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Rapports de pays

Cameroun Rapport de pays

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INTRODUCTION

Les voyageurs à destination du Cameroun (23,3 millions d'habitants) prendront en considération un contexte sécuritaire dégradé, en raison notamment d'une situation régionale fébrile et d'un risque terroriste aujourd'hui élevé.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

En raison du contexte sécuritaire précaire prévalent dans certaines régions, les chancelleries occidentales déconseillent à leurs ressortissants de se rendredans la zone frontalière avec le Nigéria en raison de l'insurrection djihadiste entretenue par le groupe radical Boko Haram, ainsi que dans la région frontalière avec la République centrafricaine (RCA) et le Tchad du fait de la porosité des frontières favorisant l'incursion de groupes armés.

Tout déplacement dans l'Extrême nord est également à proscrire du fait du risque terroriste et d'enlèvements. Le Sud-Ouest, en particulier la presqu'île de Bakassi et le parc national de Korup, sont également visés par ces avertissements compte tenu des problèmes d'insécurité persistants.

A l'exception de la partie centrale du pays et des zones côtières où une vigilance accrue est néanmoins recommandée, les déplacements dans les régions du Nord et de l'Adamaoua sont à éviter sauf raisons impératives. Bien que le risque terroriste soit moins élevé dans ces régions, la sécurité n'y est pas garantie.

Une vigilance accrue doit en outre être exercée dans les centres urbains tels que Yaoundé ou Douala.

Enfin, la navigation de plaisance et a fortiori le mouillage près des côtes sont formellement déconseillés dans l'ensemble de l'espace maritime camerounais, ouvert sur le golfe de Guinée, du fait de sa forte exposition à la piraterie maritime.

TERRORISME

L'extrême-nord est particulièrement impacté par les actions du groupe djihadiste nigérian Boko Haram. Le Cameroun a été pour la première fois touché par des attentats-suicides en juillet 2015. Depuis cette date, des attaques régulières mettent en exergue la persistance et la diversité de la menace (attentats-suicides, enlèvements, etc.). En 2016, plus de 200 personnes sont mortes dans des attaques kamikazes sur des marchés dans la région de l'Extrême-nord. Depuis 2001, 867 attaques ont été comptabilisées sur le territoire.

La menace terroriste est d'autant plus importante que l'armée camerounaise participe à la Force Multinationale Mixte (FMM - force militaire composée de troupes venant des pays riverains du Lac Tchad - Nigéria, Niger, Tchad, Cameroun - et du Bénin) contre Boko Haram depuis septembre 2015. Bien que la FMM ait remporté plusieurs victoires, faisant perdre du terrain à Boko Haram, grâce notamment à l'aide des forces françaises de l'Opération Barkhane et à celle des troupes américaines, les attaques demeurent régulières dans l'Extrême-nord. Le 21 août 2016, un attentat-suicide à Mora a provoqué la mort de trois personnes.

ENLÈVEMENT

Les ressortissants étrangers, et dans une moindre mesure les personnalités locales, sont exposés à un risque particulièrement élevé d'enlèvements dans les régions du Nord, de l'Extrême-nord, de l'Adamaoua, et à la frontière avec la RCA en raison de la multitude des groupes djihado-criminels qui y opèrent. De nombreuses victimes d'enlèvements détenues par Boko Haram ou Ansaru (un groupuscule djihadiste dissident de Boko Haram) ainsi que par des bandits armés auraient été tuées, soit par leurs ravisseurs ou au cours de tentatives de libération.

SÉCURITÉ

Outre le risque terroriste, la situation sécuritaire précaire prévalent dans certaines zones est à prendre en compte. Le Cameroun est frontalier de plusieurs pays touchés par des conflits; au-delà de la présence sur son territoire de nombreux réfugiés, l'infiltration d'éléments armés incontrôlés (braconniers, bandits, trafiquants en tous genres) est à considérer.  Des accrochages violents ont lieu régulièrement entre forces de l'ordre et ces éléments armés.

En raison de tensions affectant les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, il est recommandé pour tous les voyageurs devant impérativement s'y rendre de faire preuve d'une extrême vigilance, de ne pas sortir la nuit et d'éviter les rassemblements. En cas de grève générale ou « journée ville morte », il convient de s'abstenir de circuler dans les villes - Bamenda, Buea, Limbé, Kumba.

Par ailleurs, les activités de contrebandiers, notamment dans la presqu'île de Bakassi, augmentent l'insécurité.

CRIMINALITÉ

Si le taux de criminalité demeure d'un niveau raisonnable, il convient de garder à l'esprit que les ressortissants étrangers, les Camerounais fortunés et les personnels diplomatiques peuvent constituer une cible privilégiée pour les délinquants de toutes sortes, en raison de leur richesse supposée. Le taux de chômage élevé et l'inaction des forces de police alimentent une criminalité d'opportunité. Les agressions, principalement motivées par le vol de biens matériels ou d'objets de valeur, peuvent s'accompagner de violences graves pouvant aller jusqu'au meurtre. De ce fait, il convient d'exercer une vigilance constante pour se prémunir des agressions et vols de voitures.

La prudence est recommandée dans les grandes agglomérations (Yaoundé, Douala, Ngouandere et Bafoussam) où les cambriolages et agressions nocturnes sont fréquents ainsi que les agressions dans les trains, les bus, ou les taxis lors d'embouteillages, surtout après la tombée de la nuit. En juin 2016, un ressortissant chinois avait été tué à Douala dans le quartier résidentiel de Bali. En cas de location d'un appartement ou d'une villa, les autorités françaises suggèrent « d'embaucher un gardien en s'adressant à une société de surveillance ». Par ailleurs, l'ambassade américaine a alerté sur le risque élevé de criminalité (vols) dans le quartier de Bastos à Yaoundé.

Il est recommandé d'éviter les zones pauvres dans les villes de Yaoundé (cf. marchés de la Briquetterie et de Mokolo), de Douala, ainsi que dans les villages d'Akwa et Bonaberi.

Il est recommandé de faire preuve de vigilance dans les villes du littoral (Kribi, Limbe), à proximité des chutes d'Ekom (entre Bafang et Nkongsamba) et dans la région des monts de Manengouba et des Lacs jumeaux. A Limbe, compte tenu de plusieurs agressions survenues dans des hôtels, une prudence particulière doit être observée.

En outre, des cas de cambriolages, de car-jacking, de vols à l'arrachée ou sous la menace d'armes blanches sont régulièrement signalés, en particulier près des frontières avec la RCA, le Tchad et le Nigéria, mais également sur les routes de Bamenda-Banyo, Bafoussam-Banyo, Bafoussam-Doula et Bafoussam-Yaounde.

Sur les routes de province, des agressions ont régulièrement lieu, de jour comme de nuit. Des hommes, parfois en uniformes, dressent des barrages routiers dans le but d'extorquer aux usagers de l'argent ou des biens. Ces attaques sont particulièrement fréquentes au début du mois (lorsque les salaires n'ont pas encore été versés) ou les jours de marchés.

On observe généralement une hausse des actes criminels à l'approche des fêtes de fin d'année et vers la fin du mois d'août, périodes où les Camerounais manquent généralement de liquidités.

En tout état de cause, il convient d'éviter d'exhiber tout article de valeur ou de nature à attirer la convoitise (sac à main, téléphones portables, montre, bijoux, appareil photo, etc.) et de ne pas transporter d'importantes sommes d'argent. Enfin, il convient de ne jamais résister en cas d'agression.

Dans un autre registre, des escroqueries financières sur internet  sont régulièrement signalées ainsi que des fraudes à la carte bancaire, imposant une vigilance particulière.

PIRATERIE MARITIME

La navigation de plaisance est formellement déconseillée dans le golfe de Guinée et a fortiori le mouillage près des côtes, compte tenu des risques liés à la piraterie maritime qui affecte cette zone. Par ailleurs, il est rappelé qu'il est strictement interdit de s'approcher à moins de 500m d'une plate-forme pétrolière ; cette interdiction pouvant être portée à deux ou trois miles nautiques dans certaines zones. Au premier semestre 2016, deux détournements de bateaux, 28 otages, 16 enlèvements et 10 attaques ont été recensés dans cette zone, la plaçant parmi les plus touchées mondialement par le phénomène

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

Avec 40% de la population vivant avec moins de deux dollars par jour, le risque socio-politique est à prendre en compte et ce alors que le coût des biens de première nécessité demeure une préoccupation majeure des Camerounais. Par ailleurs, l'afflux de réfugiés en provenance de République centrafricaine et du Nigeria est venu saper l'économie camerounaise et a aggravé les effets de la surpopulation dans les grandes agglomérations.

Les tensions diverses au sein de la société demeurent importantes ; de nombreuses manifestations ou grèves générales sont régulièrement organisées et sont de plus en plus fréquentes depuis début 2017 (surtout à Douala et Yaoundé).

Depuis novembre 2016, les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont en proie à d'importants troubles socio-politiques. Des journées « villes mortes », grèves et manifestations violentes sont régulièrement organisées et le plus souvent violemment réprimées par les forces de sécurité. La connexion internet a été coupée pendant plus de 90 jours dans ces régions avant d'être finalement rétablie fin avril. La communauté anglophone, notamment les avocats et les étudiants, dénonce sa marginalisation par le gouvernement ainsi que l'utilisation prédominante du Français dans les tribunaux et les écoles publiques. Le Consortium de la société civile anglophone du Cameroun a appelé à l'organisation d'un referendum concernant l'établissement de deux États fédéraux anglophones au sein du Cameroun. D'autres activistes plus radicaux appellent quant à eux à la création d'un État indépendant.

En tout état de cause, il est préférable de rester à l'écart de tout rassemblement, ceux-ci peuvent rapidement dégénérer.

Paul Biya est au pouvoir depuis 1982 et son parti politique, le RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais), domine la vie politique depuis plusieurs décennies. Réélu en 2011 pour un sixième mandat, Paul Biya (83 ans) maintient son emprise sur le pouvoir (et sur la presse). Les prochains grands rendez-vous électoraux auront lieu en 2018. Pour l'heure, le Président se garde de trancher différentes questions : révision constitutionnelle, élections anticipées et reste muet quant à sa propre candidature. En attendant, l'opposition continue d'organiser des manifestations anti-gouvernementales.  

Si la liberté religieuse et la laïcité sont garanties par la Constitution et la loi du 19 décembre 1990, certains observateurs s'inquiètent du risque de violences religieuses. A ce jour, les Chrétiens représentent 63 % de la population, les Musulmans 22% et les religions traditionnelles ou animistes 14% mais la pénétration d'un islam fondamentaliste et l'essor d'églises pentecôtistes revivalistes, dites réveillées (born again), bouleversent le paysage religieux et mettent en place les ferments de l'intolérance religieuse. La pénétration de courants fondamentalistes, combinée aux tensions communautaires, constitue un risque spécifique au Nord et génère une concurrence pour les dirigeants de la communauté musulmane qui a parfois abouti à des conflits locaux. De plus, les différentes religions se perçoivent négativement ; or, l'émergence de poches de radicalisme risque de changer la donne et de porter atteinte au climat de tolérance religieuse.

TRANSPORTS

Le pays souffre dans son ensemble d'infrastructures routières dégradées ; l'axe "lourd" reliant Douala à Yaoundé est réputé pour être l'un des plus meurtriers au monde.

La dangerosité des axes routiers est accrue par le non-respect du code de la route par les usagers, le non-entretien des véhicules et l'absence de structures de soins. L'absence d'éclairage public et le défaut de signalisation font que tout trajet de nuit doit être banni.

En dehors des agglomérations, tous les déplacements doivent donc se faire de jour, en véhicule tout terrain (4x4) et muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et de disposer de moyens de télécommunication efficaces.

Les coupeurs de route sont nombreux sur les routes de province et ciblent notamment les véhicules de luxe occupés par un conducteur seul et les convois approvisionnant les marchés locaux.

Les personnes désireuses d'emprunter les routes reliant Yaoundé à N'Gaoundéré via Garoua-Boulaï, ainsi que celles entre Garoua et N'Gaoundéré à Moundou (Tchad) via Touboro, doivent circuler avec une escorte armée. Il en est de même des déplacements par route dans le sud-est impliquant de passer par Yokadouma.

De plus en plus de touristes empruntent le train de nuit circulant entre Yaoundé et Ngaoundéré. Ce train fournit a prioiri un service correct et sûr aux voyageurs. Par ailleurs, la société Camrail a mis en service une liaison « InterCity » entre Yaoundé et Douala. En tout état de cause, il est recommandé de faire attention aux pickpockets et aux vols à l'arraché.

RISQUES NATURELS

Le pays, notamment dans sa partie méridionale, souffre de deux saisons des pluies importantes (de mars à juin et d'août à septembre), susceptibles de bloquer des axes routiers et de provoquer d'importants dégâts dans les zones concernées. En juin 2016, des précipitations abondantes avaient engendré d'importantes inondations à Douala.

Le mont Cameroun est un volcan toujours en activité. Des gaz mortels peuvent émaner des lacs volcaniques Nyos et Monoum. Des mesures d'évacuation des gaz ont été prises ces dernières années, atténuant le danger d'émanations soudaines.

SANTÉ

Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire, ce dernier étant fortement recommandé en cas de problème de santé grave ou présentant un caractère urgent.

La fièvre jaune est endémique dans la région de l'Extrême nord et parfois signalée dans d'autres régions du pays. Un certificat de vaccination contre la fièvre jaune est nécessaire pour tous les voyageurs âgés d'un an et plus pour entrer au Cameroun ; les individus ne présentant aucun certificat peuvent se voir refuser l'entrée sur le territoire par les autorités. Concernant le paludisme, sévissant particulièrement dans les provinces du Nord, il est impératif d'avoir recours à des mesures de protections individuelles contre les piqûres de moustiques et à un traitement médicamenteux adapté.

L'eau courante n'est pas potable ; les maladies diarrhéiques sont chroniques au Cameroun. Il est donc indispensable de ne boire que de l'eau décontaminée ou en bouteille, de veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jour.

Le virus H5N1 (grippe aviaire) est présent dans plusieurs régions et notamment dans la capitale. En mai 2016, un foyer avait été détecté à Yaoundé. Si aucun cas humain n'a été recensé, il reste recommandé de limiter tout contact avec de la volaille, vivante ou morte, vendue sur les marchés.

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire, il est recommandé d'éviter de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

En outre, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte dans le pays.

Par ailleurs, les vaccins contre la rougeole et la méningite sont fortement conseillés, de nombreux cas étant répertoriés dans le pays. Le risque de méningite est particulièrement élevé au Cameroun, le pays se situant dans la « ceinture de la méningite ».

LÉGISLATION LOCALE

L'homosexualité est réprimée par la loi et peut entrainer une arrestation.  

Il est interdit de photographier certaines emprises (bâtiments officiels, sites militaires, aéroport, ports, etc.). Les autorités locales peuvent réclamer le paiement d'un droit afin de photographier certaines zones.

Il est interdit d'acheter, vendre, ou capturer les animaux sauvages protégés ou de commercer certains de leurs organes (ivoire) sans licence, sous peine d'amende ou d'emprisonnement.

Climat

Deux grandes saisons rythment le climat : une saison des pluies, d'avril à novembre, et une saison sèche de novembre à avril. L'harmattan souffle de novembre à février. Il convient de garder à l'esprit qu'entre juillet et octobre, certaines routes peuvent être rendues impraticables par la boue.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 237 Police-secours: 17 (ou 117 à partir du portable) dans les villes de Yaoundé, Douala et Garoua Gendarmerie: 13 (ou 113 à partir du portable) dans les provinces du Centre, du Littoral, de l'Ouest et du Nord-ouest Sécurité à Douala: 33 43 6572

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: