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Rapports de pays

Madagascar Rapport de pays

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INTRODUCTION

Les candidats au voyage vers Madagascar (24,24 millions d'habitants) accorderont un certain soin à la préparation de leur déplacement, certaines conditions locales demeurant susceptibles de nuire à la sérénité du séjour.

CRIMINALITÉ

Madagascar est confrontée à un niveau de criminalité particulièrement élevé et en augmentation ces dernières années, se manifestant à la fois par de la petite délinquance (vols à la tire et vols dans les véhicules notamment) et par des actes violents (agressions à main armée, cambriolages, grand banditisme dans les zones rurales et sur les axes routiers, etc.). Ces risques connaissent une recrudescence la nuit mais sont également observés en journée.

Les lieux touristiques (parcs nationaux, plages, bars, restaurants, etc.) sont tout particulièrement exposés en raison de la richesse présumée des visiteurs étrangers. Ceci inclut plus spécifiquement, à Tananarive : les escaliers menant au Rova, l'avenue de l'Indépendance, le marché d'Analakely et de manière générale l'ensemble du centre-ville.

Ailleurs dans le pays, une grande vigilance est requise à Diego-Suarez (Montagne d'Ambre et Montagne aux Français notamment), au Pic Saint-Louis (ville de Fort-Dauphin), à Tamatave, à Majunga, le long de la rivière Tsiribihina, dans le parc de l'Isalo et enfin à Tuléar, dont la plage de la Batterie doit être impérativement évitée en raison des nombreuses agressions violentes qui s'y sont produites ces dernières années (décès de plusieurs ressortissants étrangers).

Par ailleurs, deux volontaires français ont été retrouvés assassinés en août 2016 sur l'île Sainte Marie.

Tout déplacement à pied après 17h30 doit être banni sur l'ensemble du territoire.

Enfin, divers axes routiers sont plus particulièrement soumis au risque d'agressions violentes de bandes armées, en augmentation depuis quelques temps, notamment la RN7 (Tananarive - Tuléar), la RN10 (Betioky - Andranovory) et, surtout, la RN13 (Ambovomne - Ihosy) ; les déplacements doivent y être strictement évités et, en ce qui concerne uniquement la RN13, proscrits.

Les ressortissants étrangers sont invités à faire preuve de vigilance dans leur vie quotidienne comme dans leurs déplacements ; à éviter tout déplacement à pied en journée, et les proscrire après la tombée de la nuit ; à verrouiller les portes des domiciles, à circuler portières verrouillées et vitres remontées ; à ne pas se rendre dans les quartiers défavorisés et/ou excentrés ; et enfin à n'opposer aucune résistance en cas d'agression, le recours à la violence de la part des agresseurs étant quasi-systématique.

Des vols dans les bagages en soute sont régulièrement signalés à l'aéroport international d'Ivato (Tananarive), y compris dans les valises fermées à clé ou cadenassées, à l'arrivée comme au départ. Il convient en conséquence de conserver avec soi tout objet de valeur.

À noter également une situation délicate dans le Sud/Sud-Est (région d'Anosy) où les vols de bétail (commis par les Dahalos) sont récurrents, faisant partie d'une tradition bien ancrée dans certaines régions rurales. Des décès sont régulièrement signalés en raison des affrontements entre forces de sécurité et bandes armées qui s'ensuivent.

Enfin, la présence présumée de militants djihadistes est à surveiller de près, le risque terroriste étant prégnant dans la région. La situation sociale précaire prévalent sur l'île est à même de profiter à ces groupes désireux de gonfler leurs rangs.

Par ailleurs, une hausse des attaques à l'encontre de la communauté catholique a été signalée depuis quelques mois.

Le ministère français des Affaires étrangères recommande à ses ressortissants d'exercer une vigilance renforcée sur l'ensemble du territoire.

ENLÈVEMENT

Le risque d'enlèvement visant les ressortissants étrangers et binationaux doit également interpeller le voyageur ; celui-ci est en hausse, en particulier à Antananarivo, depuis le début de l'année 2017. En mai 2017, un binational d'origine indienne et française a été enlevé dans la capitale et libéré quelques jours plus tard. C'était le quatrième cas d'enlèvement d'un ressortissant français depuis le début de l'année ; depuis 2010, la communauté franco-indienne a été plus de 90 fois la cible d'enlèvements. En avril 2017, un adolescent français d'origine indienne a été enlevé à Antananarivo puis finalement libéré. Les enlèvements d'hommes d'affaires ou de chefs d'entreprise fortunés existent depuis longtemps dans le pays ; néanmoins, ce kidnapping d'enfant étranger doit alerter tout voyageur d'affaires ou expatrié sur l'existence de ce risque, de tels agissements pouvant toucher tout visiteur en raison de sa richesse supposée.

Face à ce phénomène, il peut être prudent de varier ses horaires et ses itinéraires, de ne pas dévoiler à des inconnus son programme et de veiller à ne pas divulguer d'éléments de sa vie personnelle et professionnelle sur les réseaux sociaux. Il peut être approprié de rappeler à ses enfants les règles de bons sens face à ce risque. Il convient de redoubler de vigilance sur le trajet entre son domicile et son lieu de travail. En cas de doute, il ne faut pas s'arrêter et se rendre au poste de police le plus proche.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

La situation politique interne doit également être suivie avec attention ; Madagascar a connu une grave crise politique en 2009 dont la nation peine à se remettre. Les tensions demeurent vives. Pour rappel, les députés avaient tenté en vain à l'été 2015 de destituer le président ainsi que le Premier ministre. Le 31 mai 2016, cinq partis d'opposition ont à nouveau réclamé la destitution du président. En dehors de ces rivalités entre appareils partisans, la stabilité du pouvoir est également l'objet d'interrogations récurrentes. Plusieurs remaniements ministériels ont eu lieu depuis le début de l'année 2016 tandis qu'en mai, plusieurs rumeurs faisaient état d'un coup d'État imminent. Enfin, une attaque à la bombe a eu lieu lors de la fête nationale du 26 juin 2016, tuant deux personnes et blessant 80. Aucune arrestation n'a suivi l'attaque qui n'a pas été revendiquée. Les autorités nationales ont présenté l'incident comme une « tentative de déstabiliser le pouvoir central ».

Des manifestations pour demander la démission du Président Hery Rajaonarimampianina se poursuivent par ailleurs quotidiennement depuis le 21 avril 2018 à Antananarivo, l'opposition dénonçant trois projets de loi électoraux adoptés début avril et considérés comme un moyen d'empêcher l'opposant Marc Ravalomanana de se présenter aux élections présidentielles prévues fin 2018. Les tensions perdurent malgré la nomination d'un Premier ministre de consensus début juin.

Les élections présidentielles se tiendront le 7 novembre 2018. Si un second tour devait être nécessaire, il sera organisé le 19 décembre. 

En outre, les manifestations, parfois violentes et accompagnées de grèves, se sont multipliées depuis début 2016 et ont continuent en 2018 ; la population est mécontente de la politique du gouvernement qui ne parvient pas à répondre à ses griefs et dénonce le manque de provision de services de base à travers le pays, notamment dans les quartiers les plus pauvres. Les grèves pour demander le paiement d'arriérés de salaires ou pour dénoncer les interférences du pouvoir exécutif dans les affaires judiciaires sont également de plus en plus fréquentes.

Il conviendra dans tous les cas d'éviter strictement les rassemblements. À Tananarive, les points traditionnels de manifestations sont situés aux abords du palais présidentiel, sur place du 13 Mai, le long de l'avenue de l'Indépendance, aux environs du lac Behoririka et au 67e hectare.

SANTÉ

L'environnement sanitaire et épidémique est particulièrement précaire, et ce d'autant que le très faible développement des infrastructures sanitaires impose une évacuation médicale en cas de maladie grave ou de situation d'urgence. En tout état de cause, il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire.

Madagascar est exposée aux maladies transmises par piqûres de moustiques, qui connaissent chaque année un regain de prévalence à l'occasion de la saison des pluies (de décembre à avril) : des épidémies de dengue, de chikungunya et de fièvre de la vallée du Rift sont fréquemment signalées. Le paludisme est endémique et en recrudescence depuis 2012, y compris dans les hautes terres du centre de l'île, celle-ci étant en outre classée en zone 3 en terme de chloroquinorésistance. Par conséquent, munissez-vous d'une moustiquaire, portez des vêtements couvrants et utilisez des répulsifs. En outre, bien qu'aucun cas de virus Zika n'ait pour l'heure été déclaré à Madagascar, la présence de moustiques vecteurs de cette maladie est avérée sur l'île.

La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour les voyageurs ayant séjourné dans une zone endémique ou ayant transité (plus de 12h) dans l'aéroport d'un pays endémique. Les autorités peuvent demander un certificat de vaccination international de fièvre jaune à l'arrivée, même aux passagers en provenance d'Europe. 

L'eau n'est pas potable à Madagascar. Afin de se prémunir des risques de maladies à transmission hydrique, il est vivement recommandé de se laver les mains régulièrement et de consommer uniquement de l'eau en bouteille ou de l'eau désinfectée. Sont signalés de manière fréquente des cas ou des épidémies de choléra, de fièvre typhoïde, de tuberculose, de rage et de poliomyélite. À cet égard, notons qu'un certificat de vaccination contre la poliomyélite est exigé pour les voyageurs prévoyant de séjourner plus de 28 jours à Madagascar.

Madagascar est le pays plus touché au monde par la peste, avec en moyenne 500 cas signalés chaque année, en particulier dans les zones rurales du centre et du sud-est de l'île ainsi que durant la saison des pluies. L'ensemble du pays avait été placé sous état d'urgence fin 2016 en raison d'une importante épidémie de peste qui a particulièrement touché le sud-est du pays et causé le décès de plus de 30 personnes.

Il est recommandé de ne jamais marcher pieds nus et d'éviter les baignades dans les eaux stagnantes (risque d'infection parasitaire).

TRANSPORTS

Conjuguées au faible niveau de développement des infrastructures routières malgaches (à l'exception des grands axes Tananarive-Tamatave, Tananarive-Majunga et Tananarive-Fianarantsoa-Tuléar), les habitudes de conduite dangereuses des conducteurs (vitesse excessive, dépassements intempestifs) font des voyages terrestres une option dangereuse, notamment durant la saison des pluies. En tout état de cause, les déplacements de nuit doivent être proscrits en raison de l'absence d'éclairage des routes, et tout voyage interurbain doit être fait en 4x4, muni de réserves en eau, nourriture et en carburant ainsi que de pièces mécaniques de rechange. Des cas d'agressions violentes par des bandits armés sur les axes routiers sont fréquents dans tout le pays et particulièrement sur les routes nationales RN 7, RN 27, RN 10, RN 13, RN 1B. Il convient d'être particulièrement vigilant et de rouler avec les vitres relevées et portières fermées.

En ville, le recours aux véhicules avec chauffeur est préférable ou, à défaut, à une compagnie de taxi réservée par téléphone ou par le biais de son hôtel.

En cas d'accident de la route impliquant des dommages corporels causés à un tiers malgache, il est très vivement recommandé de se rendre immédiatement au commissariat de police le plus proche, le risque d'attroupement et de réactions hostiles de la part de la population étant élevé.

Pendant la saison des pluies, de décembre à avril, de nombreux axes routiers deviennent totalement impraticables, une situation qui peut entraîner des interruptions ponctuelles d'approvisionnement en carburants.

Par ailleurs, l'option aérienne n'est pas non plus dépourvue de risques, certains appareils de la compagnie nationale Air Madagascar étant interdits d'exploitation dans l'Union européenne en raison de leur vétusté et de leur manque de maintenance. Les services de ferry n'offrent pas de meilleures conditions de confort et surtout de sécurité. Notons enfin que les services ferroviaires sont désormais inexistants.

RISQUES NATURELS

En raison de sa localisation dans l'océan Indien, Madagascar est exposée de manière significative au risque cyclonique durant la saison des pluies (décembre à avril). La côte est et les pointes nord et sud sont toujours les plus touchées ; un cyclone de catégorie 4 s'est abattu sur l'île en mars 2017, tuant 38 personnes et entraînant le déplacement de 52 000 autres.

Au cours de cette période, des inondations dévastatrices sont régulièrement déplorées et rendent la plupart des axes impraticables. En janvier 2016, Tananarive a souffert des pluies torrentielles, provoquant d'importants dégâts et rendant impraticables plusieurs axes routiers. La ville, dont la forte croissance urbaine de ces dernières décennies a forcé l'emménagement des nouveaux venus dans les bas-quartiers cernés de rizières, voit régulièrement ces districts noyés sous les eaux en période cyclonique. Le nord du pays (Sofia, Boeny, Alaotra, Mangoro, Betsiboka) est également affecté par les inondations.

Le système d'évacuation des eaux de pluies est quasi inexistant ou très mal entretenu. Cela peut provoquer d'importantes perturbations dans les transports et dans les moyens de communication ainsi que la destruction d'infrastructures. Les risques de maladies transmises par les moustiques et de maladies diarrhéiques sont en outre plus élevés lors d'inondations.

À l'inverse, des épisodes de sécheresse affectent régulièrement le sud de l'île ; une grave crise alimentaire liée à la sécheresse affecte le sud de l'île depuis le mois de décembre 2016 ; 850 000 personnes ont besoin d'une aide humanitaire. Ces épisodes dramatiques peuvent donner lieu à des tensions dans les zones concernées.

Durant cette période des feux de brousse sont récurrents : en octobre 2016, les autorités ont émis une alerte concernant l'accroissement de feux de brousse à travers le pays, dû aux conditions climatiques.

Par ailleurs, des requins sont présents dans les eaux malgaches, notamment au large de Tamatave (Nord-Est). Il est recommandé de se renseigner localement sur les plages les plus exposées et, le cas échéant, d'éviter la baignade.

LÉGISLATION LOCALE

Les ressortissants étrangers doivent impérativement respecter les strictes contingences douanières : l'importation et l'exportation de produits alimentaires est interdit, ainsi que l'exportation de plus de 100 grammes de vanille par personne.

Depuis le 1er janvier 2016, une taxe touristique de 10 € (14.35 USD) doit être versée par tout ressortissant étranger entrant à Madagascar.

Climat

Il y a deux saisons sur l'île de Madagascar, la saison sèche (avril à octobre) et la saison des pluies (novembre à mars).

La côte ouest est la région la plus sèche et la plus ensoleillée. Sur la côte orientale, il pleut généralement toute l'année et abondamment de décembre à mars. Dans les Hautes Terres (Tananarive), les pluies sont fortes mais courtes de mi-novembre à mars. La période des cyclones dure de mi-décembre à mi-avril.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 261 Police: 117 Pompiers: 117 Ambulances: 117

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: