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Rapports de pays

Colombie Rapport de pays

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INTRODUCTION

Les voyageurs à destination de cet État sensible d'Amérique Latine (47,2 millions d'habitants) prendront les précautions qui s'imposent en raison d'une criminalité élevée, de l'activité de divers groupes paramilitaires armés, de troubles sociaux fréquents et de l'existence d'une variété de maladies tropicales.

GROUPES ARMÉS

La situation politico-sécuritaire demeure délicate, en raison de la présence et de l'activité de divers groupes armés au format, à l'agenda politique et aux desseins distincts : guérillas, groupes paramilitaires, narcotrafiquants, structures violentes du crime organisé (BACRIM), enfin pléthores de gangs locaux (« pandillas »).

Les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) ont historiquement constitué la principale guérilla du pays, responsable d'innombrables violences (attentats, kidnappings, etc.) lors du demi-siècle écoulé (plus de 260 000 victimes depuis 1964, date du début de leur insurrection marxiste ; sept millions de déplacés). Un accord de paix a été mis en place fin 2016. Le groupe a déclaré fin juin 2017 son désarmement, confirmé par les observateurs des Nations Unies. Cependant, plusieurs centaines de dissidents FARC restent actifs à travers le pays et continuent de perpétrer des attaques de petite envergure, notamment dans le département de Guaviare.

Dans un registre voisin, la seconde plus importante guérilla colombienne, l'ELN (Armée de Libération Nationale), a entamé des pourparlers de paix avec le gouvernement début 2017 ; en l'absence pour l'heure de cessez-le-feu, l'ELN continue de perpétrer des attaques, notamment contre les oléoducs de pétrole, les infrastructures et les forces de sécurité. Cette guérilla violente a également mené une attaque à Bogota en février 2017, en ciblant un groupe de policiers (un mort). L'ELN est active dans plusieurs zones du pays telles que les départements de Boyacá, Norte de Santander, Arauca, La Guajira, Cesar, Bolívar, Casanare, Santander, Chocó, Cauca, Nariño et Putumayo.

Les groupes para-paramilitaires criminels (BACRIM) incarnent désormais la menace armée la plus sérieuse pour le gouvernement et les populations. Une quinzaine de groupes paramilitaires sont aujourd'hui actifs dans 22 des 32 départements colombiens ; ces groupes sont impliqués dans une variété d'activités criminelles, dont le trafic de drogue, la contrebande, l'exploitation minière clandestine, l'extorsion et les assassinats. Ces BACRIM - à l'image des forces d'autodéfense de Colombie de Gaitanista (AGC) ou Los Urabeños - ont commencé à occuper le territoire laissé vacant par les FARC (cf. ville portuaire de Tumaco), donnant lieu à une hausse de la violence (cf. meurtres de propriétaires locaux et de responsables communautaires). Le gouvernement s'est engagé à augmenter la présence des forces de sécurité dans ces zones exposées ; le déploiement de ces effectifs s'est avéré plus lent que prévu.

En raison de la présence de ces nombreux groupes armés, divers gouvernements occidentaux déconseillent à leurs ressortissants de se rendre dans plusieurs régions du pays (particulièrement les zones rurales), avec quelques exceptions pour diverses emprises du nord de la région Caraïbes et des zones centrales (cf. Bogotá).

Par ailleurs, la présence de mines antipersonnel laissées pour compte après les cinquante ans de conflit armé demeure un problème dans 670 des 1100 municipalités du pays (zones rurales exclusivement) ; près de 11 500 personnes ont perdu la vie dans l'explosion de mines antipersonnel depuis 1990.

CRIMINALITÉ

La volumétrie des homicides, tout en demeurant élevée - 12252 meurtres en 2016 selon les statistiques officielles -, serait à son plus bas niveau depuis quatre décennies. Les crimes et délits violents (drogues, agressions, kidnappings) reste nombreux, y compris dans la capitale Bogotá (qui abrite 1300 gangs..), à Medellín, Cali et Buenaventura.

Les ressortissants étrangers sont souvent ciblés en raison de leur richesse présumée. Les vols armés, les agressions, le vol de téléphones mobiles, la fraude aux cartes de crédit, les cambriolages, le vol de véhicules et les car-jackings sont communs. Les criminels sont souvent armés et les victimes, souvent blessées, voire tuées.

