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Rapports de pays

Libye Rapport de pays

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INTRODUCTION

Situé sur la côte sud de la mer Méditerranée, ce vaste pays peu peuplé qu'est la Libye (6,5 millions d'habitants) reste déchiré par les divisions politiques et fragilisé par une situation sécuritaire dégradée conduisant les chancelleries diplomatiques occidentales à déconseiller à leurs ressortissants tout voyage non-essentiel. Les individus désirant se rendre en Libye devraient solliciter les services d'experts sur le terrain.

POLITIQUE

Le pays est divisé sur des questions sociales, politico-tribales et idéologiques, avec de nombreuses hostilités à l'intérieur des factions belligérantes. Toutefois, la réalité du pouvoir reste aux mains des groupes armés qui continuent d'exercer une réelle emprise sur le pays.

Le gouvernement d'entente nationale (GNA), formé sous l'égide l'ONU, a pu profiter en 2017 de l'éjection des milices de Tripoli pour renforcer son autorité, celles-ci étant affiliées à son rival, le Congrès général national (GNC). Le GNA est depuis parvenu à étendre sa zone d'influence sur les côtes du nord-ouest, mais continue d'être freiné par les groupes rebelles, notamment les milices affiliées au GNG.

À l'est, la Chambre des représentants de Tobruk, internationalement reconnue, assure l'autorité politique grâce au soutien de Khaifa Haftar, maréchal auto-proclamé de la milice Armée Nationale de Libye (LNA).

Haftar a significativement gagné en importance après s'être emparé du terminal pétrolier dans le croissant de Sirte en septembre 2016, et après avoir facilité la reprise des exportations de la Compagnie Pétrolière Nationale (NOC) de Mustafa Sanallah. Malgré les différentes tentatives des groupes de l'opposition de reprendre les infrastructures de pétrole, le LNA en conserve le contrôle. Haftar continua son expansion en 2017, même si ses faiblesses se firent de plus en plus visibles vers la fin d'année.  

TERRORISME

La situation sécuritaire reste précaire, même si l'intensité et la nature des menaces varient en fonction des régions. En 2016, l'État Islamique (EI) s'était emparé de pans de territoire dans le Croissant pétrolier. Le groupe perdit ce périmètre près d'un an plus tard, fin 2016. Alors que le «califat» s'effondre en Irak et en Syrie, l'EI continue de renforcer ses capacités et de recruter des combattants en Libye. Le groupe a commencé à augmenter le rythme de ses opérations en 2017, et pourrait lancer, ces prochains mois, de nouvelles attaques dans plusieurs villes et villages, y compris à Tripoli. L'EI pourrait de même chercher à regagner des territoires, notamment dans la province de Syrte.

Des groupes djihadiste salafistes ou proches de l'EI sont également présents dans l'est de la Libye, dans les villes de Benghazi et Derna, bien que la LNA ait réussi jusqu'alors à contenir et repousser leur présence.   

Dans la région sud de Fezzan, des groupes proches d'Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) conservent une certaine influence auprès de diverses communautés et de réseaux de trafiquants de contrebande opérant sur la frontière avec le Niger et le Tchad. Sans avoir initié d'attaque dans le nord, ils sont régulièrement impliqués dans des heurts au sud et sont à l'origine de deux kidnappings visant des ressortissants étrangers depuis septembre 2016. L'Etat Islamique opère quant à lui dans le sud du pays où cette organisation islamo-terroriste disposerait de camps d'entraînement et d'infrastructures médicales.

KIDNAPPING

Les kidnappings et les assassinats sont fréquents en Libye. Si la majorité de ces incidents sont liés aux violences entre les milices et à la criminalité générale, le risque pour les ressortissants étrangers reste très élevé. En novembre 2017, deux Turcs et un Sud-Africain avaient été kidnappés par un groupe terroriste transnational dans la ville d'Obari. Si le nombre de kidnappings de ressortissants occidentaux a légèrement baissé, cela est principalement dû à leur nombre réduit sur place plutôt qu'à une diminution des capacités et à un changement de stratégie des groupes criminels et terroristes sur le terrain.

TRANSPORTS

L'accès au pays est très difficile, compte tenu des dommages portés à ses principaux aéroports (l'aéroport international de Tripoli [TIP] est en cours de reconstruction) durant les sept dernières années de conflit. Nombre de compagnies aériennes internationales ne desservent plus les petits aéroports du pays encore opérationnels. Les compagnies aériennes libyennes sont interdites de vol dans l'espace aérien de l'Union Européenne pour des raisons de sécurité, limitant les liaisons vers et depuis la Libye. Quelques avancées ont été effectuées sur les vols internationaux et nationaux opérant depuis l'aéroport international de Benina (BEN) à Benghazi.

La première porte d'accès reste la Tunisie via l'aéroport de Mitiga (MJI). L'aéroport est resté fermé plusieurs jours en janvier 2018  ; des accrochages récurrents dans la zone sont à l'origine de fermetures occasionnelles de l'aéroport. Les routes côtières reliant les centres urbains du littoral sont fréquemment le théâtre de heurts entre les milices se disputant des positions stratégiques. Les liens avec le sud restent précaires au mieux. Il est conseillé aux voyageurs d'emprunter les voies aériennes pour tout déplacement entre le nord et le sud.

SANTÉ

Il est suggéré aux voyageurs devant se rendre en Libye de souscrire avant leur départ une assurance couvrant les frais médicaux et le rapatriement sanitaire. Les infrastructures sanitaires libyennes sont considérablement affectées par ces sept années de conflit et de crises diverses. Les coupures d'électricité récurrentes et les interminables ruptures d'approvisionnement en eau, rythmées par les phases de violence, pénalisent plus encore la population. Dans le sud, les services de santé sont parfois inexistants.

Ces conditions délicates favorisent la propagation de diverses maladies, dont la leishmaniose, sous ses deux formes : la forme cutanée engendrant des plaies cutanées et la forme viscérale attaquant les organes. Cette maladie est transmissible par les mouches de sable contaminées.

L'eau du robinet n'est pas potable et les maladies diarrhéiques sont fréquentes.

La rage est signalée dans le pays. Le principal moyen de se prémunir de la rage est d'éviter tout contact avec les animaux domestiques ou sauvages. Si vous êtes léché, griffé ou mordu par un animal, contactez un médecin au plus vite.

En raison du risque de maladies amibiennes, il est conseillé aux voyageurs de ne pas se baigner dans les lacs ou les rivières et d'éviter de marcher pieds-nus.

Enfin, la tuberculose est récurrente dans le pays.

Climat

Le climat subit l'influence de la Méditerranée et du désert. Le littoral offre un climat méditerranéen : chaud (30°C) et sec l'été, doux et pluvieux l'hiver. Les températures peuvent descendre jusqu'à 8°C. Le climat est semi-aride dans les plaines du centre et désertique dans le sud. A la fin du printemps et au début de l'automne, le vent chaud et sec du sud, chargé de sable, remonte parfois du désert jusqu'aux villes côtières.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 218 Police-secours: 33 35 613 ou 614

Electricité

Voltage: 127 V ~ 50 Hz

Prises: