Retour

Rapports de pays

Niger Rapport de pays

Survol

INTRODUCTION

Le Niger (19 millions d'habitants), grand pays sahélien d'Afrique de l'Ouest, présente un risque terroriste important qu'il convient de prendre en compte avant d'envisager tout séjour sur place.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

La plupart des chancelleries occidentales déconseillent formellement à leurs ressortissants tout déplacement dans le nord du pays, à partir des villes de Téra et Tillabéri (ouest), dans les 2/3 de la province d'Agadez, dans le nord-est et le sud-est de la province de Zinder, ainsi que dans la totalité de la province de Diffa et dans le parc de W. Il est déconseillé de se rendre dans le reste du pays (sud), y compris dans les villes d'Agadez et de Tillabéri, sauf pour raisons impératives. Par ailleurs, le ministère français des Affaires étrangères recommande une vigilance accrue dans les villes de Niamey, Kanazi et Dosso ainsi que sur les routes reliant ces centres urbains.

TERRORISME

Le Niger est confronté à une menace terroriste élevée (attentats et enlèvements). Le pays déplore la présence sur son sol de cellules de combattants islamistes issues de divers groupes terroristes maliens (notamment Al-Qaïda au Maghreb Islamique - AQMI - le Mouvement pour l'Unicité du Jihad en Afrique de l'Ouest - MUJAO - Al-Mourabitoune - né de la fusion du MUJAO et des Signataires par le sang - ou encore le Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans - JNIM -, né de la fusion en mars 2017 de trois entités djihadistes opérant au Sahel : Ansar Dine, Al-Mourabitoune et le Front de Libération du Macina) et nigérians (Boko Haram).

Depuis la fin 2016, une hausse des attaques terroristes et de l'insécurité a été enregistrée le long de la frontière avec le Mali. Les régions de Tillabéri et de Tahoua sont devenues très instables en raison de nombreuses attaques ciblant régulièrement les positions de l'armée et des camps de réfugiés. Ces attaques sont attribuées à des djihadistes maliens liés en particulier au MUJAO. Le 1er juin 2017, six soldats sont décédés à la suite d'une attaque contre une position militaire à Abala (région de Tillabéri). Le 5 juillet 2017, le groupe JNIM a revendiqué une attaque contre une patrouille de l'armée nigérienne dans la vallée de Midal, qui a causé la mort de cinq soldats. Le 3 mars 2017, le gouvernement a déclaré l'état d'urgence dans plusieurs départements des régions occidentales de Tillabéri et de Tahoua, situés près de la frontière avec le Mali. Les départements de Ouallam, Ayorou, Bankilaré, Abala et Banibangou dans la région de Tillabéri ainsi que dans les départements de Tassara et Tilia dans la région de Tahoua sont concernés. Cet état d'urgence a été étendu pour trois mois supplémentaires le 18 septembre 2018.

Depuis 2010, les attaques régulières perpétrées au Niger, notamment à Agadez, Arlit, Diffa, Bosso et Gouré, ainsi que sur les îles du Lac Tchad, ont mis en exergue la persistance et la diversité de la menace (attaques, enlèvements, attentats), notamment de la part des militants de Boko Haram. Le 28 décembre 2016, le gouvernement nigérien a annoncé le lancement d'un programme d'amnistie et de réinsertion pour les anciens combattants de Boko Haram de nationalité nigérienne, qui échapperont en théorie à la prison et suivront un programme de réhabilitation à la vie civile.

La menace pesant sur le pays est d'autant plus importante que le Niger est un partenaire stratégique de la France ; cette dernière dispose à Niamey d'une base aérienne utilisée comme « plateforme relais » pour l'opération Barkhane (lutte contre les groupes armés terroristes la bande sahélo-saharienne). L'armée nigérienne de son côté participe à la Force Multinationale Mixte (FMM - force militaire composée de troupes venant des pays riverains du Lac Tchad - Nigéria, Niger, Tchad, Cameroun - et du Bénin) depuis septembre 2015 (lutte contre Boko Haram). Bien que la FMM ait remporté plusieurs victoires contre Boko Haram, l'état d'urgence instauré dans la région de Diffa en février 2015 a été prolongé pour trois mois le 18 septembre 2018.

Eu égard à l'intervention de la France dans la région depuis janvier 2013, ainsi qu'à sa participation à la coalition internationale contre l'organisation terroriste « État Islamique » (EI), les ressortissants français sont invités à la plus grande prudence sur le territoire nigérien.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

La situation politique interne est à surveiller. Les tensions entre l'opposition et le Président Mahamadou Issoufou ont été vives du printemps 2014 aux élections présidentielles de mars 2016. En décembre 2015, plusieurs officiers soupçonnés de haute trahison, dont l'ex-ministre de la Santé Soumana Sanda, avaient été arrêtés à Niamey, la capitale ; en juillet 2016, la justice les a condamné à 12 mois de prison dont deux avec sursis. En mars 2016, le Président Mahamadou Issoufou a été réélu. Le remaniement ministériel et la formation d'un gouvernement d'unité nationale en octobre au sein du gouvernement a suscité des critiques. Le président a annoncé en avril 2017 qu'il ne modifierait pas la constitution pour briguer un troisième mandat.

Début octobre, les élections municipales et régionales, censées se tenir en janvier 2017, ont été reportées sans qu'une date ultérieure n'ait été fixée. Le pouvoir justifie cette décision par un manque de financement et la nécessité d'élaborer un nouveau fichier électoral biométrique.

Par ailleurs, d'importantes manifestations, parfois violentes, peuvent avoir lieu dans les grandes villes du pays, à l'image de celles organisées début 2017 pour dénoncer la mauvaise gouvernance, le coût élevé de la vie, et la présence militaire occidentale. Des grèves et/ou manifestations de la part des étudiants ou des professeurs dénonçant leurs conditions d'études et de travail ont particulièrement affecté le secteur éducatif au premier trimestre 2017.

RISQUE SOCIO-ÉCONOMIQUE / SITUATION HUMANITAIRE

Les délestages incessants, les nombreuses coupures d'eau, et le non-paiement des salaires des fonctionnaires peuvent être à l'origine de manifestations susceptibles de dégénérer. Au premier trimestre 2017, d'importantes manifestations ont eu lieu pour dénoncer le coût élevé de la vie ainsi que la mauvaise gestion du pays par le gouvernement. 

Malgré un certain dynamisme économique (+4,6% de croissance en 2016), le pays est lesté par sa croissance démographique (l'une des plus élevées au monde : +3,9% par an). Le Niger occupait en 2016 l'avant dernière place du classement de l'indice de développement humain (IDH) établi par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

En outre, les attaques perpétrées par les groupes terroristes et les mesures prises par le gouvernement (état d'urgence, évacuation des populations de certaines zones frontalières, fermeture de marchés, restrictions de la circulation…) pèsent lourdement sur l'économie ; plus d'1,3 million de personnes sont en situation de crise alimentaire et les mouvements de population concernent près de 300 000 personnes.

CRIMINALITÉ

La criminalité est élevée à Niamey, alimentée par l'extrême pauvreté (48,9% de la population) et le chômage. Les vols et cambriolages sont fréquents. En raison de la recrudescence des vols dans les quartiers de l'hôtel Gaweye, du musée national et du petit marché de Niamey, il est déconseillé de s'y promener seul ; de même, il est déconseillé de traverser le pont Kennedy.

Les carjacking étant courants sur les routes, il est impératif de verrouiller les portières et de circuler fenêtres remontées ; par ailleurs, il est formellement conseillé d'éviter les déplacements de nuit.

La « fréquentation de lieux (hôtels, bars restaurants, boîtes de nuit) non sécurisés, sécurisés de manière aléatoire et/ou excentré » est à éviter, selon les autorités françaises.

Le banditisme, la contrebande et autres activités criminelles sont courants dans les zones frontalières. Les bandits sont connus pour opérer à la frontière avec le Nigéria, plus précisément au sud de Zinder.

Les ressortissants étrangers sont souvent victimes, en raison de leur richesse supposée, d'escroqueries prenant différentes formes : romance, amitié, entreprises commerciales, travail et emploi, pouvant poser d'importants risques financiers pour les victimes.

SANTÉ

Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire, ce dernier étant obligatoire en cas de problème de santé grave ou présentant un caractère urgent.

Un certificat de vaccination contre la fièvre jaune est nécessaire aux voyageurs pour entrer au Niger ; les individus ne présentant aucun certificat peuvent se voir refuser l'entrée sur le territoire par les autorités. Concernant le paludisme, endémique dans tout le pays, il est impératif d'avoir recours à des mesures de protections individuelles contre les piqûres de moustiques et à un traitement médicamenteux adapté.

L'eau courante n'est pas potable ; les maladies diarrhéiques sont chroniques au Niger. Il est donc indispensable de ne boire que de l'eau décontaminée ou en bouteille, de veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jour.

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire, il est recommandé d'éviter de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

En outre, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte dans le pays.

Par ailleurs, les vaccins contre la rougeole et la méningite sont fortement conseillés, de nombreux cas étant répertoriés dans le pays. Le risque de méningite est particulièrement élevé au Niger, le pays se situant dans la « ceinture de la méningite ». Les cas sont le plus souvent recensés pendant la saison chaude (mars à mai). Au mois de juillet 2017, une épidémie de méningite affecte le pays depuis quelques mois, en particulier la capitale Niamey ; plus de 3000 cas, dont 200 décès, ont été signalés.

Enfin, notons que les infrastructures hospitalières publiques sont insuffisantes et généralement peu fiables ; en cas de nécessité, il est préférable de se diriger vers des structures de soin privées, tout en privilégiant, dès que possible, l'évacuation vers un pays mieux pourvu en la matière.

TRANSPORT

Le réseau routier au Niger est relativement convenable. Les grandes villes sont reliées par des axes goudronnés.

Toutefois, envisager un transport interurbain par la route peut s'avérer périlleux. La dangerosité des axes routiers est accrue par le non-respect du code de la route par les usagers, le non-entretien des véhicules et l'absence de structures de soins. L'absence d'éclairage public et le défaut de signalisation font que tout trajet de nuit doit être banni.

En dehors des agglomérations, tous les déplacements doivent donc se faire de jour, en véhicule tout terrain (4x4) et muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et dispose de moyens de télécommunication efficaces.

D'après les autorités diplomatiques britanniques, la route Niamey-Ouagadougou serait minée sur le tronçon burkinabé ; il est dès lors impératif de se renseigner avant d'envisager ce trajet.

Les autorités locales peuvent se montrer particulièrement méfiantes envers les ressortissants étrangers se déplaçant par la route dans l'est et le nord. Elles n'hésitent pas à arrêter et à déporter les voyageurs au motif de la dangerosité de ces régions. Il s'avère en effet indispensable d'avoir recours à une escorte armée permanente (à solliciter auprès des autorités nigériennes) en cas de déplacement hors de Niamey.

Il convient, enfin, d'obtempérer à tout barrage érigé par les forces de sécurité.

RISQUES NATURELS

Le pays, dont Niamey, est régulièrement confronté à d'importantes pluies en été, à l'origine d'inondations. En juin 2017, des pluies torrentielles ont causé d'importants dégâts dans la capitale Niamey ainsi que plusieurs décès.

Dans un pays où 80% des habitants vivent d'une agriculture archaïque, les dégâts causés par les invasions de criquets dans les cultures entraînent de sévères crises alimentaires.

LÉGISLATION LOCALE

La population étant majoritairement de confession musulmane, il convient de respecter les traditions locales. Le 29 juillet 2015 était instaurée par les autorités régionales l'interdiction du port du voile intégral, les autorités redoutant que ne soient perpétrés des attentats-suicides par le biais de bombes dissimulées sous une burqa.

Il est interdit de photographier des bâtiments militaires ou gouvernementaux.

Par ailleurs, le pays étant doté d'un patrimoine naturel et archéologique important, la collecte et l'exportation d'objets archéologiques est interdite.

Climat

La saison des pluies dure de juin à septembre. Elle est caractérisée par une forte chaleur, un taux d'humidité très élevé et peu de vent. Le reste de l'année, il fait 30°C d'octobre à février et 40°C de mars à mai. On observe des tempêtes de sable en avril-mai.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 227

Il n'y a pas de service d'urgence dans le pays.

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: