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Rapports de pays

Irak Rapport de pays

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INTRODUCTION

L'Irak (39,2 millions d'habitants) demeure affligé par la violence, malmené au quotidien par les attentats (notamment dans les principaux centres urbains) et une fébrilité politique, interconfessionnelle et sectaire de tous les instants. La campagne pour défaire définitivement l'organisation islamiste de 'l'État Islamique' (EI) semble approcher de son terme. Le contexte sécuritaire varie selon les régions, le sud et le Kurdistan au nord jouissant d'une dynamique sécuritaire plus favorable que le reste du pays.

La permanence des attentats, des assassinats, des enlèvements, des prises d'otages et des incidents à caractère confessionnel donne un éclairage de la dangerosité pour le ressortissant étranger que représente un séjour en Irak.

INSURRECTION DE L'ÉTAT ISLAMIQUE 

L'Irak a gravement été déstabilisé par l'organisation islamo-terroriste EI, laquelle avait notamment annexé les villes de Fallujah, Ramadi et Mossoul, en plus de quelques territoires dominés par les sunnites dans le nord et l'ouest en 2014. L'EI avait autoproclamé un « califat islamique » en juin 2014, progressant depuis ses places-fortes vers Bagdad. Les avancées de l'EI avaient donné lieu à des combats avec l'armée irakienne et d'autres forces anti-EI en Irak, appuyées par l'aviation de la coalition internationale.

l'avancée de l'EI dans le nord avait justifié la formation d'une coalition armée internationale pour mener des raids aériens contre les positions de l'EI. Les FSI ont depuis repris les villes de Tikrit et Ramadi (mars et mai 2015), Fallujah (juin 2016) et Mossoul (juillet 2017). À la suite de plusieurs opérations militaires menées à Haouija (province de Kirkuk) et dans le nord d'Anbar, le Premier ministre Abadi déclara officiellement la victoire sur l'EI début décembre 2017. Cependant, certains pans du territoire (cf. dans le nord et l'ouest) restent aux mains du groupe, notamment les régions désertiques d'Anbar et de Niveneh ainsi que le long des montagnes Hamrin dans les provinces de Kirkuk, Salah Al-Din et Diyala. 

CONTEXTE SOCIOPOLITIQUE

Le gouvernement du Premier ministre Haider Al-Abadi continue de faire face à une série de maux tels que la lutte contre les groupes armés, les rivalités inter-gouvernementales, les réformes politiques, les allégations de corruption et les relations avec les États voisins (Turquie et Iran). Les tensions entre le gouvernement du Kurdistan et le gouvernement fédéral se sont intensifiées à la suite du référendum illégal sur l'indépendance du Kurdistan Irakien en septembre 2017. Le gouvernement irakien a mis en place une série de sanctions (fermeture des frontières avec l'Iran et la Turquie, arrêt des vols internationaux vers les aéroports du Kurdistan, diminution des subventions, etc.) qui ne firent qu'empirer la situation économique déjà difficile du Kurdistan. Un mouvement de contestation éclata mi-décembre 2017 contre le gouvernement irakien et le gouvernement kurde. De violents affrontements opposèrent forces de police et manifestants et provoquèrent la mort d'au moins trois personnes.  Le Premier ministre Al-Abadi est parvenu à conserver le soutien d'un grand nombre d'Etats, malgré des  rivalités évidentes, et à attirer des fonds du FMI et de la Banque mondiale, nécessaires à la reconstruction du pays. S'il n'a que peu progressé sur les questions de refonte du gouvernement (au sens large) et de contrôle des dépenses publics, Al-Abadi a su répondre aux demandes des Irakiens concernant la gestion des services publics et la lutte contre la corruption.

À l'approche des élections législatives du 12 mai 2018, les rivalités entre différents camps politiques devraient constituer le principal sujet de la presse locale et internationale des mois à venir.

TERRORISME

Les attaques et les attentats prennent généralement pour cible les forces de sécurité, les bâtiments publics, les zones affluentes des quartiers chiites ainsi que les édifices religieux chiites (mosquées, lieux saints, etc.). Les attaques sont quasi-journalières dans Bagdad et sa province. Il est fort probable qu'à la suite de nouvelles pertes de territoire, les combattants de l'EI aient davantage recours à une forme de guerre insurrectionnelle et commettent de plus en plus d'attaques asymétriques dans les zones perméables du pays, y compris la capitale.

Du fait des insurrections et du risque élevé d'attaques aux engins explosifs dans les principaux centres urbains, diverses chancelleries diplomatiques occidentales placent l'intégralité du pays en « zone rouge » (déplacements formellement déconseillés) hormis quelques localités de la province autonome du Kurdistan (KRG), notamment Erbil et Souleymanié où les déplacements sont déconseillés « sauf raisons impératives ». À Erbil, bien que la stabilité apparente contraste fortement avec le reste du pays, le risque demeure. Enfin, les forces turques mènent des raids aériens réguliers contre les combattants du PKK à proximité de la frontière turque (cf. à Dohuk et dans la province d'Erbil, où les déplacements sont fortement déconseillés). 

Les déplacements dans les provinces du Sud (à majorité chiite) sont relativement 'sûrs'. La majorité des activités reportées dans le sud sont d'ordre criminel, personnel et tribal, en lien avec le conflit, spécialement dans la province de Basra.  L'EI a démontré sa volonté de mener occasionnellement des attaques suicides ou à la bombe dans les provinces du sud, à l'instar, en 2017, d'un double attentat à la voiture piégée dans la province de Bassora ainsi que des attaques distinctes à Najaf, Babel et Dhi Qar. Les périphéries de l'ouest de la province de Karbala sont également susceptibles d'être victimes de telles attaques (cf. Anbar).

TRANSPORTS

La compagnie nationale irakienne Iraqi Airways figure depuis décembre 2015 sur la liste des compagnies aériennes faisant l'objet d'une interdiction de survol de l'espace aérien de l'Union Européenne (UE). Une interdiction en relation avec les standards de sécurité de la compagnie, sujets à caution.

CRIMINALITÉ

Du fait d'un conflit qui perdure, les activités criminelles sont récurrentes en Irak. Outre les nombreux kidnappings pour motifs financiers, y compris à Bagdad, la criminalité (vols à main armée, cambriolages, trafic d'armes et de drogue) demeure élevée, en particulier à Bassora et ses environs. Les autorités sont confrontées à une forte recrudescence de la criminalité. La ville de Bassora est exposée à un véritable vide sécuritaire en raison de la mobilisation des troupes contre les combattants dans le nord. La montée du tribalisme et de la criminalité a de plus été exacerbée par une situation économique précaire, en partie causée par les faibles prix du pétrole. 

INFRASTRUCTURES

Les autorités irakiennes ont fait part à plusieurs reprises de leurs inquiétudes concernant le barrage de Mossoul, la  principale installation hydroélectrique du pays, gravement endommagé par plusieurs mois de conflit dans le nord. Malgré d'importants travaux de maintenance débutés en février 2016, les risques liés à une éventuelle rupture du barrage demeurent. Cette dernière pourrait causer de graves inondations et destructions en aval du barrage entre Mossoul et Bagdad.

RISQUES NATURELS

Plusieurs provinces sont concernées par des épisodes de pluies torrentielles, à l'origine de nombreux glissements de terrain et inondations à Bagdad et dans certaines régions méridionales. Les infrastructures nationales étant mal adaptées à ce type d'événements, les dommages matériels sont importants, y compris dans la capitale ; les inondations renforcent généralement les risques de choléra.

SANTÉ

Dans ce pays enlisé dans le désordre et le chaos, les infrastructures médicales et hospitalières demeurent pour l'heure bien loin des standards occidentaux, incapables de traiter toutes les urgences.

Il existe un risque très faible de paludisme entre mai et novembre dans le nord.

Plusieurs cas de leishmaniose cutanée ont été signalés en Irak. La leishmaniose est une maladie transmise par la piqûre d'un phlébotome. Cette maladie cause des lésions ulcératives laissant des cicatrices inesthétiques. Il convient de prendre les mesures nécessaires pour se prémunir des piqûres d'insectes.

Des épidémies de choléra sont susceptibles de se développer à tout moment. En janvier 2017, 40 enfants de la province de Souleimaniye avaient souffert d'empoisonnement. En novembre 2015, une épidémie de choléra avait touché environ 5000 personnes. Pour réduire le risque de contamination, il est impératif de se laver les mains régulièrement et soigneusement, de ne boire que de l'eau purifiée ou en bouteille, et d'éviter les aliments crus ou insuffisamment cuits.

En raison du risque d'infection parasitaire, il est déconseillé de se baigner dans les eaux stagnantes ; évitez de marcher pieds nus sur des sols humides.

La commission parlementaire de la santé et de l'environnement a confirmé la présence de sources de radiation dans le quartier de Kasra (est de Bagdad), qui menacent l'environnement et près de 1000 familles.

La tuberculose n'est pas rare en Irak.

La rage animale existe dans le pays. La principale mesure de prévention contre la rage est d'éviter tout contact avec les animaux domestiques et sauvages. Si vous êtes griffé ou mordu, il est impératif de consulter un médecin dans les plus brefs délais.

LÉGISLATION LOCALE

L'Irak est un pays musulman. Il est fortement conseillé de respecter les coutumes locales, surtout pendant le mois de ramadan (mi-mai et juin 2018).

Un visa de séjour doit être obtenu au préalable et un test VIH est obligatoire à l'arrivée pour l'obtention d'un visa. Au Kurdistan, les autorités sont normalement plus flexibles que le reste du pays ; un visa peut être délivré à l'arrivée. Un visa de sortie est également exigé, quelle que soit la durée du séjour.

Il est fortement recommandé de signaler sa présence en Irak après des autorités irakiennes et auprès de l'ambassade d'origine du visiteur.

Climat

Le climat est principalement désertique. 

L'été dure de mai à septembre ; il est très sec et chaud, avec des températures pouvant monter jusqu'à 50°C. L'hiver s'étire de décembre à février et est doux, parfois pluvieux, avec des températures comprises entre 5 et 20°C. Le climat est légèrement plus chaud et plus humide dans le sud.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 964

Il n'y a pas de service d'urgence dans le pays.

Electricité

Voltage: 230 V ~ 50 Hz

Prises: