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Rapports de pays

RD du Congo Rapport de pays

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INTRODUCTION

Tout voyageur se rendant en République démocratique du Congo (79 millions d'habitants) devra s'informer de la situation politique en amont de son déplacement. Le contexte sécuritaire demeure extrêmement instable dans une grande partie du pays.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

La majorité des gouvernements occidentaux déconseille formellement à leurs ressortissants de séjourner dans les régions de l'est du DRC (soit Haut-Uélé, Ituri, Kivu du Nord, Kivu du Sud, Haut-Lomami, Maniema, et Tanganyika) ainsi que dans les provinces de Kasaï, du Kasaï Central et du Kasaï Oriental. Tout voyage à 50 km (30 mi) des frontières de la République de Centre Afrique et du Soudan du Sud est aussi fortement découragé.

Bien que les villes de Goma (province de Kivu du Nord) et de Bukavu (Kivu du Sud) ainsi que les quartiers de N'djili et Kimbanseke à Kinshasa présentent un risque moindre, la grande majorité des gouvernements occidentaux déconseille de s'y rendre sauf pour raison impérative.

SÉCURITÉ

L'armée congolaise peine à asseoir son autorité sur un territoire très étendu (cinq fois la superficie de la France métropolitaine) ; le pouvoir central de son côté a du mal à tenir son armée. Les soldats des FARDC (Forces Armées de la République démocratique du Congo) sont parfois directement responsables d'abus à l'encontre de la population et représentent un risque pour la stabilité nationale (corruption, violence). En tout état de cause, il convient de se comporter prudemment à leur égard et de ne jamais s'opposer à leurs demandes. 

De nombreux groupes armés violents sévissent  à travers le pays, notamment dans les provinces agitées du Kivu de l'est et du Kasaï sud-central. Les affrontements avec les forces gouvernementales ou entre groupes rivaux sont récurrents. Officiellement, on recense près de 70 groupes armés sévissant purement dans la région de l'est.  

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

La situation politique est de plus en plus tendue, alors que les élections présidentielles, initialement prévues le 27 novembre 2016, n'ont toujours pas été organisées. Le RDC connait une crise politique grave depuis le refus du Président Joseph Kabila de quitter le pouvoir à la fin de son mandat le 20 décembre 2016. La situation a engendré de nombreux incidents de violence entre les forces de sécurité et la population, notamment d'importantes manifestations politiques en septembre et décembre 2016 provoquant des dizaines de morts à Kinshasa et dans d'autres villes majeures.

Le 31 décembre 2016, un accord de co-gouvernance avait été signé entre la majorité présidentielle et le Rassemblement de l'opposition sous l'égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) dans l'espoir de mettre un terme à la crise. Cet accord fastidieux prévoyait des élections présidentielles avant fin 2017. Toutefois, invoquant des problèmes financiers et sécuritaires, celles-ci ne seront pas organisées à la date imposée par l'accord. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a annoncé le 5 novembre que les tant attendues élections présidentielles, législatives, régionales et locales seraient finalement organisées le 23 décembre 2018. Une décision vivement critiquée par la coalition de l'opposition qui a prévu d'initier une désobéissance civile et d'organiser plusieurs manifestations dans le pays, insistant sur le fait que le président Joseph Kabila devait quitter ses fonctions d'ici la fin de l'année 2017 et qu'un gouvernement intérimaire devait alors être mis en place.

Les manifestations ont tendance à rapidement dégénérer et sont sévèrement réprimandées par les forces de sécurité. Il est fortement recommandé aux individus dans le pays de rester informés de toute évolution de la situation politique et d'éviter toute manifestation ou rassemblement politique.

RISQUE SOCIO-ÉCONOMIQUE

La chute des cours des matières premières, l'inflation et la dépréciation de la monnaie qui s'en suivent amoindrissent les perspectives économiques du pays (en 2016, la croissance a atteint 2,5% contre +9% en 2014), bien que celles-ci soient revues à la hausse pour 2017. Parallèlement, l'accès à l'électricité et les conditions de vie se dégradent à travers le pays. Cette situation est à même d'engendrer des contestations sociales importantes.

CRIMINALITÉ

Le risque criminel est élevé dans tout le pays et notamment dans la capitale Kinshasa, en raison d'une situation économique dégradée et d'inégalités sociales criantes. Vols, cambriolages, car-jacking, extorsions et agressions sont monnaies courantes dans la capitale. Les ressortissants étrangers sont régulièrement visés en raison de leur richesse supposée. Les quartiers résidentiels kinois, tels que celui de La Gombe, n'échappent pas à la délinquance ni aux attaques armées. En raison de la recrudescence des vols, une vigilance accrue est requise aux abords des supermarchés et des hôtels du centre de la capitale. De plus, il est formellement déconseillé de se déplacer à pied la nuit. Lors des déplacements en voiture, il est impératif de verrouiller les portières et de circuler fenêtres remontées ; des gangs de jeunes « Shegués » sévissent dans les embouteillages saturant les grands axes routiers. Il est considéré essentiel de se procurer un personnel de sécurité professionnel permanent.

TRANSPORTS

Au vue du gigantisme du territoire, la voie aérienne est privilégiée pour tout déplacement dans le pays ; néanmoins, la sécurité aérienne y est notoirement très aléatoire si ce n'est négligée. Si diverses grandes compagnies aériennes occidentales opèrent en RDC et ne présentent aucun danger, la totalité des compagnies nationales figurent pour leur part sur la liste noire établie par l'Union Européenne.

Selon les autorités françaises, seul 15% des axes routiers sont praticables et la situation tend à s'aggraver pendant et après la saison des pluies (avril à octobre au nord du pays et de novembre à mars au sud).

La dangerosité des axes routiers est accrue par le non-respect du code de la route par les usagers, le non-entretien des véhicules, la mauvaise qualité des axes et l'absence de structures de soins. L'absence d'éclairage public et le défaut de signalisation font que tout trajet de nuit doit être banni. En dehors des agglomérations, tous les déplacements doivent donc se faire de jour, en véhicule tout terrain (4x4) et muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et dispose de moyens de télécommunication efficaces.

Les transports publics sont presque inexistants et sont déconseillés.

Le train doit également être évité, le réseau ferroviaire étant peu sûr et très aléatoire.

Des navettes reliant Kinshasa à Brazzaville par le fleuve Congo existent ; toutefois, il est recommandé de s'assurer de la sûreté du service, toutes ne présentant pas les mêmes garanties de sécurité. Sur le lac Kivu, des navettes quotidiennes relient Goma à Bukavu. Des accidents sont parfois signalés.

INFRASTRUCTURES

L'accès à l'électricité est inégal sur l'ensemble du territoire et le faible approvisionnement du pays en énergie électrique engendre de nombreuses coupures de courant, notamment à Kinshasa.

En 2015, seule 50% de la population a accès à l'eau potable (80% en zone urbaine et 30% en milieu rural) et certains quartiers de Kinshasa se retrouvent parfois en pénurie d'eau potable.

L'usage du téléphone portable et de l'Internet se développe ; les utilisateurs sont de plus en plus nombreux. L'accès aux réseaux sociaux a été coupé plusieurs fois par les autorités à Kinshasa (Twitter, Facebook etc.), notamment en décembre 2016.

RISQUES NATURELS

L'activité volcanique au Nord-Kivu soumet l'Est du pays à des risques de catastrophes naturelles. Bien que la dernière éruption volcanique substantielle remonte à 2004, de légères éruptions ou tremblements de terre peuvent avoir lieu, comme en août 2015 à Goma et Bukavu.

Par ailleurs, les risques autour du Lac Kivu sont à prendre compte, compte tenu d'une présence importante de gaz méthane et dioxyde de carbone liée à l'activité volcanique de la région.

LÉGISLATION LOCALE

Il est interdit de photographier les bâtiments considérés « sensibles » et les personnages officiels (policiers et militaires notamment). L'appréciation de la « sensibilité » des lieux restant aléatoire, il est conseillé de demeurer prudent et de toujours demander une autorisation au préalable.

Si un tampon de l'immigration rwandaise ou ougandaise n'empêche pas d'entrer sur le territoire congolais, il n'est pas impossible que le voyageur rencontre des difficultés au moment du passage en douane. De même, le transport de téléphones satellitaires, vêtements militaires, ou récepteur GPS, s'ils ne sont pas en soi illégaux, peuvent soulever des questions de la part des agents des douanes.

SANTÉ

Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire, ce dernier étant obligatoire en cas de problème de santé grave ou présentant un caractère urgent.

Un certificat de vaccination contre la fièvre jaune est nécessaire aux voyageurs (âgés de plus de neuf mois) pour rentrer en RDC ; les individus ne présentant aucun certificat peuvent se voir refuser l'entrée sur le territoire par les autorités. Concernant le paludisme, prédominant dans le pays, il est impératif d'avoir recours à des mesures de protection individuelle contre les piqûres et à un traitement médicamenteux adapté.

L'eau courante n'est pas potable ; les maladies diarrhéiques sont chroniques en RDC. Il est donc indispensable de ne boire que de l'eau décontaminée ou en bouteille, de veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jour.

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire, il est recommandé d'éviter de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

En outre, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte dans le pays.

La République Démocratique du Congo connait une situation continue d'épidémie de rougeole depuis 2010. Celle-ci touche essentiellement la province du Katanga (Est). Bien que considérés comme en déclin, les cas de rougeole persistent dans d'autres provinces. Officiellement, plus de 39 000 cas et 500 décès ont été déclarés en 2015.

Le virus Ebola (EVD) a touché le Bas-Uélé en juillet 2017, ainsi que quelques espaces ruraux. L'épidémie apparait de manière relativement régulière dans le pays et demeure extrêmement virulente. Malgré un système de santé délabré, les organisations mondiales de santé opérant dans le pays ainsi que la population locale sont bien avisés pour répondre à cette maladie et le font avec relativement d'efficacité. Cependant, due à la nature hautement contagieuse du virus, les voyageurs doivent se tenir informés de toute nouvelle apparition de l'épidémie et obtenir une aide médicale d'urgence s'ils pensent avoir été exposés au virus.

Enfin, notons encore que les infrastructures hospitalières publiques sont peu fiables ; en cas de besoin, il est préférable de se diriger vers des structures de soin privées, tout en privilégiant, dès que possible, l'évacuation sanitaire vers un pays mieux équipé.

Climat

Le climat est équatorial au nord avec des pluies abondantes toute l'année (moins importantes de décembre à février) et des températures constantes (26°C). Le climat est tropical humide à l'extrême nord. En allant vers le sud, le climat devient tropical sec avec des saisons plus marquées et une diminution de la durée de la saison des pluies. Au sud, la saison sèche dure environ 6 mois (mai à septembre). Sur les reliefs, le climat est de type alpin en moyenne altitude et la neige est abondante en haut des sommets. A l'embouchure du fleuve Congo, le climat est océanique grâce au courant froid de Banguela (baisse des températures, plus faible pluviométrie).

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 243

Il n'y a pas de service d'urgence dans le pays.

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises:

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