Retour

Rapports de pays

Mali Rapport de pays

Survol

INTRODUCTION

Le Mali, grand pays d'Afrique sub-saharienne (17,5 millions d'habitants), présente un panel de risques significatifs poussant la plupart des autorités diplomatiques occidentales à en appeler à la responsabilité de chacun de leurs ressortissants présents sur place.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

La majeure partie du territoire malien demeure déconseillée par nombre de chancelleries occidentales. Il s'agit de toute la zone située à la frontière malo-mauritanienne et de toute la zone au Nord (cf. régions de MoptiTombouctouKidal et Gao). Le reste du territoire (sud), à partir de Diboli (sud-ouest) et Ouenkoro (sud-est) est déconseillé sauf raison impérative.

De même est-il déconseillé de circuler entre le Mali et la Mauritanie, notamment via la « route de l'espoir ».

Dans la capitale elle-même ainsi que dans la partie sud du pays, la plus grande prudence est de mise.

TERRORISME

Le Mali est confronté depuis janvier 2012 à l'activité de nombreux groupes armés djihadistes dans sa partie nord (dite du Nord-Mali), dont notamment Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), Ansar Dine, Al-Mourabitoune (rallié depuis décembre 2015 à AQMI) et depuis le mois de mars 2017, au Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans, né de la fusion de trois entités djihadistes opérant au Sahel : Ansar Dine, Al-Mourabitoun et le Front de Libération du Macina.

En dépit des opérations militaires françaises Serval puis Barkhane et du déploiement en 2013 de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), ces acteurs djihadistes demeurent actifs dans le septentrion malien.

Les autorités intérimaires (un gouverneur pour la ville de Kidal) ont finalement été installées le 23 août après de nombreux retards. La Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) avait précédemment rejeté la nomination des autorités intérimaires dénonçant leur non implication dans les discussions menées pour désigner le gouverneur ; jusqu'à présent, la ville de Kidal demeurait sous leur contrôle. En outre, la CMA et le groupe armé GATIA - un groupe de la coalition de milices pro-gouvernementales de la Plateforme - ont convenu, le 22 août, d'observer une trêve et de respecter le cessez-le-feu dans le cadre de l'accord de paix de 2015.

Parallèlement, des patrouilles mixtes (Mécanisme Opérationnel de Coordination - MOC) formées de soldats maliens, de combattants de groupes pro-gouvernementaux et de l'ex-rébellion (CMA), censées préfigurer la refonte d'une armée unitaire, ont été inaugurées à Gao et le seront fin juillet à Kidal.

Depuis fin 2015, la zone d'opération des groupes armés s'est étendue au centre et au Sud, notamment dans la région de Mopti, à la faveur de la création du Front de libération du Macina (affilié à Ansar Dine et recrutant principalement au sein de la communauté peule) et de la katiba Khalid Ibn Walid (Ansar Dine Sud) ; la situation ne cesse de se dégrader. Les attaques contre les forces armées maliennes sont quasi hebdomadaires et les assassinats ciblés sont fréquents. Les violences telles que le terrorisme, les litiges fonciers, les intimidations, les meurtres d'individus affiliés au pouvoir ou accusés d'être des informateurs se multiplient dans cette région du centre ; les groupes d'autodéfense se développent parallèlement.

La capitale Bamako a été victime de plusieurs attaques terroristes depuis 2015. Le 18 juin 2017, le Campement Kangaba à Dougourakoro (situé à 10 km de Bamako) a été la cible d'une attaque terroriste (deux victimes et plusieurs blessés). Le 7 mars 2015, une fusillade revendiquée par Al-Mourabitoune faisait cinq morts au bar-restaurant La Terrasse (quartier de l'Hippodrome), dans ce qui représentait la première opération djihadiste menée dans la capitale. Celle-ci a également été la cible d'une attaque terroriste majeure le 20 novembre 2015, lorsque deux groupes terroristes perpétraient une attaque contre le Radisson Blu Hotel (quartier Hamdallaye), tuant une trentaine de clients et membres du personnel. 170 personnes furent retenues en otage pendant des heures avant que des forces spéciales maliennes et françaises lancent l'assaut et tuent les assaillants. Al Mourabitoune et le Front de Libération du Macina avaient revendiqué l'attaque. Le 21 mars 2016, une attaque avortée avait également visé l'hôtel Azalai Nord Sud (quartier ACI 2000, où se trouve la mission de formation militaire multinationale de l'Union Européenne).

Entré en vigueur le 21 décembre 2015, l'état d'urgence, appliqué sur l'ensemble du territoire malien, a été prolongé le 21 octobre 2017 pour un an (jusqu'au 31 octobre 2018) du fait de la persistance des attaques.

Bien que Bamako ait fait l'objet d'un renforcement sensible des mesures de sécurité, notamment à proximité des principales cibles potentielles (hôtels, restaurants, bars, bâtiments gouvernementaux, ambassades, etc.), la menace demeure élevée dans la capitale, et a fortiori dans le reste du pays. Elle vise particulièrement les intérêts et ressortissants français, européens et onusiens.

Aussi, tout séjour au Mali doit être préparé avec le plus grand soin ; sur place, des mesures de sécurité importantes doivent être scrupuleusement respectées, telles que, entre autres, le fait de séjourner dans un hôtel sécurisé, de prévoir du matériel de communication permettant d'alerter les services de police ou de gendarmerie en cas de besoin, d'être particulièrement attentif à tout comportement suspect, de limiter autant que possible les déplacements à pied, de garer les véhicules dans des endroits surveillés, de vérifier leur fermeture et contrôler leur aspect extérieur avant utilisation, éviter de circuler de nuit, obtempérer à tout barrage des forces de sécurité en armes, circuler en ville avec portes verrouillées et vitres fermées, etc.

SÉCURITÉ

Des régions entières échappent au contrôle des forces maliennes. Outre le risque terroriste prévalent dans tout le pays, d'autres risques sécuritaires sont à prendre en compte.

Dans les régions rurales (centre), le risque d'affrontements intercommunautaires est prégnant. Des incidents sont régulièrement signalés entre les communautés Bambaras (agriculteurs) / Dogons (cultivateurs) et Peules (éleveurs), le plus souvent liés à des vols de bétails. Les tensions sont en hausse depuis 2012, notamment sur la question de la répartition des terrains, ces derniers se raréfiant en raison de la menace terroriste persistante. Depuis début 2016, une recrudescence des violences est observée, dû au processus d'armement des milices Bambaras par le gouvernement malien pour combattre le groupe djihadiste essentiellement Peul, du Front de Libération Macina (FLM).

Début juillet 2017, des combats entre Peuls et Dogons ont fait près de 80 morts dans la région de Mopti. Mi-juin 2017, au moins une trentaine de personnes ont été tuées dans la même région lors de violences entre les deux communautés. En février 2017, des combats entre Bambaras et Peuls avaient fait plusieurs victimes dans les deux camps.  La circulation illégale d'armes dans ces régions rend ces accrochages particulièrement meurtriers.

En outre, dans le nord, les tensions restent vives entre communautés Ifoghas et Imghads ; des combats entre forces Touaregs pro-gouvernementales de la Plateforme (GATIA), issues de la communauté Imghads, et membres de la CMA (Coordination des Mouvements de l'Azawad, alliance de groupes rebelles touareg crée en 2014), issus de la communauté Ifoghas, sont régulièrement signalés. Le 6 juillet 2017, des combats à Aguelhok dans la région de Kidal ont causé le décès d'au moins trois personnes. Le gouvernement peine à assurer le respect de l'accord de paix signé à Alger en juin 2015.

ENLÈVEMENT

Les ressortissants étrangers sont exposés à un risque particulièrement élevé d'enlèvement, notamment de la part de groupes djihadistes, sur l'ensemble du territoire. Parmi les sept otages encore détenus dans la région du Sahel, quatre ont été enlevés au Mali : une touriste sud-africaine, une religieuse colombienne, une missionnaire suisse et un employé du secteur humanitaire.

Bien que sensiblement plus élevé au nord de Mopti et le long de la frontière mauritanienne, ce risque ne peut être considéré comme nul dans la capitale.

CRIMINALITÉ

La criminalité est contenue à un niveau modéré ; elle se manifeste surtout sous la forme de vols à la tire, notamment dans les marchés et les lieux publics. Des agressions à main armée et des carjackings sont occasionnellement signalés dans la capitale, de même que des cambriolages de locaux commerciaux.

Il importe donc pour les voyageurs étrangers de limiter leurs déplacements à pied, d'être vigilant lors des déplacements de nuit et de maintenir les portes et vitres verrouillées dans les véhicules.

Le Nord-Mali est confronté au risque de banditisme et de carjacking.

Notons enfin le risque d'escroqueries sur internet ainsi que de piratages de carte bancaire, imposant une vigilance particulière, notamment lors des paiements (privilégier le paiement en espèces ou, à défaut, ne quittez pas des yeux votre carte de crédit lors des règlements).

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

Les manifestations sont fréquentes, notamment à Bamako (dans les universités, contre la mauvaise gestion de la crise sécuritaire, etc.) et dans le Nord (en particulier à Kidal et à Gao, où elles sont liées à l'application de l'accord d'Alger de mai-juin 2015, à la réinsertion des jeunes, anciens militants, dans la société et sur le marché du travail, etc.). Elles sont généralement encadrées par les forces de sécurité et se déroulent le plus souvent dans le calme. Toutefois, des débordements peuvent survenir.

La situation sécuritaire peine à se stabiliser sur l'ensemble du territoire, emportant des incidences sur la vie politique nationale. Des remaniements gouvernementaux ont eu régulièrement lieu suite aux attaques djihadistes. Un nouveau Premier ministre a été nommé début avril 2017.  

Les politiques économiques sont souvent décriées et sont la cause de diverses manifestations ou grèves. Depuis septembre 2016, les magistrats et les professeurs ainsi que le personnel de santé ont initié plusieurs grèves pour dénoncer leurs conditions de travail et demander des primes.

De plus, en raison de l'insécurité persistante, la population fait face à une crise humanitaire importante depuis le début des conflits en 2012 ; 1,5 million de personnes dépendent de l'aide internationale et plus de 3,8 million d'individus sont menacés par l'insécurité alimentaire au Mali.

Les voyageurs à destination du Mali sont invités à se tenir informés de l'actualité locale afin d'anticiper tout possible mouvement de contestation et de pouvoir, le cas échéant, demeurer à l'écart des rassemblements et manifestations.

TRANSPORTS

Les conditions de transport par voie terrestre sont particulièrement périlleuses. En dehors des grands axes, la majorité des routes ne sont pas goudronnées, ce qui entraîne des difficultés supplémentaires lors de la saison des pluies (de juin à octobre).

L'absence d'éclairage public, les habitudes de conduite dangereuses et la vétusté des véhicules posent également des risques significatifs. Tout déplacement par la route doit être entrepris de jour, en véhicule tout terrain (4x4), et avec des réserves en eau, en nourriture et en carburant suffisantes. Les voyageurs doivent également se munir d'un GPS et d'un téléphone satellitaire. Il convient de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.). Tout accident de la circulation a fortiori s'il est mortel peut rapidement dégénérer en émeute. En cas d'accident, il convient de ne pas sortir du véhicule et de se rendre immédiatement au commissariat le plus proche. Les accidents de la route constituent la première cause de mortalité chez les expatriés.

Dans le septentrion malien plus spécifiquement, la présence de mines et d'engins explosifs improvisés le long des routes doit inciter à y proscrire tout déplacement non-essentiel.

Un transport interurbain par la route est quoiqu'il arrive périlleux. Les coupeurs de route sont actifs, systématiquement armés et violents. Les carjackings sont fréquents. Il convient de rouler avec les portes verrouillées et les fenêtres relevées.

Il convient de limiter autant que possible les déplacements à pied, de garer les véhicules dans des endroits surveillés, de vérifier leur fermeture, de contrôler leur aspect extérieur avant utilisation, d'éviter de circuler de nuit, d'obtempérer à tout barrage des forces de sécurité (particulièrement fréquents entre 9h du soir et le lever du soleil) et enfin, de circuler en ville avec portes verrouillées et vitres relevées.

Une liaison ferroviaire relie Bamako à Dakar dans des conditions de confort et de sécurité très précaires.

INFRASTRUCTURES

En plus d'un accès inégal à l'électricité sur l'ensemble du territoire (25,6% de la population), les coupures de courant sont fréquentes, notamment à Bamako.

Les interruptions dans l'alimentation en eau courante sont régulières, y compris dans la capitale, un phénomène imputable aux sécheresses touchant le pays mais aussi aux coupures de courant affectant le bon fonctionnement des stations de pompage d'eau, ainsi qu'à la vétusté des infrastructures hydrauliques. Dans le nord, l'accès à l'eau est plus encore restreint, en raison principalement de l'insécurité régnant dans la région.

Les individus utilisant internet dans le pays déplorent à l'occasion l'impossibilité d'accéder aux réseaux sociaux, parfois coupés par les autorités.

SANTÉ

L'environnement sanitaire est préoccupant, notamment en raison des capacités limitées des infrastructures hospitalières à Bamako, et a fortiori en province. Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire, ce dernier étant fortement recommandé en cas de problème de santé grave ou présentant un caractère urgent.

Le Mali est en outre confronté à d'importants défis sanitaires, au premier rang desquels figurent les maladies transmises par les piqûres de moustique, présentes dans l'ensemble des régions situées au Sud du Sahara et dont la prévalence augmente lors de la saison des pluies (affectant Bamako et sa région de juin à octobre). On recense ainsi la fièvre jaune, pour laquelle un certificat de vaccination antiamarile est exigé à l'entrée du pays pour les voyageurs âgés d'un an et plus. La vaccination est recommandée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour tous les voyageurs âgés de neuf mois et plus se rendant au sud du Sahara. Elle n'est en revanche pas recommandée pour les voyageurs dont l'itinéraire se limite au Sahara. Concernant le paludisme, prévalent dans la région, il est impératif d'avoir recours à des mesures de protections individuelles contre les piqûres de moustiques et à un traitement médicamenteux adapté. La dengue et le chikungunya circulent également dans la moitié sud.

Des cas de grippe aviaire ayant été recensés sur le territoire, il est recommandé aux voyageurs d'éviter tout contact avec les volailles et les oiseaux, c'est-à-dire de ne pas se rendre dans des élevages, ni sur les marchés aux volatiles.

L'eau courante n'est pas potable ; les maladies diarrhéiques sont chroniques au Mali. Il est donc indispensable de ne boire que de l'eau décontaminée ou en bouteille, de veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jour.

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire, il est recommandé d'éviter de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

En outre, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte.

Le vaccin contre la méningite est fortement conseillé, de nombreux cas étant signalés dans le pays. Le risque de méningite est particulièrement élevé au Mali, situé dans la « ceinture de la méningite », et ce en particulier lors de la saison sèche, de mars à juin.

RISQUES NATURELS

La saison des pluies touchant Bamako de juin à octobre est susceptible de déboucher sur des crues de grande ampleur et des glissements de terrain. En juillet et août 2016, des pluies torrentielles avaient sinistré le pays (une quinzaine de victimes). En raison du manque d'infrastructures pour l'évacuation des eaux, les routes sont souvent impraticables et la fourniture de services de base perturbée. 

LÉGISLATION LOCALE

La majorité de la population étant musulmane, il convient d'adopter une attitude descente. Les femmes en particulier doivent porter une tenue vestimentaire adaptée.

Il est interdit de photographier les bâtiments officiels (cf. installations gouvernementales ou militaires) sans en demander au préalable l'autorisation.

L'homosexualité est légale mais non-approuvée par l'ensemble de la société.

Climat

La saison des pluies dure de juillet à septembre ; elle est plus courte dans le Sahel (nord du pays). Les pluies sont de plus en plus abondantes en allant vers le sud. Les températures atteignent 30°C pendant les mois de juillet, août, décembre et janvier, voire 40°C à 50°C dans certaines régions.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 223 Police à Bamako: 20 22 52 27 ou 20 22 52 28 ou 20 22 44 05

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises:

Plus