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Rapports de pays

République centrafricaine Rapport de pays

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INTRODUCTION

La pertinence de tout séjour en République centrafricaine (RCA ; 4,9 millions d'habitants) devra être évaluée à l'aune d'une situation sécuritaire fébrile et d'un environnement sanitaire sinistré.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

Alors que les autorités britanniques déconseillent formellement de se rendre sur l'ensemble du territoire centrafricain, les autorités françaises ne le déconseillent que pour la partie orientale du pays à partir des provinces de Nana-Grébizi et d'Ouaka. Les affrontements entre groupes armés rivaux et les violences diverses y sont récurrents. Les déplacements dans la partie occidentale (incluant les préfectures de Bouar, BozoumBossangoaBerbératiSibut, Ombella-MpokoLobayeSangha-Mbaere et Mambere-Kadei) jusqu'aux provinces d'Ouham et de Kémo incluses sont déconseillés sauf raisons impératives par les autorités françaises.

SÉCURITÉ

Depuis les élections générales début 2016, la situation sécuritaire demeure extrêmement fragile dans l'ensemble de la République Centrafricaine. Des activités de rébellion, du banditisme et des enlèvements sont toujours régulièrement signalées.

Depuis juin 2016, une recrudescence des violences a été observée sur la majeure partie du territoire. Celles-ci se sont accentuées depuis le mois de mai 2017. Certaines zones demeurent confrontées à l'insécurité du fait de frictions entre groupes armés non démobilisés (cf. à Bambari dans le centre, à Bria dans le nord-est, à Zémio dans le sud-est, à Bangassou dans le sud-est). Des affrontements violents entre factions rebelles rivales continuent à être signalés régulièrement dans ces villes ainsi que dans d'autres localités du pays, engendrant des déplacements de population massifs ainsi qu'un nombre de décès important. De nouvelles milices ont également vu le jour depuis le début de l'année 2017. Les forces onusiennes sont régulièrement confrontées à des milices disposant d'importants stocks d'armes.

Par ailleurs, malgré l'intervention de forces régionales, l'est et le sud-est restent exposés aux exactions de la Lord's Resistance Army (LRA - milice ougandaise menée par Joseph Kony), perpétrant des attaques ponctuelles contre la population civile. 

En outre, la situation à Bangui (et particulièrement dans le quartier musulman PK5) demeure tendue. Des échanges de tirs, pillages et meurtres se produisent de manière sporadique.

Enfin, les régions minières demeurent non sécurisées du fait de la présence de certaines milices qui en ont pris le contrôle lors du dernier conflit.  

Malgré un accord de cessez-le-feu signé à Rome le 19 juin 2017 entre le gouvernement et 13 groupes rebelles, prévoyant notamment que les groupes rebelles se voient accorder une représentation politique au sein du gouvernement, les tensions et les violences perdurent à travers le pays. Cet accord a été violé au lendemain de sa signature, lorsque des affrontements particulièrement meurtriers ont affecté la ville de Bria.

La Centrafrique demeure un des pays les plus dangereux pour les employés d'ONG, ainsi que pour les forces de maintien de la paix onusiennes. Ils sont régulièrement la cible d'attaques.

ENLÈVEMENTS

Des cas d'enlèvements sont régulièrement signalés en province mais également à Bangui où plusieurs ressortissants étrangers et personnalités locales ont été enlevés en 2015.

Les cas d'enlèvements menés par des hommes de la LRA auraient doublé en 2016 ; 344 personnes auraient été enlevées au premier semestre, une volumétrie ''record'' total depuis 2010.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

L'histoire de la RCA est marquée par une instabilité chronique et des changements de régime soudains.  L'arrivée au pouvoir lors d'un coup d'état de la Séléka en mars 2013 avait plongé le pays dans une situation sécuritaire extrêmement précaire, marquée par des violences exacerbées, engendrant la quasi destruction de l’État.

Les rebelles de la Séléka, majoritairement Musulmans, et les milices chrétiennes des anti-balaka se sont affrontés pendant près de trois ans, précipitant le pays dans le chaos. Malgré la nomination d'un gouvernement de transition dirigé par Catherine Samba-Penza, l'élection de Faustin Archange Touadéra (63% des suffrages) en février 2016 et l'installation d'un nouveau gouvernement et d'un parlement, l'instabilité perdure sur la majorité du territoire, qui échappe toujours au contrôle de l'État (à l'exception de Bangui et ses environs).

Il est de ce fait impératif de se tenir au courant de l'évolution de la situation et de rester à l'écart de tout rassemblement.

RISQUE SOCIO-ÉCONOMIQUE

La guerre civile qui a touché le pays ces trois dernières années a provoqué le déplacement de plus d'un million de personnes et poussé plus de 400 000 personnes à trouver refuge dans les pays voisins et près de 400 000 personnes sont des déplacés internes. Par Les difficultés économiques préexistantes se sont amplifiées. Enclavée, la RCA fait partie du peloton de queue des pays les moins avancés (PMA) et figure à la dernière place du classement de l'indice de développement humain (IDH) établi par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Malgré l'élection d'un nouveau gouvernement la Centrafrique reste, selon le Bureau onusien de coordination des affaires humanitaires (OCHA), en proie à une crise humanitaire. La situation sécuritaire se dégradant depuis juin 2016, et d'autant plus depuis mai 2017, les besoins humanitaires demeurent et les déplacements forcés de personnes continuent voire augmentent. Selon l'OCHA, plus de deux millions de personnes se trouvent dans une situation d'insécurité alimentaire sévère.

L'insécurité persistant, il est difficile pour les travailleurs humanitaires d'évaluer concrètement la situation et d'acheminer les aides d'urgence pour les populations dans le besoin. Dans le nord du pays, quatre ONG internationales (Solidarités International, Intersos, Danish Church Aid, et Person in Need Relief Mission) ont décidé de suspendre temporairement leurs actions suite aux nombreuses attaques (pillages, braquages, agressions de personnels) dont elles ont été victimes.

Malgré cette situation, la restauration progressive des infrastructures étatiques a permis de mettre en place des projets de développement ; les perspectives macroéconomiques s'annoncent plus favorables pour 2017 (PIB +4,7% selon le FMI).

CRIMINALITÉ

Le risque criminel est élevé dans ce pays d'Afrique Subsaharienne. Les crimes de rue sont fréquents dans le centre-ville de Bangui ; des gangs armés sévissent dans les quartiers résidentiels.

Il convient de rester prudent et de ne pas faire étalage d'objets de valeur. De manière générale, il convient de ne pas sortir une fois la nuit tombée et d'éviter les quartiers isolés. En voiture, circulez toujours portières verrouillées et fenêtres relevées. Méfiez-vous des barrages. Les ressortissants étrangers sont fréquemment ciblés en raison de leur richesse supposée. Les criminels sont généralement armés ; n'opposez pas de résistance afin d'éviter les violences.

SANTÉ

Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire.

L'infrastructure médicale est limitée, voire inexistante dans certaines zones rurales. À Bangui, des établissements hospitaliers existent mais sont à considérer avec une grande prudence dans le cas d'une condition médicale précaire ou dégradée : une évacuation hors du pays devra être envisagée. Déjà lacunaires à l'époque, les établissements sanitaires sont directement impactés par les conflits civils ; les pannes d'électricité et coupures d'eau sont courantes, l'eau utilisée peut être contaminée, les produits périssables ne sont plus conservés aux températures adéquates, etc. Cela peut induire des diarrhées parfois graves et des épidémies d'hépatites.

Sur le plan sanitaire, la situation est qualifiée de désastreuse par les Nations Unies (PNUD), d'autant que la quasi-totalité des maladies tropicales sont relevées.

La fièvre jaune est endémique au niveau national, en particulier dans les zones rurales. Il est nécessaire de présenter un certificat de vaccination contre la fièvre jaune pour entrer sur le territoire. Le paludisme est également endémique en zones rurales et une recrudescence des cas de la maladie est observée avec le retour de la saison pluvieuse (mai à octobre) ; il est impératif de recourir aux mesures individuelles de protection contre les piqûres de moustiques et de suivre un traitement médicamenteux adapté. Des cas de fièvres hémorragiques de Lassa sont également régulièrement rapportés.

La maladie de la variole du singe (monkey-pox epidemic) sévit de manière endémique en RCA. Il n'existe pas de traitement spécifique contre cette zoonose transmise par les rongeurs ; toutefois, la vaccination contre la variole donne une protection croisée contre la maladie.

L'eau n'est pas potable en RCA. Les maladies diarrhéiques sont chroniques, en particulier pendant la saison humide (mai à octobre). Il est donc indispensable de ne boire que de l'eau décontaminée ou en bouteille, de veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jour.

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire, il est recommandé d'éviter de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

Il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte dans le pays et constitue la première cause de mortalité.

La République centrafricaine est située le long de la "ceinture de la méningite" et est à ce titre régulièrement affectée par des épidémies de méningite à méningocoques entre février et juin. Un vaccin existe contre cette maladie qui peut s'avérer mortelle.  

TRANSPORTS

Le pays souffre dans son ensemble d'infrastructures routières obsolètes, insuffisantes et passablement dégradées, voire inexistantes.

Les trois axes principaux au départ de Bangui sont goudronnés mais en mauvais état sur 100 km vers Mbaïki, 200 km vers Sibut, et sur la plus grande partie du trajet vers Bouar et le Cameroun (piste en latérite entre Baoro et Bouar, travaux de bitumage en cours entre Bouar et la frontière). Durant la saison des pluies (mai à octobre), les routes sont souvent impraticables. 

La dangerosité des axes routiers est accrue par le non-respect du code de la route par les usagers, le non-entretien des véhicules et l'absence de structures de soins. L'absence d'éclairage public et le défaut de signalisation font que tout trajet de nuit doit être banni. Tout accident de la circulation, a fortiori s'il est mortel, peut rapidement dégénérer en émeute violente.

En dehors des agglomérations, tous les déplacements doivent donc se faire de jour, en véhicule tout terrain (4x4) et préférablement en convoi, muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant ; l'approvisionnement en carburant est difficile, aucune station-service n'est en état de fonctionner en province. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et dispose de moyens de télécommunication efficaces. Enfin, il est nécessaire d'être toujours en mesure de pouvoir justifier de son identité (passeport et visa).

Envisager un transport interurbain par la route peut s'avérer périlleux. Les coupeurs de route (bandits) sont toujours actifs, particulièrement dans les zones isolées, systématiquement armés et potentiellement très violents. Des cas d'attaques violentes, d'incendies de véhicules, de carjacking ou encore de prises d'otages ont été signalés.  

Des compagnies aériennes (MINAIR, Via Air, Lapara) desservent les villes de l'intérieur mais uniquement selon la demande et en fonction des conditions de sécurité. Bangui est desservie tous les jours par plusieurs compagnies internationales depuis Douala (Cameroun). Air France assure un vol hebdomadaire sans escale.

INFRASTRUCTURES

En raison de la dégradation du réseau énergétique du fait du dernier conflit, le pays fait face à une importante pénurie d'électricité et de fréquentes coupures d'eau.

Le réseau mobile couvre essentiellement Bangui ainsi qu'un nombre significatif de localités de l'intérieur.

RISQUES NATURELS

La saison des pluies (étirée sur six mois) draine généralement son lot d'inondations, de dégâts pour les infrastructures et de décès.

LÉGISLATION LOCALE

Il est interdit de photographier certaines emprises (bâtiments officiels, aéroports, sites militaires, port pétrolier, maisons d'arrêt, centrales énergétiques, etc.), ainsi que les membres des forces de l'ordre. Il en va de même pour les photos qui porteraient atteinte à l'image du pays (mendicité, scènes obscènes). Il est possible d'obtenir un permis du ministère du tourisme dans le cadre de photographies professionnelles.

Il convient d'être toujours muni de ses papiers (photocopie du passeport, permis de séjour) au risque de se faire arrêter par la police.

Les téléphones satellites doivent être déclarés auprès de l'agence chargée de la régulation des télécommunications (ART) à Bangui ou dans les régions. Les frais pour cette déclaration s'élèvent à 75 euros.

Une taxe de départ de 10 000 FCFA est en vigueur pour tout individu quittant le territoire par un vol international au départ de l'aéroport de Bangui.

Climat

Dans le nord du pays le climat est sahélien. Dans le sud, il est tropical, chaud et humide. La saison des pluies commence en mai et se termine en octobre.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 236 Commissariat central de Bangui: 21 61 13 00

Il n'y a pas de service d'urgence dans le pays.

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises:

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