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Rapports de pays

Guatemala Rapport de pays

Survol

INTRODUCTION

Plus de deux décennies après les accords de paix de décembre 1996 mettant un terme à 36 années de conflit (40 000 morts), un déplacement ou séjour au Guatemala (15,5 millions d'habitants) nécessite de la part du visiteur étranger une certaine préparation, principalement en raison de la forte criminalité et des problèmes de santé.

CRIMINALITÉ

Le Guatemala, le Salvador et le Honduras constituent le « Triangle du Nord » de l'Amérique centrale. Selon les Nations unies, cette région est l'une des plus dangereuses au monde, principalement du fait de la présence d'organisations criminelles et de cartels de la drogue, à l'origine de cette inflation d'homicides. Les armes à feu sont aisément accessibles, expliquant que les criminels soient le plus souvent armés (en plus de 60 % de la population, d'après une estimation).

Malgré près d'une décennie de baisse, le nombre de meurtres demeure particulièrement élevé, avec un taux annuel de 26,1 meurtres pour 100 000 habitants en 2017 (statistiques officielles). Le taux de criminalité aurait baissé de 13 % ces deux dernières années. La volumétrie des crimes et des extorsions - nourris par la pauvreté, le faible taux de condamnation, et la présence de gangs - reste néanmoins élevée (cf. deux homicides quotidiens en moyenne).

Si les Guatémaltèques en sont les premières victimes (vols, extorsions, viols, vols de voiture, kidnapping, etc.), les résidents étrangers et les touristes sont susceptibles d'être attaqués par des criminels qui n'hésiteront pas à user de la violence. La délinquance urbaine (pickpockets, vols à l'arrachée) est déplorée au niveau national. De plus, le risque d'enlèvement - y compris les enlèvements « express » - existe, à Guatemala City et en province ; les criminels opèrent souvent en deux roues. En cas d'agression, il est conseillé de n'opposer aucune résistance, de donner vos effets personnels sans crier ni tenter de négocier, et d'éviter les mouvements brusques afin que la situation ne devienne pas violente. Il est pareillement suggéré de n'afficher aucun signe de richesse (cela inclut les ordinateurs et téléphones portables), d'être vigilant si vous conservez des liquidités sur vous, de n'utiliser que les distributeurs de billets situés à l'intérieur des banques (et de faire preuve de vigilance) et de ne jamais commander un taxi dans la rue (voir la section TRANSPORT).

Les ressortissants étrangers peuvent être drogués à leur insu par leurs ravisseurs avant de se faire voler. Il est donc impératif de surveiller sa nourriture et ses consommations et de refuser les verres, plats et cigarettes offerts par des inconnus.

Le kidnapping - et le kidnapping express - constituent des problèmes majeurs à Guatemala City et dans les zones rurales, même si les voyageurs sont rarement pris pour cible.

Les attaques à la grenade et aux explosifs, liées aux extorsions et aux rackets, sont souvent l'œuvre de gangs mafieux, surtout dans la capitale. Début 2018, les autorités guatémaliennes ont annoncé le déploiement de forces de sécurité supplémentaires autour des écoles ainsi qu'à Guatemala City. 

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

Les manifestations sont relativement fréquentes et généralement organisées sans préavis. Durant ces rassemblements - certains sont émaillés de violences -, les manifestants bloquent les routes, y compris les autoroutes principales. Les personnes présentes dans le pays devront se tenir à l'écart de toute manifestation.

Ces dernières années, le pays a connu une série de manifestations anti-corruption, beaucoup visant directement le Président Jimmy Morales, accusé d'avoir illégalement financé sa campagne présidentielle en 2015 et d'entretenir des liens avec des réseaux de crimes organisés. De nombreux parlementaires font également face à des accusations de corruption mais ne peuvent être poursuivis en raison de leur immunité parlementaire. La corruption est un fléau au Guatemala ; l'ancien Président Otto Pérez Molina et son vice-Président ont été démis de leurs fonctions en 2015, suite à une enquête du bureau anti-corruption de l'ONU au Guatemala, le CICIG ; des manifestations populaires antigouvernementales perdurèrent un semestre.

Des manifestations sont à l'occasion organisées par les campesinos (agriculteurs), entraînant parfois la fermeture de certains axes de circulation.

Manifestations et violences politiques ont tendance à s'intensifier en périodes électorales. Les prochaines élections présidentielles et législatives seront organisées en septembre 2019. Un référendum en lien avec un différend territorial avec le Belize (le référendum traite plus exactement de la soumission du contentieux à la Cour Internationale de Justice) sera de même organisé le 15 avril 2018.

RISQUES CULTURELS

Les habitants des zones rurales peuvent se montrer méfiants vis à vis des ressortissants étrangers et s'offenser, voire se montrer violent, face à des comportements qui pourraient paraître inoffensifs (nager dans une mare sacrée, prendre des enfants en photo, etc.).

RISQUES NATURELS

Le Guatemala est significativement exposé aux catastrophes naturelles.

De violents tremblements de terre frappent régulièrement le pays. En 1976, un puissant séisme (magnitude 7,6) fit 26 000 victimes et dévasta une partie du pays. Plus récemment, un tremblement de terre de magnitude 8,2 survint au large du Guatemala en septembre 2017, causant d'importants dégâts matériels dans le sud-ouest du département de San Marcos.

Les séismes en mer peuvent provoquer des tsunamis. Si vous vous trouvez le long des côtes lors d'un tremblement de terre, vérifiez immédiatement si une alerte tsunami a été émise par les autorités  ou par le Centre d'alerte des tsunamis dans le Pacifique. En cas de doute, déplacez-vous vers l'intérieur des terres en suivant les routes d'évacuation - si routes il y a - ou réfugiez-vous sur des terrains surélevés.

Le pays abrite plusieurs volcans actifs dont les Fuego, Pacaya et Santiaguito. Les éruptions peuvent perturber le trafic aérien, notamment à l'aéroport international La Aurora de Guatemala (GUA).

Le Guatemala est exposé aux cyclones, aux tempêtes tropicales. La saison des cyclones dans le Pacifique s'étend officiellement du 15 mai au 30 novembre ; la saison des cyclones en Atlantique se déroule du 1er juin au 30 novembre. En juin 2014, la tempête tropicale Boris avait entraîné des inondations, des dégâts matériels et fait cinq victimes.

Des pluies torrentielles sont également à l'origine d'inondations meurtrières et de glissements de terrain, surtout durant la saison des pluies (de mai / juin à novembre). 300 personnes avaient péri dans un torrent de boue s'abattant sur le village d'El Cambray Dos (15 km à l'est de la capitale) en octobre 2015. Une douzaine de personnes périrent dans des glissements de terrain à San Pedro Soloma en juin 2017. D'importantes inondations avaient fait une trentaine de victimes en septembre/octobre 2017 ; plusieurs centaines de milliers de personnes furent touchées de près ou de loin par la catastrophe naturelle ; nombre de routes et ponts rendus impraticables par les éléments.

Les feux de forêts sont fréquents durant la saison sèche.

TRANSPORTS

Les conditions de circulation routière sont très dangereuses et les accidents mortels courants en raison du mauvais entretien des routes, du manque d'éclairage et de la conduite sujette à caution des locaux. Les accidents et l'agressivité générale au volant peuvent amener à des violentes confrontations entre conducteurs.  

La sécurité sur les routes et les autoroutes est également remise en cause par la présence de criminels, notamment dans les zones rurales. Les attaques sont courantes, notamment le long des zones frontalières (département de Petén), en raison de la présence de trafiquants d'humains, d'arme, et de drogue. Les organisations criminelles érigent parfois des barrages routiers pour forcer les voitures à s'arrêter avant de braquer ou de voler les occupants. Ces incidents se produisent aussi bien la nuit que le jour.

La conduite de nuit est fortement déconseillée. Il est préférable de voyager à plusieurs véhicules. En ville, circulez avec les fenêtres fermées et les portes verrouillées en veillant à ce que vos effets personnels soient hors de vue. En cas d'embouteillage, il est conseillé de laisser un espace suffisant entre votre véhicule et celui vous précédant pour pouvoir manœuvrer.

La criminalité et les accidents sont élevés dans les transports publics, notamment dans les bus municipaux de la capitale et les bus intercités. Les chauffeurs de bus et les passagers peuvent être violemment attaqués par des gangs (cf. extorsion) et doivent donc être évités. Les bus Transmetro sont relativement sécurisés.

Ne faites jamais appel à un taxi sur le bord de la route ; empruntez les compagnies officielles (par exemple Taxi Amarillo et Taxi Seguro). Réservez à l'avance votre taxi. Les taxis non officiels sont connus pour braquer ou voler leurs passagers.

La criminalité est particulièrement prononcée autour des aéroports.

INFRASTRUCTURES

Les réseaux électriques des pays d'Amérique centrale sont tous reliés par une ligne électrique unique de 1820 km. Les coupures de courant sont donc assez fréquentes. Entre 2010 et 2017, six coupures ont touchée l'ensemble de l'Amérique centrale.

SANTÉ

La majorité des hôpitaux et de centres médicaux guatémaltèques manquent d'équipements, de médicaments, de lits et de personnels. Il est conseillé à tous les voyageurs de souscrire une assurance maladie avant leur départ.

L'eau du robinet n'est pas potable. Selon une étude, neuf Guatémaltèques sur 100 000 meurent chaque année du fait de la contamination de l'eau. Afin de réduire le risque de contracter des maladies issues de la consommation d'eau ou de nourriture, ne consommer pas l'eau du robinet, les boissons avec contenant des glaçons. Évitez de manger des aliments peu ou pas cuits, spécialement les fruits de mers et la viande, ou toute nourriture insuffisamment nettoyée ou cuisinée.

Plusieurs maladies transmises par les moustiques sont signalées dans le pays :

  • il existe un risque faible de contracter le paludisme toute l'année dans les zones en-dessous de 1 500 mètres d'altitude en zones rurales ; il n'existe aucun risque à Guatemala City, Antigua, et autour du lac Atitlan ;
  • le virus de la dengue sévit au Guatemala, principalement dans les zones urbaines et semi-urbaines (environ 3000 cas de maladie ont été signalés en 2017 ;
  • le chikungunya présente de même un risque, même si seulement une centaine de cas ont été recensés en 2017 ;
  • il existe un risque modéré de contracter le virus Zika. Si le virus est relativement bénin pour le porteur, il peut causer des malformations congénitales ainsi que d'éventuels troubles neurologiques (syndrome de Guillain-Barre, SGB).

La rage animale est également signalée dans ce pays d'Amérique du sud. La principale mesure de prévention contre la rage est d'éviter tout contact avec des mammifères sauvages (notamment les chiens et chats de rue). Si vous êtes griffé ou mordu, il est impératif de consulter un médecin dans les plus brefs délais.

Climat

Le climat est tropical, chaud et humide. La saison sèche s'étend de novembre à mars (températures douces, faible humidité) ; la saison des pluies de juin à octobre. L'humidité est alors étouffante à cause des fortes températures (38°C) surtout sur la côte Pacifique. Les nuits sont généralement glaciales en montagne.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 502 Pompiers volontaires: 110 Pompiers municipaux: 123 Premiers secours: 911

Electricité

Voltage: 120 V ~ 60 Hz

Prises:

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