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Rapports de pays

Mozambique Rapport de pays

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INTRODUCTION

Un déplacement dans ce grand pays (26 millions d'habitants) lusophone d'Afrique australe nécessite pour le candidat au voyage un minimum de préparation, au vu des considérations sécuritaires et sanitaires locales. 

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

Les déplacements dans les provinces du nord et du centre peuvent désormais reprendre leur cours normal suite à l'annonce d'un cessez-le-feu par les forces d'opposition. Cependant, il convient de faire preuve de vigilance sur les routes EN6 et EN7 dans la province de Manica et sur la EN1 dans la province de Sofala en raison du risque d'agressions et de vols. Il convient d'être particulièrement vigilant dans les provinces de Zambézie, et de Tete où des attaques et opérations de police d'envergures ont régulièrement lieu.

Il est déconseillé de se rendre dans les régions frontalières avec le Zimbabwe et le Malawi des provinces du nord et du centre car le risque de troubles sociaux y demeure élevé.

Bien que les actes de piraterie soient rares au large des côtes du Mozambique, ceux-ci ne sont pas à exclure. Les voiliers sont particulièrement visés et quelques cas de prises d'otage ont été signalés. Il est de ce fait formellement déconseillé de naviguer dans cette région maritime à partir des côtes somaliennes jusqu'à l'archipel des Seychelles.

SÉCURITÉ

Les affrontements violents entre les forces de sécurité et l'opposition armée ont cessés dans la majeure partie des provinces du nord et du centre. Cependant, il est conseillé de rester vigilant dans la province de Manica, de nombreux cas d'enlèvement y ayant été signalés.

Bien que le déminage complet du Mozambique ait récemment été achevé (conséquence de la guerre civile de 1977 à 1992), il convient toutefois de rester prudent lors de déplacements dans les régions frontalières reculées.

L'insécurité grandit par ailleurs dans la province de Cabo Delgado (nord), notamment aux alentours de Mocimboa da Praia, où des individus armés suspectés d'être des militants islamistes ont attaqué trois postes de police en octobre, causant le décès de 16 personnes. Depuis la situation sécuritaire y reste tendue ; fin novembre, des individus armés ont attaqué plusieurs villages dans la zone, brulant une trentaine de maisons, ainsi qu'une église.  

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

D'un point de vue sécuritaire, le Mozambique a connu une période de retour au calme suite à la ratification d'un accord de paix début septembre 2014 entre les deux partis historiques du pays, le FRELIMO au pouvoir et la RENAMO de l'opposition (ancienne guérilla armée). Le pays avait vécu une période de tensions entre juin 2013 et juin 2014, avec des accrochages violents récurrents entre les deux partis, notamment dans la province de Sofala.

En dépit de l'accord de paix signé en septembre 2014, les élections présidentielles, législatives et locales d'octobre 2014 ont ravivé les tensions entre ces deux formations rivales, la RENAMO ne reconnaissant pas la victoire du leader du FRELIMO, Filipe Nyusi. Le leader de la RENAMO, Alfonso Dhlakama, n'a cessé depuis début 2015 de menacer de créer une République autonome du centre et du nord du Mozambique, dans les six provinces où le parti était majoritaire, si un gouvernement de coalition n'était pas instauré. L'Assemblée nationale a rejeté en avril 2015 un projet de loi porté par la RENAMO sur l'autonomie des six provinces. Depuis lors, les tensions se sont cristallisées entre le nouveau gouvernement et la RENAMO, débouchant sur des affrontements.

En dépit des pourparlers initiés en 2016 entre les deux partis belligérants afin de relancer le processus de paix, des combats entre militaires pro-gouvernementaux et ex-rebelles se sont poursuivis. Plusieurs manifestations ont été organisées par la société civile contre ces violences.

Le 26 décembre 2016, un appel téléphonique entre Afonso Dhlakama et le président Filipe Nyusi a permis d'annoncer un cessez-le-feu de sept jours; le 3 janvier 2016, la RENAMO accepte de le prolonger pendant deux mois de plus, jusqu'au 4 mars.  Le leader de la RENAMO a assuré qu'aucune action militaire à l'encontre du gouvernement n'aura lieu durant cette période. Cette trêve contribuera selon le gouvernement et la RENAMO à la mise en place effective du processus de paix. Le 4 mai 2017, la RENAMO a annoncé un cessez-le-feu dans l'attente qu'un accord de paix soit signé entre les deux parties.

Par ailleurs, cet État subsaharien connaît une dégradation de sa situation économique, ce qui a engendré plusieurs manifestations populaires de mécontentement.

En tout état de cause, il convient de se tenir informé de l'évolution de la situation politique ; il demeure impératif de se tenir à l'écart de tout rassemblement de quelque nature que ce soit, les attroupements ou manifestations pouvant rapidement dégénérer.

CRIMINALITÉ

Le risque d'agressions et de vols (objets personnels, carjacking, cambriolages) est présent dans les grandes villes, notamment à Matola et dans la capitale Maputo, en particulier à l'approche des fêtes de fin d'année. Une augmentation de la délinquance a été signalée, portée par la dégradation de la situation économique observée depuis début 2016. Les assaillants sont souvent armés et visent à l'occasion les ressortissants étrangers en raison de leur richesse supposée.

À Maputo, les risques de vols et agressions ont essentiellement été rapportés par les autorités américaines sur l'Avenue des Nations Unies (Avenida Organização das Nações Unidas), l'Avenue Fernão de Magalhães jusqu'au rond-point du 16 juin (Praça 16 de Junho). Les agresseurs ciblant aussi bien les piétons que les conducteurs (en caillassant leur véhicule pour qu'ils s'arrêtent). Les autorités diplomatiques françaises déconseillent de se rendre sur l'Avenida Marginal (front de mer), l'Avenida Friedrich Engels (parallèle à l'avenue Nyerere) et dans le quartier portuaire de la Baixa (notamment aux abords du Jardim Tunduru).

Il convient de limiter ses déplacements à pied la nuit, de ne pas marcher seul la nuit sur les plages, de ne pas porter d'objets de valeur de manière visible et d'éviter de retirer de l'argent à la nuit tombée. En outre, lors de déplacements en voiture, il est recommandé de rouler avec les portières fermées et les vitres relevées et d'éviter de circuler en dehors des agglomérations, dans des lieux isolés.

Des cas de harcèlement de la part de policiers sont, en outre, parfois signalés, notamment des vols ou des demandes de pots-de-vin.

Les fraudes à la carte bleue sont de plus en plus fréquentes. Il convient de ne pas sortir sa carte bleue en public et d'utiliser des distributeurs de billets situés en intérieur.

Le risque d'enlèvement contre rançon existe également à Maputo. Même s'il ne vise pas particulièrement les ressortissants étrangers, il convient de garder à l'esprit l'existence de ce phénomène. Le 16 février 2017, le propriétaire d'une usine à Machava a été enlevé devant l'entrée de celle-ci. Un mois plus tard, le 14 mars 2017, des individus inconnus ont enlevé le propriétaire d'un centre touristique à Bilene, dans la province de Gaza. Il convient en conséquence d'être prudent à l'égard de tout comportement suspect et d'alerter les forces de l'ordre et les autorités consulaires concernées au moindre signe alarmant. Il convient en tout état de cause de ne jamais s'opposer à son agresseur. En cas de menace avérée, des mesures de précaution doivent être prises, telles que varier ses itinéraires, renforcer sa protection personnelle, communiquer tout déplacement à une personne de confiance et si nécessaire mettre ses proches à l'abri, dans un autre pays.

TRANSPORTS

Les accidents de la route sont fréquents au Mozambique en raison d'habitudes de conduite locales dangereuses (dépassements intempestifs, vitesse excessive, non-respect du code de la route, état d'ébriété, etc.). En cas d'accident, il est recommandé de se rendre dans le poste de police le plus proche en raison du risque de réaction hostile de la part de la population.

À Maputo et dans les grandes villes, le risque d'agressions, de vols et de carjackings existe. Il convient de mettre ses effets personnels à l'abri des regards et de rouler avec les portières verrouillées et vitres fermées. Enfin, il est recommandé de ne pas stationner dans des zones isolées ou mal éclairées. Hors la capitale, des cas de carjackings entre Boane et le Swaziland ont été rapportés, notamment aux points de passage de Namaacha et Goba où il convient d'être particulièrement vigilant. Il est recommandé de ne pas prendre de ressortissants étrangers à bord de son véhicule ou de s'arrêter pour aider des automobilistes ou piétons en détresse ; ces techniques étant souvent utilisées par les délinquants. La route côtière, Marginal, est une zone où des activités criminelles violentes ont été signalées ; il est convient d'être extrêmement vigilant. Enfin, les déplacements sur l'autoroute EN7 entre Vanduzi et Tete doivent être effectués sous haute vigilance en raison du risque élevé de vols, d'extorsions, et d'agressions.  Il convient de se tenir informé de la situation et d'envisager le report de tout déplacement en cas de signes de tension dans la zone considérée.

En dehors des grandes agglomérations, les déplacements peuvent s'avérer dangereux en raison de l'absence de signalisation et de la vétusté des axes routiers, en particulier lors de la saison des pluies (novembre à avril). Par ailleurs, la conduite de nuit est à proscrire en raison de l'absence d'éclairage public. Il est recommandé de ne pas envisager d'étapes de plus de 500 km afin d'arriver avant la nuit. En outre, les stations essences sont parfois très espacées. La route nationale 1 (nord-sud) est le principal axe de circulation du pays et présente un état satisfaisant. La route nationale 6 entre Beira et la frontière avec le Zimbabwe est en mauvais état entre Beira et Inchope (croisement avec la route nationale 1). Les liaisons sont assez bonnes avec l'Afrique du Sud mais doivent se faire en 4x4.

Les radars et les contrôles de police sont fréquents. Les conducteurs doivent respecter les limites de vitesse (60 km/h en agglomération, 120 km/h au maximum sur les routes nationales mais de nombreux tronçons sont limités à 100km/h). Les policiers tentent parfois d'obtenir des pots-de-vin de la part des touristes ; il est conseillé de ne pas s'y plier et de demander une explication claire des raisons de l'arrestation et une amende payable à un poste de police.

Les déplacements doivent impérativement s'effectuer de jour, en véhicule tout terrain (4x4), avec si possible un convoi de minimum deux véhicules, muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant. De plus, il est nécessaire d'être en possession de pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et de disposer de moyens de télécommunication opérationnels. Par ailleurs, il convient d'être toujours muni de ses papiers d'identités et de l'assurance du véhicule ; les patrouilles de police et les points de contrôle sont courants. Il convient, avant de remettre ses papiers d'identité, de vérifier que la personne est bien un fonctionnaire.

Pour rappel, la conduite se fait à gauche au Mozambique. De plus, un permis de conduire international en cours de validité est nécessaire aux automobilistes. Pour ceux qui s'établissent dans le pays pour un long séjour, un permis mozambicain est obligatoire. L'assurance automobile au tiers est également obligatoire, elle peut être achetée aux postes de frontières. Il est nécessaire d'avoir dans son véhicule deux triangles de signalisation réfléchissants ainsi qu'une veste réfléchissante qui doivent être utilisés en cas de panne ou d'arrêt sur la voie.

En outre, bien que le déminage complet du pays ait récemment été achevé, il convient de rester vigilant lors de déplacements dans les régions frontalières reculées.

Les transports publics ne sont pas fiables en raison de la vétusté des véhicules et de l'état hasardeux des routes.

Un réseau ferroviaire existe, notamment entre Maputo et Johannesburg. Toutefois, les conditions sécuritaires laissent à désirer ; de fréquents accidents ont eu lieu. Il est déconseillé d'utiliser ce moyen de transport.

Les plaisanciers éviteront quant à eux de naviguer au large des côtes mozambicaines en raison du risque de piraterie, en particulier visant les voiliers.

L'ensemble des compagnies aériennes mozambicaines - à l'exception de l'opérateur LAM - étant inscrites sur la liste noire de l'Union européenne doit être évitée.

INFRASTRUCTURES

Les connexions Internet locales sont lentes et chères dans l'ensemble du pays et notamment à Maputo.

Malgré les fortes pluies enregistrées dans le sud fin 2016 - début 2017, le niveau du réservoir de Pequenos Libombos, principale source d'eau de la station de pompage d'Umbeluzi fournissant de l'eau à la métropole de Maputo et ses alentours, reste faible. Le 5 janvier 2017, le réservoir n'était rempli qu'à 14%, obligeant les autorités à restreindre l'approvisionnement en eau dans cette zone pendant plusieurs semaines.  

RISQUES NATURELS

Dans un registre distinct, le territoire mozambicain est exposé à divers risques naturels : la saison des pluies s'étend de novembre à avril et peut s'accompagner d'inondations et glissements de terrains, notamment dans la vallée du fleuve Zambèze. Début 2015, le nord et le centre avaient été gravement touchés par des inondations, notamment autour des bassins du Zambeze et de Licungo, faisant plusieurs dizaines de morts et des milliers de déplacés.

Des cyclones peuvent également toucher la région côtière. En janvier 2012, le passage du cyclone Funso avait fait une dizaine de victimes ; plusieurs dizaines de milliers de personnes s'étaient retrouvées sans abri. Des centaines de personnes ont été déplacés et de nombreux dégâts recensés suite au passage du cyclone Dineo en février 2017 dans la province d'Inhambane, située dans le Sud du pays.

Sur l'ensemble des côtes, le risque de noyade est élevé en raison de vents et de courants marins puissants. Il est conseillé aux baigneurs de rester près des côtes ; les baignades ne sont pas surveillées au Mozambique. Des attaques de requins peuvent exceptionnellement se produire.

LÉGISLATION LOCALE

Il est conseillé d'avoir une tenue correcte en toutes circonstances et notamment sur les plages fréquentées où les mini-tenues de bain sont à proscrire.

Il est interdit de photographier certaines emprises (bâtiments officiels, aéroports, établissements militaires), ainsi que les membres des forces de l'ordre ou du gouvernement sans autorisation préalable du Bureau d'information du Mozambique (Gabinete de Information - GABINFO).

SANTÉ

Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire. Les infrastructures hospitalières sont très pauvres, particulièrement en province, et les médecins sont peu nombreux. En cas de problèmes graves, un rapatriement vers l'Afrique du Sud est fortement conseillé.

Alors que la fièvre jaune ne sévit pas au Mozambique, un certificat de vaccination est obligatoire pour les voyageurs âgés de plus de neuf mois en provenance d'une zone d'endémie (ou ayant transité plus de 12 heures par l'aéroport d'un pays où la maladie est présente) pour entrer sur le territoire. Les individus n'étant pas en mesure de présenter ce certificat peuvent se voir refuser l'entrée sur le territoire par les autorités. Il est toutefois recommandé de se munir systématiquement de son carnet de vaccination susceptible d'être demandé lors du passage de la frontière.

Concernant le paludisme, présent sur tout le territoire, il est impératif d'avoir recours à des mesures de protection individuelle contre les piqûres et à un traitement médicamenteux adapté. Par ailleurs, des cas de dengue sont régulièrement recensés ; là encore, il convient de se prémunir contre les piqûres de moustiques.

L'eau courante n'est pas potable ; les maladies diarrhéiques sont fréquentes. En février 2017, une épidémie de choléra a touché une grande partie du pays. Les zones les plus affectées étaient les districts de Monapo dans la province de Nampula, la province de Tete, et les villes de Maputo et Matola, situées dans la province de Maputo.  Il est donc indispensable de ne boire que de l'eau décontaminée ou en bouteille, de veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jour.

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire (bilharziose), il est recommandé d'éviter de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

En outre, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte.

Climat

Le climat est tropical. La saison des pluies dure de novembre à mars avec des températures comprises entre 26°C et 31°C, voire davantage au nord. Les pluies sont plus fréquentes au nord et au centre (hauts plateaux, intérieur du pays) que dans le sud. La saison sèche dure d'avril à octobre avec des températures plus basses (15°C à 20°C). Les journées sont le plus souvent ensoleillées.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 258

Il n'y a pas de service d'urgence dans le pays.

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: