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Rapports de pays

Sénégal Rapport de pays

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INTRODUCTION

Le Sénégal (14 millions d'habitants) demeure début 2017 une des plus stables démocraties d'Afrique francophone et un pays à la situation sécuritaire globalement satisfaisante. Le pays ne souffre pas de tensions religieuses (95% de la population est musulmane mais le pays est laïc) ou ethniques.

SÉCURITÉ

Suite à l'amélioration de la situation sécuritaire en Casamance, les autorités diplomatiques françaises considèrent qu'il est désormais possible de se rendre dans cette région du sud sénégalais enclavée entre la Gambie et la Guinée-Bissau, en faisant preuve d'une vigilance renforcée. Depuis les années 1980 la rébellion du MFDC (Mouvement des forces démocratiques de Casamance) réclame plus d'autonomie. Bien que les attaques (en général uniquement contre les forces de l'ordre sénégalaises) soient exceptionnelles depuis maintenant presque deux ans, des affrontements spontanés sont toujours possibles. La région est par ailleurs minée, notamment près de Ziguinchor et Sédhiou, et les trajets hors des grands axes et des sentiers battus sont à éviter. La zone délimitée par le littoral, la route Zinguinchor-Cap Skiring et le fleuve Casamance est quant à elle fréquentable.

La bande frontalière avec le Mali et une partie de la frontière avec la Mauritanie (jusqu'à Ndioum) sont déconseillées sauf raison impérative, en raison de la situation qui prévaut au Sahel et la présence de groupes islamistes terroristes dans la zone (dont Al-Qaïda au Maghreb Islamique), responsable ces dernières années d'enlèvements d'Occidentaux notamment en Mauritanie, au Mali ou encore au Niger.

TERRORISME

Eu égard à l'intervention militaire française au Mali, engagée depuis janvier 2013, et à la participation de la France à la coalition internationale contre le groupe terroriste « Etat Islamique » (EI) en Irak (qui menace explicitement les intérêts français), les Français sont invités à une vigilance accrue à l'encontre de tout comportement suspect, sur l'ensemble du territoire.

Les récentes attaques qui ont endeuillé la Côte d'Ivoire (Grand-Bassam, mars 2016), le Burkina Faso (Ouagadougou, janvier 2016) et le Mali (Bamako, novembre 2015) sont venus rappeler que l'Afrique de l'Ouest est désormais une terre de prédilection pour les djihadistes sahéliens qui n'hésitent plus à frapper au cœur des capitales les lieux fréquentés notamment par une clientèle locale huppée et des étrangers.

Il est ainsi conseillé de faire profil bas et de se montrer prudent dans les lieux publics, près des installations gouvernementales et plus particulièrement dans les endroits fréquentés par les étrangers.

La sécurité des emprises officielles françaises au Sénégal, en particulier celles qui reçoivent du public, de même que la plupart des enceintes diplomatiques occidentales font l'objet d'un renforcement préventif des mesures de sécurité (contrôle strict des visiteurs, protection armée, interdiction de stationner à proximité). De même, la sécurité a été sensiblement renforcée aux abords des grands établissements hôteliers de la capitale.

CRIMINALITÉ

Le visiteur étranger notera l'existence d'un risque criminel à Dakar. Le risque est accru une fois la nuit tombée et dans certains lieux notamment sur la corniche ouest (notamment au niveau de Fann et de Fenêtre Mermoz), place de l'indépendance dans le quartier historique du Plateau, sur les plages et à l'aéroport. Il est préférable de se faire accueillir par quelqu'un de confiance à l'aéroport et de s'assurer, préalablement au départ, de disposer de son nom, de ses coordonnées et de sa photo ; de faux « chauffeurs » ayant été appréhendés autour de l'enceinte aéroportuaire. Les habituelles consignes de prudence sont de mise en toutes circonstances pendant le séjour: éviter de circuler à pied le soir dans des lieux isolés, ne pas porter d'objets de valeurs, ne pas résister à son agresseur, circuler portières verrouillées et vitres remontées etc. Les autorités françaises précisent en outre que la prudence doit être de mise dans les lieux touristiques (Saly, Lac rose…), où les agressions ne sont pas rares, certaines avec violence. En province, des vols et des cambriolages, parfois avec agression, sont signalés dans la région au sud de Dakar (de la Somone à Joal).

Ces actes criminels, principalement orientés contre les biens (vols, cambriolages, car-jacking etc.) et en croissance ces dix dernières années, sont souvent liés à la précarité de la situation socio-économique et parfois à la consommation de drogues. Les mois d'octobre et novembre 2016 ont été marqués par une recrudescence de l'insécurité, notamment de cas de meurtres, essentiellement à Dakar et dans sa périphérie. On observe généralement une hausse des actes criminels à l'approche des fêtes de fin d'année et de la Tabaski (fin du Ramadan), des périodes où les Sénégalais manquent de liquidités.

Dans un autre registre, des arnaques ainsi que des fraudes à la carte bancaire sont régulièrement recensées dans le pays.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

Les manifestations à caractère socio-politique sont fréquentes au Sénégal et peuvent parfois se muer en affrontements violents entre manifestants et forces de l'ordre. En octobre 2016, le Front pour la défense du Sénégal regroupant les principaux partis d'opposition a organisé une grande manifestation pour dénoncer la gouvernance économique et sociale de Macky Sall ainsi que le manque de transparence dans la gestion des dossiers gaziers. Cette manifestation, la première autorisée depuis plusieurs mois au Sénégal a été marquée par des arrestations et des affrontements avec les forces de l'ordre. Il convient de se tenir à l'écart de tout rassemblement.

À Dakar, la place de l'indépendance, la place de l'obélisque, l'université Cheikh Anta Diop constituent les habituels points de rassemblements.

Les voyageurs à destination du Sénégal relèveront également que des coupures de courant (plusieurs heures chaque jour) sont possibles, notamment l'été, y compris à Dakar. Les coupures d'eau et d'électricité provoquent régulièrement la colère d'usagers mécontents qui peuvent s'adonner à des actes de vandalisme contre les locaux des fournisseurs des services concernés (Sénélec par exemple).

Les manifestations d'étudiants et de professeurs en lien avec les frais de scolarité, le non-versement de bourses ou divers problèmes d'enseignements, sont fréquentes dans les universités, à l'image de celles organisées début 2018.

Les élections législatives ont été organisées en juillet 2017 ; la situation politique est calme en général dans le pays mais peut se tendre à l'approche d'un scrutin. Tel a été le cas lors de ce scrutin qui a vu s'affronter le parti du président actuel Macky Sall, Benno Bokk Yakaar, le parti de la coalition d'opposition, le Manko Taxawu Sénégal (MTS) de Khalifa Sall, maire de Dakar, emprisonné depuis mars, et le parti de l'ancien président Abdoulaye Wade, Wattu Senegal, rentré au Sénégal pour ces élections. Celles-ci ont finalement été remportées par le parti de Macky Sall, ce qui devrait renforcer le soutien pour sa probable candidature en vue d'une réélection aux élections présidentielle de 2019. Toutefois, le gouvernement est accusé de fraudes lors du dernier scrutin ; certains partis d'opposition ont appelé à boycotter les futurs rendez-vous électoraux.

De plus, le climat politique est de plus en plus tendu début 2018, notamment en raison du procès de Khalifa Sall. Ce dernier est en prison depuis mars 2017 (accusations de détournement de fonds) mais a été élu au parlement en juillet 2017, sans pouvoir siéger. Le 25 novembre 2017, l'Assemblée nationale a levé l'immunité parlementaire pour permettre au procès de Sall de se poursuivre, incitant ses partisans à manifester devant l'Assemblée nationale à Dakar. Les audiences ultérieures de son procès ont également provoqué de violentes manifestations aux alentours du palais de justice de Dakar entre les manifestants et la police. Le verdict de son procès devrait être rendu le 30 mars. Des manifestations et une présence sécuritaire renforcée sont à prévoir dans les jours qui précèdent et suivent l'annonce. Les tensions peuvent être particulièrement élevées si Sall est reconnu coupable.

TRANSPORTS

Les liaisons aériennes intérieures sont assurées, selon la demande, par de petites compagnies aériennes privées, à capacité limitée de passagers. Ces liaisons ne sont pas régulières.

Le risque d'accident de la circulation augmente sensiblement une fois la nuit tombée. Il est conseillé de se montrer particulièrement vigilant la nuit. Les accidents de la route sont nombreux et souvent mortels ; la présence de bétail sur les axes secondaires, le comportement erratique des conducteurs et le mauvais entretien des véhicules sont autant de facteurs à prendre en compte. Les déplacements interurbains sont possibles mais toujours déconseillés de nuit. Si les grands axes routiers entre les villes principales du Sénégal sont en général en bon état, certains peuvent aussi être dégradés (entre Fatick et Tambacounda, voire jusqu'à Kindira). Certains axes comportent des ralentisseurs ou « gendarmes couchés » particulièrement imposants (Dakar-Thiès), qui imposent une vitesse très faible. En raison du risque d'embourbement et d'accident, il convient de ne pas emprunter les pistes pendant la saison des pluies (juillet à octobre).

En raison du risque terroriste prévalant dans le pays, les autorités sénégalaises ont décidé de renforcer les contrôles routiers et d´identité par la gendarmerie et la police, notamment sur les principaux axes routiers à Dakar et dans les zones touristiques. Il est de ce fait impératif de circuler avec son passeport et de se conformer à ces contrôles dans le strict respect dû aux forces de l'ordre.

SANTÉ

Sur le plan sanitaire, les risques sont à considérer avec sérieux.

Les maladies transmises par les piqûres de moustiques sont nombreuses et imposent le recours à des mesures strictes de protection individuelle. Tout le pays est impaludé ; toutefois, le risque est moindre de janvier à fin juin dans les régions du Centre-ouest. La dengue est également endémique au Sénégal où elle sévit essentiellement pendant et après la saison des pluies. Le chikungunya circule également dans le pays. La vaccination contre la fièvre jaune n'est plus obligatoire pour entrer au Sénégal, sauf pour les passagers provenant de zones d'endémie amarile. Toutefois, au vu de l'existence d'une circulation active du virus amarile, et de la présence de vecteurs capables d'activer une transmission, il est très fortement recommandé d'être à jour de la vaccination contre la fièvre jaune. Dans la pratique, il peut arriver que les autorités sanitaires sénégalaises exigent, à la frontière, la présentation du carnet de vaccination international, même pour des passagers en provenance de pays européens.

Les maladies diarrhéiques constituent un risque sérieux pour tout voyageur étranger. Afin d'éviter toute contamination, il convient de se laver les mains soigneusement plusieurs fois par jour, de noter que l'eau n'est pas potable et que la consommation de fruits ou de légumes crus est à éviter. La fièvre typhoïde demeure endémique, y compris à Dakar. Les crustacés ramassés dans des zones polluées par des eaux usées sont une importante source de contamination. Le vibrion cholérique circule dans le pays et des cas de choléra sont régulièrement recensés dans certaines régions du Sénégal, avec des pics épidémiques certaines années.

Le pays est situé dans la ceinture de la méningite. De ce fait, la vaccination (vaccin tétravalent A, C, Y, W135) est fortement recommandée aux personnes souhaitant se rendre dans le Sénégal central et oriental pendant la saison sèche (de janvier à juin). Cette recommandation s'applique principalement aux personnes devant avoir un contact avec des personnes malades ou des enfants.

La rage circule dans le pays. Il convient de ne pas s'approcher des animaux.

En 2014, l'ONU SIDA estimait que le taux de prévalence du VIH-SIDA chez les adultes de 15 à 49 ans était de 0,5%.

A noter que si les installations médicales sont convenables dans la capitale Dakar, elles le sont moins dans le reste du pays.

La possession de certains médicaments, en particulier les hypnotiques et les antidépresseurs, doit pouvoir être justifiée par une ordonnance, sous peine de se voir accusé de détention de produits stupéfiants. Il est de ce fait impératif de conserver les médicaments dans leurs emballages d'origine avec les ordonnances correspondantes.

RISQUES NATURELS

Entre juillet et octobre, la saison des pluies donne lieu à des précipitations diluviennes pouvant entraîner d'importantes inondations et glissements de terrain. Certains axes routiers sont alors rendus impraticables. D'importantes inondations ont affecté plusieurs quartiers de Dakar fin août 2016.

DIVERS

Depuis le 1er mai 2015, le visa biométrique a été supprimé pour toute entrée au Sénégal pour les ressortissants français et britanniques. Il suffit simplement de présenter un passeport valide jusqu'à six mois après la date d'entrée sur le territoire. Au-delà de 90 jours de séjour, une « carte de résident » est obligatoire et doit être demandée aux services de la direction de la police des étrangers et des titres de voyage. Pour les ressortissants d'autres pays, il convient de se rapprocher des autorités consulaires compétentes en la matière.

Climat

La chaleur est constante toute  l'année. La saison des pluies s'étend de juillet à septembre avec parfois des tornades. Le reste de l'année (octobre à juin) est sec. Entre décembre et février, l'harmattan, vent sec et brûlant venu du Sahara, souffle régulièrement.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 221 Police (Dakar): 33 823 71 49 ou 33 823 25 29 SAMU: 33 824 24 18

Electricité

Voltage: 230 V ~ 50 Hz

Prises: