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Rapports de pays

Éthiopie Rapport de pays

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INTRODUCTION

Il demeure avisé de préparer avec soin tout voyage à destination de ce pays d'Afrique de l'Est (99 millions d'habitants) pauvre et au voisinage turbulent (Soudan, Somalie, Érythrée, Kenya).

AVERTISSEMENT - ÉTAT D'URGENCE

Le gouvernement éthiopien a décrété l'état d'urgence à compter du 9 octobre 2016 suite aux heurts intervenus dans les régions Oromo et Amhara au début de l'automne 2016. Ce dernier a été prolongé jusqu'en juillet 2017 et suspendu un mois plus tard. Un nouvel état d'urgence a été décrété pour six mois en février 2018, à la suite de plusieurs semaines de manifestations dans les régions mentionnées ci-dessus, qui ont conduit à la démission du Premier ministre. Celui-ci a finalement été levé en juin 2018, deux mois plus tôt que prévu, en raison d'un certain retour à la stabilité à travers le pays. En tout état de cause, il est impératif de se soumettre aux contrôles des forces de l'ordre et de respecter les mesures mises en place ; les rassemblements et attroupement doivent impérativement être évités.

RÉGIONS À ÉVITER

Toutes les régions frontalières des pays voisins (Soudan, Soudan du Sud, Somalie, Kenya, Érythrée) sont formellement déconseillées en raison de la présence de groupes rebelles ; et notamment la dépression des Danakils, les régions du Dallol et du Erta Ale situées à proximité de la frontière avec l'Érythrée (en raison de fortes tensions avec ce pays susceptibles à tout moment de se muer en affrontements armés).

Les déplacements dans la majeure partie de l'Est - à partir de la ville de Diré Daoua dans la région Somali (Ogaden) - sont déconseillés en raison de l'insécurité permanente due à la présence de mouvements rebelles. Par ailleurs, les autorités diplomatiques françaises alertent sur le fait que « l'accès des étrangers est interdit par les militaires et les services de sécurité éthiopiens, sauf s'ils ont un permis délivré par les autorités éthiopiennes (contrôle à des check points) ».  

La région de Gambela (à l'ouest) connaît une forte augmentation de la criminalité ; en proie à des affrontements réguliers, elle est également déconseillée.

Une vigilance accrue doit être exercée dans les régions Oromo et Amhara, ainsi que dans la capitale Addis Ababa où d'importantes contestations ont actuellement lieu (octobre 2016).

SÉCURITÉ 

Une insécurité chronique prévaut dans la région Somali (Ogaden ;est du pays) en raison des activités du groupe rebelle séparatiste Front national de libération de l'Ogaden (FNLO) et des accrochages réguliers avec l'armée. Le FNLO est considéré par le gouvernement éthiopien comme un groupe terroriste. Des ressortissants étrangers ont déjà été impactés par ces violences ; des attaques ont été perpétrées à l'encontre de travailleurs humanitaires.

Par ailleurs, la proximité avec la Somalie augmente le risque d'incursion de militants du groupe djihadiste Al-Shabaab.

Le long de la frontière avec l'Érythrée, et particulièrement dans les régions de Tigré et d'Afar, le risque d'affrontements armés doit être pris en compte du fait de tensions persistantes entre les deux pays. Malgré  l'arrêt des hostilités en 2000, le différend frontalier n'a jamais été résolu. Le tracé qui s'étend sur 1000 km est toujours sous la surveillance des troupes ; des affrontements de faible intensité sont régulièrement observés. Un regain de tension a été noté en juin 2016. Dans les régions du désert de Danakil, du volcan de l'Erta Ale et du Mont Dallol, la présence de mines a été signalée ; plusieurs attaques contre des ressortissants étrangers ont eu lieu. En outre, des tensions au sein de la communauté afar ou entre celle-ci et les autorités éthiopiennes sont régulièrement signalées et peuvent parfois dégénérer. Les autorités diplomatiques françaises précisent que « les déplacements dans les Danakils nécessitent une autorisation préalable de la police locale et de l'armée qui, si ils sont validés, donneront lieu à la mise en place d'une escorte armée. Les voyageurs doivent ainsi signaler leurs itinéraires aux autorités locales à Berahile ».

Les tensions dans la région de Gambella à l'Ouest, à la frontière avec le Soudan du Sud sont fortes, du fait de luttes ethniques récurrentes entre Ethiopiens et populations venues du Soudan du Sud. Des affrontements ont lieu en avril 2016, faisant 17 morts. Par ailleurs, des attaques transfrontalières sont régulièrement déplorées (cf. avril 2016 à Jikawo : 208 civils tués).

TERRORISME

Le risque terroriste demeure élevé, et ce particulièrement à la frontière avec la Somalie, en raison notamment de la participation de l'Éthiopie à la mission de l'Union Africaine en Somalie (AMISOM) contre les islamistes somaliens d'Al-Shabaab. Deux attentats suicide ont été déjoués à Addis-Abeba en juin 2014 et en septembre 2014. À l'automne 2014, les autorités diplomatiques américaines dans le pays rappelaient à leurs ressortissants de maintenir un haut degré de vigilance et d'adopter des précautions sécuritaires appropriées, en raison des risques d'attaques d'Al-Shabaab à l'encontre des intérêts éthiopiens et occidentaux, notamment dans la capitale Addis-Abeba.

Il est recommandé aux personnes séjournant en Éthiopie de faire preuve de la plus extrême vigilance quant à leur environnement.

Eu égard à la participation de la France à la coalition internationale contre l'organisation terroriste "État islamique" (EI), les ressortissants français présents en Éthiopie sont invités à exercer une vigilance accrue. Il s'agit d'éviter de se rendre dans les endroits bondés et publics, tels que les rassemblements, les lieux de culte, les gares routières, les autobus municipaux, ainsi que de recourir aux services de taxis privés de type mini-bus. Il leur est enfin conseillé de fréquenter exclusivement les hôtels, les restaurants et les bars sécurisés.

CRIMINALITÉ

Le risque criminel, bien que contenu dans l'ensemble du pays, est néanmoins en augmentation, notamment dans la capitale ; les agresseurs peuvent être armés. Les ressortissants étrangers sont ciblés en raison de leur richesse supposée et peuvent être victimes de vols à l'arraché, de carjackings, de cambriolages, d'agressions à l'arme blanche, etc. Des cas d'agressions dans le quartier prisé de Bole (sud-est de la capitale) ont récemment été signalés.

Afin de limiter son exposition, il convient d'avoir une attitude discrète et de ne pas faire étalage de sa richesse. Une grande vigilance doit être exercée la nuit en particulier dans des lieux publics de grande affluence. Par ailleurs, il est conseillé d'éviter de se déplacer la nuit à pied dans des endroits isolés et peu éclairés. Lors de déplacements en voiture, il est recommandé de rouler constamment avec les portières verrouillées et les vitres relevées et de se garer dans des parkings sécurisés.  

Il convient de ne jamais résister à son agresseur en cas d'attaque.

ENLÈVEMENTS

Le risque d'enlèvements est réel en Ethiopie. Dans la région du désert de Danakil, plusieurs tentatives et enlèvements de touristes étrangers ont été rapportés.

Dans la région Somali et plus particulièrement le long de la frontière Somalienne, le risque d'enlèvement est constant en raison du risque d'incursions d'éléments du groupe Al-Shabaab.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

La situation politique troublée fait également courir un risque aux visiteurs étrangers, susceptibles d'être pris à partie. Les manifestations et les grèves sont fréquentes et peuvent s'avérer violentes.

La situation sécuritaire s'est dégradée depuis le mois de novembre 2015. Des vagues de contestations et de violences inédites ont eu lieu, menées par la communauté Oromo, majoritaire dans le pays mais s'estimant marginalisée par le gouvernement (dominé par les Tigréens du nord). Celle-ci protestaient initialement contre un projet d'expansion de la capitale Addis-Abeba incluant les cités Oromo voisines et dont le développement menaçait de couper le territoire Oromo en deux. En juillet 2016, la contestation contre le pouvoir s'est étendue à la région Amhara dont la communauté est également l'une des plus importantes du pays. Les tensions sont dues à un contentieux territorial et communautaire : l'appartenance du district de Wolkait à la région du Tigré que certains membres de la communauté Amhara revendiquent. En octobre 2016, plusieurs bâtiments publics mais aussi les intérêts étrangers ont été la cible d'attaques en raison de leur lien supposé avec le gouvernement. Des complexes touristiques, usines et fermes étrangères ont également été incendiés. Les manifestants s'en sont également pris aux ressortissants étrangers (une Américaine a été tuée). Pour tenter de contenir ces mouvements de protestation, l'état d'urgence a été instauré entre le 9 octobre 2016 et le 4 août 2017 et les manifestations ont été interdites dans le pays. La grogne populaire s'est néanmoins poursuivie dans ces deux régions, où d'importantes manifestations anti-gouvernementales, ainsi que plusieurs grèves générales ont eu lieu à l'automne 2017, conduisant à la démission du Premier ministre Hailemariam Desalegn le 15 février 2018 et à l'instauration d'un nouvel état d'urgence, le jour suivant.

Abiye Ahmed a été investi Premier ministre en avril ; c'est le premier Oromo à accéder à ces fonctions depuis 1991. De nombreuses manifestations, parfois violentes, continuent tout de même d'avoir lieu dans les régions Oromo et Amhara.

Par ailleurs, l'accès aux réseaux sociaux est généralement bloqué pendant plusieurs semaines durant ces périodes de hautes tensions.

Dans un autre registre, comme le précise le ministère français des Affaires étrangères, « en raison des tensions qui persistent entre le gouvernement éthiopien et certains groupes musulmans, il est recommandé d'éviter les zones environnant les mosquées d'Addis-Abeba, notamment le vendredi, jour de grande prière, en particulier dans la zone proche de l'Alliance éthio-française ».

En tout état de cause, il convient de se tenir informé de l'évolution de la situation et de se tenir à l'écart de tout rassemblement.

TRANSPORTS

Le pays souffre dans son ensemble d'infrastructures routières obsolètes, insuffisantes et passablement dégradées. Durant la saison des pluies (juin à septembre), certaines routes sont impraticables.

La dangerosité des axes routiers est accrue par le non-respect du code de la route par les usagers, le non-entretien des véhicules et la carence de structures de soins. L'absence d'éclairage public et le défaut de signalisation font que tout trajet de nuit doit être banni. Tout accident de la circulation peut être passible d'amende ou d'une peine de prison. En tout état de cause, il convient de rester sur les lieux de l'accident et d'appeler la police. Si un dommage corporel est causé à un tiers, la pratique veut que la personne soit conduite immédiatement à l'hôpital. L'Éthiopie serait, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le pays où la mortalité routière est la plus élevée au monde.  

En dehors des agglomérations, tous les déplacements doivent donc se faire de jour, en véhicule tout terrain (4x4), avec un chauffeur et préférablement en convoi, muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et dispose de moyens de télécommunication efficaces. Enfin, il est nécessaire d'être toujours en mesure de pouvoir justifier de son identité (passeport et visa). Lors de déplacements en dehors de la capitale, il est recommandé de communiquer les détails de son itinéraire à une personne de confiance.

Envisager un transport interurbain par la route peut s'avérer périlleux. Les barrages routiers officiels et non autorisés sont fréquents. Par ailleurs, il est recommandé d'être extrêmement prudent dans les régions isolées ; des cas de vols à main armée, de carjacking ou de banditisme ont été signalés à travers le pays.

Les transports publics doivent être évités. Les taxis peuvent être utilisés à condition d'avoir été commandés par téléphone au préalable - n'en hélez pas dans la rue. Il existe une ligne de chemin de fer entre Dire Daoua et Djibouti qui vient d'être réaménagé, toutefois ce moyen de transport n'est pas recommandé.

L'avion est le moyen le plus rapide et le plus sûr pour se déplacer à l'intérieur du pays. Ethiopian Airlines dessert les principales villes.

RISQUES NATURELS

Les réalités climatiques du pays sont délicates, alternant entre saison des pluies importante susceptible d'entraîner des inondations et périodes de sécheresse dont les conséquences sont dévastatrices. Près de 7,7 millions de personnes font actuellement face à un risque élevé de famine dans le pays en raison d'une importante sécheresse qui touche actuellement le pays.

En outre, l'Éthiopie se situe dans une région d'activité sismique.

SANTÉ

L'Ethiopie étant exposée à des risques sanitaires importants, il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire, nécessaire en cas d'urgence.

Les risques sanitaires proviennent en premier lieu des maladies transmises par les piqûres de moustiques. La fièvre jaune est endémique ; un vaccin efficace existe contre cette maladie. Il est obligatoire pour les voyageurs en provenance ou ayant transité plus de douze heures dans l'aéroport d'un pays avec des risques de transmission. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS), recommande à tous les voyageurs d'être vacciné contre cette maladie, excepté pour ceux dont les itinéraires sont limités aux provinces d'Afar et de Somali. Le paludisme est présent au niveau national en-dessous de 2 000 mètres d'altitude, sauf à Addis-Ababa. Il demeure impératif de recourir aux mesures individuelles de protection contre les piqûres de moustiques et à un traitement médicamenteux adapté.

L'eau n'est pas potable. Les maladies diarrhéiques sont chroniques ; il est donc indispensable de ne boire que de l'eau décontaminée ou en bouteille, de veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jour.

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire, il est recommandé d'éviter de boire, de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

En outre, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida.

Les vaccins contre la rougeole et la méningite sont fortement conseillés, de nombreux cas étant signalés. Le risque de méningite est particulièrement élevé en Ethiopie, situé dans la « ceinture de la méningite », et ce en particulier lors de la saison sèche, d'octobre à mai. Les cas se concentrent essentiellement dans la moitié ouest du pays.

LÉGISLATION LOCALE

Le port d'armes à feu est interdit.

L'homosexualité est illégale

Il est conseillé de demander une facture lors de tout achat de souvenirs et de la conserver sur soi, les autorités douanières étant susceptible de confisquer tout objet d'art. Pour exporter une antiquité éthiopienne, il convient d'être en possession d'une autorisation spéciale. Les principaux antiquaires d'Addis Abeba assistent les voyageurs pour l'obtenir.

Le trafic d'ivoire et de toute espèce menacée est fortement réprimé par la loi.  

Les journalistes désireux de travailler en Éthiopie doivent obtenir au préalable une accréditation du gouvernement Éthiopien.

Climat

L'ouest et l'est de l'Ethiopie connaissent des températures caniculaires l'été. Seul le plateau central est plus tempéré (températures douces le jour, fraîches la nuit). La saison des pluies commence mi-juin et se termine mi-septembre. De petites pluies arrosent également le pays en mars et en avril.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 251 Police: 1 110 055 Ambulances: 1 613 622

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: