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Rapports de pays

Liberia Rapport de pays

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INTRODUCTION

Le petit pays d'Afrique de l'Ouest qu'est le Libéria (111 370 km² ; 4,5 millions d'habitants) reste marqué par deux ans d'épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola et par un contexte sécuritaire toujours délicat.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

Tandis que les autorités britanniques n'émettent plus de réserves pour tout voyage vers le Libéria, les autorités françaises déconseillent de se rendre vers cette destination sauf raisons impératives. Par ailleurs, la situation sécuritaire dans les régions frontalières avec la Côte d'Ivoire demeure précaire. Il convient donc d'être extrêmement vigilant dans les comtés du Nimba, du Grand Gedeh, de River Gee et du Maryland lors d'un déplacement impératif.

TERRORISME

La menace terroriste demeure très faible. Toutefois, l'Afrique de l'Ouest ayant été victime de diverses attaques (Côte d'Ivoire, Mali, Burkina Faso, etc.), les voyageurs doivent rester prudents, notamment dans les lieux touristiques fréquentés (hôtels de standing, restaurants, cafés et stations balnéaires). Les autorités britanniques considèrent que la menace est en hausse, en particulier contre leurs intérêts dans le pays, en raison de leur implication dans les conflits en Irak et en Syrie.

SÉCURITÉ

Malgré un renforcement de la sécurité à la frontière avec la Côte d'Ivoire, l'est du Libéria peut s'avérer dangereux du fait de la présence de milices ivoiriennes et libériennes issues des différents conflits ayant touchés les deux pays.

Le crime organisé s'est développé dans la région, avec une intensification des trafics d'armes et de drogues. L'Afrique de l'Ouest est devenue une zone de transit, de consommation et de production de drogues. D'importantes saisies ont régulièrement lieu. Les pays de la région, dont le Libéria, se sont engagés dans un programme de lutte contre le trafic de drogues et le crime organisé en Afrique de l'Ouest. Un plan opérationnel a été adopté en ce sens. Celui-ci prévoit l'établissement de patrouilles mixtes aux frontières, un renforcement de l'échange d'informations et l'organisation de formations conjointe. La surveillance des frontières amoindrira en outre le risque d'incursions armées et les violences frontalières, s'il devait y en avoir.

CRIMINALITÉ

En raison de l'éloignement de l'aéroport international et de l'absence de mode de transport organisé, il est impératif de prévoir, en amont de son départ, son transfert vers le lieu de résidence.

D'un point de vue sécuritaire, le visiteur s'expose à un risque criminel élevé dans la capitale Monrovia. La criminalité est moindre en province. Les crimes d'opportunité (braquages, vols à la tire dans les voitures en stationnement, cambriolages) sont fréquents à Monrovia. L'usage d'armes, plus particulièrement de couteaux ou machettes lors de braquages, ainsi que la présence de gangs criminels sont signalés. 

Les Libériens en sont les principales victimes ; toutefois, les ressortissants étrangers, en raison de leur richesse supposée, peuvent également être la cible des criminels. Les quartiers de Mamba Point et Sinkor à Monrovia sont particulièrement touchés. Une vigilance particulière doit également être exercée autour des zones de Red Light, Waterside, Congo Town, la jonction ELWA, ainsi que dans tous les marchés de la ville. La prudence est également requise dans les discothèques, les taxis et sur les plages. Enfin, les chambres d'hôtels occupées par des ressortissants étrangers peuvent également être visées. 

Le risque de viol est très élevé à Monrovia. Des cas ou tentatives de viol contre des ressortissantes étrangères ont été recensés.

Des mesures de précaution simples doivent être suivies : ne pas porter sur soi d'objets de valeur, circuler vitres et portières fermées, ne jamais résister en cas d'agression. Les autorités françaises déconseillent aux femmes de se promener seules sur les plages le soir et hors du centre-ville (Mamba Point).

En dehors de la capitale, la police libérienne est en voie d'organisation ; sa présence est encore faible dans les comtés de l'intérieur.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

La situation politique est globalement apaisée depuis 2012, après des élections présidentielles mouvementées en 2011 (fort taux d'abstentionnisme, violence).

Depuis 2011, le gouvernement a été remanié à plusieurs reprises afin de renouveler la classe politique ; toutefois, l'exécutif reste soumis à de sévères critiques (accusations de corruption, de népotisme et d'inefficacité dans la lutte contre Ebola) dans un contexte de stagnation économique.

Des élections présidentielles ont été organisées le 10 octobre 2017. Initialement programmé le 7 novembre, un deuxième tour opposant les candidats George Weah et Joseph Boaki a été reporté à une date ultérieure suite à un recours déposé devant la Cour Suprême (irrégularité suspectées dans le processus électoral). Il convient de se montrer prudent ; des manifestations sporadiquement violentes peuvent être organisées lors des périodes électorales.

Malgré une stabilisation sécuritaire notable depuis la fin de la guerre civile, de nombreux facteurs perpétuent les risques de conflits au Libéria. L'exclusion politique, économique et sociale de larges franges de la population n'a toujours pas été corrigée. La classe politique demeure quelque peu divisée, la situation économique due à Ebola reste très précaire, les frustrations sociales, les pénuries (nourriture, eau, énergie) et les allégations de corruption sont des éléments pouvant alimenter des mouvements de protestation.

La situation sécuritaire laisse d'autant à plus désirer que les troupes de l'ONU (MINUL) se sont retirées fin juin 2016 ; d'anciens rebelles issus de la guerre civile, encore mal réinsérés, seraient prêts à rejoindre les milices, représentant ainsi un risque sécuritaire à court terme.

RISQUE SOCIOÉCONOMIQUE / SITUATION HUMANITAIRE

La guerre civile a anéanti les capacités productives du pays et une part importante du capital humain (5% de la population a été tuée, 75% des infrastructures scolaires et 95% des équipements de santé ont été détruits).

Depuis la fin de la guerre civile il y a douze ans, le Libéria demeure un État pauvre, appartenant au groupe des pays les moins avancés (PMA), déplorant un taux de chômage et d'emploi précaire élevés (plus de 70% des jeunes sont en situation de chômage ou de sous-emploi) et de fortes tensions sociales.

Les efforts de reconstruction initiés par la Présidente Ellen Johnson Sirleaf, au pouvoir depuis 2006 ont été mis à mal par l'épidémie d'Ebola qui a sévi dans le pays de 2014 à 2016. Le Libéria a été le pays le plus affecté par cette crise. Dans un contexte macroéconomique déjà défavorable, les répercussions sur l'économie ont été importantes : déficits liés aux dépenses de santé, à la réduction des IDE (Investissements Directs Etrangers) et à la fuite des capitaux. Elles ont de plus été aggravées par la chute des cours du minerai de fer, de l'or et du caoutchouc (75% des exportations nationales). L'activité du Libéria est à l'arrêt : alors que la croissance s'était élevée à +8,9% du PIB en 2013, elle a chuté pour s'établir à +0,7% en 2014 et +0,9% en 2015.

Malgré la fin de l'épidémie annoncée par l'OMS en juin 2016, les perspectives de redressement économique demeurent limitées. La reprise attendue pour 2016 est restée faible, avec un taux de croissance à 2%. Toutefois, le pays dispose d'atouts importants dont ses matières premières (forêts peu exploitées, diamants, fer, caoutchouc dont il est le 9ème producteur mondial). En outre, la levée de l'embargo sur le bois et sur le diamant devrait lui permettre d'accroître ses exportations. Par ailleurs, l'exploitation des mines d'or et la production agricole atteignant 53% du PIB devraient participer à la reprise de la croissance.

SANTÉ

L'épidémie Ebola a décimé une partie des personnels soignants, en première ligne dans le combat contre la maladie.

Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire, ce dernier étant fortement recommandé en cas de problème de santé grave ou présentant un caractère urgent.

Un certificat de vaccination contre la fièvre jaune est exigé à l'entrée du pays pour tous les voyageurs. Par ailleurs, la fièvre de Lassa est endémique dans tout le pays et sévit essentiellement dans le centre du pays mais aussi à Monrovia. Un antiviral est disponible pour la fièvre Lassa mais reste très inadapté à la situation du terrain. Concernant le paludisme, présent dans tout le pays, il est impératif d'avoir recours à des mesures de protections individuelles contre les piqûres de moustiques et à un traitement médicamenteux adapté.

L'eau courante n'est pas potable ; les maladies diarrhéiques sont chroniques au Libéria. Il est donc indispensable de ne boire que de l'eau décontaminée ou en bouteille, de veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jour.

En outre, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte dans le pays.

Le vaccin contre la rougeole est fortement conseillé, le pays connait régulièrement des flambées épidémiques. La rougeole est une maladie virale extrêmement contagieuse qui constitue l'une des principales causes de mortalité des jeunes enfants à l'échelle mondiale. Elle se transmet par les postillons (toux) ou les éternuements d'une personne infectée.

31 cas de méningites ont également été recensés pour la première fois dans le pays en mai 2017, notamment dans les comtés de Sinoe, à Monrovia et Grand Bassa. 13 personnes sont décédées. Il convient de se vacciner.

La maladie à virus Ebola a particulièrement et sévèrement touché le Libéria au cours de la plus importante épidémie jamais enregistrée depuis l'identification de la maladie en 1976. Entre mars 2014 et février 2016, plus de 11 000 cas ont été enregistrés au Libéria entrainant près de 4 800 décès. Le 9 juin 2016, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé la fin de l'épidémie. Le virus Ebola s'introduit dans la population humaine par contact étroit avec le sang, les sécrétions, les organes ou les liquides biologiques d'animaux infectés. Il se transmet ensuite par contact interhumain et est très contagieux pendant la phase hémorragique. La maladie se caractérise par l'apparition d'une fièvre violente, une asthénie, des douleurs articulaires, musculaires et des maux de tête. Ces symptômes sont suivis de vomissements, de diarrhées, d'éruptions cutanées, d'insuffisance rénale et hépatique et, dans certains cas, d'hémorragies internes et externes. Il est recommandé de ne pas consommer de viande de brousse, de manipuler les animaux avec des gants et porter des vêtements protecteurs adaptés. Les produits (sang et viande) doivent être cuits soigneusement avant d'être consommés. Il est impératif de limiter les contacts avec les personnes malades et avec leurs objets personnels et de veiller à une hygiène stricte (lavage fréquent et soigneux des mains et des surfaces).

Enfin, notons que les infrastructures hospitalières publiques sont insuffisantes et généralement peu fiables ; en cas de nécessité, il est préférable de se diriger vers des structures de soin privées, tout en privilégiant, dès que possible, l'évacuation vers un pays mieux pourvu en la matière.

RISQUES NATURELS

Monrovia est régulièrement affectée par des pluies torrentielles entre mai et novembre, la plaçant comme l'une des capitales les plus humides du monde. Par ailleurs, ces pluies engendrent des inondations importantes ; le manque d'infrastructures adéquates empêche la bonne évacuation des eaux. En conséquence, les axes routiers sont souvent inondés et impraticables. Coulées de boues et effondrements de bâtiments sont fréquents. Il est recommandé de se familiariser avec les zones à risque et de rouler en véhicule tout terrain (4x4).

En outre, le réchauffement climatique entraine une montée des eaux inquiétante ; l'océan envahit lentement l'un des plus grands bidonvilles de la capitale, WestPoint, entrainant un déplacement massif des populations. Cette situation est à même de déclencher des maladies telles que la fièvre de Vallée du Rift, le choléra ou le paludisme. Par ailleurs, de graves sécheresses et des perturbations dans le rythme des précipitations provoquées par ce phénomène peuvent engendrer une réduction des récoltes et donc une augmentation des prix des denrées alimentaires. 

TRANSPORTS

Toutes les compagnies aériennes locales sont interdites d'exploitation dans l'Union européenne, le Libéria étant incapable de garantir les standards sécuritaires internationaux requis. 

L'aéroport international Roberts se trouve à 60 km de la capitale Monrovia et n'est desservi par aucun moyen de transport public. Il convient d'organiser un accueil local à l'arrivée.

Le pays souffre dans son ensemble - à l'exception de Monrovia, Buchanan, Bo Waterside et Ganta - d'infrastructures routières obsolètes, insuffisantes et dégradées. Durant la saison des pluies (mai à novembre inclus), les routes sont souvent impraticables, en particulier les pistes qui constituent la majeure partie du réseau routier du Libéria.

La dangerosité des axes routiers est accrue par le non-respect du code de la route par les usagers, le non-entretien des véhicules et l'absence de structures de soins. L'absence d'éclairage public et le défaut de signalisation font que tout trajet de nuit doit être banni. Cette dernière recommandation s'applique également à Monrovia, dont certains quartiers doivent être évités (West PointSomaliaDriveRed Light notamment). Tout accident de la circulation a fortiori s'il est mortel peut rapidement dégénérer en émeute violente. En cas d'accident il convient de ne pas sortir du véhicule et de se rendre immédiatement au commissariat le plus proche.

À Monrovia et dans le reste du pays, en raison du risque de vols à la tire dans les embouteillages,  il est recommandé de veiller à ce que les portes du véhicule soient verrouillées et les vitres relevées.

Les autorités occidentales déconseillent formellement tout déplacement en transports publics. Il est recommandé d'avoir recours à un chauffeur privé expérimenté durant un séjour au Libéria.

En dehors des agglomérations, tous les déplacements doivent donc se faire de jour, en véhicule tout terrain (4x4), si possible en convoi, muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et dispose de moyens de télécommunication efficaces.

Des barrages routiers existent, en province, souvent tenus par des policiers encore peu professionnels. Il convient d'obtempérer à tout barrage érigé par les forces de sécurité.

INFRASTRUCTURES

Les capacités de production électrique sont faibles (22 MW) au Libéria, et les réseaux de distribution fortement défaillants. Seuls 9,8% de la population a accès à l'électricité. Même dans la capitale, l'alimentation en électricité n'est pas garantie.

L'accès à l'eau demeure lacunaire. Dans la capitale elle-même, il n'y a pas d'alimentation régulière en eau courante.

Les réseaux de télécommunication sont mauvais à Monrovia et inexistants en dehors.

Dans un registre distinct, les voyageurs noteront que les infrastructures d'hébergement restent largement carentielles ; peu d'hôtels peuvent être considérés comme totalement sûrs, y compris à Monrovia.

Enfin, l'utilisation des cartes bleues n'est pas acceptée au Libéria. Quelques distributeurs ATM sont présents mais ne prennent que les cartes bleues VISA.

LÉGISLATION LOCALE

L'homosexualité est illégale au Libéria.

Il est interdit de photographier et filmer les abords des bâtiments officiels ou les convois de véhicules du gouvernement. Il est recommandé de recueillir préalablement l'accord des personnes concernées ou du Gouvernement.  

Enfin, le commerce ou le transport de diamants bruts est strictement interdit au Libéria.

Climat

Le climat est équatorial avec des températures élevées (entre 22°C et 33°C) et un taux d'humidité très important sur la côte (plus faible vers l'intérieur des terres).

La saison sèche dure de novembre à mars mais le ciel reste couvert et souvent brumeux. L'harmattan, vent chaud et sec venant du Sahara, fait baisser l'humidité de l'air. La saison des pluies débute en avril, avec des précipitations torrentielles de mai à fin octobre et une accalmie en août. La chaleur combinée à l'humidité rend l'atmosphère difficilement supportable. Les précipitations sont abondantes sur la côte et diminuent en allant vers l'est.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 231 Police: 911 ou 33 35 613 Pompiers: 911 ou 33 35 613 Ambulances: 911 ou 33 35 613

Electricité

Voltage: 120 V ~ 60 Hz

Prises: