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Rapports de pays

Guinée Rapport de pays

Survol

INTRODUCTION

Les personnes désirant se rendre dans ce petit pays d'Afrique de l'Ouest (12,28 millions d'habitants) devront principalement se soucier de sa situation sanitaire et politique.

SÉCURITÉ

La société guinéenne, très ethnicisée, n'est pas à l'abri de violences intercommunautaires notamment dans sa région du sud-est, la Guinée forestière, qui concentre des problèmes socio-économiques et par là même sécuritaires. Les populations locales Guerzés s'opposent aux populations Malinké, considérées comme étrangères et monopolisant une partie de l'économie de la région. Des troubles importants ont précédé les élections présidentielles en octobre 2015 à Nzérékoré. Ces violences sont récurrentes dans cette région, éloignée de la capitale Conakry et habituée aux vagues de réfugiés venant de Côte d'Ivoire, du Liberia et de Sierra Leone.

Le crime organisé s'est développé dans la région, avec une intensification des trafics d'armes et de drogues. L'Afrique de l'Ouest est devenue une zone de transit, de consommation et de production de drogues. D'importantes saisies ont régulièrement lieu. Les pays de la région se sont engagés dans un programme de lutte contre le trafic de drogues et le crime organisé. Un plan opérationnel a été adopté en ce sens. Celui-ci prévoit l'établissement de patrouilles mixtes aux frontières, un renforcement de l'échange d'informations et l'organisation de formations conjointe. La surveillance des frontières entend réduire les incursions armées et les violences frontalières.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

Après des décennies d'instabilité politique, de régimes militaires et autocratiques, la Guinée s'est stabilisée avec l'élection d'Alpha Condé en 2010. Bien que le scrutin présidentiel du 11 octobre 2015 ait été précédé d'une vague de violence, le 2 novembre 2015, la Cour Suprême a confirmé la réélection d'Alpha Condé (avec 58% des voix) pour un deuxième mandat consécutif.

Toutefois, les manifestations politiques demeurent récurrentes dans le pays. La société civile, principalement organisée autour de l'opposition, dénonce l'échec de la gouvernance d'Alpha Condé et de son parti, l'accusant d'être à l'origine des mauvaises performances économiques. Les manifestants dénoncent en outre la corruption, le coût élevé de la vie, les problèmes de santé publique et d'insécurité. Des manifestations ont été organisées pour dénoncer le coût des loyers à Conakry en novembre 2016.

Par précaution, il est indispensable de se tenir informé de l'évolution de la situation et de demeurer systématiquement à l'écart de tout rassemblement. Il est recommandé de faire preuve d'une vigilance renforcée dans les quartiers situés au-delà d'Hamdallaye, sur la route Le Prince (axe Bambetto - Cosa). Les manifestants se rassemblent généralement à l'aéroport international Conakry-Gbessia (CKY), avant de traverser les quartiers de Matoto et Matam par l'autoroute N1 (autoroute Fidel Castro), pour enfin se diriger vers le Palais du Peuple. De telles mobilisations commencent en général vers 8h du matin pour finir en début d'après-midi. Des perturbations dans les transports sont possibles aux alentours des quartiers touchés.

Les manifestations d'étudiants mécontents des conditions dans lesquelles ils suivent leurs études sont également régulièrement organisées, notamment à Conakry et peuvent dégénérer. D'importantes manifestations ayant fait cinq morts ont été organisées début 2017 pour dénoncer la grève des professeurs qui a paralysé le système éducatif pendant plusieurs semaines.

Enfin, des mouvements d'humeur d'usagers mécontents du système d'électricité nationale, en proie à des délestages récurrents, notamment pendant la saison des pluies, sont régulièrement signalés. Les manifestants se rassemblent alors devant le bâtiment de l’Électricité de Guinée (EDG), notamment lors de compétitions sportives. Par ailleurs, les pénuries d'essence peuvent déclencher des mouvements d'humeur violents au sein de la population à l'image de la manifestation qui a eu lieu à Conakry début février 2017.

CRIMINALITÉ

À Conakry et dans sa banlieue, le visiteur s'expose à un risque criminel non négligeable, alimenté par la pauvreté.

Les vols, de plus en plus fréquemment à mains armées, les incidents parfois violents de carjacking, et les cambriolages, même dans les quartiers résidentiels surveillés de la capitale ne sont pas rares. Les chambres d'hôtels sont également visitées. Les agresseurs sont souvent porteurs d'uniformes type treillis, parfois cagoulés, et n'hésitent pas à recourir à la violence pour parvenir à leurs fins.

Les autorités françaises précisent qu'il «convient de faire preuve d'une vigilance particulièrement renforcée dans les quartiers situés à partir d'Hamdallaye, sur la route Le Prince (axe Bambetto - Cosa)» en raison de la tenue récurrente de manifestations dans cette zone.  Par ailleurs, ces mêmes autorités déconseillent d'élire domicile dans les quartiers situés à l'est de Taouyah sans prendre de solides précautions (blindage des portes, contact radio ou téléphonique avec l'ambassade ou un chef d'îlot).

Dans la capitale, le visiteur étranger prendra en outre quelques précautions sur les marchés de Niger, Madina et Taouyah et ce même en pleine journée. Des vols à la tire y sont fréquents, opérés notamment par des enfants. Dans le reste de la ville, la sécurité est globalement assurée la journée.

En début de mois, les tentatives de racket de la part de fonctionnaires et de membres de force de l'ordre tendent à augmenter. Les fêtes de fin d'année, la fin du ramadan et la fête de la Tabaski constituent également une période propice à une hausse de la criminalité.

On signale également des attaques de « coupeurs de routes » dans la région de Mamou et sur le trajet Faranah - Kissidougou - Gueckedou - Macenta - Nzérékoré.

Les personnes impliquées dans le commerce de diamant et d'or doivent être particulièrement vigilants ; ce commerce attire les gangs criminels adeptes des enlèvements et extorsions. Par ailleurs, des escroqueries commerciales relatives à l'exportation et la certification de diamants et d'or ont été rapportées.

Des mesures de précaution simples doivent néanmoins être suivies : ne pas porter sur soi d'objets de valeur et ne jamais résister en cas d'agression.

TERRORISME

L'Afrique de l'Ouest ayant été victime de diverses attaques (Côte d'Ivoire, Mali, Burkina Faso, etc.), les voyageurs doivent rester prudents, notamment dans les lieux touristiques très fréquentés tels que les hôtels, restaurants, cafés et stations balnéaires. La Guinée, à la frontière avec le Mali est également menacée du fait de son engagement dans la lutte contre les islamistes et de la présence de terroristes, du fait de ses frontières poreuses. Les autorités britanniques considèrent que la menace est en hausse, en particulier contre leurs intérêts dans le pays, en raison de leur implication dans les conflits en Irak et en Syrie.

SANTÉ

L'épidémie Ebola a décimé une partie des personnels soignants, en première ligne dans le combat contre la maladie.

Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire, ce dernier étant fortement recommandé en cas de problème de santé grave ou présentant un caractère urgent.

Un certificat de vaccination contre la fièvre jaune est exigé à l'entrée du pays pour les voyageurs de plus d'un an en provenance d'une zone endémique. Elle n'est pas obligatoire mais recommandée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS)  pour les personnes en provenance d'Europe, d'Amérique du Nord, d'Océanie ou d'Asie.

Par ailleurs, la fièvre de Lassa est endémique dans tout le pays et sévit essentiellement dans l'est du pays. Un antiviral est disponible pour la fièvre Lassa mais reste très inadapté à la situation du terrain. Concernant le paludisme, présent dans tout le pays, il est impératif d'avoir recours à des mesures de protections individuelles contre les piqûres de moustiques et à un traitement médicamenteux adapté. Le paludisme est la première cause de mortalité en Guinée.

L'eau courante n'est pas potable ; les maladies diarrhéiques sont chroniques en Guinée. Il est donc indispensable de ne boire que de l'eau décontaminée ou en bouteille, de veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jour.

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire, il est recommandé d'éviter de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

Il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte.

Les vaccins contre la rougeole et la méningite sont fortement conseillés, de nombreux cas étant répertoriés.

Le risque de méningite est particulièrement élevé en Guinée, le pays se situant dans la « ceinture de la méningite ». Les cas sont le plus souvent recensés entre mars et juin. Ils se manifestent plus particulièrement en Haute Guinée (Siguiri, Kankan, Kouroussa, Dinguiraye, Dabola, Faranah, Mandiana, Kerouané, Kissidougou) et en Guinée forestière (Nzérékoré, Yomou et Guéckédou).

De janvier à fin avril 2017 une épidémie de rougeole a affecté le pays, en particulier la capitale et la ville de Nzérékoré. Près de 3500 cas ont été recensés dont 14 décès.

La maladie à virus Ebola a sévèrement touché la Guinée au cours de la plus importante épidémie jamais enregistrée depuis l'identification de la maladie en 1976. Entre décembre 2013 et juin 2016, près de 4000 cas ont été enregistrés en Guinée entraînant plus de 2 500 décès. Le 1er juin 2016, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé la fin de l'épidémie. Le virus Ebola s'introduit dans la population humaine par contact étroit avec le sang, les sécrétions, les organes ou les liquides biologiques d'animaux infectés. Il se transmet ensuite par contact interhumain et est très contagieux pendant la phase hémorragique. La fièvre hémorragique à virus Ebola se caractérise par l'apparition d'une fièvre violente, une asthénie, des douleurs articulaires, musculaires et des maux de tête.  Ces symptômes sont suivis de vomissements, de diarrhées, d'éruptions cutanées, d'insuffisance rénale et hépatique et, dans certains cas, d'hémorragies internes et externes. Il est recommandé de ne pas consommer de viande de brousse, de manipuler les animaux avec des gants et porter des vêtements protecteurs adaptés. Les produits (sang et viande) doivent être cuits soigneusement avant d'être consommés. Il est impératif de limiter les contacts avec les personnes malades et avec leurs objets personnels et de veiller à une hygiène stricte (lavage fréquent et soigneux des mains et des surfaces).

Enfin, notons que les infrastructures hospitalières publiques sont insuffisantes et généralement peu fiables ; en cas de nécessité, il est préférable de se diriger vers des structures de soin privées, tout en privilégiant, dès que possible, l'évacuation vers un pays mieux pourvu en la matière.

RISQUES NATURELS

L'ensemble du pays et en particulier la capitale est régulièrement affecté par des pluies torrentielles entre mai et septembre, responsables d'inondations importantes. Le manque d'infrastructures adéquates empêche la bonne évacuation des eaux. Cela peut en outre provoquer de sévères perturbations dans les transports.

TRANSPORTS

Plusieurs compagnies internationales assurent des liaisons aériennes vers l'Europe ou d'autres capitales africaines.

Des cas de voyageurs ayant été suivis de l'aéroport jusqu'à leur domicile pour y être agressés ont été observés. Il est conseillé d'organiser son accueil à l'aéroport en amont.

Le pays souffre dans son ensemble d'infrastructures routières obsolètes, insuffisantes et dégradées. Durant la saison des pluies (mai à octobre inclus), les routes sont souvent impraticables, en particulier en Basse-Guinée et en Guinée forestière, le tronçon de route est en très mauvais état de Guéckédou à Macenta.

La dangerosité des axes routiers est accrue par le non-respect du code de la route par les usagers, le non-entretien des véhicules et l'absence de structures de soins. L'absence d'éclairage public et le défaut de signalisation font que tout trajet de nuit doit être banni. Il est recommandé de privilégier l'usage de l'autoroute. Tout accident de la circulation a fortiori s'il est mortel peut rapidement dégénérer en émeute violente. En cas d'accident il convient de ne pas sortir du véhicule et de se rendre immédiatement dans le commissariat le plus proche.

À Conakry et dans le reste du pays, en raison du risque de carjacking, il est recommandé de veiller à ce que les portes du véhicule soient verrouillées et les vitres relevées. Il convient par ailleurs de ne pas ouvrir sa porte à des policiers ou militaires qui se présenteraient à l'impromptu et d'alerter immédiatement les brigades anti-criminalité et les autorités diplomatiques.

Les autorités occidentales déconseillent formellement tout déplacement en transports publics.

En dehors des agglomérations, tous les déplacements doivent donc se faire de jour, en véhicule tout terrain (4x4), si possible en convoi, muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et dispose de moyens de télécommunication efficaces.

Des barrages routiers érigés par les forces de sécurité sont fréquents, particulièrement en province. Les contrôles sont très consciencieux. Il est donc préférable d'obtempérer et d'être muni de tous les documents personnels ainsi que de ceux du véhicule.

INFRASTRUCTURES

Les réseaux d'électricité ne sont pas fiables dans le pays et l'accès n'y est pas garanti sur l'ensemble du territoire. Seuls 26,2% de la population a accès à l'électricité. Même dans la capitale, l'alimentation n'est pas assurée ; cela peut donner lieu à des mouvements d'humeurs de la part d'usagers mécontents du système d'électricité nationale, en proie à des délestages récurrents, notamment pendant la saison des pluies.  Les manifestants se rassemblent devant le bâtiment de l'EDG afin de protester contre les fréquentes coupures de courant. Cela est particulièrement remarquable lors de compétitions sportives.

Selon les autorités françaises, «il est conseillé aux voyageurs de choisir un hôtel de standard international dans un quartier proche du centre ou sur la corniche résidentielle».

LÉGISLATION LOCALE

L'homosexualité n'est pas tolérée en Guinée et peut-être réprimée par les autorités compétentes. 

Il est interdit de photographier ou filmer certaines emprises (bâtiments officiels, aéroports, infrastructures telles que des ponts ou ouvrages d'art, etc.), ainsi que les membres des forces de l'ordre.

Le trafic de pierre précieuses, de diamant ou d'or, est strictement interdit en Guinée.

Les journalistes étrangers doivent se manifester auprès de la Haute Autorité de la Communication (HAC), munis de leur carte professionnelle et d'une attestation de leur employeur indiquant l'objet de leur travail.      

Climat

Le climat est tropical avec deux saisons : La saison pluvieuse en Guinée dure de mai à novembre ; la saison sèche de décembre à avril. Il existe quatre régions climatiques distinctes en Guinée. L'ouest, au bord de l'Atlantique, est très humide. Le climat est plus tempéré au centre (2 saisons égales). Il devient soudanien (tropical sec) au nord-est avec des pluies plus faibles, des températures élevées sauf de décembre à février lorsque l'harmattan souffle (15°C contre 40°C). Le sud-est de la Guinée est subéquatorial avec une longue saison des pluies (8 à 10 mois) et des températures moyennes de 24°C à 28°C.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 224 BAC (brigades anti-criminalité):   Quartiers de Taouyah, Hamdallaye, Gbessia, aéroport:  60 20 10 67 Quartiers de Kaporo rails, Ratoma: 60 25 81 60 Quartier de Matoto: 60 25 81 62 Quartier d'Enta: 60 25 81 63

Le fonctionnement du téléphone demeure aléatoire en Guinée, y compris pour les services d'urgence.

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: