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Rapports de pays

Ouganda Rapport de pays

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INTRODUCTION

Le contexte général sécuritaire en Ouganda (37 millions d'habitants) est relativement stable, le pays ayant réussi à s'exonérer de son passé douloureux et violent (cf. plus de 20 ans d'insurrection dans le nord-est ; dictature, guerre civile jusqu'en 1986). Les visiteurs prendront toutefois en compte un contexte régional sensible.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

La plupart des gouvernements occidentaux déconseillent à leurs ressortissants tout voyage, sauf pour raison impérative, dans la région nord-est du Karmajo (notamment vers les districts de of Kaabong, Kotido, Abim, Moroto, Napak, Katakwi, Amudat, Nakapiripirit, Kapchorwa, Kween et Bukwo). Le parc national de Kidepo fait exception (il s'agira cependant de gagner ce dernier par avion).

En raison des conflits persistants en République Démocratique du Congo (RDC) et au Soudan du Sud, du fait également de l'existence de flux migratoires importants, il est conseillé d'éviter les zones frontalières avec ces deux pays. La frontière avec le Kenya est pareillement à éviter.

SÉCURITÉ 

Des cas de banditisme, de vols de bétails et d'affrontements interethniques sporadiques peuvent survenir en zones rurales, notamment dans le nord (régions du nord, nord-est, nord-ouest). Toutefois, ceux-ci affectent rarement les ressortissants étrangers.

La circulation d'armes de petit calibre - leg de 20 ans d'insurrection dans le nord par l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) et facilitée par des frontières poreuses avec le Soudan du Sud et la RDC - reste une menace ; des victimes sont régulièrement déplorées suite à des incidents armés.

Des affrontements transfrontaliers entre groupes rebelles et organisations criminelles armées surviennent. Les déplacements hors des villes de Lira, Gulu, Kitgum, Pader et Arua (nord-ouest) doivent être effectués avec un guide local réputé.

Dans l'ouest du pays, en particulier dans le district de Kasese et sa ville éponyme, des affrontements meurtriers entre les forces de sécurité ougandaises et les gardes royaux du royaume traditionnel de Rwenzururu - monarchie traditionnelle qui jouit d'une autonomie locale et dont les gardes ont été accusés par le gouvernement ougandais de soutenir un mouvement séparatiste - avaient eu lieu en novembre 2016.

Dans la même région, des affrontements violents s'étaient déroulés dans les districts de Bundibugyo et Kasese pendant, et suite, aux élections de février 2016. Les districts de Bundibugyo, Kasese et Ntoroko ont également été affectés par des incidents violents entre hommes armés, forces de sécurité et populations civiles en juillet 2014 (une centaine de victimes). Bien que les voyageurs étrangers ne soient pas directement visés, ils se doivent d'être vigilant et de s'informer sur l'évolution du contexte sécuritaire local.

Des affrontements violents entre les forces régulières de sécurité et les troupes rebelles des Forces Alliés Démocratiques (ADF) autour des Monts Rwenzori ont été déjà signalés. Bien que la situation sécuritaire soit à présent sous contrôle, le risque de résurgence d'activité des ADF ne peut être écarté, sa zone d'action s'étendant de l'Ouganda jusqu'à l'est de la RDC.

Il existe par ailleurs un risque considérable de régionalisation de l'insécurité en raison de la présence des groupes rebelles en République Démocratique du Congo (RDC) voisine (menaçant notamment les régions frontalières ouest de l'Ouganda, notamment les districts du sud-ouest du Kisoro et de Kanuga). Des flambées de violence en RDC entrainent souvent des mouvements de populations vers les parcs nationaux de Mgahinga et Bwindi ; ces mouvements résultent parfois en affrontements. 

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

Bien que le pays soit une république démocratique, avec un système multipartiste, Yozeri Museveni et le Mouvement de résistance nationale (NRM) sont au pouvoir depuis 1986. Le résultat des élections est régulièrement dénoncé pour fraude par les observateurs nationaux et internationaux. Des élections générales avaient été organisées en février et mars 2016, à la suite desquelles le président Museveni avait été réélu pour un quatrième mandat. Cette période électorale avait été caractérisée par quelques éruptions de violence, les forcées de sécurité ayant eu recours à des balles réelles et des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants de l'opposition. La majorité de l'agitation civile se concentrait à Kampala, la capitale (un mort), ainsi que dans les districts de Wakiso, Jinja, Mukono, Gulu et Kasese. Le Forum pour le changement démocratique (FDC), parti d'opposition, continue d'organiser des manifestations, réprimées par les forces de sécurité.

Bien que les prochaines élections présidentielles et générales soient programmées en 2021, il est fort probable que les tensions politiques continuent sur le plan local et national. Celles-ci se sont récemment cristallisées autour de la volonté du chef de l'Etat de modifier la Constitution, notamment l'article concernant l'âge limite pour se présenter à la présidentielle, afin de pouvoir briguer un nouveau mandat en 2021. La Constitution avait été précédemment modifiée en 2005 pour supprimer la limite de deux mandats pour les présidents. Les groupes d'opposition se sont farouchement opposés à cette proposition d'amendement, provoquant d'importantes manifestations dans la capitale, réprimées par les forces de l'ordre. Le 20 septembre, les autorités ont vainement interdit tous les rassemblements publics à Kampala. Des cas de violence à l'encontre de partisans de l'opposition ont été signalés. Le projet de loi a été validé par parlement en décembre 2017. 

Les manifestations politiques pouvant dégénérer à tout moment et être violemment réprimées par les forces de sécurité, il est conseillé aux voyageurs d'éviter toute manifestation ou rassemblement.

RISQUE SOCIO-ÉCONOMIQUE

L'Ouganda reste essentiellement dépendant de son secteur agraire, qui emploie plus d'un tiers de la population active. Cependant, les recettes pétrolières et les taxes devraient constituer une source majeure de financement public dans les années à venir.

En raison de lois d'asile permissives, des frontières poreuses et de la proximité d'autres conflits en RDC et au Soudan du Sud, le pays connaît un afflux massif de réfugiés ces dernières années, induisant une pression financière importante sur les ressources de la nation. Alors que le gouvernement peine à gérer cet afflux, un sentiment anti-réfugiés de plus en plus aigu se propage à travers la société, ce qui pourrait entraîner des manifestations et une agitation sociale dans les mois et années à venir. 

TERRORISME

La menace terroriste doit être prise en compte en Ouganda, où les espaces fréquentés par les ressortissants étrangers pourraient être visés. En 2010, des attaques à la bombe visant à Kampala les lieux où était diffusée la finale de la Coupe du monde de football, avaient fait près de 80 victimes. Le groupe jihadiste Al-Shabaab, basé en Somalie, avait revendiqué ces attaques, perpétrées dans le dessein de dénoncer la présence militaire ougandaise dans les opérations de maintien de la paix de l'Union Africaine (AMISOM) en Somalie. Cette etité islamo-terroriste avait par ailleurs menacé de mener d'autres attaques dans le pays et sa périphérie régionale.

La police émet souvent des alertes concernant des menaces terroristes visant certains lieux de Kampala et ses environs, tels que les aéroports, les hôtels, les bâtiments gouvernementaux, les églises, les zones commerciales, les évènements religieux et les centres sportifs. En raison de ce risque élevé, les voyageurs doivent rester vigilant à tout moment, notamment dans les lieux très fréquentés ou pouvant être visés, à savoir les hubs de transports, les hôtels et les restaurants, ou les espaces accueillant de grands rassemblements (cf. évènements religieux, culturels ou sportifs).

Les organisations terroristes et groupes rebelles régionaux participent également à cette menace. L'ADF, groupe islamiste fondé en Ouganda en 1996, a régulièrement combattu les forces de sécurité ougandaises entre 2007 et 2008. Le groupe opère toujours dans l'est de la RDC et maintient des liens en Ouganda. Les autorités ougandaises suspectent par ailleurs l'ADF d'être lié à Al-Shabaab.

CRIMINALITÉ

Les crimes d'opportunité tels que le pickpocket, les cambriolages, les vols avec violence, les vols à l'arraché en voiture, et le vol de véhicules ne sont pas rares, notamment à Kampala et à Entebbe. Des cas d'individus drogués puis volés dans les transports en commun et dans les bars sont signalés. Ainsi, les voyageurs doivent prendre des mesures préventives : conduire avec les portières fermées et les vitres relevées, éviter de porter un sac (afin de ne pas tenter les voleurs à l'arraché - les téléphones portables étant particulièrement convoités), éviter de transporter d'importantes sommes d'argent, garder son passeport et autres documents importants dans un lieu sécurisé (s'assurer de conserver une photocopie) et enfin veiller à s'habiller modestement. Il est conseillé aux visiteurs d'éviter de se promener après la tombée de la nuit, notamment à Kampala et Entebbe. Cela est d'autant plus vrai pour les femmes, surtout celles voyageant seules. Enfin, il est recommandé de ne pas résister en cas d'attaque.

Des cas de fraude à la carte de crédit sont signalés, y compris dans les hôtels internationaux de standing.

TRANSPORTS

Les infrastructures sont souvent dans un état de délabrement avancé ; l'Ouganda déplore un taux d'accidents routiers mortels élevé. Il est formellement déconseillé de se déplacer en voiture la nuit, à l'exception de la route Kampala-Entebbe (route de l'aéroport). Il convient, en outre, de rester vigilant pendant la journée. Lors d'un accident routier, il est possible de se faire violemment prendre à partie par les foules avoisinantes. Ainsi, il est préférable de ne pas quitter son véhicule et de s'empresser de gagner le poste de police le plus proche afin de signaler l'incident.

Les contrôles de police sont fréquents et peuvent être prétexte à extorsion d'un pot-de-vin.

Il est déconseillé d'emprunter les transports en commun, notamment les mini-bus taxis « Matatu ». Il faut impérativement éviter les taxis-motos « Boda Boda », fréquemment impliqués dans des accidents mortels et où de nombreux ressortissants étrangers ont été agressés.

Depuis quelques années, de fréquents accidents mortels de ferry surviennent sur les lacs Albert et Victoria. Il faut donc vérifier que la compagnie de ferry utilisée est fiable et ne pas monter à bord d'un navire paraissant surchargé ou en mauvais état de navigabilité.

RISQUES NATURELS 

Le risque d'inondation menace la majorité du pays durant les deux saisons des pluies (généralement de mars à mai, et ensuite d'octobre à novembre). Le nord-est est particulièrement sujet aux inondations ; on note également un risque de glissement de terrain à Bulecheke (région de Bududa  ; est).

LÉGISLATION LOCALE

L'homosexualité est illégale et les manifestations publiques d'affection homosexuelle ne sont pas tolérées - les personnes concernées pouvant être arrêtées et emprisonnées..

Même si les manifestations d'affection entre les couples hétérosexuels ne sont pas illégales, celles-ci restent déconseillées, la société ougandaise demeurant conservatrice.

Les voyageurs sont invités à respecter la culture locale. Il est notamment conseillé aux femmes de s'habiller modestement, d'éviter de porter des shorts ou des hauts sans manche.

Le trafic de drogue est sévèrement puni.

Il est illégal de vendre, tuer, acheter ou capturer un animal protégé ainsi que de s'adonner à ce genre de commerce sans licence. Les personnes soupçonnées de trafic, dont celui d'ivoire, seront poursuivies en justice (amende et / ou peine de prison).

Il est déconseillé de photographier les espaces militaires, gouvernementaux ou diplomatiques (cf. barrages, chutes d'Owen situés entre le lac Victoria et Kyoga sur le Nil blanc).

Il convient de toujours garder ses papiers d'identité avec soi (photocopies du passeport et du visa).

AUTRES

Les parcs nationaux de Mgahinga et la Forêt impénétrable de Bwindi se situent à proximité des frontières de la RDC et du Rwanda ; il est de ce fait courant que les forces de sécurité accompagnent les visites guidées en raison des risques sécuritaires élevés liés à la présence de braconniers et de groupes rebelles et / ou criminels. Certaines de ces visites guidées traversent la frontière avec la RDC et devraient donc être évitées.

SANTÉ

Les risques sanitaires sont élevés et variés ; il est fortement conseillé aux voyageurs de consulter un médecin quatre à six semaines avant le départ. Les centres médicaux et services d'urgence sont limités même si quelques hôpitaux à Kampala fournissent des soins aux standards occidentaux. Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire, nécessaire en cas d'urgence.

Les maladies d'origine hydrique et alimentaire sont endémiques, idem pour le choléra et la fièvre typhoïde. Afin de réduire tout risque de contamination, il est recommandé de se laver les mains régulièrement, de boire uniquement de l'eau en bouteille ou purifiée, et d'éviter de consommer les aliments crus ou insuffisamment cuits. 

Les maladies transmises par les moustiques sont également présentes (cf. paludisme, dengue, chikungunya, virus Zika). D'autres maladies transmises par les insectes sont signalées telles que la trypanosomiase (la maladie du sommeil, transmise par la piqûre de la mouche tsé-tsé), la leishmaniose viscérale (transmise par les mouches de sable), l'onchocercose (la cécité des rivières transmise par les mouches noires), et la fièvre hémorragique de Crimée et du Congo (transmise par les tics). Il est impératif de se protéger contre les piqûres d'insectes (recours aux insectifuges, vêtements amples, médication préventive, etc.).

Des cas de fièvre de la vallée du Rift sont signalés.

Des animaux peuvent être porteurs de la rage en Ouganda. Ainsi, il convient d'éviter tout contact avec les animaux - domestiques ou de rues - notamment toute morsure, griffure ou contact avec leur salive. Si vous êtes griffé ou mordu, consultez un médecin immédiatement.

La peste, probablement transmise par des chats domestiques, est endémique au niveau national.

Des cas humains de forme cutanée de la fièvre charbonneuse sont régulièrement signalés. L'infection est le résultat d'une exposition à des spores contaminées par des animaux, morts ou vivants, ou à des produits animaliers contaminés. Afin d'éviter tout risque, il est déconseillé de manger de la viande de brousse.

Il existe un risque d'exposition à la bilharziose, une maladie parasitaire. L'infection a lieu lorsque les larves du parasite, relâchées par des escargots d'eau douce, pénètrent la peau d'une personne en contact avec de l'eau contaminée. Il est donc conseillé d'éviter les contacts avec des sources d'eau douce (lacs, étangs) où les larves peuvent être présentes, y compris les lieux fréquentés par les touristes (cf. source du Nil à Jinja ; plages des lacs Albert et Victoria).

La méningite présente un risque considérable en Ouganda. Le pays est situé sur la « ceinture de la méningite ». Celle-ci peut être transmise en inhalant la bactérie ou par un contact de bouche-à-bouche ou par les sécrétions nasales d'une personne malade. Un vaccin est disponible pour traiter les cas d méningite.

Des cas de fièvre hémorragique de Marburg surviennent régulièrement. La maladie est transmise par le contact humain à travers les fluides corporels contaminés.

Climat

Le climat est tropical mais tempéré par l'altitude. La saison chaude dure de décembre à février et les températures sont plus élevées au nord qu'au sud. Il y a deux saisons des pluies, de mars à mai et d'octobre à décembre.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 256 Police: 999, 0414 342 222 ou 0414 342 223 Pompiers: 999, 0414 342 222 ou 0414 342 223 Ambulances: 999, 0414 342 222 ou 0414 342 223

Electricité

Voltage: 240 V ~ 50 Hz

Prises: