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Rapports de pays

Pérou Rapport de pays

Survol

INTRODUCTION

Le visiteur étranger projetant de séjourner dans ce pays andin qu'est le Pérou (30,7 millions d'habitants) prendra en compte les quelques risques, notamment, sociaux, criminels, sanitaires et naturels susceptibles de peser sur son déplacement.

CRIMINALITÉ

Près de neuf millions de Péruviens sont sortis de la pauvreté grâce au boom économique du pays de ces dix dernières années. Toutefois, environ 25% de la population continue de vivre sous le seuil de pauvreté, alimentant l'existence d'une petite criminalité persistante.

Les victimes sont souvent droguées (scopolamine « drogue du violeur ») par les kidnappeurs et autres criminels avant d'être volées, enlevées ou agressées sexuellement. Il est recommandé de ne jamais accepter de la nourriture, de la boisson ou des cigarettes offertes par un inconnu. Il est essentiel de prêter une attention particulière à sa boisson dans les espaces publics.

Le crime violent suscite de vives inquiétudes, notamment les « kidnappings express ». Le Pérou a le taux le plus élevé d'enlèvement par habitant en Amérique Latine (2,3 enlèvements pour 100 000 habitants par an). Il est suggéré de prêter une attention particulière aux « faux taxis », dont les conducteurs appartiennent  souvent au crime organisé. Ce phénomène est préoccupant à Arequipa où ces incidents sont devenus fréquents. Seul l'usage des compagnies officielles de taxis est recommandé. Méfiez-vous des taxis proposant des tarifs étrangement bas. De « faux guides » peuvent également organiser de fausses visites vers/au sein de zones touristiques dans le but de voler les « clients ». Il est recommandé de ne faire appel qu'aux services de sociétés touristiques officielles.

Le taux d'homicides annuel est de 6,7 meurtres pour 100 000 habitants. Si ce taux est relativement bas en comparaison d'autres pays d'Amérique Latine, il s'est accru régulièrement ces dernières années, en particulier à Callao (voir ci-dessous). 

A Lima, le centre historique de la ville et les plages doivent être évités la nuit en raison du fort taux de criminalité. Les grands bidonvilles où vivent un million de personnes doivent être évités à tout moment de la journée.

La ville-port de Callao, où se situe l'aéroport international desservant la capitale Lima, a été placée en état d'urgence le 6 décembre 2015 suite à une vague de meurtres attribuée aux rivalités entre gangs criminels. Après avoir été prolongé plusieurs fois, l'état d'urgence a pris fin mi-octobre 2016. La violence criminelle n'a pas baissé de manière conséquente ; Callao est devenue une plaque tournante pour le trafic de drogue et autres produits de contrebande. Soyez vigilant lorsque vous quittez l'aéroport et empruntez des taxis disposant d'une licence ou un service de voiture privé.

L'incapacité de la police à faire face à la criminalité galopante a favorisé le développement d'une justice locale et une augmentation des lynchages publics.

Enfin, la fraude par carte de crédit est courante. Il est recommandé de ne jamais laisser vos cartes de crédit hors de vue lors d'un achat et de prêter attention aux transactions. 

SÉCURITÉ

Le « Sentier Lumineux » (Sendero Luminoso) reste le plus important groupe terroriste du Pérou, même si son activité a fortement décliné depuis les années 1980 et 1990. Aujourd'hui, ses membres sont essentiellement impliqués dans le trafic de drogue, concentré dans la région VRAEM (la vallée des fleuves Apurimac, Ene et la rivière Mantaro).

L'état d'urgence appliqué pendant plus de 30 ans dans l'ensemble de la région du VRAEM a pris fin en 2015 avec l'arrestation de plusieurs membres du « Sentier Lumineux ». Ces régions ont été délaissées par l'État jusqu'en 2006, permettant aux groupes criminels de prospérer. La pauvreté s'est également accrue pendant la période. Selon les Nations Unies, 1/3 de la cocaïne produite dans le monde (200 tonnes par an sur un total de 600) provient de cette zone.

La région du VRAEM, qui n'est pas une entité administrative, est composée des départements Ayacucho, Huancavelica, Cuzco,  Junín et des arrondissements d'Ayahuanco, Llochegua, Sivia, Santillana, Huanta, Ayna, Santa Rosa, San Miguel, Anco, Samugari, Chungui, Surcubamba, Huachocolpa, Tintay Puncu, Colcabamba, Kimbiri, Pichari, Vilcabamba, Mazamari, San Martin de Pangoa, Rio Tambo, Santo Domingo de Acobamba et Pariahuanca. Les déplacements dans cette région sont à proscrire, notamment dans la ville d'Abancay.

La région de Huánuco et la proximité de la frontière colombienne sont également à éviter en raison de la présence de groupes armés.

La région de Madre de Dios, située près des frontières brésilienne et bolivienne, a fait face à un nombre grandissant de crimes violents. Cette augmentation de la violence serait liée au développement de l'industrie minière illégale. Le taux d'homicide annuel s'élevant à 20,1 meurtres pour 100000 habitants est trois fois supérieur à la moyenne nationale (6,1). Après Tumbe, Madre de Dios est la région la plus dangereuse du Pérou.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

Les manifestations et les grèves sont relativement courantes. Si la plupart des manifestations sont pacifiques, des violences peuvent éclater subitement notamment dans les zones minières et rurales.

A Lima, les manifestations sont généralement organisées dans le centre-ville (près du palais présidentiel et du bâtiment du congrès). Les barrages routiers érigés sur les principales routes, notamment les routes panaméricaines, sont fréquents.

Les manifestations de grande ampleur peuvent également entraîner des perturbations importantes dans la vie quotidienne, y compris dans les zones fréquentées par les touristes. Les réseaux ferroviaires reliant Cusco à la principale attraction touristique du Machu Picchu ont été perturbés pendant plusieurs jours en novembre 2016.

Les manifestations peuvent également entraîner le blocage et la fermeture des postes frontaliers avec la Bolivie et le lac Titicaca. Une grève dans la région de Madre de Dios (sud-est) en novembre-décembre 2015 donna lieu à la mise en place de barrages routiers sur l'Inter-Oceanic Highway (axe routier connectant la capitale régionale Puerto Maldonado avec le Brésil et le reste du Pérou) et sur une tentative de prise de contrôle de l'aéroport régional.

La fréquence et l'intensité des manifestations et les tensions socio-politiques augmentent généralement avant les élections. Les prochaines élections présidentielles et parlementaires se tiendront en 2021. Les élections régionales et municipales auront lieu le 7 octobre 2018.

Par précaution, il est recommandé d'éviter toute manifestation.

RISQUES NATURELS

Le Pérou est situé dans une zone de fortes activités sismiques. En août 2007, un violent séisme de magnitude 8 avait frappé le littoral côtier, au sud de Lima (villes de Pisco, Chincha, Canete, Ica et Nazca), faisant plus de 500 victimes et d'importants dégâts aux  réseaux routiers comme aux installations touristiques. Le pays abrite également plusieurs volcans actifs comme le Mont Ubinas, situé à 100 km (60 mi) d'Arequipa,  deuxième ville du Pérou.

La saison des pluies s'étend de novembre à avril et de janvier à mai dans la région du Cusco. Les pluies torrentielles peuvent s'avérer meurtrières, notamment à proximité du fleuve Tumbes. Les glissements de terrain sont également fréquents à cette période. En 2017, la saison des pluies a été particulièrement dévastatrice. Plus d'un million de personnes a été touché par des pluies torrentielles provoquant des inondations dévastatrices, des glissements de terrain et plus d'une centaine de victimes entre décembre 2016 et avril 2017. Le nord-ouest du pays a été particulièrement touché.

TRANSPORTS

Les voyageurs constateront que les routes sont en mauvais état ; les axes routiers montagneux peuvent être particulièrement dangereux ; les accidents mortels de bus sont fréquents. Il est recommandé de circuler de jour en zones rurales et sur l'autoroute panaméricaine.

Le banditisme routier est également déploré dans ce pays sud-américain.

Pour tout voyage de longue distance, il est préférable de voyager par avion. Toutes les destinations majeures sont desservies. Aucune compagnie péruvienne ne figure sur la « liste noire » des compagnies interdites dans l'espace aérien de l'Union Européenne en raison de mesures de sécurité inférieures aux normes.

Pour des raisons de sécurité, ne prenez jamais de taxi ne disposant pas de licence (voir la section crime).

LÉGISLATION LOCALE

Lors de l'entrée dans le pays, en particulier si vous arrivez par voie terrestre ou maritime, assurez-vous que votre passeport a fait l'objet d'un contrôle avec cachet timbré. Sans cela, il vous sera demandé une autorisation officielle pour quitter le territoire ; l'obtention de ce document peut prendre plusieurs jours. Par ailleurs, vous pourriez être interdit d'entrée sur le territoire à l'avenir. Vous recevrez également une carte de migration (TAM) à l'entrée, qui doit être présentée lors de la sortie.

Le trafic de drogue est sévèrement puni au Pérou. Il est important de ne jamais perdre de vue ses sacs à l'aéroport ou lors d'un déplacement.

L'exportation d'objets archéologiques (ainsi que d'espèces protégées) - même si achetés dans des magasins ou marchés aux apparences légitimes - est illégale et peut entraîner de longues peines d'emprisonnement. Lors de l'achat d'une réplique quelconque, il est important d'obtenir un certificat assurant que l'article acheté en question n'est pas un original.

SANTÉ

Si les soins médicaux privés sont de très bonne qualité à Lima, d'autres villes importantes et zones reculées ne bénéficient pas de tels services. Il est recommandé de se munir d'une assurance de voyage et médicale avant le départ.

Au Pérou, les maladies gastro-intestinales sont fréquentes chez les touristes. L'eau du robinet, et en particulier celle collectée à l'extérieur des grandes villes, ne devrait pas être considérée potable. Par ailleurs, il est conseillé d'éviter les plats crus, en particulier la viande et les fruits de mer, ainsi que tout autre aliment ne pouvant être cuit, pelé ou désinfecté (ex. glace, fruits rouges etc.).

Il existe un risque de maladies transmises par piqûre de moustique :

Le paludisme est présent en Amazonie ainsi que dans les régions chaudes et humides situées à moins de 2000 mètres (6550 ft) d'altitude, notamment celles d'Ayacucho, Cuzco, Junin et Loreto.  En avril 2016, des cas de fièvre jaune ont été répertoriés pour la première fois en huit ans (100 cas au total en 2016). De manière générale, cette maladie est potentiellement présente dans les zones de moins de 2300 mètres d'altitude (7550 ft) des régions suivantes : Amazonas, Loreto, Madre de Dicos, San Martin, Ucayali, Puno, Cusco, Junin, Pasco et Huánuco. Elle peut également être rencontrée dans le nord d'Apurimac et de Huancavelica, le nord-est d'Ancash, l'est de La Libertad et de Piura, le nord et l'est de Cajamarca ainsi que le nord et le nord-est d'Ayacucho. Elle n'est cependant pas présente dans les villes de Cusco et Lima, ni au Machu Picchu ou le long du « Sentier Inca ».  Les épidémies de dengue sont fréquentes pendant l'été péruvien, long et pluvieux (décembre à avril), particulièrement dans le nord et l'ouest. Une recrudescence de la dengue est signalée dans le nord-ouest - notamment la région de Piura - à la suite des importantes inondations du premier semestre 2017 ; entre début janvier et début juin 2017, plus de 35 600 cas ont été constatés à Piura (31 morts). Une recrudescence du chikungunya est également signalée dans le nord-ouest (cf. Piura) à la suite des fortes inondations ; 650 cas ont été constatés au niveau national entre début janvier et fin avril 2017. En comparaison, moins de 200 cas avaient été signalés en 2016. Le virus Zika serait présent partout à travers le pays. Si la maladie est généralement relativement bénigne (et asymptomatique dans 80 % des cas), les liens entre le virus Zika et des anomalies congénitales sévères ainsi qu'avec le syndrome de Guillain-Barré (SGB) ont été établis. Le virus est sexuellement transmissible.

Les visiteurs des villes en haute altitude (Puno, Cuzco, Huaraz, Arequipa, Colca Canyon) peuvent être victimes du mal aigu des montagnes (MAM). Les personnes souffrant de problèmes cardiaques et souhaitant se rendre dans les villes d'altitude (Puno, Cusco, Huaraz...) doivent consulter un médecin avant tout déplacement. Si vous vous trouvez sur un site dont l'altitude est élevée, évitez les activités physiques et la consommation d'alcool. Il est également recommandé de bien s'hydrater et de se reposer les premiers jours du séjour.

La rage animale est présente au Pérou. Il est impératif de consulter un médecin immédiatement après avoir été mordu par un mammifère (chien, chauve-souris etc.) ou après s'être aperçu de la présence d'une chauve-souris dans sa résidence ; la morsure de celle-ci peut passer inaperçue.

Climat

Sur la côte, l'été (décembre à février) est chaud (26° à 30°C) et l'hiver est frais (10° à 18°C) et brumeux quasiment en permanence. Dans les Andes, la saison sèche s'étend de mai à septembre et la saison des pluies d'octobre à avril ; les températures sont alors plus élevées le jour (25°C) mais les nuits sont fraîches. On observe les mêmes saisons dans les zones boisées (forêts de l'est) ; les températures (35°C l'été) et l'humidité sont plus élevées.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 51 Police: 105 Pompiers: 116 Ambulances: 116

Electricité

Voltage: 220 V ~ 60 Hz

Prises: