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Rapports de pays

Sierra Leone Rapport de pays

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INTRODUCTION

Ce petit pays d'Afrique de l'Ouest (6,4 millions d'habitants) reste marqué par deux ans d'épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

Tandis que les autorités britanniques n'émettent plus de réserves pour tout voyage en Sierra Leone, les autorités françaises déconseillent toujours de se rendre dans l'Est du pays, le long de la frontière libérienne, sauf pour raisons impératives.

TERRORISME

La menace terroriste demeure très faible. Toutefois, l'Afrique de l'Ouest ayant été victime de diverses attaques (Côte d'Ivoire, Mali, Burkina Faso, etc.), les voyageurs doivent rester prudent, notamment dans les lieux touristiques fréquentés (hôtels et restaurants de standing, cafés et stations balnéaires). Les autorités britanniques considèrent que la menace est en hausse, en particulier contre leurs intérêts dans le pays, en raison de leur implication dans les conflits en Irak et en Syrie.

SÉCURITÉ

L'est de la Sierra Leone peut demeurer dangereux du fait de la présence de milices libériennes issues de la guerre civile au Libéria (1989-2003). Des combats sporadiques dans cette zone ont été rapportés depuis la fin des conflits ayant impliqués les deux pays.

Par ailleurs, le crime organisé s'est développé dans la région, avec une intensification des trafics d'armes et de drogues. L'Afrique de l'Ouest est devenue une zone de transit, de consommation et de production de drogues. D'importantes saisies ont régulièrement lieu. Les pays de la région, dont la Sierra Leone, se sont engagés dans un programme de lutte contre le trafic de drogue et le crime organisé. Un plan opérationnel a été adopté en ce sens. Celui-ci prévoit l'établissement de patrouilles mixtes aux frontières, un renforcement de l'échange d'informations et l'organisation de formations conjointes. La surveillance des frontières amoindrira en outre le risque d'incursions armées et les violences frontalières, s'il devait y en avoir.

RISQUE SOCIOPOLITIQUE

La Sierra Leone est un exemple de reconstruction post-conflit et de consolidation de la paix. Trois élections démocratiques ont eu lieu depuis la fin de la guerre civile en 2002.

Toutefois, l’État demeure fragile ; le pays déplore une impunité persistante, des services publics quasi-inexistants, un taux de chômage important en particulier chez les jeunes (43% de la population a moins de 14 ans et 65 % des jeunes sont sans emploi), un trafic de drogue orienté à la hausse, ainsi qu'une faible cohésion nationale.

Du fait du taux de chômage particulièrement élevé chez les jeunes et de l'extrême pauvreté (52,9% de la population vit sous le seuil de pauvreté), des mouvements de contestations peuvent se produire.

À l'approche de la fin de son second mandat, le Président Koroma fait face à des critiques. Les élections présidentielles et législatives sont prévues pour le 7 mars 2018. La campagne officielle a été lancée le 4 février. Il est conseillé d'éviter les rassemblements politiques.

Par précaution, il est indispensable de se tenir informé de l'évolution de la situation et de demeurer systématiquement à l'écart de tout rassemblement.

RISQUE SOCIO-ÉCONOMIQUE / SITUATION HUMANITAIRE

Depuis la fin de la guerre civile, la Sierra Leone connaît une croissance économique parmi les plus dynamiques du monde et a fait des progrès significatifs.

Cependant, l'épidémie de fièvre hémorragique virale Ebola, qui a sévi dans le pays du printemps 2014 à 2016 (4000 morts), a eu d'importantes répercussions économiques et sociales, impactant les perspectives économiques du pays défavorables sur le moyen terme. La croissance estimée à +20,7% en 2013, a connu une chute vertigineuse en 2015 (PIB -21,5%). Le système de santé s'est effondré. L'économie a été fortement affectée par les mesures de quarantaine, les restrictions dans les déplacements internationaux, la fermeture des marchés, la perturbation des activités agricoles et le ralentissement de l'activité minière (essentielle au pays) en raison du départ des travailleurs étrangers craignant de contracter la maladie.

Toutefois, avec la fin de l'épidémie annoncée par l'OMS en mars 2016, les perspectives de redressement économique réapparaissent ; le climat des affaires reste dynamique et de nombreuses entreprises sont de nouveau opérationnelles. Il faudra néanmoins encore attendre plusieurs années pour que la Sierra Leone retrouve le chemin - dans lequel elle s'était engagée après la guerre civile - de la stabilité et la croissance.

CRIMINALITÉ

Bien que Freetown soit l'une des capitales les plus sûres d'Afrique de l'Ouest, la criminalité est à surveiller et est en augmentation ces dernières années, s'étirant de la petite délinquance de rue (pickpocketing, vols à l'arrachée, etc.) à une violence armée plus alarmante (cambriolages, carjackings, etc.) ciblant notamment les expatriés ou voyageurs d'affaires, en raison de leur richesse supposée. Les vols dans les chambres d'hôtels sont fréquents. Les zones de Congo CrossWilkinson RoadLumley Beach et Aberdeen sont les plus touchées. Il est recommandé d'éviter de se promener, surtout la nuit, dans les quartiers du nord-est de Freetown et sur le port. La criminalité tend à augmenter pendant la période de Noël en raison de l'afflux de visiteurs, essentiellement issus de la diaspora.

Le phénomène des gangs est lui aussi en augmentation dans la capitale, un fait qu'il convient de prendre en compte au vu du risque de désordre public qu'il peut engendrer.

En tout état de cause, il est recommandé de faire profil bas, de ne pas porter d'objets de valeur sur soi. Il est préférable d'éviter de se déplacer la nuit dans la ville, surtout sur les plages. En cas d'agression, il convient de n'opposer aucune résistance à l'agresseur. Il convient de rouler avec les portières verrouillées et les vitres relevées.  

SANTÉ

Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire, ce dernier étant fortement recommandé en cas de problème de santé grave ou présentant un caractère urgent.

Un certificat de vaccination contre la fièvre jaune est exigé à l'entrée du pays pour tous les voyageurs. Par ailleurs, la fièvre de Lassa est endémique dans l'est du pays, avec un risque accru entre février et avril. Un antiviral est disponible pour la fièvre Lassa mais reste très inadapté à la situation du terrain. Concernant le paludisme, endémique au niveau national, il est impératif d'avoir recours à des mesures de protections individuelles contre les piqûres de moustiques et à un traitement médicamenteux adapté. Le pays présente l'un des taux de prévalence du paludisme les plus élevés au monde.

L'eau courante n'est pas potable ; les maladies diarrhéiques sont chroniques en Sierra Leone. Il est donc indispensable de ne boire que de l'eau décontaminée ou en bouteille, de veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jour.

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire, il est recommandé d'éviter de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

En outre, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte dans le pays.

Le vaccin contre la rougeole est fortement conseillé, de nombreux cas étant répertoriés dans le pays. En juin 2016, une épidémie a frappé le pays (4 800 cas enregistrés ; dont 20 mortels). La rougeole est une maladie virale extrêmement contagieuse qui constitue l'une des principales causes de mortalité des jeunes enfants à l'échelle mondiale. Elle se transmet par les postillons (toux) ou les éternuements d'une personne infectée.

La maladie à virus Ebola a particulièrement et sévèrement touché la Sierra Leone au cours de la plus importante épidémie jamais enregistrée depuis l'identification de la maladie en 1976. Entre mars 2014 et février 2016, 14 122 cas ont été enregistrés en Sierra Leone entraînant 3 955 décès. Le 17 mars 2016, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé la fin de l'épidémie. Le virus Ebola s'introduit dans la population humaine par contact étroit avec le sang, les sécrétions, les organes ou les liquides biologiques d'animaux infectés. Il se transmet ensuite par contact interhumain et est très contagieux pendant la phase hémorragique. La fièvre hémorragique à virus Ebola se caractérise par l'apparition d'une fièvre violente, une asthénie, des douleurs articulaires, musculaires et des maux de tête. Ces symptômes sont suivis de vomissements, de diarrhées, d'éruptions cutanées, d'insuffisance rénale et hépatique et, dans certains cas, d'hémorragies internes et externes. Il est recommandé de ne pas consommer de viande de brousse, de manipuler les animaux avec des gants et porter des vêtements protecteurs adaptés. Les produits (sang et viande) doivent être cuits soigneusement avant d'être consommés. Il est impératif de limiter les contacts avec les personnes malades et avec leurs objets personnels et de veiller à une hygiène stricte (lavage fréquent et soigneux des mains et des surfaces).

Enfin, notons que les infrastructures hospitalières publiques sont insuffisantes et généralement peu fiables. L'épidémie Ebola a décimé une partie des personnels soignants, en première ligne dans le combat contre la maladie.  En cas de nécessité, il est préférable de se diriger vers des structures de soin privées, tout en privilégiant, dès que possible, l'évacuation vers un pays mieux pourvu en la matière.

RISQUES NATURELS

La capitale Freetown est régulièrement affectée par des pluies torrentielles entre mars et juillet. Le manque d'infrastructures adéquates empêche la bonne évacuation des eaux. En conséquence, les zones basses de la ville ainsi que les grands axes routiers sont souvent inondés et impraticables. Par ailleurs, les structures construites sur les collines sont également touchées. Des coulées de boues et des effondrements de bâtiments sont fréquents pendant cette période.

Il est recommandé de se familiariser avec les zones à risque et de rouler en véhicule tout terrain (4x4).

TRANSPORTS

Plusieurs compagnies internationales assurent les liaisons aériennes vers l'Europe ou d'autres capitales africaines. Il n'existe pas de vols intérieurs. Des mesures de contrôle sanitaire sont appliquées au départ de Freetown en raison de la récente épidémie d'Ebola.

Depuis l'aéroport, l'accès à la capitale est difficile. Par la route, le trajet peut prendre entre quatre et cinq heures. Un navire hydroglisseur peut assurer la liaison mais ne fonctionne que quelques semaines par an. Un ferry relie l'aéroport à la capitale mais il est souvent surchargé et le temps d'attente est très long. Enfin, la traversée peut être faite grâce à un bateau « hors-bord », à la sécurité / régularité sujettes à caution. Les chancelleries occidentales déconseillent formellement tout trajet en pirogue.

Malgré un effort d'aménagement, le pays souffre dans son ensemble - à l'exception de Freetown et sa péninsule, du Nord et de l'Ouest où les routes sont goudronnées - d'infrastructures routières obsolètes, insuffisantes et dégradées. Durant la saison des pluies (mars à juillet), les routes sont souvent impraticables.

La dangerosité des axes routiers est accrue par le non-respect du code de la route par les usagers, le non-entretien des véhicules et l'absence de structures de soins. L'absence d'éclairage public et le défaut de signalisation font que tout trajet de nuit doit être banni. Tout accident de la circulation a fortiori s'il est mortel peut rapidement dégénérer en émeute violente. En cas d'accident il convient de ne pas sortir du véhicule et de se rendre immédiatement dans le commissariat le plus proche.

À Freetown et dans le reste du pays, en raison du risque de vols dans les embouteillages, il est recommandé de veiller à ce que les portes du véhicule soient fermées et les vitres relevées.

Des enfants érigent souvent des barrages au milieu de la route afin de demander de l'argent. Cela est plus fréquent durant les week-ends sur les routes conduisant aux stations balnéaires. Si vous indiquez ne pas vouloir vous arrêter, la voie sera libre.

L'usage des transports publics est fortement déconseillé.

En dehors des agglomérations, tous les déplacements doivent donc se faire de jour, en véhicule tout terrain (4x4), et préférablement avec les services d'un chauffeur expérimenté, si possible en convoi, muni de la seule carte routière disponible à Freetown, ainsi que de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et dispose de moyens de télécommunication efficaces.

Il convient, enfin, d'obtempérer à tout barrage érigé par les forces de sécurité. Les contrôles ne sont pas fréquents mais très consciencieux. Il est donc préférable d'être muni de tous les documents personnels ainsi que de ceux du véhicule.

LÉGISLATION LOCALE

La majorité de la population pratique un Islam tolérant. Il est recommandé de respecter les coutumes et d'avoir une tenue décente.

L'homosexualité est illégale en Sierra Leone.

Les diamants, dont le pays est un important producteur, ne peuvent quitter le territoire sans une licence d'exportation. C'est le ministère des ressources minérales qui délivre ces licences.

Climat

Le climat est tropical humide avec des différences climatiques entre la côte et les régions montagneuses. Les températures sont élevées toute l'année avec un fort taux d'humidité. La saison des pluies débute en avril-mai avec de violents orages et de forts vents, et se termine en novembre. Les précipitations sont les plus importantes en été (juillet à septembre) notamment dans le sud. L'intérieur est moins arrosé que la côte qui est souvent inondée. Freetown, la capitale du pays, située en hauteur, échappe aux inondations. Lors de la saison sèche (décembre à mars), les journées sont chaudes et ensoleillées. Les vents marins diminuent la chaleur sur la côte et l'harmattan, vent chaud et sec venu du Sahara, réduit l'humidité à l'intérieur du pays.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 232 Police: 999

Electricité

Voltage: 230 V ~ 50 Hz

Prises: