Retour

Rapports de pays

Burundi Rapport de pays

Survol

INTRODUCTION

Déchirée par une guerre civile entre 1993 et 2006, et aujourd'hui par un conflit ethnique perdurant, cette petite nation sub-saharienne (population 10 million) reste un des plus pauvres pays du continent africain. Les problèmes socio-économiques et politiques complexes ainsi que la polémique concernant le troisième mandat du président Nkurunziza en août 2015 perpétuent un climat politique instable.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

Un grand nombre de gouvernements occidentaux déconseillent tout voyage au Burundi sauf pour raison impérative, dû à la situation politique instable, le climat social explosif et la forte présence d'activité criminelle. Les zones considérées comme présentant un risque élevé sont situées aux alentours d'un km de la frontière avec la République Démocratique du Congo où le risque de régionalisation de l'insécurité, notamment des activités transfrontalières sporadiques par des groupes armés de l'opposition, de trafic et autres activités criminelles, subsiste. Les provinces de Cibitoke et Bubanza au nord-ouest du pays sont aussi à éviter.

À Bujumbura, les quartiers ayant connus des incidents violents sont à éviter. Parmi ceux-ci, Kanyosha, Musaga, Ngagara, Nyakabiga, Kamenge, et la province rurale de Bubanza.

SÉCURITÉ

Une guerre civile a ravagé le pays entre 1993 et 2006, le dernier groupe rebelle, les Forces nationales de libération (FNL) signant un dernier cessez-le-feu en 2008. Conformément aux termes de l'accord, le groupe s'est par la suite démobilisé pour devenir un parti politique.

Même si les opérations de sécurité violentes semblent avoir largement diminué, les tensions demeurent élevées suite à la violence politique et l'instabilité des années 2015 et 2016 et les crimes violents et actes de violence politique restent fréquents. En avril 2015, le Président Nkurunziza a annoncé qu'il souhaitait se porter candidat pour un troisième mandat présidentiel, un acte perçu comme contraire à la Constitution et à l'Accord d'Arusha pour la paix et la réconciliation de 2000 - une étape cruciale dans les négociations politiques qui ont mis fin à la guerre. La décision a provoqué des émeutes violentes à travers le pays, avec de nombreuses manifestations dans les quartiers de la capitale, Bujumbura. En réponse, les forces de sécurité ont réagi de manière brutale et disproportionnée. Un coup d'état a été tenté en mai 2015 mené par le général Godfroid Niyombare mais celui-ci a été aussitôt arrêté par les forces de l'ordre au terme d'une journée de combats.

Malgré les manifestations et le boycott de la grande majorité des candidats de l'opposition, le gouvernement a tenu à organiser des élections en août 2015, suite auxquelles Nkurunziza a obtenu un troisième mandat.  Des manifestations et incidents violents ont eu lieu durant le reste de l'année, dont une attaque sur deux bases militaires par des forces rebelles en décembre 2015 causant la mort de 12 personnes après plusieurs heures d'affrontements. Les forces de l'ordre se sont empressées d'ensuite mener des perquisitions dans les quartiers de Bujumbra durant lesquelles au moins 87 personnes ont été tuées (le nombre de victimes officieux pouvant s'élever au double). Des affrontements (échanges de feu et grenades), ont, pour la plupart, eu lieu dans les quartiers de Cibitoke, Mutakura, Musaga, Nyakabiga, Jabe, Ngagara, et Bwiza, à Bujumbra.

Ces troubles ont perduré jusqu'en 2016. Le gouvernement a rejeté la résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU 2303 en juillet 2016 demandant qu'une police onusienne soit déployée dans le pays afin d'assurer la stabilité. Il continue d'avoir des assassinats sporadiques et des incidents violents, tandis que les forces de sécurité sont accusées régulièrement  d'arrestations arbitraires, de détentions, de disparitions de membres de l'opposition et de soi-disant partisans de l'opposition. La police continue de recourir à un usage de force excessif contre les manifestants, usant notamment d'armes à feu et de gaz lacrymogène.

Une série d'attentats à la grenade a eu lieu depuis mai 2015, notamment à Bujumbura mais aussi à Ngozi et Kayanza. Plus récemment, huit personnes ont été tuées dans le village de Shinya dans la province de Kayanza le 19 juillet 2017 par une attaque à la grenade ; le motif et les assaillants derrière cette attaque demeurent inconnus. Ces attaques semblent être presque aléatoires : criminelles et / ou politiques, et ne semblent pas cibler les étrangers.

TERRORISME

Il existe un risque d'attaques terroristes. L'organisation terroriste, Al-Shabaab, basée en Somalie, a proféré publiquement des menaces contre le Burundi en raison de son soutien pour les missions de maintien de la paix de l'Union africaine en Somalie (AMISOM). Ces attaques pourraient cibler des lieux fréquentés par des expatriés et / ou des voyageurs étrangers.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

Les tensions politiques sévères persistent en 2017. Toute manifestation publique requiert une pré-autorisation, et en raison de la forte présence sécuritaire, seules les marches et manifestations pro-gouvernementales sont permises et ont lieu depuis la mi-2016. Certains participants auraient été même forcés d'y assister. Il est fortement conseillé aux voyageurs d'éviter tout rassemblement public, des grandes foules, ou toute manifestation possible ; les forces de l'ordre y ayant répondu avec une force extrême.

RISQUE SOCIO-ÉCONOMIQUE

Le Burundi est un pays enclavé qui n'a pas accès à des ressources, et détient un secteur privé et manufacturier sous-développé. Ainsi, plus de deux tiers de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Le pays continue d'être extrêmement dépendant de l'aide étrangère à la fois bilatérale et multilatérale. Celle-ci représentait 48% du revenu national en 2015. L'instabilité politique en 2015 a ralenti l'économie du pays, qui peine à s'en remettre. La détérioration des situations sécuritaire et économique, ainsi que les pénuries alimentaire dans de nombreuses parties du pays, a poussé beaucoup de Burundais à quitter le pays, avec 395,000 réfugiés censément au Rwanda, en Ouganda, en Tanzanie et dans l'est de la RDC. Les tensions politiques perpétuelles ont exacerbé les réclamations socio-économiques, notamment de la part des jeunes, touchés par un taux de chômage élevé.

CRIMINALITÉ

Les hauts taux de pauvreté et de corruption ont encouragé la criminalité à travers le pays. La menace la plus importante reste les crimes d'opportunité (pickpocket et vol de sac à l'arraché), les agressions violentes au couteau ou arme à feu, les détournements de voiture et les actes de banditisme ainsi que les cambriolages. Si victime d'un cambriolage, il est mieux de coopérer et ne pas résister, afin de s'assurer que la situation ne dégénère. Les armes sont facilement accessibles à travers le pays et les criminels peuvent posséder des AK-47, des grenades, des couteaux et des machettes. Il est conseillé de toujours faire profil bas, de cacher tout objet de valeur et d'éviter tout rassemblement.

Après la tombée de la nuit, il est préférable de ne pas se déplacer, de ne pas marcher dans les rues, et de ne pas utiliser les transports en commun, même à Bujumbura. La police est généralement considérée comme corrompue et inefficace face à un crime ou une urgence. Les étrangers victimes d'un crime violent devraient se tourner vers le service consulaire de leur ambassade.

RISQUES NATURELS 

Des précipitations importantes touchent le pays pendant la saison des pluies (de février à mai) provoquant fréquemment des inondations et résultant en des glissements de terrain, des dommages matériels, et des perturbations importantes pour se déplacer dans le pays.

Bujumbura est situé à proximité d'une ligne de faille active. Ainsi, même si les séismes sont rares, il existe un risque qu'un tremblement de terre de magnitude importante ait lieu un jour.  Des séismes ont déjà secoué la région, mais si ceux-ci n'ont pas causé de dommages matériels ou humains.

TRANSPORTS

Même si les autoroutes nationales sont dans un assez bon état, ce n'est pas le cas pour la grande majorité des routes intérieures. Ainsi, le déplacement via le réseau routier présente des risques considérables dû au mauvais état des routes, mais aussi en raison des conduites irresponsables. Les accidents routiers y sont fréquents. Il est déconseillé de se déplacer par le biais des transports en commun, y compris en taxis, en mini-bus ou en taxi-moto, dû à l'entretien insuffisant des véhicules et des habitudes de conduite dangereuses.

Les barrages routiers et les contrôles d'identité sont fréquents. Récemment, des vols ont été signalés lors des faux contrôles de sécurité. L'accès à Bujumbura est contrôlé par la police pendant la nuit.

Même si tous les aéroports sont ouverts, le risque latent d'instabilité fait qu'il est possible que des vols soient annulés et des aéroports fermés à tout moment. Depuis la flambée de violence en décembre 2015, les compagnies aériennes Kenya Airways, RwanAir et FlyDubai ont annulé leurs vols en provenance, et à destination, de Bujumbura.

INFRASTRUCTURES

Les infrastructures dans le pays sont limitées, surtout à l'extérieur de Bujumbura. Des coupures d'électricité et d'eau prolongées sont signalées fréquemment pendant l'été, même à Bujumbura.

LÉGISLATION LOCALE

Les rapports homosexuels sont criminalisés dans le pays depuis 2009 et un accusé peut être susceptible de payer une amende ou d'être condamné à une peine de prison entre trois mois et deux ans.

Le pays a mis en place des peines sévères pour toute infraction liée aux drogues.

 SANTÉ

Les voyageurs se doivent d'obtenir une assurance médicale couvrant les soins à l'étranger et le rapatriement - ce dernier étant essentiel dans le cas d'une urgence médicale. L'assistance médicale dans le pays est limitée et les services ambulanciers quasi-inexistants.

L'eau du robinet n'est pas potable est les maladies diarrhéiques - dont le choléra et le typhoïde - affectent les résidents et les étrangers. Il est donc conseillé de ne boire seulement l'eau filtrée ou en bouteille, veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jours.

De plus, il existe un risque de maladies transmises par les moustiques :

Il y a un risque de fièvre jaune à travers le pays et il est obligatoire de présenter un certificat de vaccination contre la fièvre jaune pour tout voyageur ayant plus d'un an entrant au Burundi. Le paludisme est présent à travers le pays. Durant le premier semestre de 2017, près de 4 million de cas ont été signalés, dont 2000 ont été mortels. Les régions les plus impactées sont le nord et le nord-est du pays. La dengue et le chikungunya sont aussi présents.

Des cas de fièvre de la vallée du Rift ont été signalés dans le pays. Les voyageurs sont tenus de se protéger contre les piqûres d'insectes et de ne pas consommer des produits d'animaux infectés (lait, viande).

Il convient de se protéger contre les piqûres d'insectes (produits répulsifs, vêtements amples, médication préventive, etc.).

La rage pose problème au Burundi. Il est conseillé d'éviter tout contact avec les animaux, domestiques ou de rue (morsure, griffure, salive). Si mordu ou griffé, il convient de consulter un médecin aussitôt.

Il existe un risque de bilharziose, une maladie parasitaire, au Burundi. L'infection a lieu lorsque les larves du parasite, relâchés par des escargots d'eau douce, pénètrent la peau d'une personne en contact avec de l'eau contaminée. Il est donc conseillé d'éviter toute eau douce (lacs, étangs) car les larves peuvent y être présentes. Il est déconseillé de se promener pieds-nus.

Le risque de méningite est considérable, le pays se situant sur « la ceinture de la méningite ».

Climat

Le Burundi a un climat tropical. Les températures varient en fonction de l'altitude. Dans les régions basses (Imbo), elles atteignent 23°C tandis qu'en altitude (Mont Heha), elles ne dépassent pas 15°C.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 257 Police: 22 22 51 25

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: