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Rapports de pays

République centrafricaine Rapport de pays

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INTRODUCTION

La pertinence de tout séjour en République centrafricaine (RCA ; 5,6 millions d'habitants), un des pays les plus pauvres du monde, devra être évaluée à l'aune d'une situation sécuritaire fébrile et d'un environnement sanitaire sinistré. Les conditions sécuritaires sont particulièrement préoccupantes en dehors de la capitale Bangui, en raison de la présence de groupes armés, d'une criminalité importante et d'années d'instabilité politique et de conflits.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

Plusieurs représentations diplomatiques étrangères déconseillent à leurs ressortissants de se rendre en RCA, notamment dans la moitié est du pays, où les affrontements entre groupes armés rivaux et les violences diverses sont récurrents.

SÉCURITÉ

Depuis juin 2016, une recrudescence des violences est observée sur la majeure partie du territoire. Celles-ci se sont accentuées depuis mai 2017. Malgré un accord de cessez-le-feu signé en juin 2017 entre le gouvernement et 13 groupes rebelles (prévoyant notamment que les groupes rebelles se voient accorder une représentation politique au sein du gouvernement), les violences perdurent.

Certaines zones demeurent confrontées à l'insécurité du fait de frictions entre groupes armés non démobilisés (cf. à Bambari dans le centre, à Bria dans le nord-est, à Zémio dans le sud-est, à Bangassou dans le sud-est). Des affrontements violents entre factions rebelles rivales continuent d'être signalés dans ces villes ainsi que dans d'autres localités, engendrant des déplacements de population massifs ainsi qu'un nombre de décès important. De nouvelles milices ont également vu le jour depuis 2017. Les forces onusiennes sont régulièrement confrontées à des milices disposant d'importants stocks d'armes.

Les rebelles de la Séléka, majoritairement Musulmans, et les milices chrétiennes des anti-balaka se sont affrontés pendant près de cinq ans, précipitant le pays dans le chaos.

Par ailleurs, malgré l'intervention de forces régionales, l'est et le sud-est restent exposés aux exactions de la Lord's Resistance Army (LRA - milice ougandaise menée par Joseph Kony), perpétrant des attaques ponctuelles contre la population civile. 

En outre, la situation dans la capitale Bangui (et particulièrement dans le quartier musulman PK5) demeure tendue. Des échanges de tirs, pillages et meurtres interviennent de manière sporadique.

CRIMINALITÉ

Le risque criminel est élevé. Les crimes de rue sont fréquents dans le centre-ville de Bangui ; des gangs armés sévissent dans les quartiers résidentiels. Les criminels sont généralement armés ; n'opposez pas de résistance afin d'éviter toute violence et évitez les mouvements brusques.

Pour minimiser le risque d'être la cible de criminels, il convient de rester prudent en permanence, de ne pas faire étalage d'objets de valeur ou tout autre article qui pourrait attirer l'attention (à noter que les ressortissants étrangers sont fréquemment ciblés en raison de leur richesse supposée), de ne pas sortir une fois la nuit tombée, d'éviter les quartiers isolés et, en voiture, de circuler toujours avec les portières verrouillées et fenêtres relevées. Il convient de se méfier des barrages (légaux ou non), mais de toujours coopérer avec les autorités.  

ENLÈVEMENTS

Le risque d'enlèvement a considérablement augmenté depuis 2015. Des kidnappings sont régulièrement signalés, notamment en dehors de la capitale. Les ressortissants étrangers sont parfois ciblés, en particulier les employés des ONG et des organisations internationales. Une cinquantaine d'enlèvements attribués à la LRA ont eu lieu au premier trimestre 2018.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

L'histoire de la RCA est marquée par une instabilité chronique et des changements de régime soudains.  Un coup d'état en mars 2013 avait plongé le pays dans une crise marquée par des violences exacerbées, engendrant la quasi destruction de l'État. Malgré l'installation d'un nouveau gouvernement, président et parlement, l'instabilité continue de sévir dans la grande majorité du pays, dont une grande partie reste hors du contrôle du gouvernement central (à l'exception de Bangui et de ses environs).

Il est de ce fait impératif de se tenir au courant de l'évolution de la situation et de rester à l'écart de tout rassemblement, susceptible de dégénérer.

Le risque de tension sociopolitique est accru en période électorale. La prochaine élection présidentielle devrait avoir lieu en 2020, les élections législatives en 2021.

CRISE HUMANITAIRE

La poursuite des combats a entraîné une crise humanitaire de grande ampleur et, selon les Nations unies, le nombre de personnes déplacées a augmenté de 72% entre janvier 2017 (402 240 PDI) et janvier 2018 (693 932 PDI). Plusieurs centaines de milliers d'autres ont fui vers les pays voisins. Par ailleurs, selon le Programme alimentaire mondial, plus de 2,5 millions de personnes sont actuellement confrontées à une insécurité alimentaire. Ces conditions ont à leur tour aggravé les difficultés économiques préexistantes et entravent sérieusement le développement du pays.

L'insécurité persistant, il est difficile pour les travailleurs humanitaires d'évaluer concrètement la situation et d'acheminer les aides d'urgence pour les populations dans le besoin. La Centrafrique demeure un des pays les plus dangereux pour les employés d'ONG, ainsi que pour les forces de maintien de la paix onusiennes, régulièrement la cible d'attaques. Dans le nord, diverses ONG internationales ont décidé de suspendre temporairement leurs actions, notamment dans les zones à hauts risques, suite aux nombreuses attaques (pillages, braquages, agressions de personnels) dont elles ont été victimes.

SANTÉ

Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire.

L'infrastructure médicale est limitée, voire inexistante dans certaines zones rurales. À Bangui, des établissements hospitaliers existent mais sont à considérer avec une grande prudence dans le cas d'une condition médicale précaire ou dégradée : une évacuation hors du pays devra être envisagée. Déjà lacunaires à l'époque, les établissements sanitaires sont directement impactés par les conflits civils ; les pannes d'électricité et coupures d'eau sont courantes, l'eau utilisée peut être contaminée, les produits périssables ne sont plus conservés aux températures adéquates, etc. Sur le plan sanitaire, la situation est qualifiée de désastreuse par les Nations Unies (PNUD).

L'eau n'est pas potable en RCA. Les maladies diarrhéiques sont chroniques, en particulier pendant la saison humide (mai à octobre).

Diverses maladies transmises par les moustiques sont présentes, notamment dans les zones rurales et pendant la saison des pluies (de mai à octobre), dont la fièvre jaune et le paludisme. Il est nécessaire de présenter un certificat de vaccination contre la fièvre jaune pour entrer sur le territoire.

La maladie de la variole du singe (monkey-pox epidemic), généralement transmise par contact avec des animaux infectés, mais occasionnellement par un contact interhumain, est endémique en RCA.

Il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte et constitue la première cause de mortalité.

La République centrafricaine est située le long de la "ceinture de la méningite" et est à ce titre régulièrement affectée par des épidémies de méningite à méningocoques entre février et juin.

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire ou bactériale, il convient d'éviter tout contact avec des plans d'eau douce (lacs, rivières) et de marcher pieds nus à l'extérieur.

TRANSPORTS et INFRASTRUCTURES

Le pays souffre dans son ensemble d'infrastructures routières obsolètes, insuffisantes et passablement dégradées, voire inexistantes. Les trois axes principaux au départ de Bangui sont goudronnés mais en mauvais état sur 100 km vers Mbaïki, 200 km vers Sibut, et sur la plus grande partie du trajet vers Bouar et le Cameroun (piste en latérite entre Baoro et Bouar, travaux de bitumage en cours entre Bouar et la frontière). Durant la saison des pluies (mai à octobre), les routes sont souvent impraticables. 

La dangerosité des axes routiers est accrue par le non-respect du code de la route par les usagers, le non-entretien des véhicules, l'absence d'éclairage public, le défaut de signalisation et l'absence de structures de soins.

En dehors des agglomérations, tous les déplacements doivent se faire de jour, en véhicule tout terrain (4x4) et préférablement en convoi, muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture, en carburant, de pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et de télécommunication efficaces.

Tout accident de la circulation, a fortiori s'il est mortel, peut rapidement dégénérer en émeute violente.

Des coupeurs de route (bandits) sont présents, particulièrement dans les zones isolées, systématiquement armés et potentiellement très violents. Des cas d'attaques violentes, d'incendies de véhicules, de carjacking ou encore de prises d'otages ont été signalés.  

En raison de la dégradation du réseau énergétique du fait du dernier conflit, le pays fait face à une importante pénurie d'électricité et de fréquentes coupures d'eau.

Le réseau mobile couvre essentiellement Bangui ainsi qu'un nombre significatif de localités de l'intérieur.

RISQUES NATURELS

Les inondations sont fréquentes pendant la saison des pluies annuelle (de mai à octobre) et peuvent entraîner des dommages matériels importants, des perturbations dans les transports (routes et ponts endommagés) et des décès, en particulier dans le sud.

Des feux de forêt peuvent avoir lieu pendant la saison sèche (de décembre à avril) ou être délibérément déclenchés pour défricher des terres ou brûler des ordures. Cela peut entraîner une visibilité réduite et des perturbations dans les transports en raison de la fumée.

Le nord est particulièrement chaud et sec, et soumis aux vents de l'Harmattan, charriant la poussière du désert du Sahara (généralement de décembre à mars).

LÉGISLATION LOCALE

Il est interdit de photographier certaines emprises (bâtiments officiels, aéroports, sites militaires, port pétrolier, maisons d'arrêt, centrales énergétiques, etc.), ainsi que les membres des forces de l'ordre. Il en va de même pour les photos qui porteraient atteinte à l'image du pays (mendicité, scènes obscènes).

Il convient d'être toujours muni de ses papiers (photocopie du passeport, permis de séjour) et de coopérer avec la police en cas d'arrestation. Ne pas être en mesure de fournir ses papiers d'identités peut conduire à une arrestation.

Une taxe de départ de 10 000 FCFA est en vigueur pour tout individu quittant le territoire par un vol international au départ de l'aéroport international de Bangui-M'Poko (BGF).

Climat

Dans le nord du pays le climat est sahélien. Dans le sud, il est tropical, chaud et humide. La saison des pluies commence en mai et se termine en octobre.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 236 Commissariat central de Bangui: 21 61 13 00

Il n'y a pas de service d'urgence dans le pays.

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: