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Rapports de pays

Ouzbékistan Rapport de pays

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INTRODUCTION

Pour le voyageur étranger, un déplacement en Ouzbékistan (29,5 millions d'habitants), territoire anciennement soviétique enclavé au cœur de la lointaine Asie centrale, devra être quelque peu préparé. Un regard préalable sur les conditions politiques et sécuritaires locales s'avère notamment opportun.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

Les régions frontalières avec le Tadjikistan, le Kirghizstan et l'Afghanistan doivent être évitées à tout prix. Les frontières de l'Ouzbékistan sont des points chauds et il est possible que les régions frontalières non-contrôlées soient semées de mines. Les frontières peuvent être fermées à tout moment.

POLITIQUE

Suite à la mort du dirigeant autoritaire Islam Karimov début septembre 2016, le dirigeant par intérim Shavkat Mirziyoyev, premier ministre depuis 2003, a remporté les élections de novembre 2016 par une victoire écrasante. Des observateurs occidentaux ont dénoncé des cas de fraude électorale. Bien que le gouvernement ait affirmé avoir pris des mesures visant à améliorer la transparence et le déroulement des élections, la restriction imposée sur certaines libertés fondamentales a mené à une campagne dénuée de réelle compétition entre candidats.

Depuis son ascension au pouvoir en novembre 2016, le président Mirziyoyev a beaucoup critiqué l'état dans lequel Karimov avait laissé le pays - notamment l'absence d'un état de droit et l'insuffisance des systèmes judiciaire, sanitaire et éducatifs - laissant espérer que le pays, l'un des plus répressifs d'Asie Centrale, allait enfin bénéficier de réformes. En effet, grâce aux initiatives diplomatiques de Mirziyoyev, les relations bilatérales entre le Kirghizistan et le Tadjikistan se sont améliorées. Des tensions perduraient depuis 1992 en raison de la régionalisation de la guerre civile de cinq ans au Tadjikistan. Ainsi, Mirziyoyev semble avoir entrepris une nouvelle ère diplomatique. Une série de négociations visant à restaurer les vols directs entre la capitale de l'Ouzbékistan, Tachkent, et la capitale du Tadjikistan, Douchanbé, avaient d'ailleurs échoué sous le gouvernement de l'ancien président Karimov.

Cependant, malgré ces quelques efforts, Mirziyoyev semble poursuivre la lignée politique de son prédécesseur, notamment suite à la détérioration des relations entre l'Ouzbékistan et l'Occident suite au massacre d'Andijan pendant le printemps 2005. Lui aussi refuse de rejoindre des alliances militaires internationales, d'héberger des bases militaires étrangères sur son territoire, ou encore d'envoyer des troupes à l'étranger.

Les prochaines élections législatives auront lieu en 2019 et précèderont les élections présidentielles prévues pour 2021.

TERRORISME

Malgré la réputation de l'Ouzbékistan comme foyer de terrorisme islamiste, les attaques terroristes dans le pays sont extrêmement rares. Les groupes militants islamistes ne détiennent pas de réel bastion dans le pays. Cependant, il a été signalé que l'organisation transnationale terroriste État Islamique (EI) recrutait dans la vallée de la Ferghana, partagée entre l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizstan, et dont les frontières poreuses facilitent le passage de militants. La majorité des ouzbeks rejoignant des organisations terroristes transnationales travaillent pour la plupart en Russie et espèrent pouvoir fuir vers l'Afghanistan ou le Moyen Orient.

En 1999 et en 2004 (dans la capitale Tachkent) puis en 2009 dans la vallée de Ferghana, l'Ouzbékistan avait subi des attentats suicides imputés selon les autorités par Hizb-ut Tahrir - un parti extrémiste Islamique maintenant interdit qui se revendique comme pacifique et visant à établir un califat mondial. Depuis lors, dans ce pays (officiellement laïc) d'Asie centrale, voisin de l'Afghanistan, le fondamentalisme religieux est perçu comme une menace à l'existence de l’État, et les mesures de sécurité visant à contrôler l'activisme religieux, terroriste et extrémiste ont été renforcées. Ainsi, les lieux touristiques tels que Samarkand, Khiva, Bukhava et Noukous sont relativement sécurisés.

Le gouvernement séculaire de Karimov a mené une politique sévère afin de limiter la montée du militantisme islamique et la liberté de religion continue d'être fortement contrôlée. La religion musulmane ne peut être pratiquée que dans des mosquées, à travers des imams approuvés par le gouvernement et de manière conforme aux directives de l'état. Cette répression religieuse a permis à Karimov d'éviter le développement d'écoles conservatrices islamiques, les « madrassas », utilisées par les militants extrémistes afin de propager leur idéologie et recruter de nouveaux militants. Seulement une dizaine de ces écoles ont été signalées pour une population de 30 million d'habitants, un faible nombre en comparaison aux 112 institutions existant au Kirghizstan, pays de 6 million d'habitants.  

CRIMINALITÉ

Même si le crime violent est relativement faible, y compris dans la capitale Tachkent, le risque de cambriolage est élevé. Des incidents de pickpocketing, de cambriolages, vols de sacs non-surveillés et de vols à l'arraché sont courants dans les lieux publics très fréquentés, y compris dans les bazars et les transports en commun. Toutefois, la forte présence policière existe à travers le pays mitige ce risque.

INFRASTRUCTURES

En raison notamment du faible développement économique du pays, les infrastructures hôtelières et de transport sont limitées sur tout le territoire. Des pénuries d'essence sont à l'occasion signalées.

Le mauvais état général des routes et une discipline au volant sujette à caution devront être anticipés par le voyageur.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

La pauvreté (revenu annuel per capita : 1300 euros), le chômage et la restriction des libertés alimentent mécaniquement une contestation populaire durement réprimée par les autorités. Au cours de ses 27 ans au pouvoir, l'ancien président Karimov a réussi à obtenir un maintien presque total sur le pays. Ainsi, la liberté de la presse est limitée en Ouzbékistan, la corruption y est fortement répandue et le pays est classé comme étant le 17e pays au monde pour la liberté religieuse. En effet, malgré une population à majorité musulmane, le gouvernement séculaire de Karimov s'est montré déterminé à réprimer tout signe de militantisme Islamique et le pays comptait dès lors parmi les 15 pays avec le plus grand nombre de journalistes emprisonnés.

Malgré ces statistiques inquiétantes, le Ministre des Affaires Étrangères a annoncé début juillet 2017 que l'organisation non-gouvernementale Human Rights Watch, bannie dans le pays depuis 2010, pourrait de nouveau s'y installer, tant que celle-ci s'abstient de toute intervention dans les affaires intérieures du pays et qu'elle respecte l'interprétation ouzbek du système démocratique.

SANTÉ

Les personnes désirant se rendre dans ce pays peu visité de souscrire une assurance voyage auprès d'une compagnie d'assistance garantissant la prise en charge des frais médicaux et le rapatriement sanitaire.

Le risque d'exposition au paludisme subsiste entre juin et octobre dans certains villages situés dans le sud et l'est du pays, près des frontières partagées avec l'Afghanistan, le Kirghizstan et le Tadjikistan.

Le risque d'encéphalite à tiques est présent, notamment dans les régions forestières. La leishmaniose, ou maladie du sommeil, est aussi répandue. L'exposition à la rage est un risque prévalent dans le pays et plusieurs cas de fièvre hémorragique de Crimée-Congo ont aussi été signalés ces dernières années (dans les régions Karakalpakstan et Samarkand).

Les maladies diarrhéiques sont relativement courantes en Ouzbékistan.

Le taux de prévalence du VIH/SIDA est relativement faible dans le pays avec 0.2% de la population comptée comme séropositive. La tuberculose est un risque de santé courant dans le pays.  

RISQUES NATURELS

L'Ouzbékistan est situé dans une zone active sismique provoquant des secousses sismiques fréquentes. Le dernier tremblement de terre majeur, causant des dommages importants, date de 1996.

LÉGISLATION LOCALE

Le visiteur étranger notera que dans cette république musulmane d'Asie centrale, les pratiques et croyances religieuses sont fidèlement respectées, en zone rurale notamment. De plus, le gouvernement surveille étroitement ses citoyens et 'encadre' de près la liberté religieuse. En conséquence, les voyageurs se comporteront avec le bon sens qui convient.

Climat

Le climat est continental avec des étés chauds et secs et des hivers froids et secs. Les écarts de températures sont très importants dans une même journée.

Les étés sont caniculaires (40°, voire 50°C dans le sud). Les hivers sont frais (5° à 10°C le jour), glaciaux dans le Karakalpakstan soumis aux vents sibériens. Le climat est agréable uniquement au printemps et en septembre-octobre. Les pluies sont concentrées en mars-avril et octobre-novembre, principalement sur les reliefs.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 998 Police: 02 Pompiers: 01 Ambulances: 03

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises:

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