Un mode opératoire privilégié des malfaiteurs est le recours à diverses drogues, notamment la scopolamine, contre leurs victimes. La scopolamine fait perdre connaissance à un individu pendant 24 heures, voire plus ; une overdose peut entraîner une lésion cérébrale, voire un décès. Selon une estimation, 50 000 cas d'incidents utilisant la scopolamine, mélangée par exemple à une boisson consommée dans un bar ou une discothèque, sont annuellement recensés en Colombie.

Les kidnappings sont un peu moins fréquents depuis quelques années ; la Colombie reste toutefois l'un des pays les plus touchés au monde par ce phénomène. Si les enlèvements motivés par des raisons politiques sont devenus rares, les enlèvements crapuleux se poursuivent. Les Colombiens en sont les victimes principales, mais les ressortissants étrangers ne sont pas épargnés par ce risque, notamment ceux travaillant dans l'industrie pétrolière ou minière. Les ''kidnappings express'' (« paseo millionario ») sont les plus communs ; lors des ''kidnappings express'', les victimes peuvent être retenues en otage jusqu'à 48 heures par leurs ravisseurs. Durant cette période, une rançon est demandée, ou bien la victime peut être amenée à retirer de force autant d'argent que possible aux distributeurs automatiques de billets. Si vous êtes agressé, gardez votre calme, ne résistez pas et obéissez aux ordres de votre agresseur.

Les routes ne doivent pas être considérées comme sûres en zones rurales, en particulier la nuit.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

Des manifestations et des grèves sont régulièrement organisées. Généralement, elles demeurent pacifiques. Cependant, des accrochages violents et autres débordements peuvent survenir. Les participants utilisent parfois des cocktails Molotov et des bombes artisanales (« papas explosivas ») contre les forces de l'ordre, lesquelles répondent souvent en employant du gaz lacrymogène.

Les grévistes et autres manifestants érigent fréquemment des barrages routiers, perturbant la circulation et les transports ; dans les cas de mobilisations prolongées, ces actions peuvent entraîner des pénuries d'aliments et de produits de première nécessité, à l'instar de l'épisode observé mi-2016.

Les périodes électorales voient souvent une recrudescence des violences politiques, notamment en région rurale, ainsi qu'une augmentation de la fréquence et de l'intensité des manifestations. Les élections législatives ont eu lieu le 11 mars 2018, suivies par le scrutin présidentiel le 22 mai 2018.

TRANSPORTS

Les conditions sécuritaires sur les axes routiers varient considérablement d'une zone à l'autre, en fonction de la présence des groupes armés. À titre d'exemple, l'ambassade américaine interdit à son personnel tout déplacement routier hors des grandes agglomérations après la tombée de la nuit (donc sur les grands axes reliant Bogota à Bucaramanga et Ibague), ainsi que les déplacements en bus municipaux ou en autocars.

En ce qui concerne les taxis, ils doivent de préférence être commandés par téléphone ou via une application web, ou pris dans une station de taxi. N'hélez jamais un taxi dans la rue. Les stations de taxi sont généralement disponibles à proximité des aéroports, des hôtels, des centres commerciaux et des restaurants. Les voyageurs à Bogota noteront que si l'application Uber a été interdite dans la ville, elle demeure techniquement opérationnelle. Les utilisateurs s'exposent toutefois à une amende en cas d'utilisation ; des attaques contre des véhicules Uber ont par ailleurs été signalées.

La circulation routière est importante à Bogota, laissant les passagers vulnérables aux actions criminelles. Les chauffeurs et passagers doivent rester vigilants et garder les portes verrouillées, les fenêtres fermées, et tout objet de valeur hors de vue.

En raison de la présence des groupes armés dans de nombreuses zones rurales, les longs déplacements doivent s'effectuer de préférence en avion.

Les routes - y compris les autoroutes - sont régulièrement (temporairement) impraticables du fait des inondations et des glissements de terrains (voir la section RISQUES NATURELS)

RISQUES NATURELS

Les pluies torrentielles et les inondations destructrices ne sont pas rares, impactant alors notamment la circulation routière et générant leur lot de victimes. Ceci est particulièrement fréquent lors des saisons des pluies (avril à mai et octobre à novembre).

Plusieurs semaines de pluies au premier semestre 2017 - les plus importantes depuis six ans -, ont provoqué des destructions matérielles majeures et des glissements de terrains dévastateurs, à l'instar du tragique cas observé le 1er avril à Mocoa (capitale du département de Putumayo) et ses 300 victimes.

La côte caribéenne (nord) est régulièrement touchée par des cyclones entre juin et fin novembre. Tornades et tempêtes tropicales, tout en étant rares, peuvent être à l'origine de pluies torrentielles, de vents violents, d'inondations et de dommages matériels sérieux.

Les feux de forêt sont communs, notamment lors des périodes de sécheresse et de températures élevées.

La Colombie se situe dans une zone d'activité sismique et volcanique. Cette activité est surveillée par Ingeominas, le service géologique colombien. 

LÉGISLATION LOCALE

La photographie des sites gouvernementaux / militaires stratégiques est interdite.

Les chauffeurs impliqués dans un accident routier doivent rester sur le site jusqu'à l'arrivée de la police (voir la section TRANSPORTS).

DIVERS

Le point de passage frontalier avec le Venezuela est partiellement fermé.  Seuls les piétons sont autorisés à traverser la frontière aux cinq points de passage suivants (entre 05h00 et 20h00 ; heure colombienne) : pont Simon Bolívar, pont La Union (reliant le département colombien de Norte de Santander et L'État vénézuélien Táchira), pont Jose Antonio Paez (reliant Arauca et Apure), passage Paraguachon  (La Guajira et Zulia) et passage Puerto Carreno (reliant Vichada, Colombie, et les États vénézuéliens d'Apure et Amazonas). 

De plus, les frontières nationales sont souvent fermées le jour des élections.

SANTÉ

Il est recommandé de souscrire une assurance couvrant les frais médicaux et le rapatriement sanitaire avant le début du séjour.

La qualité des soins médicaux, satisfaisante dans la plupart des grandes villes, varie en dehors des zones urbaines.

A priori, l'eau du robinet n'est potable qu'à Bogota, Medellin et Cali. Hors de ces grandes villes, ne buvez que de l'eau en bouteille, et évitez les boissons contenant des glaçons.

De nombreuses maladies sont signalées hors des zones de haute altitude.

Plus de 100 000 cas de dengue avaient été confirmés en 2016 (200 mortels). Le pays subit actuellement une épidémie de chikungunya (350 000 cas recensés ‒ 54 mortels ‒ en 2015). Entre septembre 2015 et fin juillet 2016, plus de 100 000 cas du virus Zika avaient été signalés. Si le gouvernement colombien a officiellement annoncé la fin de l'épidémie fin juillet 2016, plusieurs centaines de cas continuent d'être signalés chaque semaine. Alors que la maladie en elle-même est relativement bénigne, le souci majeur concerne la malformation crânienne du nourrisson (microcéphalie) et les troubles neurologiques du syndrome de Guillain-Barre (SBG) susceptibles de s'avérer fatals. Des cas de SBG et de microcéphalie ont été signalés en Colombie. Une recrudescence du paludisme est observée dans l'ouest du pays. Plusieurs milliers de cas de paludisme ont été signalés en 2016, majoritairement dans les départements de Chocó, Nariño et Antioquia. Cette épidémie est attribuée en grande partie aux sites d'exploitation minière clandestins, où les puits ont une eau stagnante, favorisant  la prolifération des moustiques. La fièvre jaune peut être présente dans les zones inférieures à 2300 m d'altitude. À noter que le virus n'est pas présent à Barranquilla, Cali, Cartagena, Medellín, San Andres, Providencia ou Bogota.

À noter encore que les voyageurs se rendant à Bogota (située à 2640 mètres d'altitude) pourraient avoir besoin de temps pour s'adapter à l'altitude. Le moustique responsable de la transmission des virus Zika, chikungunya et de la dengue n'est pas présent à une telle altitude.

Enfin, certaines villes, en particulier Medellín, subissent régulièrement un haut niveau de pollution de l'air susceptible d'affecter la santé et le confort de certaines catégories d'individus (cf. enfants, personnes âgées, femmes enceintes, personnes souffrant d'asthme ou de troubles respiratoires).

Climat

Proche de l'équateur, la Colombie connaît une grande stabilité des températures toute l'année. La saison sèche et la saison des pluies varient en fonction des régions ; généralement, les pluies sont plus fréquentes en avril-mai et en octobre-novembre.  Le climat est tropical humide sur la côte caraïbe de la Colombie et en Amazonie et désertique à Guajira. Toutes les zones situées à plus de 3000 mètres d'altitude ont un climat froid.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 57 Police: 112 Pompiers: 112 Urgences médicales: 123

Electricité

Voltage: 110 V ~ 60 Hz

Prises: