont parfois la cible des délinquants adeptes du pickpocketing. Les vols à l'arrachée ou encore l'extorsion d'argent après que les touristes aient pris une photo dans la rue sont également à déplorer. A Ouagadougou, ceux-ci opèrent généralement dans des endroits à forte affluence tels que le Cercle des Nations Unies, l'avenue Kwame N'Krumah et le marché central.

Des cambriolages sont à l'occasion signalés dans les quartiers résidentiels tels que Ouaga 2000, Koulouba et la zone du Bois.

De manière générale, il est déconseillé de se déplacer à pied de nuit ; bien que le Burkina Faso reste dans l'ensemble un pays relativement sûr, de nombreux endroits le sont moins une fois la nuit tombée. En tout état de cause, il convient d'adopter une attitude discrète, de conserver ses objets de valeurs à l'abri des regards et de ne jamais résister à son agresseur. Il est impératif de circuler avec les portières verrouillées et les vitres fermées.

Enfin, les attaques de « coupeurs de route » sont toujours possibles, de jour comme de nuit, notamment dans l'est.

Des milices d'autodéfense Koglweogo créées par les villageois et les résidents urbains sont connues pour opérer là où les forces de sécurité sont absentes afin de lutter contre les voleurs et les coupeurs de route. Ces milices d'autodéfense ont leur propre code pénal et sont connues pour leurs méthodes controversées ; les suspects arrêtés par les Koglweogo sont souvent ligotés et suspendus aux arbres puis torturés et fouettés jusqu'à ce qu'ils délivrent une confession et paient une amende pour leur libération. En mai 2017, ces milices ont transgressé leur « mandat » - consistant à protéger la population - en essayant d'imposer des taxes aux habitants du village de Tialgo dans la province de Sanguié. Des affrontements en sont suivis, obligeant les forces de l'ordre à bannir les activités de ces milices dans cette province ainsi que dans celle de Boulkiemdé.

SANTÉ

Les infrastructures hospitalières publiques sont insuffisantes et généralement peu fiables. Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire, ce dernier étant obligatoire en cas de problème de santé grave ou présentant un caractère urgent.

Le pays est affecté par les maladies transmises par les moustiques. Un certificat de vaccination antiamarile est exigé des voyageurs âgés de plus de neuf mois en provenance de pays où il y a un risque de transmission de la fièvre jaune. La vaccination n'est pas obligatoire mais recommandée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour les autres voyageurs. En outre, des épidémies de dengue peuvent toucher le pays. Par ailleurs, le paludisme est responsable de plus de la moitié des décès constatés dans la communauté française au Burkina Faso en 2016 en raison d'erreur de diagnostic ou de retard de prise en charge. Votre médecin traitant pourra vous proposer un traitement préventif contre le paludisme ; il est dans tous les cas impératif de se prémunir contre les piqûres de moustiques (utilisation de répulsifs, moustiquaires, port de vêtements couvrants, etc.).

L'eau courante n'est pas potable ; les maladies diarrhéiques (choléra, etc.) sont chroniques au Burkina Faso. Il est donc indispensable de ne boire que de l'eau décontaminée ou en bouteille, de veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jour.

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire, il est recommandé d'éviter de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

En outre, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte dans le pays.

Par ailleurs, les vaccins contre la rougeole et la méningite sont fortement conseillés, de nombreux cas étant répertoriés. Le risque de méningite est particulièrement élevé, le pays se situant dans la « ceinture de la méningite ». Les cas sont le plus souvent recensés entre février et juin, en particulier dans le département de Zambo (sud-ouest).

RISQUES NATURELS

Le voyageur notera que la saison des pluies s'étire de juin à octobre, entraînant souvent d'importantes inondations et glissements de terrain, y compris dans la capitale Ouagadougou. Les pluies de torrentielles de juin à août 2016 avaient affecté plus de 10 000 personnes (quatre morts).

TRANSPORTS

Le pays souffre dans son ensemble d'infrastructures routières obsolètes et passablement dégradées dont l'état se détériore davantage lors de la saison des pluies. C'est particulièrement le cas pour l'axe très emprunté reliant la capitale Ouagadougou à la ville de . Envisager un transport interurbain par la route peut s'avérer périlleux. La dangerosité des axes routiers est accrue par le non-respect du code de la route par les usagers, le non-entretien des véhicules et l'absence de structures de soins. Par ailleurs, l'absence d'éclairage public et le défaut de signalisation font que tout trajet de nuit doit être banni. En cas d'accident, il est recommandé de rester sur les lieux jusqu'à l'arrivée de la police.

En dehors des agglomérations, tous les déplacements doivent se faire de jour, en convoi de plusieurs véhicules tous terrains (4x4) et muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et dispose de moyens de télécommunication efficaces. Les déplacements entre Bobo Dioulasso et la Côte d'Ivoire, ainsi qu'entre Fada et le Bénin et le Togo sont particulièrement déconseillés en raison d'incidents récurrents signalés. Par ailleurs, il convient d'être extrêmement prudent lors de voyages vers le Niger, de se déplacer en convoi et si possible d'être accompagné d'une voiture de police.

Les coupeurs de route (bandits) sont toujours actifs, particulièrement dans les régions isolées (est), armés et potentiellement violents. Il convient de ne jamais résister : des cas d'assassinats ont déjà été signalés.

Il est déconseillé d'emprunter les transports publics, excepté pour les taxis jaunes qui offrent des services acceptables.

INFRASTRUCTURES

Les coupures d'eau sont fréquentes et parfois le fait des autorités, en particulier depuis la pénurie de 2013 qui s'est accrue en 2016 en raison de la population croissante de Ouagadougou (+6% en 2015) et des températures anormalement élevées observées en février 2016. Depuis mai 2016, le gouvernement a introduit un système rotatif de rationnement de l'eau ; les quartiers ci-après sont privés d'eau pendant des périodes successives de 12 heures : Bangpoore, Bassinko, Gounghin Nord, Hamdalaye, Kamboinsin, Kilwin, Kologh Nossin, Kossodo, Larlé, Markoussi, Naaba, Ouidin, Pabre, Rimkieta Bissighin, Signoghin, Somgandé, Tampouy, Tanghin, Toessin, Toudebweogin, Yagma, et la zone industrielle de Gounghin.

En outre, le réseau de téléphonie mobile n'est pas toujours fiable en dehors des villes.

LÉGISLATION LOCALE

Une législation stricte est en vigueur concernant l'exportation d'œuvres d'arts traditionnelles (masques, antiquités, objets religieux, etc.). Ces exportations doivent faire l'objet d'une autorisation préalable du ministère de la Culture.

Il est interdit de photographier les emprises gouvernementales et les sites militaires. Certains bâtiments ne peuvent être photographiés sans l'obtention d'un permis.

L'homosexualité est illégale.

Climat

Le pays appartient à ce qu'on appelle communément la zone soudanaise de type tropical, à part le nord qui est une zone sahélienne. On rencontre deux saisons distinctes : la saison sèche, qui dure environ 8 mois, et la saison des pluies (l'hivernage), qui dure de mi-juin à mi-octobre. Les mois les plus chauds sont mars, avril et mai, où la température dépasse en permanence les 40 °C. De novembre à février, souffle un vent du nord, rafraîchissant mais desséchant : l'harmattan. C'est une période agréable, car tempérée : entre 25 et 30 °C, avec un peu de fraîcheur le soir.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 226 Centre médical international (24h/24): (00.226) 70.20.00.00 Police: 17 Pompiers: 18 Gendarmerie: (00.226) 80.00.11.45 / 50.30.62.71 En cas d'attaque de coupeurs de route: 10.10

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises:

Plus