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Philippines Rapport de pays

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INTRODUCTION

Un déplacement vers le lointain archipel philippin et ses 7100 îles (103 millions d'habitants) nécessite, pour son bon déroulement, un minimum de préparation de la part du candidat au voyage.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

La plupart des gouvernements occidentaux déconseillent tout déplacement dans la région sud-est de l'île de Mindanao et dans l'archipel Sulu en raison de l'activité terroriste, des affrontements entre l'armée et divers groupes insurgés (notamment du groupe terroriste Abu Sayyaf) et du risque d'enlèvement. Il est de ce fait conseillé d'éviter tout voyage dans les provinces de Tawi-Tawi, Sulu (y compris Jolo Island) et Basilan (archipel Sulu), dans les provinces de Zamboanga Sibugay, Zamboanga del Sur, Lanao del Norte, Lanao del Sur, North Cotabato, Maguindanao, Sultan Kudarat, Davao del Norte, Davao del Sur, South Cotabato, et Sarangani sur l'île de Mindanao.

Tout déplacement, sauf raison impérative, est également déconseillé dans le reste de l'île de Mindanao, autrement dit dans les provinces de Zamboanga del Norte, Misamis Occidental, Misamis Oriental, Bukidnon, Agusan del Norte, Surigao del Norte, Agusan del Sur, Surigao del Sur, Davao Oriental, et Compostela Valley.

Le sud des Philippines serait devenu le nouveau havre des militants de l'État Islamique (EI), avec des rapports d'activité en hausse et l'établissement de groupes Islamistes extrémistes ayant déclaré leur allégeance à des organisations terroristes internationales. Depuis début juillet 2017, la ville de Marawi (Mindanao) est assiégée par des militants de l'EI. L'intégralité de l'île a depuis été placée sous loi martiale.

TERRORISME

La menace terroriste est élevée aux Philippines. New People's Army (NPA), Abu Sayyaf Group (ASG), Jemaah Islamiyah (JI) et diverses autres organisations terroristes posent une réelle menace sur le pays. En décembre 2015, les autorités avaient évoqué la possibilité d'attaques terroristes dans plusieurs régions de l'archipel, notamment à Palawan, Malay, Aklan, la moitié sud de Negros Island, et Mindanao. Plusieurs de ces groupes ont prêté allégeance à l'EI.

En mai 2017, des militants Islamistes du groupe Abu Sayyaf ont assiégé la ville de Marawi après que l'armée philippine ait tenté de capturer leur dirigeant, Isnilon Hapilon. Alors que ceux-ci tentent d'assoir leur pouvoir, une grande majorité des résidents du Marawi, soit environ 200,000 personnes, ont fui la ville. Cela a amené le président Rodrigo Duterte a déclaré la loi martiale à Mindanao le 23 mai pour 60 jours. Cependant, 2000 civils étaient encore piégés dans la ville début juin 2017. Quelques jours avant le Ramadan, à la mi-juin, environ 300 militants du groupe de BIFF ont envahi un village de la province de Cotabato dans le nord. Bien que les affrontements aient été suspendus pour la fête de l'Aïd le 25 juin, les combats entre les militants de l'EI et les forces gouvernementales se poursuivent début juillet.

Malgré de nombreuses pétitions début juin opposant la loi martiale imposée dans le sud de la région de Mindanao, la Cour Suprême des Philippines a validé son prolongement pour encore trois semaines. Duterte devra obtenir l'accord du Congrès s'il souhaite prolonger cette période davantage. Jusqu'à présent, plus de 460 personnes ont été tuées à Marawi (dont 85 membres des forces de l'ordre) et 300,000 habitants ont fui leurs foyers.

À la mi-juin 2017, les gouvernements indonésien, malaisien et philippin ont annoncé le début de patrouilles navales conjointes dans la Mer de Sulu afin de faire face à la menace terroriste et du crime transnational. Cette alliance, appelée aussi « Trilateral Maritime Patrol », utilise l'île indonésienne de Tarakan, dans le nord de Kalimantan, comme premier centre de commandement et de contrôle. 

Le 2 juin, l'EI a revendiqué une attaque armée au complexe Resorts World Manila. L'assaillant n'a tiré sur personne mais a incendié les tables du casino, générant une fumée toxique qui a tué 38 personnes.   

Le Moro Islamic Liberation Front (MILF) est régulièrement engagé dans des affrontements avec l'armée (Armed Forces of the Philippines, AFP) dans les provinces de North Cotabato, Lanao del Sur, Lanao del Norte, Zamboanga, Zamboanga Sibugay de Mindanao, et dans l'archipel Sulu.

ENLÈVEMENT

La menace d'enlèvement doit être sérieusement considérée. Le groupe Abu Sayyaf est connu pour ses enlèvements avec rançon dans le sud-ouest de Mindanao (surtout dans la province de Zamboanga) et dans l'archipel Sulu (provinces de Tawi-Tawi, Sulu et Basilian). Des marins et des ressortissants étrangers sont régulièrement enlevés dans la mer de Sulu, où se situe la Région Autonome du Mindanao Musulman.

Selon un rapport publié en juin 2017 par l'ambassade américaine aux Philippines, Abu Sayyaf complote de kidnapper des ressortissants étrangers présents dans les hubs touristiques situés dans le centre et l'ouest des Philippines. Les autorités américaines ont identifié deux endroits à Palawan qui étaient particulièrement à risque : la capitale de Puerto Princesa ainsi que la rivière souterraine avoisinante qui attire des centaines de touristes chaque jour. Le risque d'enlèvement contre rançon est donc élevé dans les Philippines et dans les régions avoisinantes en Malaisie.

Les militants du groupe ASG ont décapité deux otages Vietnamiens début juillet 2017 et deux otages Canadiens mi-juin 2016 après qu'ils n'aient pas obtenu les rançons demandées. Abu Sayyaf détient encore 22 otages, dont 16 ressortissants étrangers.

POLITIQUE

La guérilla séparatiste musulmane des MILF (11 000 combattants) et le gouvernement du Président Rodrigo Duterte ont accepté le 2 juillet 2016 de reprendre les négociations de paix, malgré divers accrochages violents dans l'ouest de Mindanao. Les rebelles se battent depuis 1969 pour la création d'un État marxiste, dans ce qui est l'insurrection la plus longue d'Asie. En juin 2015, après quarante ans d'insurrection contre le gouvernement, les anciens rebelles du MILF ont commencé à déposer leurs armes, première étape du désarmement total de ces combattants réclamant la création d'une région musulmane semi-autonome sur l'Ile de Mindanao, dans le sud du pays. Bien que leur nombre ait été réduit à quelques milliers par des défaites successives, des redditions et un factionnalisme certain, la guérilla MILF demeure le challenge sécuritaire n°1 des Philippines.

Les élections générales ont eu lieu le 9 mai 2016 et ont été accompagnées de violence meurtrière. Au moins dix personnes ont été tuées à Mindanao et à Abra. Ayant atteint sa limite constitutionnelle, le président sortant Benigno Aquino III n'a pas pu se représenter ; Rodrigo Duterte a été élu à la présidence (investiture le 30 juin 2016). Jusqu'à maintenant, Duterte est une personnalité très controversée, notamment pour avoir incité la population philippine à mener une guerre extrajudiciaire contre la drogue, qui a entraîné les assassinats de plus de 7 500 civils.

Les prochains rendez-vous électoraux seront organisés en 2022.

Dans l'archipel prévaut historiquement un niveau élevé de violence politique. Le 4 février 2017, le chef de l'État a suggéré d'abandonner les pourparlers de paix avec les combattants maoïstes de la Nouvelle Armée du peuple (NPA) et de ''se préparer à une longue guerre''. Début juillet, un mois après la suspension des négociations de paix, le gouvernement en a annoncé la reprise, prévue en août 2017.

En ce qui concerne le risque économique, le NPA pose un challenge pour les intérêts économiques et financiers étrangers de par ses demandes récurrentes d'augmenter les taxes imposées aux sociétés étrangères. La NPA menace et commet souvent des attaques sur des infrastructures étrangères pour imposer ses demandes.

CRIMINALITÉ

Le taux de criminalité est particulièrement élevé en zones urbaines - en particulier à Métro Manille - et représente un problème pour les autorités, les citoyens et parfois les ressortissants étrangers.

Ces derniers se montreront vigilants dans la capitale Manille en raison d'une délinquance de rue très active. Vols, agressions et attaques physiques ont été les actes criminels les plus reportés aux autorités locales en 2016. Les incidences de locaux ou de visiteurs étrangers étant dépouillés de leurs biens lorsqu'ils se déplacent en taxis, les criminels utilisant des taxis volés pour méprendre leurs cibles, a diminué en 2016 comparé à 2015. Bien que la grande majorité des taxis reste sûre et fiable, il est fortement recommandé de ne jamais héler un taxi dans la rue, mais plutôt de le commander à l'avance à votre hôtel.

Les crimes crapuleux tel que le vol à l'arrachée, les escroqueries et les fraudes à la carte bancaire sont courantes, dans la ville de Makati particulièrement, centre financier des Philippines, en raison de la présence d'hommes d'affaires étrangers, ciblés en raison de leur richesse présumée.

Des crimes plus violents ont également été reportés dans le passé, tels que des carjackings, des cambriolages à main armée, et des agressions armées. Bien que les étrangers ne soient normalement pas concernés, ils peuvent s'y retrouver mêlés. Afin d'éviter une telle situation, il est conseillé d'éviter de se promener à pied, surtout après la tombée de la nuit et dans des quartiers populaires ou excentrés.

La criminalité a tendance à augmenter avant et pendant les fêtes de fin d'année sur tout le territoire.

RISQUES NATURELS

Étant situé sur la Ceinture de Feu du Pacifique, le pays est touché par une sérieuse activité volcanique et sismique. Le Mont Bulusan, un volcan situé à 250 km (160 mi) de la capitale Manille, a émis des cendres mi-juin 2016 et entraîné 113 tremblements de terre en l'espace de 24 heures. Les tremblements de terre sont courants (en moyenne un par mois) et peuvent provoquer des tsunamis. Une alerte au tsunami a ainsi été émise en avril 2017 après qu'un séisme de magnitude 6,8 ait touché la côte méridionale de l'île de Mindanao.

Des exercices d'entraînement sont régulièrement organisés au niveau national, au cours desquels bureaux et institutions (écoles, hôpitaux, administration) répètent les mesures de sécurité à l'occasion de la simulation d'un tremblement de terre de magnitude élevée.

Les Philippines sont touchées par des typhons et des orages tropicaux pendant la saison des moussons - qui s'étend de novembre à avril dans le nord-est et de mai à octobre dans le sud-ouest. Le 8 novembre 2013, le cyclone Haiyan a dévasté le centre des Philippines (6000 victimes ; plusieurs millions de logement détruits). En octobre 2015, le cyclone Koppu s'était abattu sur le nord de l'archipel, tuant 50 personnes et blessant des dizaines de milliers d'autres sur l'île de Luzon. Les derniers incidents météorologiques ont eu lieu pendant la saison des moussons de 2016, durant laquelle deux typhons et une tornade ont touché les Philippines.

TRANSPORTS

Les voyages en voiture peuvent s'avérer dangereux en raison du trafic dense, chaotique, et imprévisible, surtout à Métro Manille. Les routes sont fréquemment embouteillées et les chauffeurs très indisciplinés, empêchant les services d'urgence de se rendre sur la scène d'accidents de la route en temps et en heure.

Les routes secondaires sont dangereuses pour les ressortissants étrangers. Il est conseillé d'éviter de voyager en dehors des autoroutes nationales et dans les régions isolées. Les criminels pourraient essayer d'attirer votre attention en érigeant de faux barrages routiers, en portant des uniformes militaires, et en forçant les véhicules à stopper à des faux checkpoints de sécurité. Voyagez toujours les portières verrouillées, les vitres remontées et tout objet de valeur à l'abri des regards.

Les compagnies aériennes domestiques ne sont pas fiables et ont toutes été placées sur la liste noire de l'Union Européenne en raison de la piètre qualité de leurs standards de sécurité et de la mauvaise maintenance des appareils. Cependant, Philippines Airlines et Cebu Pacific ont amélioré leurs standards de sécurité et en juin 2015, la Commission Européenne a annoncé que les compagnies aériennes philippines pourraient reprendre leurs opérations dans l'espace aérien européen après une interdiction de cinq ans.

PIRATERIE

La piraterie est un risque à ne pas ignorer dans les eaux philippines, en particulier le long de la côte ouest de Mindanao et autour des archipels de Sulu et Tawi-Tawi. La plaisance est donc fortement déconseillée dans ces zones.

LÉGISLATION LOCALE

Le trafic et la consommation de drogue sont sévèrement punis par la loi (jusqu'à 40 ans d'emprisonnement). Les ressortissants étrangers peuvent être reconnus coupables et doivent alors purger leur peine avant d'être expulsés du pays. Les conditions d'emprisonnement particulièrement difficiles (prisons contrôlées par des gangs, absence de cellule individuelle, soins et alimentation insuffisants) devraient être dissuasives.

SANTÉ

Dans ce lointain pays insulaire en développement du sud-est asiatique, l'infrastructure médicale est souvent carencielle, en province notamment ; tout problème de santé, mineur dans un pays développé, peut devenir problématique : il est recommandé, avant tout voyage aux Philippines, de souscrire à une mutuelle de santé et à un contrat d'assistance rapatriement. 

Plusieurs maladies transmises par les moustiques sont déplorées aux Philippines. Le paludisme est potentiellement présent tout au long de l'année dans l'archipel, à l'exception des provinces suivantes : Aklan, Albay, Benguet, Bilaran, Bohol, Camiguin, Capiz, Catanduanes, Cavite, Cebu, Guimaras, Iloilo, Leytenord, Leyte Sud, Marinduque, Masbate, Samar Est, Samar Nord, Samar Ouest, Siquijor, Sorsogon, Surigao del Norte et à Manille. Le risque est quasi-inexistant dans les régions urbaines et dans les plaines. Le paludisme est principalement présent dans les zones tropicales ; il n'y a pas de vaccin mais des médicaments préventifs sont disponibles.

La dengue est endémique ; le risque est particulièrement élevé lors de la saison humide (entre mai et novembre). Plus de 33 700 cas ont été confirmés pendant la première moitié de l'année 2017, faisant des Philippines l'un des pays les plus touchés au monde.

Le chikungunya est signalé dans le pays. Une épidémie a touché une cinquantaine de personnes mi-février 2017 sur l'île de Mindanao. Le virus est rarement mortel, mais des douleurs articulaires persistantes peuvent durer plusieurs semaines, voire des mois, après la guérison initiale.

On rencontre des cas d'encéphalite japonaise en zone rurale ; la maladie commence généralement par des symptômes grippaux classiques mais peut entraîner de graves dommages neurologiques et s'avérer mortelle.

Selon le Centers for Disease Control and Prevention (CDC), le risque de contracter le virus Zika, une maladie transmise par les moustiques, est « élevé » aux Philippines. Le virus Zika est également présent. Bien que la maladie soit généralement bénigne (et asymptomatique dans 80 % des cas), les liens entre le virus Zika et la microcéphalie du nourrisson (petitesse excessive de la tête de l'enfant) ainsi qu'avec le syndrome de Guillain-Barré (SGB) ont été établis. Ces deux complications peuvent être mortelles. Il n'y a pas de vaccin contre le Zika. La maladie est sexuellement transmissible.

La rage animale est très présente dans l'ensemble de l'archipel, notamment sur l'île de Luzon et sur l'île de Bohol. Plus de 250 000 personnes sont infectées chaque année ; 200 à 300 en moyenne y succombent.

Les maladies diarrhéiques sont fréquentes, y compris au sein de la population locale. Des épidémies de choléra se produisent occasionnellement. Afin de réduire les risques de contamination, il est impératif de se laver convenablement les mains avant les repas ; il est par ailleurs recommandé d'utiliser de l'eau purifiée.

La leptospirose est régulièrement présente aux Philippines, affectant principalement les régions touchées par les inondations. Le nombre de cas recensés au premier trimestre 2017 (337 cas dont 30 décès) était en hausse de 68% comparé à la même période en 2016.

La tuberculose est virulente dans le pays ; plus de 60 décès quotidiens sont signalés.

La rougeole est endémique ; plusieurs dizaines de milliers de cas (probables ou confirmés) sont répertoriés chaque année. La rougeole est une maladie infectieuse qui se transmet par les postillons (toux) ou les éternuements d'une personne infectée. Il existe un vaccin contre la rougeole.

Climat

Le climat est tropical, en particulier dans le sud où le temps est chaud et humide avec des précipitations importantes toute l'année. Plus au nord, les vents de mousson apportent de la pluie de juillet à octobre. Les précipitations sont à leur maximum entre août et octobre ; c'est également la saison des cyclones. D'octobre à février, le temps est plus frais et généralement sec, sauf sur les côtes nord. Entre mars et mai, le temps est généralement chaud et sec.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 63 Urgences: 117 Police: 168

Electricité

Voltage: 220 V ~ 60 Hz

Prises:

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