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Rapports de pays

Côte d'Ivoire Rapport de pays

Survol

INTRODUCTION

Eu égard à un historique de crises et d'événements douloureux intervenus ces deux dernières décennies, la Côte d'Ivoire est un pays qui poursuit sa stabilisation politique et s'emploie à consolider son cadre sécuritaire. Ce mieux-être manifeste ne devra cependant pas rendre imprudent le voyageur séjournant dans cet État au cœur de l'Afrique de l'Ouest (23 millions d'habitants).

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

En raison de la présence de bandes armées transnationales, issues pour certaines des guerres civiles ivoirienne et libérienne, la zone située à la frontière entre la Côte d'Ivoire et le Liberia est déconseillée sauf raison impérative par divers gouvernements occidentaux (ministère des Affaires étrangères). Cette région inclut notamment les villes de TabouTaï et Grabo. Cette dernière avait été la cible d'une attaque menée contre des militaires mi-janvier 2015.

Les autorités attirent également l'attention sur la ville de Bouaké et ses environs, bastion des Forces nouvelles pendant la crise, et où il importe de rester vigilant. À noter toutefois que la ville n'est placée qu'en simple vigilance renforcée.

TERRORISME

En raison de sa contribution à la Mission onusienne au Mali (MINUSMA) et de son soutien aux opérations françaises, une partie des forces militaires à l'étranger étant prépositionnée dans le pays, la Côte d'Ivoire est soumise à un risque important d'attentat, ainsi que l'a confirmé l'attaque ayant endeuillé la station balnéaire de Grand Bassam le 13 mars 2016 (19 victimes ; 22 blessées).

Cette attaque, revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) - qui a explicitement menacé la Côte d'Ivoire et les alliés de la France en Afrique de l'Ouest illustre la menace pesant sur les cibles « molles » (bars, restaurants, plages, centres culturels, etc.) accueillant la bourgeoisie ivoirienne ainsi que les ressortissants étrangers. Si les mesures de sécurité avaient déjà été sensiblement renforcées à Abidjan depuis fin 2015, et l'ont été à nouveau depuis mars 2016, le risque d'attaque terroriste dans la capitale économique demeure élevé. Les cibles secondaires, à l'instar de Grand Bassam ou d'autres destinations touristiques en province, sont également exposées, car elles constituent des cibles plus faciles pour les groupes djihadistes.

Par conséquent, les voyageurs à destination de la Côte d'Ivoire sont invités à limiter leur présence dans des lieux pouvant constituer des cibles (marchés, lieux de culte, bâtiments diplomatiques ou consulaires, sites militaires, endroits fréquentés par des Occidentaux, etc.) et à redoubler de prudence en permanence.

CRIMINALITÉ

Bien que la criminalité soit contenue à un niveau modéré, notamment au regard d'autres capitales régionales, une augmentation a été observée ces dernières années à Abidjan, capitale économique. Principalement motivée par des raisons pécuniaires, cette criminalité y prend la forme d'une petite délinquance (vols à la tire et effractions dans les chambres d'hôtels notamment) et, de manière moins prégnante, d'agressions, y compris à main armée, de carjackings et de cambriolages. Si l'ensemble des lieux et transports publics sont concernés, les quartiers populaires d'Abidjan (Adjamé, Abobo, Attécoubé, Koussami, Marcory, Treichville, Yopougon notamment) et la forêt Banco demeurent les principaux lieux d'exposition, en particulier la nuit. Des gangs de jeunes violents, communément appelés les « microbes », sévissent de jour comme de nuit dans ces quartiers de la capitale, le plus souvent déguisés en mendiant et munis d'armes blanches. Il convient donc de faire preuve de vigilance, de ne pas porter d'objets de valeur sur soi, de ne pas circuler à pied et d'éviter de se rendre seul dans ces quartiers. Une attention particulière est requise à la sortie des maquis, restaurants, banques et distributeurs de billets. De même, il est déconseillé de marcher le long des ponts Général-de-Gaulle et Félix-Houphouët-Boigny traversant la lagune Ébrié. En tout état de cause, les agresseurs étant susceptibles d'être armés, il convient de ne pas leur opposer de résistance.

En raison de la présence importante des barrages (légaux ou non), notamment en zones rurales, le risque d'extorsion par les forces de l'ordre est élevé, même si son importance a été considérablement réduite ces dernières années.

Notons également l'existence des « coupeurs de route » dans les zones rurales, tout particulièrement dans l'Ouest et le Nord (route de Yamoussoukro à Korhogo notamment), où les déplacements doivent, par précaution, être entrepris en convoi de deux véhicules.

Les fraudes à la carte bleue sont fréquentes. Dans la mesure du possible, il est préférable d'effectuer les règlements en espèces et, en cas de paiement par carte, de ne pas quitter des yeux cette dernière. Les tentatives d'extorsion par internet sont aussi répandues : les courriers électroniques émanant de Côte d'Ivoire et demandant des informations personnelles ou bancaires doivent être considérés avec méfiance.

Par ailleurs, les vols de passeport et les usurpations d'identité étant fréquents, il est recommandé de conserver des copies de ses papiers en lieu sûr. En cas de vol, un signalement doit être effectué auprès de son consulat dans les meilleurs délais.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

Bien que la situation socio-politique se soit considérablement stabilisée depuis la crise post-électorale de 2010-2011, le contexte politique intérieur demeure précaire ; des tensions politiques peuvent resurgir à tout moment.

Les dernières élections présidentielles ont été organisées le 25 octobre 2015, proclamant le président sortant Alassane Ouattara vainqueur et le réengageant à la tête de l'État pour un second mandat consécutif. Le prochain scrutin présidentiel est prévu en 2020 ; Alassane Ouattara a annoncé qu'il ne se représenterait pas lors de ce scrutin.  

Le projet de nouvelle Constitution a été adopté par référendum le 30 octobre 2016 avec 93,42% de OUI (et une participation populaire de l'ordre de 42% des inscrits). Des élections législatives ont également été organisées en décembre 2016, consacrant la victoire du parti au pouvoir, le RHDP (Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix).

Dans l'intervalle, la situation politique ivoirienne demeure soumise à l'issue du procès de Laurent Gbagbo, actuellement jugé devant la Cour pénale internationale pour son rôle dans les violences survenues lors de la crise post-électorale de 2010-2011 ; aussi bien au cours du processus de réconciliation nationale qu'à l'issue de la démobilisation, du désarmement et de la réintégration des anciens membres des groupes rebelles.

Au-delà des séquelles de la crise récente, la Côte d'Ivoire connaît de fréquents mouvements de contestation, notamment sur les campus universitaires où étudiants et enseignants manifestent régulièrement contre le manque de ressources, le non-versement des bourses ou encore les problèmes de logement. Par ailleurs, les manifestations contre le coût élevé de la vie sont de plus en plus fréquentes.  Les coupures de courant sont également monnaies courantes, y compris à Abidjan, et peuvent donner lieu à des mouvements particulièrement violents de la part d'usagers mécontents.

Par ailleurs, le pays a été secoué par une vague de contestations violentes au sein de l'armée et des services publics en janvier et début février 2017.

Des mutineries ont fragilisé la situation sécuritaire dans plusieurs villes du pays, notamment à Abidjan et Bouaké en janvier et à Adiaké en février 2017. Le calme a été rétabli à la suite d'un accord entre les mutins et le gouvernement, mais des mouvements d'humeur des gendarmes, policiers, gardes de prison et pompiers s'en sont suivis, notamment à Yamoussoukro, Abidjan et Bouaké. La situation a été contenue jusqu'à ce qu'une nouvelle vague de mutineries touche à nouveau le pays à la mi-mai 2017 ; les soldats, ex-rebelles réintégrés dans l'armée et combattants démobilisés (ex-rebelles non réintégrés dans l'armée) ont réclamé le paiement de leurs primes. La situation s'est apaisée à la suite d'un accord avec le gouvernement. Toutefois, celle-ci demeure tendue ; le 9 juillet 2017 des combattants démobilisés ont bloqué l'accès nord à la ville de Bouaké avant d'être dispersés par les forces de l'ordre.

Une grève des fonctionnaires - motivée par des demandes d'augmentation de salaires et un nouveau système de retraite - ponctuée de plusieurs manifestations - ayant dégénéré pour certaines - malmena durant tout le mois de janvier 2017 le fonctionnement des services publics, avant qu'un accord ne soit finalement partiellement passé avec le gouvernement. Les mobilisations sociales se poursuivent depuis lors, avec notamment une nouvelle grève des fonctionnaires en mai, des grèves du personnel pénitentiaire ainsi que des employés du secteur éducatif privé, mais aussi des employés du secteur pétrolier.

SANTÉ

La Côte d'Ivoire est exposée à des risques sanitaires non négligeables mais dont la sensibilité est quelque peu pondérée par la présence, à Abidjan, d'infrastructures hospitalières correctes. On notera toutefois que l'admission dans les établissements de soins étant soumise au paiement préalable des soins et traitements (ou d'une caution), il importe de contacter son assurance avant de se rendre chez le médecin. En tout état de cause, il est indispensable pour les ressortissants étrangers de souscrire en amont du départ à une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire.

Le pays est confronté aux maladies transmises par les moustiques : on recense notamment le paludisme, pour lequel la Côte d'Ivoire est classée en zone 3, ainsi que la dengue. Une épidémie de dengue est actuellement en cours (juillet 2017) à Abidjan. Notons par ailleurs que, la fièvre jaune étant endémique, la présentation du carnet de vaccination international est requise à l'entrée sur le territoire ivoirien. En outre, l'ensemble de ces maladies connaissent une recrudescence marquée à l'occasion de la saison des pluies (de mai à novembre). Il est impératif de se prémunir contre les piqûres de moustiques (utilisation de répulsifs, moustiquaires, port de vêtements couvrants, etc.).

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire, il est recommandé d'éviter de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

Par ailleurs, la Côte d'Ivoire connaît une prévalence non-négligeable du VIH/Sida, qui affecterait à minima 3,5% de la population adulte, et de la tuberculose.

De même, le pays connaît des épidémies de rage ainsi que de méningite à méningocoque, contre lesquelles la vaccination peut être recommandée en fonction des zones visitées et de la durée du séjour. 

Enfin, notons que les maladies diarrhéiques sont omniprésentes, y compris le choléra dont les épidémies se produisent généralement pendant la saison sèche (de décembre à mai et de juillet à octobre sur le littoral et dans le centre du pays ; de novembre à mai dans la savane).

RISQUES NATURELS

Le climat ivoirien doit être pris en compte par le visiteur étranger, à l'image des précipitations torrentielles et autres inondations observées dans le sud, notamment à Abidjan, pendant la saison des pluies (de mai à novembre). Des pluies torrentielles ont été à l'origine de plusieurs décès et d'importants dégâts à Abidjan en mai 2017. Il est impératif de prendre en considération ces données météorologiques avant tout déplacement dans le pays durant cette période, en particulier dans le sud, les fortes pluies pouvant bloquer des axes, engendrer l'inondation de villages (notamment ceux situés aux alentours du fleuve Bandama) et provoquer de nombreux éboulements. En ville, il est recommandé en cas de fortes pluies d'éviter les quartiers défavorisés, construits souvent sur des zones à risque et dont les habitations sont peu résistantes.

De novembre à mars, l'harmattan (vent) se lève dans le désert du Sahara et souffle sur le pays en charriant une quantité importante de poussière et de sable, ce qui peut occasionnellement affecter les transports aériens et engendrer des difficultés respiratoires. Cette période correspondant également à la saison sèche, pendant laquelle les précipitations se font rares et les sécheresses possibles.

Enfin, la baignade au large des plages ivoiriennes revêt des risques importants en raison des très forts courants et marées.

TRANSPORTS

En dépit du lancement d'importants programmes de développement des infrastructures, l'état du réseau routier demeure précaire en Côte d'Ivoire ; seules 10% des routes sont goudronnées. Les pratiques de circulation particulièrement dangereuses (dépassements intempestifs, non-utilisation des phares, etc.), l'absence d'éclairage ainsi que de secours d'urgence en zone rurale augmentent les risques liés aux déplacements en voiture.

Selon les autorités consulaires américaines, plusieurs ressortissants étrangers ont été la cible en 2015 d'attaques violentes alors qu'ils circulaient sur des axes majeurs en dehors d'Abidjan. Ce type d'attaque tend à augmenter une fois la nuit tombée et les jours de marché.

En province, il est nécessaire de proscrire les déplacements de nuit et de privilégier les déplacements en convoi d'au moins deux véhicules. Par ailleurs, en cas d'accident impliquant un dommage corporel causé à un tiers, il est préférable de se rendre au poste de police et non de rester sur place en raison du risque d'attroupement et de comportements hostiles de la part de la population locale.

LÉGISLATION LOCALE

Il est interdit de photographier les installations considérées par les autorités comme sensibles. Ne peuvent ainsi faire l'objet de prises de vue, les antennes, les stations de radio et de télévision, les bâtiments officiels (et notamment le Palais présidentiel), les aéroports et les ponts d'Abidjan.

Climat

Dans le sud, en-dessous d'une ligne horizontale passant par Yamoussoukro, le climat est équatorial, donc très humide. La saison des pluies s'étend de mai à novembre avec une interruption vers juillet-août. Le reste de l'année, l'atmosphère reste moite et pesante, avec un ciel souvent voilé et parfois des précipitations, mais la température est stable, entre 29°C et 32°C. Dans la partie nord, le climat est plus tropical, avec une saison des pluies plus ou moins intense de mai à septembre. La période la plus confortable pour voyager va de novembre à mars : le ciel est alors bleu, l'air sec et les nuits plus fraîches. L'harmattan, le vent du Sahara, peut souffler assez fort, transportant du sable et desséchant tout sur son passage.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 225 à Abidjan   Direction générale de la Police: 20 22 08 22 Préfecture de Police: 20 21 00 22 / 20 22 42 27 / 20 21 77 92 Gendarmerie: 20 21 88 83 Réanimation: 185 SMU Abidjan: 22 44 31 47 / 22 44 44 45 à Yamoussoukro   Commissariat de police: 30 64 11 63 / 30 64 00 24 Gendarmerie: 30 64 00 22 Hôpital (C.H.R.): 30 64 00 33

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises:

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