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Rapports de pays

Liban Rapport de pays

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INTRODUCTION

Tout voyageur se déplaçant au Liban (6,2 millions d'habitants) se doit de prendre conscience des risques liés aux divers problèmes potentiels auxquels le pays est confronté, notamment une menace terroriste permanente et avérée, des bouleversements politiques réguliers, diverses zones agitées, une importante population de réfugiés et une situation régionale tendue.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

En 'temps normal', la capitale Beyrouth est globalement assez sûre ; il est néanmoins fortement déconseillé de se rendre dans les quartiers sud de la capitale, dont Bir Hassan, Ghobeiry, Chuya, Haret Hraik, Burj Al Brajne, Mraije, Er Rouais ou encore Laylake (quartiers situés au sud des infrastructures sportives et de la rue Al-Hakim). De même, tout voyage vers la banlieue sud de Sidon est également déconseillé. Les séjours non-essentiels à Tripoli sont déconseillés, notamment dans les quartiers nord, à Jabal Mohsen et Tabbaneh, et cela, malgré le plan de sécurité mis en place par le gouvernement.

Les voyages vers les régions frontalières du Liban sont à éviter. Les gouvernorats Nord et Est sont situés le long de la frontière avec la Syrie (Akkar, Baalbek-Hermel, Beqqa et certaines parties de Nabetieh), où des combats transfrontaliers ont régulièrement lieu entre soldats libanais et groupes islamistes armés (dont l'État islamique [EI]). Il convient également d'éviter certaines parties du gouvernorat du Sud, situées le long de la frontière israélienne, en raison de la présence de militants du Hezbollah et d'engins explosifs (mines, etc.).

Une grande vigilance est exigée aux abords des camps de réfugiés palestiniens sur l'ensemble du territoire ; tout déplacement à proximité des camps de Saïda est à proscrire. L'accès à ces camps est interdit par les autorités libanaises. Depuis début 2017, le camp d'Ain El-Helwe (Saïda) a été à plusieurs reprises le théâtre d'affrontements entre groupes palestiniens rivaux.

TERRORISME

La menace terroriste est très élevée au Liban. De nombreux groupes (Hezbollah, EI, Al-Qaida, Hamas, Jabhat al-Nusra, le front de libération de la Palestine, etc.) sont présents à l'intérieur et aux frontières du territoire libanais, profitant d'un accès aisé aux armes et aux munitions, de frontières poreuses, et de zones hors de contrôle du gouvernement pour s'entraîner, transiter et manœuvrer. Les opérations militaires anti-terroristes sont fréquentes dans les villes du nord-est (Ras Baalbeck, Qaa et Aarsal), où plusieurs terroristes de l'EI venant de Syrie prendraient quartier. 

Les groupes terroristes sont actifs à Tripoli, dans les régions proches de la frontière syrienne et dans les camps de réfugiés palestiniens. Le 14 janvier 2018, une voiture piégée avait explosé à Sidon (un blessé). Le 30 juin 2017, six individus avaient déclenché des ceintures explosives et lancé une grenade dans le camp d'Arsal, dans le nord-est du Liban, près de la frontière syrienne  (huit victimes).

Les institutions publiques libanaises ainsi que les lieux fréquentés par les ressortissants étrangers (hôtels, zones commerciales, restaurants, bars, etc.) peuvent être ciblés. Depuis l'arrivée du Président Michel Aoun au pouvoir (octobre 2016), le dispositif de sécurité s'est renforcé. L'armée aurait déjoué en décembre 2016 et janvier 2017 une série d'attentats visant Beyrouth.

Cette menace terroriste se traduit également par un risque élevé de kidnapping pouvant viser les ressortissants étrangers.

À plusieurs reprises ces dernières années, la frontière libano-israélienne a été le théâtre de tirs de roquettes vers Israël. À chaque fois, les forces armées israéliennes de défense ont riposté, parfois à proximité de lieux de résidence.

POLITIQUE

Le Liban est une république parlementaire consociative où les trois principales religions chrétienne, sunnite et chiite se partagent respectivement les postes de Président, de Premier ministre et de Président du parlement. Cette situation rend le pays vulnérable aux crises politiques domestiques (et régionales). 

La scène politique libanaise est actuellement dominée par les élections législatives de mai 2018. Le précédent scrutin (cf. élections législatives de 2009) avait vu s'affronter le bloc du 8 mars au bloc du 14 mars, se soldant par la victoire du bloc du 14 mars mené par le Courant du Futur (dirigé par l'actuel Premier ministre Saad Hariri), le Parti Socialiste Progressiste et les Forces Libanaises. Les alliances politiques se sont depuis largement réformées et la transformation du système électoral d'un scrutin majoritaire à un scrutin proportionnel représente un enjeu de taille. Les différents partis politiques avaient jusqu'au 26 mars pour former des coalitions et présenter leur liste officielle.

Les relations entre le Liban et Israël restent extrêmement tendues, notamment sur la question des frontières terrestres et maritimes et sur le renforcement des capacités militaires du Hezbollah au Liban.

Le Liban est sorti d'une grave crise institutionnelle avec l'élection en octobre 2016 de Michel Aoun à la Présidence de la république. Ce poste était vacant depuis mai 2014. Il a confié le poste de Premier ministre à Saad Al-Hariri qui a formé un nouveau gouvernement.

Le Liban traverse de même une période de scandales de corruption, et cela, depuis la crise des déchets débutée à l'été 2015. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont descendus à de multiples reprises dans les rues de Beyrouth contre l'accumulation spectaculaire des ordures ménagères. Les manifestants se sont progressivement regroupés en un mouvement apolitique, plus connu sous le nom de « You Stink ». Bien que le nombre de rassemblements ait significativement baissé ces derniers mois, le mouvement appelle régulièrement ses adhérents à manifester dans le centre de Beyrouth (Place Riad el-Solh, Grand Sérail, quartiers de Gemayzeh et d'Antélias).

CONTEXTE RÉGIONAL

La situation politique interne reste fortement influencée par la crise syrienne et par la politique des pays environnants, notamment l'Iran (chiite) et l'Arabie Saoudite (sunnite), lesquels mobilisent leur religion d'État respective pour étendre leur zone d'influence.

L'annonce par le Premier ministre Hariri de sa démission en novembre 2017 lors d'un voyage en Arabie Saoudite avait mis en exergue la guerre d'influence que se livrent les deux grandes puissances régionales au Liban. Saad Al-Hariri (sunnite), alors en Arabie Saoudite (sunnite), avait dénoncé la tolérance du Président Aoun vis-à-vis du parti Hezbollah (chiite), connu pour ses relations étroites avec Téhéran (chiite). Saad al-Hariri avait annulé sa démission lors de son retour au Liban début décembre, évitant ainsi au pays une énième crise politique.

Le Liban compte plus de 990 000 réfugiés syriens (selon l'UNHCR) sur son territoire pour une population totale de 6,2 millions d'habitants.

Beyrouth demeure très attentive à l'évolution de la situation politico-sécuritaire en Syrie, redoutant d'en subir, d'une manière ou d'une autre, diverses conséquences collatérales déplaisantes (tensions entre les communautés ; déstabilisation de Damas ; incidents ; attentats ; assassinats politiques ; afflux de réfugiés syriens ; etc.).

SÉCURITÉ

Les autorités libanaises ont fait état d'une baisse sensible de la délinquance et de la petite criminalité en 2015 et en 2016, notamment à Beyrouth et sa périphérie. Le nombre des vols (à l'arrachée et parfois avec violence), cambriolages, vols de véhicule reste élevé, mais a connu une baisse ces dernières années. Certains ressortissants étrangers ont été victimes de vols et d'agressions dans des taxis « services » collectifs. Le ministère de l'Intérieur libanais avait de même déconseillé en décembre 2017 le recours aux voitures Uber pour des raisons de sécurité.

Il est de ce fait recommandé de ne pas porter d'objets de valeur de manière visible, de veiller à ses effets personnels, d'éviter de marcher seul une fois la nuit tombée dans des lieux déserts et de ne pas recourir aux services de taxis collectifs.

RISQUE SOCIAL / SITUATION HUMANITAIRE

Les tensions politico-religieuses persistent dans ce pays à structures communautaires. La récente controverse opposant le dirigeant du Courant Patriotique Libre (aussi connu sous le nom de Parti aouniste), Gebran Bassil, au Président du Parlement, Nahib Berry, avait mené à des manifestations, parfois violentes, entre les deux camps fin janvier 2018.

Des mouvements de grève et de manifestation à caractère économique et/ou sociale surviennent régulièrement. Leur intensité est cependant limitée et celles-ci se déroulent pour la plupart dans le calme.

Le nombre de manifestations à caractère politique pourrait augmenter à l'approche des élections législatives de mai 2018 ; des débordements ne sont pas à exclure.

Le Liban est confronté à une crise humanitaire sans précédent en raison de l'afflux considérable de réfugiés en provenance de Syrie. Le Liban revendique aujourd'hui le plus grand nombre de réfugiés par habitant au monde. Cet afflux pèse lourdement sur une situation économique et sociale déjà fragile, et ce, alors même que le contexte politico-sécuritaire a tari la manne touristique, notamment le flux des visiteurs en provenance du Golfe arabo-persique.

Cette situation humanitaire plus que préoccupante alimente les craintes des autorités et de la population dans une situation où les infrastructures et services de base (eau, électricité, éducation, etc.) sont sollicités au-delà de leur capacité. Cette situation pourrait donc engendrer, à terme de fortes tensions sociales entre Libanais et Syriens installés dans le pays.

Pour rappel, la frontière entre la Syrie et le Liban fut fermée (à l'exception des livraisons d'aide humanitaire) entre le 20 octobre 2014 et le 14 décembre 2017.

TRANSPORTS

L'aéroport international Rafic el Hariri (BEY) est situé au sud de la capitale Beyrouth. Il est généralement recommandé d'éviter d'arriver par un vol de nuit ; en raison de vérifications d'identité très poussées, les délais d'attente pour obtenir de nuit le visa d'entrée sur le territoire libanais peuvent être de huit à dix heures. On rappellera à toutes fins utiles qu'aucun ressortissant étranger ne sera admis sur le territoire libanais s'il est détenteur d'un passeport revêtu de visas ou de tampons d'entrée ou de sortie d'Israël ou d'un billet d'avion mentionnant ce pays. Les routes, et notamment l'axe qui mène vers l'aéroport, peuvent être fermées à la circulation sans préavis. Pour se rendre en voiture à l'aéroport et de l'aéroport au centre-ville, il est vivement recommandé d'emprunter l'autoroute reliant Beyrouth à Saïda. Il est en revanche formellement déconseillé d'emprunter la route traversant les quartiers Sud de Beyrouth. Il est enfin suggéré aux voyageurs de s'informer au préalable des conditions de circulation et de prévoir un temps de trajet supérieur à la normale.

Le gouvernement britannique a annoncé la mise en place de mesures de restriction concernant les individus voyageant par avion vers le Royaume-Uni. Désormais, les passagers en partance du Liban vers le Royaume-Uni ne pourront plus transporter en cabine des équipements électroniques d'un format supérieur à un téléphone portable (16 cm x 9.3 cm x 1.5 cm / 6.3 in x 3.5 in x 0.6 in). Ces équipements (ordinateurs portables, tablettes, e-readers, caméras, lecteurs DVD et jeux vidéo) devront désormais être placés dans les bagages voyageant en soute.

Les accidents de la circulation sont très fréquents, y compris à Beyrouth, en raison de mauvaises habitudes de conduite (cf. observation parfois toute relative du Code de la route…) et d'un réseau routier mal entretenu. La capitale est quotidiennement confrontée à de grands embouteillages impactant sensiblement la circulation. Selon les autorités, le nombre de victimes d'accidents de la route aurait presque doublé ces dernières années. Les accidents de la circulation constituent aujourd'hui la première cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 30 ans.

Pour des raisons de sécurité, les autorités libanaises multiplient les barrages routiers (« check-point »). Il importe dans ce cas de garder son calme et de laisser son chauffeur traiter. Si vous conduisez, ralentissez sensiblement à l'approche du barrage, annoncez chacun de vos gestes, allumez le plafonnier du véhicule, et obtempérez.

Il existe un réseau de transports par cars et des taxis collectifs couvrants l'ensemble du pays. Ces véhicules portent un insigne taxi et une plaque d'immatriculation de couleur rouge. Il est avisé de ne pas emprunter les "taxis services" collectifs et, notamment à l'aéroport international de Beyrouth, de refuser l'offre des personnes proposant leurs services avec un véhicule privé. Les cas d'escroquerie ou d'agression ne sont pas rares. Il convient, si l'on doit se déplacer en taxi, de s'adresser aux taxis portant le nom d'une société sur leur borne lumineuse.

Il n'y a pas de service ferroviaire au Liban, et il n'existe pas de liaisons aériennes domestiques.

SANTÉ

Bien que les infrastructures de santé libanaises soient en majorité satisfaisantes, les soins pratiqués peuvent s'avérer très onéreux. La plupart des hôpitaux sont bien équipés et le personnel médical parle la plupart du temps le français et l'anglais. Avant votre déplacement, il convient de souscrire à une assurance santé adéquate et de prévoir des sommes d'argent permettant de couvrir d'éventuels soins médicaux sur place étant donné que les hôpitaux vérifient systématiquement la solvabilité de leurs patients.

Il convient de ne consommer que de l'eau en bouteille.

RISQUES NATURELS

Le risque de tremblement de terre existe au Liban, pays situé sur une faille sismique, en particulier à Beyrouth. Le dernier séisme au Liban remonte à 1956 à Zrariyeh (province de Tyr ; 140 victimes). Plus récemment, en mai 2014, un séisme avait été signalé dans les environs de Jbeil et engendré des dégâts matériels. La plupart des bâtiments ne sont pas aux normes antisismiques et les experts rappellent à intervalle régulier qu'un tremblement de terre d'une magnitude supérieure à 6 sur l'échelle de Richter pourrait détruire le quart de la capitale.

En hiver, les chutes de neige abondantes peuvent rendre impraticables certains axes de montagne et entraîner des coupures de courant.

Des fortes pluies peuvent de même augmenter le risque de glissement de terrain et d'inondation, notamment le long des cours d'eau.

LÉGISLATION LOCALE

Le Liban est un pays occidentalisé et francophile. Toutefois, certains usages sont à respecter. Dans certains quartiers, il convient d'avoir une attitude adaptée, notamment dans les quartiers à population majoritairement musulmane.  La consommation d'alcool est autorisée mais non tolérée dans les quartiers musulmans, notamment dans le sud du pays et dans les grandes villes comme Saïda. Il est recommandé de s'abstenir de manger, boire et fumer (même en voiture) en présence de Musulmans, durant la période du Ramadan.

Il est légalement interdit d'importer sur le territoire libanais tout matériel de communication satellitaire, et ce, quel qu'en soit l'usage envisagé. Tout contrevenant verra son matériel immédiatement saisi.

Il est interdit de photographier les bâtiments publics, les sites contrôlés par  l'armée, et les zones sensibles. Plusieurs ressortissants étrangers ont par le passé été interpellés voire retenus plusieurs heures par des personnes n'ayant pas autorité, en dehors de toute légalité, parce qu'ils avaient éveillé leur suspicion en prenant des photos.

Des "tirs en l'air" sont pratiqués de façon fréquente, surtout lors de fêtes nationales et de manifestations politiques. Il est indispensable de rester confiné lorsqu'ils se produisent et d'éviter la proximité des fenêtres.

L'homosexualité est réprimée pénalement au Liban.

Climat

Le climat est méditerranéen. L'été est chaud (30°C) et sec, l'hiver doux et pluvieux. Le climat en montagne est plus frais voire froid, avec de fréquentes  chutes de neige en hiver.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 961 Police: 112

Electricité

Voltage: 110/220 V ~ 50 Hz

Prises: