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Rapports de pays

Gabon Rapport de pays

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INTRODUCTION

Bien que la majorité des déplacements et séjours vers le Gabon (1,77 million d'habitants) se déroulent généralement sans risques rédhibitoires pour le voyageur, les tensions politiques demeurent élevées suite aux élections présidentielles d'aout 2016.  Du fait de l'existence de  possibles tensions socio-politiques, les voyageurs se rendant au Gabon prépareront avec soin leur séjour.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

L'instabilité politique née des violents affrontements entre manifestants et forces de sécurité dans la foulée des élections d'août 2016 perdure. Pour rappel, le président Ali Ben Bongo avait été assermenté pour un second septennat avec 49,8% des voix ; les partisans de l'opposition affirmaient quant à eux que les résultats électoraux étaient frauduleux. La violence de rue avait provoqué d'importantes perturbations à Libreville, où des manifestants avaient érigé des barricades en brûlant des pneus et des véhicules. Certains vols internationaux à destination et en provenance du Gabon avaient été suspendus, le bâtiment du Parlement partiellement incendié, plus de 1 000 manifestants arrêtés, les communications par Internet et par SMS interrompues par le gouvernement. Bien que l'agitation sociale se soit largement calmée depuis, des manifestations continuent à être organisées de manière sporadique. Récemment, de nombreux militants de l'opposition ont été arrêtés suite à la répression accrue contre la dissidence politique. Initialement programmées originellement en 2016, les élections législatives ont été repoussées à deux reprises jusqu'en avril 2018, date à laquelle le scrutin devait finalement avoir lieu. Un 3e report repousse l'échéance au 6 octobre 2018.

Ali Ben Bongo, qui a succédé à son père Omar Bongo (présidant pendant 41 ans jusqu'à sa mort en 2009), avait promis de s'attaquer au chômage et au manque de diversité économique. Cependant, de persistants problèmes économiques, et une affaire de corruption et de détournement de fonds impliquant la famille Bongo, ont dominé sa présidence, alimentant les frustrations contre son gouvernement.

RISQUE SOCIO-ÉCONOMIQUE

L'instabilité sociopolitique a été exacerbée par les griefs économiques persistants tels que le niveau élevé de pauvreté affectant une grande partie de la population gabonaise. En dépit de la précieuse manne pétrolière fournissant à l'État ses principales richesses, le chômage demeure très élevé (26 % de la population active), notamment chez les jeunes (35,7 %), et de fortes inégalités de richesse sont observées. L'indice de développement humain est en recul depuis 2014. Malgré une croissance élevée depuis quelques années, 30 % de la population demeure économiquement paupérisée. L'accès aux services de base (eau, électricité) reste difficile dans 60 % des départements.

La chute des cours du pétrole conjuguée au lent processus de diversification économique a provoqué un ralentissement de la croissance, engendrant de nombreux mécontentements au sein de la population. Les grèves sont fréquentes ; une importante mobilisation du secteur pétrolier fin avril 2015 avait perturbé l'approvisionnement du pays en combustibles pendant plusieurs jours. Port Gentil, en particulier, continue de souffrir économiquement, exacerbant le mécontentement social et, ainsi, le risque d'agitation.

En outre, de nombreuses manifestations sont organisées par les étudiants ou les syndicats pour réclamer le paiement des salaires et des bourses d'études. Malgré un mandat axé sur le développement économique et l'émergence du Gabon, la population demeure largement insatisfaite des mesures prises par Ali Bongo, lequel souffre d'une impopularité évidente. Nombre de groupes politiques ont organisé des marches et manifestations contre le gouvernement.

CRIMINALITÉ

Bien que les actes criminels visant les expatriés et les voyageurs demeurent rares, le risque criminel doit être pris en compte. La criminalité a augmenté ces dix dernières années, notamment à Libreville et à Port-Gentil, avec une multiplication des vols à main armée et des cambriolages de jour comme de nuit. 

À Libreville, il est recommandé d'éviter certains quartiers, en particulier la nuit, tels que Petit Louis, Mont Bouët, gare routière, plaine de Rio, London, Lalala, Oloumi, Nkembo, Awendje). Les ressortissants étrangers sont souvent ciblés en raison de leur richesse supposée. Les restaurants ou les hôtels où se rendent les ressortissants étrangers sont visés par les délinquants ; il convient de choisir en priorité des établissements disposant de leur propre service de sécurité. Toutes les plages de la capitale, à l'exception de la Pointe Denis, du Cap Esterias et des plages des hôtels ou restaurants, sont à éviter de nuit. Par ailleurs, des cas de carjacking ayant été signalés dans la capitale, il est de ce fait conseillé de rouler avec les portières verrouillées et les fenêtres relevées.

À Port-Gentil, la prudence est recommandée sur les plages entre la Pointe Chapuy et le Cap Lopez, et en bordure des trois rivières.

Il est suggéré d'éviter de se déplacer seul de nuit et de ne pas prendre de taxi dans la rue - il est préférable de les commander par téléphone au préalable.

Il convient de toujours faire profil bas et d'éviter de faire étalage de richesses (cf. bijoux) ou de matériel de valeur (cf. appareil photo ; smartphones coûteux). En cas d'agression, il est impératif de ne pas résister à l'agresseur.

Le risque d'escroquerie bancaire est croissant. Il est conseillé d'être vigilant quant aux dispositifs de sécurité bancaire et de ne retirer de l'argent qu'à l'intérieur des banques.

TERRORISME

Dans un autre registre, bien que le pays ne soit pas directement concerné par le risque terroriste régional, les autorités craignent une possible expansion future des zones d'activités de ces groupes armés via ses frontières poreuses (Boko Haram opère déjà au Cameroun). En conséquence, depuis juillet 2015, des mesures de sécurité supplémentaires ont été instaurées : contrôle d'identité de toute personne portant un voile intégral, dans la rue comme dans les véhicules publics et privés.

TRANSPORTS

À l'exception de Libreville et Port-Gentil où les routes sont goudronnées mais en mauvais état, dans le reste du pays, les axes routiers sont dégradés voire inexistants. Lors de la saison des pluies (octobre à décembre et février à avril), les conditions routières se dégradent et certains axes sont parfois impraticables. Les routes sont en général peu, voire pas, éclairées. Le comportement dangereux des conducteurs (vitesse excessive, conduite incertaine, dépassements intempestifs, etc.) constitue également un risque.

En dehors des agglomérations, tous les déplacements doivent donc se faire de jour, en véhicule tout terrain (4x4) et muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et de disposer de moyens de télécommunication opérationnels.

En cas d'accident, il est fortement conseillé de se rendre sans délai au commissariat le plus proche en raison du risque de réaction hostile de la population. Enfin, il importe de respecter les nombreux barrages érigés par les forces de sécurité, aussi bien en ville qu'en province. À ce titre, il convient d'être muni de tous les papiers nécessaires.

Par ailleurs, les déplacements en transports en commun (taxis hélés dans la rue ou minibus) sont à éviter en raison de l'attitude dangereuse des chauffeurs et de l'état aléatoire des véhicules.

Plusieurs compagnies aériennes locales desservent les différentes villes du pays. Toutefois, certaines compagnies apparaissent sur la liste des compagnies aériennes interdites d'exploitation dans l'Union Européenne.

RISQUES NATURELS

Durant la saison des pluies (octobre à décembre et février à avril), des pluies torrentielles peuvent causer d'importants dommages matériels. Certains quartiers de Libreville sont inondés lors de fortes pluies.

LÉGISLATION LOCALE

Il existe au Gabon de sévères sanctions contre l'usage et la possession de stupéfiants. Bien qu'il n'existe pas de loi interdisait l'homosexualité, l'homophobie est très répandue dans la société Gabonaise. Les individus de la communauté LGBT peuvent faire face à des harcèlements. 

Depuis avril 2010, les autorités gabonaises exigent un passeport électronique pour entrer sur le territoire. Toute personne titulaire d'un passeport délivré entre mai 2000 et octobre 2003 non lisible en machine peut se voir refuser l'entrée au Gabon. Une preuve de vaccination contre la fièvre jaune est également requise avant toute entrée au Gabon.

SANTÉ

Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire.

L'eau courante n'est pas potable au Gabon. Les maladies diarrhéiques sont chroniques ; il est donc indispensable de ne boire que de l'eau décontaminée ou en bouteille, de veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jour.

Le Gabon est exposé aux maladies transmises par les piqûres de moustiques. La fièvre jaune est endémique, notamment en zones rurales, et sévit particulièrement dans la province Ogooué-Invindo. Un certificat de vaccination antiamarile est exigé pour tous les voyageurs âgés d'un an et plus. Concernant le paludisme, l'ensemble du pays est touché avec un risque plus élevé pendant et juste après la saison des pluies (octobre à décembre et février à avril). Par ailleurs, les virus de la dengue et du chikungunya sévissent dans le pays. Le risque de trypanosomiase existe également dans les zones rurales reculées ainsi que sur le littoral (estuaire du Komo près de Libreville, embouchure de l'Ogoué près de Port-Gentil).

Des maladies parasitaires sont répertoriées, notamment l'onchocercose (à Fougamou, Lastoursville, Lebamba, Makokou, Mimongo et Ndjole) et la schistosomiase, dans tout le pays y compris à Libreville. Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire, il est recommandé d'éviter de boire, de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

En outre, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte dans le pays (9 % de la population adulte serait séropositive).

Climat

Le climat est équatorial, chaud et très humide. On rencontre une petite saison pluvieuse d'octobre à décembre et une grande saison des pluies de février à avril. Les saisons sèches durent de mai à septembre (grande saison) et de décembre à janvier (petite saison). Les températures sont élevées toute l'année (entre 23 et 26°C), avec des minima de 18°C (juillet) et des maxima de 35°C (avril); pluviométrie comprise entre 2 et 4 mètres.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 241 Police-secours: 117

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: