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Rapports de pays

Liban Rapport de pays

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INTRODUCTION

Le Liban est une république parlementaire consociative où les trois principales religions chrétienne, sunnite et chiite se partagent respectivement les postes de Président, de Premier ministre et de Président du parlement. Cette situation rend le petit pays de six millions d'habitants (2016, chiffres de la Banque mondiale) vulnérable aux crises politiques domestiques et régionales, particulièrement dans un contexte de guerre froide entre l'Iran chiite et l'Arabie Saoudite sunnite qui mobilisent leur religion d'État respective pour étendre leur zone d'influence. La démission du Premier ministre Saad Hariri le 4 novembre 2017 lors d'un voyage en Arabie Saoudite (décision annulée le 5 décembre) a rappelé à tous la difficile position du Liban qui, coincé entre Israël et la Syrie, subit de plein fouet les crises touchant actuellement ses voisins. Le pays compte  près d'un million de réfugiés syriens (UNHCR) pour une population totale de six millions, et des affrontements sont régulièrement signalés aux frontières avec la Syrie.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

Suite à la crise politique de novembre 2017, déclenchée par la démission du Premier ministre Hariri (qui a par la suite suspendu sa décision), la plupart des gouvernements déconseillent à leurs citoyens de se rendre au Liban et recommandent de la prudence dans le cas d'un séjour.

Les déplacements à Beyrouth sont possibles ; il est néanmoins fortement déconseillé de se rendre dans les quartiers sud de la capitale, dont Bir Hassan, Ghobeiry, Chuya, Haret Hraik, Burj Al Brajne, Mraije, Er Rouais ou encore Laylake (quartiers situés au sud des infrastructures sportives et de la rue Al-Hakim. Les séjours à Tripoli sont déconseillés, notamment dans les quartiers nord, malgré le plan de sécurité mis en place par le gouvernement.

Les déplacements dans les régions frontalières du pays, que ce soit dans le nord (Halba, El-Minieh), l'est (Baalbek, Hermel, Aarsal, Machgara ou Marjayoun) et le sud (Saïda, Nabatiyeh, Bent Jbail) sont également à proscrire en raison d'affrontements réguliers entre l'armée libanaise et divers groupes djihadistes (État Islamique, Front Al-Nusra, etc.). Les visiteurs étrangers passant outre ces recommandations gagneront à éviter les lieux où sont organisés meetings politiques et manifestations populaires.

Il est de même recommandé de se montrer vigilants dans les régions sud du pays, où la présence d'engins explosifs (mines ou sous-munitions) fait régulièrement des victimes et représente une menace importante.

La plus grande vigilance est exigée aux abords des camps palestiniens sur l'ensemble du territoire ; tout déplacement à proximité de ceux de Saïda est à proscrire. Il est rappelé que l'accès à ces camps est interdit par les autorités libanaises. Depuis le début de l'année, le camp d'Ain El-Helwe (Saïda) a été à plusieurs reprises le théâtre d'affrontements entre groupes palestiniens rivaux.

En raison du risque d'enlèvements, d'attentats et de séquestrations arbitraires, il est déconseillé aux ressortissants étrangers de se rendre dans la plaine de la Bekaa.

Les opérations militaires anti-terroristes sont fréquentes dans les villes du nord-est (Ras Baalbeck, Qaa et Aarsal), où plusieurs terroristes de l'EI venant de Syrie prendraient quartier. 

TERRORISME

La menace terroriste est très élevée au Liban. De nombreux groupes (Hezbollah, EI, Al-Qaida, Hamas, Jabhat al-Nusra, le front de libération de la Palestine, etc.) sont présents à l'intérieur et aux frontières du territoire libanais, profitant de frontières poreuses, d'un accès aisé aux armes et aux munitions et de zones hors de contrôle du gouvernement pour s'entraîner, transiter et manœuvrer.

Les groupes terroristes sont connus pour être actifs à Tripoli, dans les régions proches de la frontière syrienne et dans les camps de réfugiés palestiniens. Le 30 juin 2017, six individus avaient déclenché des ceintures explosives et lancé une grenade dans le camp d'Arsal, dans le nord-est du Liban, près de la frontière syrienne. L'attaque avait fait un mort et sept blessés.

Les institutions publiques libanaises ainsi que les lieux fréquentés par les ressortissants étrangers (hôtels, zones commerciales, restaurants, bars, etc.) sont des cibles privilégiées, faisant de la capitale Beyrouth une ville particulièrement vulnérable aux attaques terroristes. Depuis l'arrivée du Président Michel Aoun au pouvoir (31 octobre 2016), le dispositif de sécurité s'est renforcé. L'armée aurait déjoué en décembre dernier une série d'attentats visant Beyrouth. Le 21 janvier 2017, les forces de sécurité et les services de renseignement avaient empêché in extremis une attaque kamikaze dans un lieu très fréquenté de la capitale (Hamra).

Cette menace terroriste se traduit également par un risque élevé de kidnapping pouvant viser les ressortissants étrangers et notamment occidentaux.

Les autorités ont mis en place des mesures de sécurité supplémentaire à l'aéroport international Rafiq Hariri de Beyrouth (BEY) en raison de lourdes menaces pesant sur les infrastructures de transport.

À plusieurs reprises ces dernières années, la frontière libano-israélienne a été le théâtre de tirs de roquettes vers Israël. À chaque fois, les forces armées israéliennes de défense ont riposté, parfois à proximité de lieux de résidence. Début janvier 2016, de violents affrontements armés entre soldats israéliens et combattants du Hezbollah avaient eu lieu dans les environs de Chebaa.

POLITIQUE

Des manifestations ont agité le pays en décembre 2017 suite à la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël. Les voyageurs sont invités à surveiller la situation sur place, à éviter tout rassemblement, et à suivre les instructions des autorités locales. Il est plus généralement recommandé d'éviter d'aborder le sujet du conflit israélo-palestinien avec des étrangers.

Le Liban est récemment sorti d'une grave crise institutionnelle avec l'élection en octobre 2016 de Michel Aoun à la Présidence de la république. Ce poste était vacant depuis mai 2014. Il a confié le poste de Premier ministre à Saad Al-Hariri qui a formé un nouveau gouvernement. Le jeu politique interne reste fortement influencé par la crise syrienne et par les pays environnants, particulièrement l'Iran et l'Arabie Saoudite. L'annonce par le Premier ministre Hariri de sa démission en novembre 2017 lors d'un voyage en Arabie Saoudite a particulièrement mis en exergue la guerre d'influence que mènent les deux grandes puissances régionales sur le Liban. Saad Al-Hariri (sunnite), alors en Arabie Saoudite (sunnite), avait dénoncé la tolérance du Président Aoun vis-à-vis du parti Hezbollah (chiite), connu pour ses fortes relations avec Téhéran (chiite). Saad al-Hariri a annulé sa démission lors de son retour au Liban début décembre, évitant ainsi au pays une énième crise politique.

Les élections législatives de mai 2017 ont été reportées à mai 2018 suite à deux problèmes majeurs auquel le Liban fait face : d'un côté, le Parlement espérait auto-proroger son mandat de quatre ans (ce qu'il avait déjà fait en 2013), poussant le Président Aoun à suspendre le Parlement; d'un autre côté, les responsables politiques ne parviennent pas à s'accorder au sujet d'une loi électorale censée être adoptée en amont du scrutin législatif de mai.

Le Liban traverse une période de scandales de corruption, et cela depuis la crise des déchets débuté à l'été 2015. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont descendus à de multiples reprises dans les rues de Beyrouth contre l'accumulation spectaculaire des ordures ménagères. Les manifestants se sont progressivement regroupés en un mouvement apolitique, plus connu sous le nom de « You Stink ». Bien que le nombre de rassemblements ait significativement baissé ces derniers mois, le mouvement appelle régulièrement ses adhérents à manifester dans le centre de Beyrouth (Place Riad el-Solh, Grand Sérail, quartiers de Gemayzeh et d'Antélias).

Les élections municipales à Beyrouth en mai 2016 et dans cinq autres gouvernorats avaient de nouveau mis en lumière la profonde crise que connaît actuellement la classe politique libanaise confrontée à un effondrement du service public, lequel se traduit parfois par des pénuries d'eau et d'électricité (cf. en province). 

Beyrouth demeure très attentive à l'évolution de la situation politico-sécuritaire en Syrie, redoutant d'en subir, d'une manière ou d'une autre, diverses conséquences collatérales déplaisantes (tensions entre les communautés ; déstabilisation de Damas ; incidents ; attentats ; assassinats politiques ; afflux de réfugiés syriens ; etc.).

SÉCURITÉ

Les autorités libanaises ont fait état d'une baisse sensible de la délinquance et de la petite criminalité en 2015 et en 2016, notamment à Beyrouth et sa périphérie. Le nombre des vols (à l'arrachée et parfois avec violence), cambriolages, vols de véhicule reste élevé mais a connu une baisse ces dernières années. Certains ressortissants étrangers ont été victimes de vols et d'agressions dans des taxis « services » collectifs. Il est de ce fait recommandé de ne pas porter d'objets de valeurs de manière visible, de veiller à ses effets personnels, d'éviter de marcher seul une fois la nuit tombée dans des lieux déserts et de ne pas recourir aux services de taxis collectifs. Le ministère de l'Intérieur libanais a de même déconseillé en décembre 2017 le recours aux voitures Uber pour des raisons de sécurité. En tout état de cause, il est impératif en cas d'agression, de ne pas résister, car les situations sont susceptibles de dégénérer.

Des fraudes à la carte bancaire sont possibles, même si le phénomène reste marginalisé.

RISQUE SOCIAL / SITUATION HUMANITAIRE

Le Liban est confronté à une crise humanitaire sans précédent en raison d'un afflux croissant de réfugiés en provenance de Syrie, ces derniers représentant désormais environ un quart de la population nationale (près d'un million de personnes). Il s'agit de la plus grande proportion de réfugiés par habitant au monde. Cet afflux pèse lourdement sur une situation économique et sociale déjà fragile, et ce alors même que le contexte politico-sécuritaire a tari la manne touristique, notamment le flux de visiteurs du Golfe.

Cette situation humanitaire plus que préoccupante alimente les craintes des autorités et de la population dans une situation où les infrastructures et services de base (eau, électricité, éducation, etc.) sont sollicités au-delà de leur capacité. Cette situation pourrait donc engendrer, à terme de fortes tensions sociales entre Libanais et Syriens installés dans le pays.

On notera toutefois que la frontière syro-libanaise est officiellement fermée aux réfugiés depuis le 20 octobre 2014, hormis pour les cas humanitaires.

TRANSPORTS

L'aéroport international Rafic el Hariri (BEY) est situé au sud de la capitale Beyrouth, et dessert les principaux pays environnants et les grandes villes européennes. Il est généralement recommandé d'éviter d'arriver par un vol de nuit ; en raison de vérifications d'identité très poussées, les délais d'attente pour obtenir de nuit le visa d'entrée sur le territoire libanais peuvent être de huit à dix heures. On rappellera à toutes fins utiles qu'aucun ressortissant étranger ne sera admis sur le territoire libanais s'il est détenteur d'un passeport revêtu de visas ou de tampons d'entrée ou de sortie d'Israël ou d'un billet d'avion mentionnant ce pays.

Le gouvernement britannique a annoncé la mise en place de mesures de restriction concernant les individus voyageant par avion vers le Royaume-Uni. Désormais, les passagers en partance du Liban vers le Royaume-Uni ne pourront plus transporter en cabine des équipements électroniques d'un format supérieur à un téléphone portable (16 cm x 9.3 cm x 1.5 cm / 6.3 in x 3.5 in x 0.6 in). Ces équipements (ordinateurs portables, tablettes, e-readers, caméras, lecteurs DVD et jeux vidéo) devront désormais être placés dans les bagages voyageant en soute.

Les accidents de la circulation sont très fréquents, y compris à Beyrouth, en raison de mauvaises habitudes de conduite et d'un réseau routier mal entretenu. La capitale est quotidiennement confrontée à de grands embouteillages impactant sensiblement la circulation. Selon les autorités, le nombre de victimes d'accidents de la route aurait presque doublé ces dernières années. Les accidents de la circulation constituent aujourd'hui la première cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 30 ans. Il est recommandé d'être vigilant en cas de conduite au Liban, car le code de la route n'est généralement guère respecté, même si les autorités libanaises se montrent moins indulgentes que par le passé.

Les routes, et notamment l'axe qui mène vers l'aéroport, peuvent être fermées à la circulation sans préavis. Pour se rendre en voiture à l'aéroport et de l'aéroport au centre-ville, il est vivement recommandé d'emprunter l'autoroute reliant Beyrouth à Saïda. Il est en revanche formellement déconseillé d'emprunter la route traversant les quartiers Sud de Beyrouth. Il est enfin suggéré aux voyageurs de s'informer au préalable des conditions de circulation et de prévoir un temps de trajet supérieur à la normale.

Pour des raisons de sécurité, les autorités libanaises multiplient les barrages routiers (« check-point »). Il importe dans ce cas, de garder son calme et de laisser son chauffeur traiter. Si vous conduisez, ralentissez sensiblement à l'approche du barrage, annoncez chacun de vos gestes, allumez le plafonnier du véhicule, et obtempérez.

Il existe un réseau de transports par cars et des taxis collectifs couvrants l'ensemble du pays. Ces véhicules portent l'enceinte taxi et une plaque d'immatriculation de couleur rouge. Il est avisé de ne pas emprunter les "taxis services" collectifs et, notamment à l'aéroport international de Beyrouth, de refuser l'offre des personnes proposant leurs services avec un véhicule privé. Les cas d'escroquerie ou d'agression ne sont pas rares. Il convient, si l'on doit se déplacer en taxi, de s'adresser aux taxis portant le nom d'une société sur leur borne lumineuse.

Il n'y a pas de service ferroviaire au Liban, et il n'existe pas de liaisons aériennes domestiques.

SANTÉ

Bien que les infrastructures de santé libanaises soient en majorité satisfaisantes, les soins pratiqués peuvent s'avérer très onéreux. La plupart des hôpitaux sont bien équipés et le personnel médical parle la plupart du temps le français et l'anglais. Avant votre déplacement, il convient de souscrire à une assurance santé adéquate et de prévoir des sommes d'argent permettant de couvrir d'éventuels soins médicaux sur place étant donné que les hôpitaux vérifient systématiquement la solvabilité de leurs patients.

Il convient de ne consommer que de l'eau en bouteille.

Le Liban fait partie des pays identifiés comme potentiellement à risque pour le Coronavirus, bien qu'aucun cas n'ait été recensé au Liban jusqu'à présent. À ce jour, aucune mesure de restriction des voyages en raison du coronavirus n'est justifiée. Les coronavirus sont une vaste famille de virus susceptibles de provoquer un large éventail de maladies, qui vont du rhume jusqu'à une atteinte respiratoire sévère. Le tableau clinique le plus fréquent associe de la fièvre à une infection pulmonaire. Les mesures d'hygiène classiques sont recommandées pour limiter les risques de transmission, en particulier le lavage régulier des mains à l'eau et au savon ou avec une solution hydro-alcoolique.

Aucun vaccin n'est obligatoire pour entrer au Liban, mais il est conseillé d'être à jour pour le vaccin diphtérie-tétanos-poliomyélite (DTP) et pour le vaccin anti-tuberculose. En cas de voyage dans des conditions précaires, les vaccinations contre l'hépatite A, l'hépatite B et la typhoïde sont conseillés.

RISQUES NATURELS

Le risque de tremblement de terre existe au Liban, pays situé sur une faille sismique, en particulier à Beyrouth. Le dernier séisme au Liban remonte à 1956 à Zrariyeh (province de Tyr ; 140 victimes). Plus récemment, en mai 2014, un séisme avait été signalé dans les environs de Jbeil et engendré des dégâts matériels. La plupart des bâtiments ne sont pas aux normes antisismiques et les experts rappellent à intervalle régulier qu'un tremblement de terre d'une magnitude supérieure à 6 sur l'échelle de Richter pourrait détruire le quart de la capitale.

En hiver, les chutes de neige abondantes peuvent rendre impraticables certains axes de montagne et entraîner des coupures de courant.

LÉGISLATION LOCALE

Le Liban est un pays occidentalisé et francophile. Toutefois,  certains usages sont à respecter. Dans certains quartiers, il convient d'avoir une attitude respectable, notamment dans les quartiers à population majoritairement musulmane.  La consommation d'alcool est autorisée mais non tolérée dans les quartiers musulmans, notamment dans le sud du pays et dans les grandes villes comme Saïda. Il est recommandé de s'abstenir de manger, boire et fumer (même en voiture) en présence de Musulmans, durant la période du Ramadan.

Il est légalement interdit d'importer sur le territoire libanais tout matériel de communication satellitaire, et ce quel qu'en soit l'usage envisagé. Tout contrevenant verra son matériel immédiatement saisi.

Il est interdit de photographier les bâtiments publics, les sites sous contrôle de l'armée, et les zones sensibles. De manière générale, il est recommandé d'éviter de photographier des personnes sans leur consentement formel et faire preuve de la plus grande vigilance avant de photographier bâtiments privés, paysages, scènes de rue à plus forte raison les lieux où vient de se produire un attentat. En effet, plusieurs ressortissants étrangers ont interpellés voire retenus plusieurs heures par des personnes n'ayant pas autorité, en dehors de toute légalité, parce qu'ils avaient éveillé leur suspicion en prenant des photos.

En cas de perte de votre passeport, vous devez impérativement porter plainte auprès du commissariat le plus proche après en avoir averti votre autorité consulaire. Cette démarche doit être effectuée avant de déposer une demande de laissez-passer à votre ambassade. Une fois ce document obtenu, vous devrez solliciter un visa de sortie du territoire auprès de la Direction de la Sûreté Générale à Beyrouth.

Des "tirs en l'air" sont pratiqués de façon fréquente, surtout lors de fêtes nationales et de manifestations politiques. Il est indispensable de rester confiné lorsqu'ils se produisent et d'éviter la proximité des fenêtres.

L'homosexualité est réprimée pénalement au Liban.

Climat

Le climat est méditerranéen. L'été est chaud (30°C) et sec, l'hiver doux et pluvieux. Le climat en montagne est plus frais voire froid, avec de fréquentes  chutes de neige en hiver.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 961 Police: 112

Electricité

Voltage: 110/220 V ~ 50 Hz

Prises:

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