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Rapports de pays

Nicaragua Rapport de pays

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INTRODUCTION

Le Nicaragua (six millions d'habitants), État d'Amérique centrale, reste très exposé à de multiples tourments, dont divers risques naturels, une criminalité significative et quelques considérations sanitaires médiocres.

Depuis mi-2018, le pays est en proie à de violents troubles socio-politiques, caractérisés par des manifestations anti-gouvernementales fréquentes, souvent réprimées par les forces de sécurité pro-gouvernementales.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

Les troubles actuels ont commencé autour de la mi-avril avec des manifestations étudiantes dans la capitale Managua avant de prendre rapidement de l'ampleur. Les manifestations ont systématiquement conduit à des affrontements meurtriers, des pillages, et des violences dans tout le pays. Les barrages érigés par les manifestants dans les villes et sur les autoroutes empêchent la circulation et la livraison des biens. Du fait des violences et des pénuries, la plupart des magasins ferment tôt. Les rues de Managua se vident la nuit par peur notamment des exactions des forces armées pro-gouvernementales (grupos de choque).

Lors de ces troubles, plus de 300 personnes ont déjà perdu la vie (la plupart à Managua et dans la ville de Masaya) et plus de 1500 ont été blessées. Les activistes accusent le gouvernement et la police paramilitaire pro-gouvernementale de violations diverses des droits de l'homme (exécutions extra-judiciaire, utilisation d'armes de guerre contre les manifestants, emprisonnement arbitraire, torture, usage excessif de la force, perquisition sans mandat, non-respect de la liberté de la presse).

En temps normal, les manifestations, à Managua notamment, peuvent dégénérer violemment et entraîner d'importantes perturbations dans les transports (cf. barrages routiers érigés sur les autoroutes et / ou au niveau des intersections dans les grandes villes) ; les routes menant à l'aéroport international de Managua (MGA) et les rues de Managua peuvent être bloquées lors de ces manifestations.

La fréquence et l'intensité des manifestations augmentent généralement lors des périodes électorales. Le pays n'est pas immunisé contre la violence politique. Les prochains scrutins (législatif ; présidentiel) auront lieu en novembre 2021, malgré les demandes de l'opposition et de quelques observateurs internationaux de les avancer pour mettre fin à la crise.  

RISQUES NATURELS

La saison des pluies (mai à octobre) se caractérise par d'importantes précipitations susceptibles de provoquer des inondations, en septembre / octobre notamment.

Des tempêtes, voire des ouragans, peuvent frapper le pays entre juin et novembre durant la saison des ouragans en provenance de l'Atlantique. Le passage de l'ouragan Otto en novembre 2016 avait causé des dommages substantiels aux infrastructures et fait plusieurs morts.

De nombreux volcans actifs sont présents au Nicaragua, dont le Momotombo, le Telica, le Cerro, le Masaya ou encore le San Cristobal. Des tremblements de terre peuvent survenir à tout moment, notamment dans les départements de Rio San Juan, Rivas, Carazo, Masaya, Managua, Chinandega, Esteli, madriz, Nueva Segovia, Chontales, et dans la région autonome d'Atlantico Sur (RAAS). Un séisme en mer peut provoquer un tsunami.

Le « corridor sec » d'Amérique centrale passe par le Nicaragua, qui subit des sècheresses régulières. La pénurie d'eau est un problème chronique pour de nombreuses régions du pays, notamment dans les départements de Chinandega, Leon, et Madriz.

CRIMINALITÉ et TRANSPORTS

Le taux de criminalité au Nicaragua, bien que relativement bas comparé à la moyenne d'Amérique Centrale, est significatif. Les  vols, agressions, cambriolages, cas de pickpocket et d'agressions sexuelles sont fréquents en milieu urbain (cf. Managua). Le taux national annuel d'homicide est relativement faible (sept meurtres pour 100 000 habitants en 2017). Cependant, il varie de manière significative selon les régions, les taux les plus élevés se situant dans la RAAS (33 homicides pour 100 000 habitants). Les forces de police sont a priori moins touchées par la corruption que nombre de leurs homologues de la région. Néanmoins, en temps normal, la présence policière est faible, surtout hors de la capitale.

Des cas d'enlèvements express - au cours desquels la victime est généralement conduite à un distributeur automatique et forcée de retirer des espèces - sont signalés. Les victimes sont souvent enlevées lorsqu'elles voyagent dans des taxis non-homologués auprès des autorités compétentes. Ainsi, il est impératif de n'utiliser que des taxis officiels réservés par téléphone, et d'être prudents lorsqu'on hèle un taxi dans la rue.

Les voyageurs ayant recours aux transports en commun sont à l'occasion victimes de vols. Il est préférable d'éviter les bus municipaux, dont la sécurité reste sujette à caution.

Il est important de rester vigilant dans les embouteillages et aux feux de circulation. Verrouillez systématiquement les portes de votre véhicule et roulez les fenêtres fermées ; conservez vos affaires personnelles à l'abri des regards. Les accidents de la route sont fréquents, même si le nombre de victimes est relativement faible si l'on regarde les standards régionaux (782 morts en 2017). Évitez les longs déplacements en voiture après la tombée de la nuit en raison du risque élevé de banditisme.

Les personnes présentes dans le pays sont invitées à maintenir un profil bas en tout temps ; les criminels peuvent s'en prendre spécifiquement aux ressortissants étrangers en raison de leur richesse supposée. Afin de minimiser le risque de violence, ne résistez pas en cas d'agression. Faites preuve de vigilance dans les bars et discothèques des zones touristiques ; ne laissez pas votre verre sans surveillance, les criminels pouvant y introduire de la drogue. Éviter tout déplacement à pied après la tombée de la nuit si vous voyagez seul et évitez de vous promener dans les quartiers défavorisés.

INFRASTRUCTURES

Malgré des années de croissance économique, le Nicaragua reste un pays pauvre, le deuxième du continent américain après Haïti. Ainsi, les infrastructures de transports, d'électricité, médicales et touristiques sont insuffisantes, notamment hors des villes, et sont très vulnérables aux catastrophes naturelles.

SANTÉ

Les infrastructures sanitaires sont carencielles, notamment hors de Managua ; les soins médicaux peuvent être refusés jusqu'à ce que le paiement soit réalisé. Tous les visiteurs sont invités à souscrire une assurance maladie voyage avant leur départ pour cette destination d'Amérique centrale.

L'Association Médicale Mondiale (WMA) a mis en lumière l'effondrement du système de santé du pays qui a subi de plein fouet la crise actuelle. La violence des évènements a empêché le personnel de santé de poursuivre l'éradication des moustiques, augmentant les risques d'épidémie de dengue et de malaria (voir ci-dessous).

En raison de la présence de maladies diarrhéiques, typhoïde et hépatite A, il est conseillé de ne consommer que de l'eau en bouteille et des plats chauds et bien cuits.

Diverses maladies véhiculées par les moustiques sont endémiques :

La dengue est aujourd'hui un risque sanitaire majeur, notamment pendant la saison des pluies (mai jusqu'en octobre). 90 000 cas de dengue avaient été signalés en 2016, 65 000 en 2017. Le Chikungunya présente aussi un risque potentiel, même si le taux de transmission est relativement bas (approximativement 700 cas signalés en 2017). Le taux de transmission de malaria, une maladie endémique transmise par les moustiques au Nicaragua, était anormalement haut en 2016 et en 2017 (12 460 cas en 2016 et 10 848 en 2017), une tendance qui s'est poursuivie  en 2018. Plus de 4800 cas ont été signales dans tout le pays lors des cinq premiers mois de 2018. Plus généralement, le risque de contracter le paludisme existe dans les régions suivantes : la Región Autónoma Atlántico Norte (RAAN) et la RAAS. Le risque est faible à Boaco, Chinandega, Esteli, Jinotega, Leon, Matagalpa, et Nueva Segovia. La maladie n'est pas présente à Managua. Le risque de contamination du virus de Zika est possible ; même si l'épidémie est généralement bénigne, elle peut provoquer des anomalies congénitales.

La transmission de la rage constitue un risque au Nicaragua. La première mesure de défense contre la rage est d'éviter tout contact avec les animaux, même domestiques (chiens de rue). Si griffé ou mordu, il est impératif d'obtenir des soins médicaux.

LÉGISLATION LOCALE

Le trafic de stupéfiants - y compris la possession de drogues en petite quantité - est sévèrement sanctionné. Surveillez vos bagages lors de vos déplacements afin notamment d'éviter de vous retrouver en possession de substances illicites contre votre gré.

Climat

Le climat est tropical, chaud et humide. La saison des pluies dure de mai à octobre à l'ouest et jusqu'en janvier sur la côte Caraïbe, avec parfois des typhons (juillet à octobre). Les pluies sont intenses et provoquent souvent des inondations. Il pleut beaucoup plus sur la côte Caraïbe que dans le centre et sur la côte Pacifique.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 505 Police: 118 Pompiers: 118 Ambulances: 102

Electricité

Voltage: 120 V ~ 60 Hz

Prises: