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Rapports de pays

Mexique Rapport de pays

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INTRODUCTION

En dépit d'un cadre d'accueil a priori satisfaisant (disposant de nombreux sites touristiques très développés), les voyageurs à destination du Mexique (124,6 millions d'habitants) prendront grand soin de préparer leur séjour, en raison notamment de la présence de groupes armés, d'une criminalité considérable, de troubles sociaux fréquents et de diverses épidémies présentes dans certaines régions.

CRIMINALITÉ

L'environnement sécuritaire varie grandement selon les provinces, est très dégradé dans plusieurs régions, en raison notamment de la présence de groupes armés (trafiquants de drogue, crime organisé, gangs, vigilantes, etc.), de l'absence de contrôle de la part du gouvernement et de la corruption des autorités.

Le Mexique souffre d'une criminalité violente importante. Selon une source officielle, plus de 29 000 meurtres auraient eu lieu en 2017, et aucun signe ne présage une diminution de ce chiffre en 2018. Plusieurs autres actes criminels ont connu une hausse en 2017, y compris les enlèvements et les vols de voiture. Cette flambée de la violence est attribuée aux guerres territoriales féroces entre des cartels de plus en plus fragmentés et dont les tactiques se militarisent. La violence s'est intensifiée dans les zones touristiques, notamment Acapulco (État de Guerrero), la région de Cancún / Playa del Carmen (État de Quintana Roo) et Los Cabos (État de Baja California Sur).

Dans les régions où opèrent les cartels de la drogue (nord-est du pays, notamment le long de la frontière avec les États-Unis), les crimes violents peuvent s'avérer particulièrement choquants (décapitations, torture, etc.). Bien que les victimes soient généralement autochtones - politiciens, membres de gangs rivaux, journalistes, militants, chefs d'entreprise refusant de céder au racket -, les ressortissants étrangers peuvent se retrouver au centre de ces violences. Les milices locales se sont multipliées dans les régions où de tels gangs sont présents (et où les forces de sécurité sont absentes ou corrompues) ; des fusillades entre gangs et la police locale sont fréquents. Sans adresser les causes structurelles de cette insécurité - telles que la faiblesse institutionnelle, la corruption des forces de l'ordre et des politiques, la médiocrité des services publics -, la violence sera difficile à arrêter.

Les criminels sont souvent armés. Si vous êtes attaqué, obéissez à votre agresseur ; restez le plus calme possible (abstenez-vous de tous mouvements brusques, ne regardez pas votre agresseur dans les yeux, etc.). Soyez particulièrement vigilant lorsque vous retirez de l'argent ; utilisez les distributeurs à l'intérieur des banques quand vous en avez la possibilité.

L'augmentation des cas de kidnappings « express » doit attirer l'attention des voyageurs. Les victimes d'enlèvements « express » sont généralement détenues pendant 48 heures par leurs ravisseurs ; durant cette période, la victime est conduite de force à plusieurs guichets de banque et contrainte de retirer le plus d'argent possible. Des cas « traditionnels » d'enlèvements contre rançon peuvent également se produire. Au Mexique, une personne est kidnappée approximativement toutes les quatre heures. Les États enregistrant le plus de cas de kidnapping sont : Estado de México, Tamaulipas, Veracruz, Guerrero, Mexico City, Morelos, Tabasco et Michoacán.

Les hommes comme les femmes peuvent être victimes d'administration de drogues à leur insu, et sont ensuite volées, enlevées et / ou agressées sexuellement. N'acceptez jamais de nourriture, de boisson ou de cigarette de la part d'un inconnu et ne perdez jamais de vue vos consommations dans les bars et restaurants. La criminalité est particulièrement présente à proximité des casinos et autres établissements de jeux et de divertissements pour adultes.

On notera également une hausse des enlèvements dits « virtuels », d'opérations d'extorsion par téléphone. Le modus operandi est souvent le suivant : le malfaiteur appelle la victime pour l'informer qu'un proche a été enlevé, et exige une rançon pour sa libération, en utilisant souvent des informations trouvées sur les réseaux sociaux concernant la victime, pour paraître plus crédible. Plus de 20 000 appels de ce type auraient lieu dans le pays chaque année. Il est donc recommandé d'être conscient de cette menace et de ne pas divulguer d'informations personnelles sur les réseaux sociaux ou à des étrangers.

L'extorsion est le second crime le plus fréquent au Mexique, après le vol. D'après une estimation, on dénombrerait 9 850 cas d'extorsion pour 100 000 habitants par an ; près de 95 % des extorsions se font par téléphone. Parmi les États les plus concernés par ce phénomène, notons Guerrero, Mexico (autour de la capitale du même nom) et la Basse-Californie.

Les fraudes liées à l'utilisation de cartes de crédit sont également un sujet de préoccupation, notamment le « skimming » ou copie (manuelle ou électronique) des coordonnées de la carte, afin d'effectuer illégalement des achats grâce à ces coordonnées. Pour minimiser ce risque, ne laissez jamais votre carte hors de vue lors d'un achat. Il est également conseillé de cacher le code de sécurité au dos de la carte (en règle générale un code à trois chiffres) à l'aide d'une vignette.

RISQUE SOCIAL

Le Mexique est régulièrement malmené par les mobilisations sociales, parfois émaillées de violences.

En janvier 2017, une flambée des prix du carburant (surnommé « gasolinazo ») avait provoqué d'importantes manifestations et l'érection de barrages routiers, ainsi qu'une pénurie généralisée de carburants et des pillages. Un mouvement similaire pourrait survenir début 2018 à la suite de la déréglementation du marché des carburants, qui s'est accompagnée d'une hausse des prix dans de nombreuses régions.

En raison des risques élevés d'affrontements violents, il est conseillé d'éviter toute manifestation, et de ne jamais tenter de franchir un barrage routier sans autorisation.

POLITIQUE

Les prochaines élections nationales (présidentielles ainsi que pour les deux chambres du Congrès) seront organisées le 1er juillet 2018. Les violences revêtant un caractère politique (attaques, assassinats) sont fréquentes, ces dernières s'intensifiant à l'approche des scrutins. Ces violences sont imputées en grande partie aux organisations criminelles, puissantes et très actives dans de nombreuses régions.

Par précaution, il est conseillé de rester à l'écart des bureaux de vote, des sièges des partis politiques et des rassemblements partisans.

TRANSPORTS

Le pays connaît un taux particulièrement élevé d'accidents de la route ; plus de 4 500 personnes ont péri sur les routes mexicaines en 2016.

Pour des raisons de sécurité, il est déconseillé de héler les taxis dans la rue ; réservez-les plutôt à l'avance auprès de compagnies habilitées ou utilisez les stations de taxis. Les transports en commun doivent être évités dans certaines zones en raison d'une criminalité élevée (cf. pickpocketing et vols à mains armées) dans les bus locaux et interurbains ; à Mexico, le métro et les bus métropolitains sont globalement sûrs, en particulier pendant la journée.

Les conditions sécuritaires sur les autoroutes dépendent de votre localisation. Les actes de banditisme sur les autoroutes ne sont pas rares dans les régions souffrant d'une faible présence de la police ou de l'armée fédérale. En règle générale, les autoroutes nationales, tout particulièrement celles dotées de péages (cuotas), constituent les options les plus sûres. En cas de menace, obéissez aux ordres qui vous sont donnés, et ne tentez jamais de contourner un barrage routier (une pratique criminelle courante).

Les recommandations suivantes sont valables pour tout déplacement en voiture au Mexique :

Avant de monter dans votre voiture, observez votre environnement ; Circulez toujours portières verrouillées, fenêtres remontées, avec le réservoir plein ; Prévoyez un itinéraire de dégagement ; Gardez toujours un espace avec le véhicule devant vous ; Garez-vous dans un endroit sécurisé, bien éclairé ; Évitez de rendre votre voiture reconnaissable (stickers de la société…) ; Évitez d'avoir des habitudes trop marquées (horaires, lieux de sortie, itinéraires, etc.) ; Si vous vous sentez menacé, réfugiez-vous dans un lieu très fréquenté et/ou sécurisé (et pas chez vous).

Gardez à l'esprit que les checkpoints gouvernementaux / contrôles de police sont fréquents ; il faut donc toujours avoir sur soi son passeport, son visa (le cas échéant), votre Forma Migratoria Múltiple (FMM), donné aux voyageurs à leur arrivée dans le pays, ainsi que les documents d'immatriculation de votre véhicule de location. Si vous vous rapprochez d'un checkpoint, restez calme et conformez-vous aux consignes données ; si vous êtes retenu, contactez immédiatement votre ambassade.

Le Mexique fait face à un important problème de corruption (gouvernements locaux ; police). Ne proposez jamais de payer un pot-de-vin ; cependant, un pot-de-vin pourrait vous être demandé. Il est conseillé de garder 1 000 pesos (50 euros) en espèces, séparés du reste de votre argent pour cette raison. Par ailleurs, les policiers de la circulation (tránsito) sont connus pour imposer des « amendes » excessives (des « mordidas », une forme d'extorsion), notamment aux visiteurs étrangers. De manière générale, la corruption est plus importante au sein de la police municipale et étatique, moins systématique au sein de la police fédérale et de l'armée.

Les manifestations sont très fréquentes ; les barrages routiers font partie des tactiques privilégiées des manifestants. Pour éviter une confrontation violente, ne tentez jamais de franchir un barrage routier sans autorisation. Une « taxe de péage » peut être demandée (cf. section RISQUE SOCIAL).

En raison du fort degré de pollution atmosphérique, certaines restrictions concernant la circulation des véhicules sont appliquées de manière permanente dans la région de la capitale. Les voitures en circulation depuis plus de neuf ans sont interdites sur la voie publique entre 05 h 00 et 22 h 00 un jour par semaine, ainsi que deux samedis par mois. Les voitures vieilles de plus de 15 ans sont interdites de circulation un jour par semaine et tous les samedis. Toutes les voitures immatriculées à l'étranger, peu important leur kilométrage, sont également interdites entre 05 h 00 et 11 h 00 un jour par semaine, et tous les samedis. Aucune restriction de circulation n'est imposée en semaine. Ces interdictions diverses ne concernent pas les véhicules électriques et hybrides (ainsi que les modèles de moins de huit ans enregistrés au niveau national). Le calendrier des restrictions pour les voitures anciennes et étrangères (« Hoy No Circula »), établi à partir des numéros de plaques d'immatriculation, est disponible en ligne. De plus, d'importantes restrictions du trafic routier sont décrétées lors des pics de pollution atmosphérique. 

On notera également que Mexico est célèbre pour ses embouteillages. Selon une étude, les habitants de Mexico passeraient plus de temps dans leur véhicule que tout autre individu au monde. Les piétons et les cyclistes paient un prix très lourd à cette circulation urbaine considérable ; soyez prudent en traversant les routes.  

RISQUES NATURELS

La saison des cyclones sur la côte Pacifique (côte ouest) s'étend généralement du 15 mai au 30 novembre et sur la côte Atlantique (côte est) du 1er juin au 30 novembre, avec la plus grande concentration de tempêtes tropicales entre août et octobre. Les ouragans peuvent faire des victimes et causer d'importants dégâts matériels, ainsi que des perturbations dans les transports, notamment dans les États côtiers. En août 2016, la tempête tropicale Earl avait provoqué des inondations et des glissements de terrain dans le centre et le sud-est, faisant une cinquantaine de victimes. Un nombre non négligeable d'orages a frappé le pays en 2017, même si aucun n'a eu de conséquences désastreuses. Des informations régulièrement mises à jour sur les tempêtes sont disponibles sur le site du Centre National des Ouragans (NHC), situé aux États-Unis. Si une tempête est annoncée, suivez les instructions des autorités locales, notamment les ordres d'évacuation. Éloignez-vous des cours d'eau et des sources naturelles, ainsi que des régions montagneuses, pour éviter au maximum les glissements de terrain et les inondations.

Inondations et glissement de terrain sont fréquents après des pluies torrentielles, y compris à Mexico. Le risque de contracter des maladies transmises par les moustiques ou par des bactéries présentes dans l'eau tend à augmenter lors des périodes de fortes précipitations (voir la section SANTÉ).

De plus, le sud et l'ouest du Mexique sont situés en zone sismique active. Deux tremblements de terre puissants ont frappé le pays en septembre 2017. Le premier, d'une magnitude de 8,2 sur l'échelle de Richter, a touché la côte sud-ouest, faisant de nombreuses victimes et provoquant des dommages matériels importants dans les États d'Oaxaca et de Chiapas. Celui-ci a été suivi par un second séisme de magnitude 7,1 frappant Mexico et les États avoisinants deux semaines plus tard (épicentre à Puebla). Au total, près de 500 personnes ont péri dans les catastrophes, 60 000 bâtiments ont été détruits et plus de 100 000 endommagés. Il s'agit d'un des séismes les plus dévastateurs observés dans le pays depuis 1985, lorsqu'un tremblement de terre de magnitude 8 avait ébranlé la région de la capitale, fait plus de 10 000 victimes et occasionné plusieurs dizaines de milliards de dollars de dégâts matériels.

Le risque de tsunami n'est pas à exclure en cas de séisme au large des côtes pacifiques.

Le Mexique abrite également 16 volcans actifs, notamment le Colima / Volcán de Fuego (à 485 km/300 miles à l'ouest de Mexico) et le Popocatépetl (70 km/43 miles au sud-est de Mexico). L'activité volcanique du Popocatépetl perturbe parfois les vols à l'aéroport international de Puebla (PBC), situé à proximité ; les cendres rejetées en altitude peuvent atteindre des régions aussi éloignées que Mexico.

SANTÉ

Dans les grandes villes, les services de santé sont convenables ; ils sont en revanche plus limités en zones rurales. Il est conseillé à tous les voyageurs de souscrire à une assurance voyage et à une assurance santé exhaustive avant leur départ.

Pour éviter de souffrir de maladies gastriques - désagrément fréquent pour les touristes visitant le pays - ou de maladies transmises par l'eau et les aliments telles que l'hépatite A et la typhoïde, lavez-vous les mains régulièrement, ne buvez que de l'eau en bouteille ou purifiée, et évitez tout aliment cru, non-suffisamment cuit ou ne pouvant être désinfecté (baies, glaces, etc.).

Les voyageurs peuvent souffrir du mal des montagnes dans certaines régions de haute altitude, comme à Mexico. Pour éviter de développer de tels symptômes, évitez les activités physiques exigeantes lors des premiers jours de votre séjour, restez bien hydratés et bien reposés après votre arrivée.

L'importante pollution atmosphérique est susceptible d'affecter les personnes sujettes aux maladies cardiaques ou respiratoires, notamment à Mexico. Environ 10 000 Mexicains meurent chaque année en raison du haut niveau de pollution de l'air. Pendant les périodes de pic de pollution, le gouvernement conseille généralement à la population de limiter les activités en extérieur - notamment entre 13h00 et 19h00 lorsque les niveaux de pollution sont les plus élevés. La pollution de l'air peut également provoquer des irritations de la peau et des yeux.

De nombreuses maladies liées aux piqûres de moustique sont signalées. Les voyageurs noteront que le moustique responsable de la transmission de la fièvre dengue, du chikungunya et du virus Zika (de l'espèce Aedes aegypti) n'est pas présent en altitude, y compris à Mexico.

La dengue est endémique. Près de 600 000 cas de dengue ont été signalé les dix premiers mois de 2017, les États les plus touchées étant Jalisco, Guanajuato, Chiapas, Michoacán, Morelos et Tamaulipas. Il existe un risque modéré de contracter le virus Zika, transmis par les piqûres de moustiques.  Tandis que la maladie reste relativement bénigne, des liens ont été établis entre le virus Zika et de graves malformations congénitales, ainsi que le syndrome neurologique potentiellement fatal, le syndrome de Guillain-Barre (SGB). Des cas de paludisme sont occasionnellement recensés, notamment dans les zones rurales de l'État de Chiapas. On notera également un risque plus faible dans les États de Chihuahua, Durango, Jalisco, Nayarit, Sinaloa et Quintana Roo. La maladie du Chikungunya est présente au Mexique, mais le risque reste faible. Seule une dizaine de cas ont été signalés sur l'ensemble de l'année 2017.

Enfin, la rage est présente dans le pays. Évitez tout contact avec les chiens de rue et autres porteurs potentiels (mammifères). Si vous êtes griffé ou mordu, il est impératif de consulter un médecin dans les plus brefs délais.

LÉGISLATION LOCALE

La police a toute autorité pour vérifier la situation de tout individu présent dans le pays à tout moment. Il est par conséquent conseillé de toujours avoir sur soi l'original ou une photocopie du passeport en cours de validité, ainsi qu'une copie du formulaire Forma Migratoria Múltiple (FFM).

Climat

Les côtes et les basses terres du Chiapas et du Yucatan ont un climat chaud et humide avec une saison des pluies de juin à septembre. Le climat est plus tempéré sur le plateau central mexicain. Le nord est sec voire désertique (été caniculaire, hiver froid, peu de pluie). En altitude (2 000 mètres), il fait frais toute l'année.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique:  +52 Police:  911 Pompiers:  911 Ambulances:  911

Electricité

Voltage: 127 V ~ 60 Hz

Prises: