Retour

Rapports de pays

Somalie Rapport de pays

Survol

INTRODUCTION

La Somalie (10,8 millions d'habitants), pays en faillite de la Corne de l'Afrique où le gouvernement ne dispose que d'une autorité nominale sur une portion minime du territoire, demeure une destination à très haut risque.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

Pour l'ensemble des chancelleries occidentales, tout déplacement en Somalie est formellement déconseillé du fait des conditions sécuritaires extrêmement dégradées. Cette recommandation s'applique également à la République auto-proclamée du Somaliland (régions d'Awdal, Woqooyi Galbeed, Togdheer, ouest-Sanaag, ouest-Sool).

Malgré l'absence d'attaque au large des côtes somaliennes ces dernières années, la navigation de plaisance et le mouillage dans cette zone sont à proscrire. Des incidents de piraterie s'étaient multipliés en 2017 au large (neuf incidents enregistrés ; deux de plus qu'en 2016). En novembre 2017, un porte-conteneurs a été attaqué, sans succès, par des pirates armés à environ 280 milles nautiques à l'est de Mogadiscio. Cela démontre que les pirates somaliens conservent l'intention et la capacité d'attaquer des navires à des centaines de kilomètres au large des côtes.

SÉCURITÉ

La situation intérieure de cet État pauvre et fragile demeure extrêmement chaotique et le contexte sécuritaire particulièrement sinistré après 25 ans de guerre civile, laissant le pays exsangue et en proie à de graves violences récurrentes (cf. éruptions de violences intercommunautaires).

Dans le centre et le Sud, des éléments insurgés contre le gouvernement mènent régulièrement des opérations de guérilla contre les forces de sécurité, les fonctionnaires, les infrastructures (cf. aéroports, bâtiments hébergeant diplomates et personnels humanitaires). Parmi les zones les plus exposées, relevons Mogadiscio et ses environs, les régions frontalières du Kenya et de l'Ethiopie, ou encore les localités de Kismayo, Merka, Baidoa et Beledweyne.

La situation sécuritaire dans la province autonome du Puntland (nord-est ; régions de Bari, Nugal, Nord-Mudug, Est-Sanaag, Est-Sool) demeure instable. Des affrontements armés, la présence des militants d'Al-Shabaab, les trafics d'êtres humains, les enlèvements, la criminalité liée à la piraterie, ainsi que des tensions politiques participent à ce contexte sécuritaire très dégradé. Des militants ont prêté allégeance au groupe État Islamique (EI). Le groupe pro-EI a affirmé avoir organisé des exécutions dans la région de Basse Shebele. Ces attaques n'ont pas été confirmées par d'autres sources fiables.

La province sécessionniste du Somaliland (dans le nord-ouest) n'est pas exempte de ces divers tourments sécuritaires. La présence de miliciens islamistes est avérée, le risque d'attentats est de ce fait élevé, y compris à Hargeysa, le chef-lieu de la province.

Par ailleurs, des tensions existent entre le Somaliland et le Puntland concernant la délimitation de la frontière dans les régions de Sool et Sanaag. Les tensions ont augmenté en janvier 2018, suivant l'occupation de la ville de Tukarak dans la région de Sool par les forces du Somaliland, chassant les forces du Puntland de la région. Plusieurs affrontements mineurs ont eu lieu en janvier 2018 alors que les deux camps déployaient des soldats autour de Tukarak.

Journalistes et personnels humanitaires sont notoirement visés par les kidnappings, les actes terroristes et les assassinats, et ce sur l'ensemble du territoire.

TERRORISME

Un quart de siècle de conflits a favorisé la prolifération de groupes islamistes fondamentalistes. Depuis 2006, la Somalie est confrontée à une menace incarnée par Al-Shabaab, un groupe terroriste créé en réponse aux opérations militaires éthiopiennes en lutte contre les groupes islamistes. Bien qu'ayant prêté allégeance à Al-Qaida en 2012, la présence de plus en plus importante de l'EI, notamment dans le nord du pays, attire désormais les membres les plus jeunes d'Al-Shabaab, nourrissant un conflit interne.

Si la mission africaine de maintien de la paix (AMISOM) opérant dans le pays depuis 2007 a libéré plusieurs centres urbains, Al-Shabaab contrôle toujours de larges pans du Sud et du Centre. Les régions frontalières du Kenya et de l'Ethiopie ainsi que les localités de Kismayo, Merka, Baidoa, Beledweyne ou encore la capitale Mogadiscio et ses environs, sous un contrôle relatif du gouvernement central, sont quant à elles les cibles récurrentes d'attaques de la part d'Al-Shabaab. La présence des forces gouvernementales et de soldats de l'AMISOM ne garantit en rien la sécurité dans ces zones.

Des attentats (assassinats ciblés, engins explosifs improvisés, jets de grenade, attentats à la voiture piégée, commandos suicide) sont régulièrement perpétrés à Mogadiscio. Les symboles du pouvoir du gouvernement central (parlementaires, établissements militaires, ministères, etc.) sont particulièrement ciblés par le groupe terroriste.

Les hôtels et restaurants fréquentés par les hauts fonctionnaires, les membres des forces de l'ordre en repos sont souvent visés. Dans la nuit du 14 juin 2017, des militants d'Al-Shabaab ont fait exploser un véhicule piégé à l'extérieur de deux restaurants très fréquentés de la capitale. Suite à l'explosion, six militants ont pris en otage plusieurs personnes et se sont barricadés dans un des deux restaurants. Au moins 19 personnes ainsi que cinq soldats ont été tués, ainsi que tous les assaillants impliqués dans l'attentat après que les forces de l'ordre aient sécurisé le secteur (11 heures plus tard). Le nombre engin explosif improvisé embarqué à bord d'un véhicule, ainsi que les assassinats ciblés ont augmenté ces derniers mois dans la capitale. Le 14 octobre 2017, un engin explosif a explosé devant l'hôtel Safari dans le district de Hodan à Mogadiscio, tuant plus de 300 personnes et en blessant plus de 500.

ENLÈVEMENT 

Le risque d'enlèvement est extrêmement élevé sur l'ensemble du territoire, tout particulièrement à Mogadiscio ainsi que dans le Sud et le Centre. Les ressortissants étrangers sont des cibles prisées par les groupes armés, animés par des motivations politiques ou crapuleuses. Par ailleurs, des gangs liés à la piraterie maritime ont également recours à ce genre de pratiques et n'hésitent pas à s'attaquer sur terre aux visiteurs étranger ; cela est essentiellement le cas dans la province de Mudug (triangle Harardhere, Galkayo, Garaad). Le 23 février 2017, trois personnes travaillant pour l'association humanitaire 'Save the Children' avaient été enlevées avec leur conducteur près de Beledweyne (dans la région de Hiraan). Entre le 15 et 21 juillet, dix agents locaux d'organisations humanitaires avaient été enlevés par Al-Shabaab dans des incidents indépendants près de Baidoa (région de la Baie) et de Farlibaax (région de Hiraan). Ces kidnappings avaient un but crapuleux.

CRIMINALITÉ

La criminalité est importante sur l'ensemble du territoire, en lien direct avec le contexte général d'insécurité prévalent en Somalie. Les assassinats, vols à main armée, les enlèvements et l'extorsion sont monnaie courante.

PIRATERIE MARITIME

Le premier acte de piraterie depuis 2012 a eu lieu le 13 mars 2017 lorsqu'un pavillon Aris-13 des Comores a été détourné au large du Puntland. Les huit membres de l'équipage ont été libérés, sains et saufs, le 18 mars suite à des négociations avec les chefs locaux. Bien qu'il n'y ait pas eu d'attaques réussies depuis 2012 grâce à la présence d'une importante flotte militaire internationale (opération Atalante), le risque de piraterie au large des côtes somaliennes (jusqu'à 1000 km au large), du golfe d'Aden jusqu'à l'océan Indien demeure important. Les navires de commerce, de croisière et les bateaux de pêches demeurent exposés. La navigation de plaisance est fortement déconseillée dans la zone. Les armateurs et commandants de bâtiments doivent impérativement déclarer leurs mouvements auprès de l'opération de l'Union européenne Atalante et auprès du Contrôle Naval Volontaire français dans l'océan Indien.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

L'effondrement de l'État somalien en 1991 a conduit à une prolifération de clans cherchant à combler le vide laissé par l'ancien régime. L'organisation clanique de la société pèse de tout son poids dans la politique. Les tensions entre ces familles liées à l'accès au pouvoir (fédéral et central) et aux avantages qui y sont attachés, rythment la vie politique somalienne. Ces circonstances ont conduit à la création de régions administrativement autonomes telles que le Puntland, le Galmudug et le Somaliland, laissant la partie sud dans un chaos total.

Malgré la mise en place d'un gouvernement de transition nationale en 2000, le chaos a persisté du fait d'un manque d'autorité et de légitimité hors de Mogadiscio. Par conséquent, un gouvernement fédéral de transition a siégé de 2000 à 2012, pour finalement devenir le gouvernement fédéral de la Somalie. Toutefois, ce dernier se heurte à des difficultés persistantes. S'il est le premier reconnu par la communauté internationale, son pouvoir reste fragile, ses capacités faibles et la corruption endémique. Les relations avec les États fédéraux sont ténues. En l'absence de Constitution permanente, la répartition des pouvoirs est loin d'être clarifiée et les tensions apaisées.

Les élections présidentielles ont été organisées le 8 février 2017 (cf. victoire de l'ancien Premier ministre Mohamed Abdullahi Farmajo). L'administration du président Farmajo mène actuellement une campagne importante contre la corruption ; les autorités oeuvrent à la collecte réelle des revenus ainsi qu'à la garantie d'un salaire régulier pour les fonctionnaires - y compris des forces de sécurité - tout en fournissant les services de base pour la population. Cependant, ces réformes ne sont encore que sous une forme embryonnaire et sont fortement stigmatisées par l'opposition.

En outre, les manifestations sont fréquentes et dégénèrent très rapidement ; il convient de rester à l'écart de tout rassemblement.

RISQUE SOCIO-ÉCONOMIQUE / SITUATION HUMANITAIRE

Bien que la diaspora, de retour au pays, commence doucement à investir, et que les capitaux qu'elle envoie tirent l'activité économique vers le haut, la Somalie reste l'un des cinq pays les plus pauvres du monde.

L'économie est en grande partie informelle, et malgré un secteur privé dynamique ; le secteur public est inexistant et le budget de l'État dépend étroitement de l'aide internationale, principalement humanitaire.

Alors que l'activité économique repose essentiellement sur l'agriculture, le pays subit dernièrement des périodes de sécheresses aux conséquences dévastatrices. Au premier trimestre 2018, près de 50% de la population (soit 5,4 millions d'individus) a besoin d'une aide humanitaire. Par ailleurs, en empêchant l'accès aux terres agricoles et à l'aide humanitaire, les acteurs de l'insécurité aggravent cette situation endémique de famine. Cela engendre des déplacements massifs de population ainsi qu'une surpopulation dans les camps de déplacés à même d'augmenter les risques de maladie et de criminalité. Les Somaliens représentent 30% de l'ensemble des réfugiés en Afrique de l'Est.

TRANSPORTS

Le réseau routier est particulièrement dégradé sur l'ensemble du territoire. Les routes ne sont ni entretenues, ni éclairées et les feux de circulation sont rares. De ce fait, les conditions de circulation sont extrêmement dangereuses, notamment la nuit où la conduite doit être proscrite. Les autorités diplomatiques américaines sensibilisent leurs ressortissants sur la présence de mines et d'engins explosifs improvisés (IED) sur les axes routiers.

Les barrages illégaux, le banditisme et autres incidents violents peuvent survenir à tout moment et dans n'importe quelle région. Il est recommandé de rouler avec les portières verrouillées et les vitres relevées.

Si un déplacement s'avère indispensable, il convient de le faire avec une escorte armée, en convoi, en véhicule tout terrain (4x4) et muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et dispose de moyens de télécommunication efficaces.

Les opérations à l'aéroport international de Mogadiscio (MGQ) sont souvent suspendues avec peu ou sans préavis. Par ailleurs, le risque d'attaque à l'aéroport ou dans l'avion existe, comme l'illustre la tentative d'attentat en février 2016, lorsqu'un kamikaze avait caché une bombe dans un avion. Les procédures de sécurité et les contrôles ont été améliorés à MGQ; cependant, le fait qu'une bombe ait pu passer les contrôles laissait entendre que le personnel de l'aéroport pouvait être infiltré par Al-Shabaab.  

INFRASTRUCTURES

L'approvisionnement en électricité et en eau est rarement assuré sur l'ensemble du territoire.

LÉGISLATION LOCALE

La loi coranique est en vigueur dans la majeure partie du territoire. Il convient d'être vigilant et de la respecter.

Les cartes de crédit ne sont pas acceptées. Il convient d'être muni de devises, des dollars américains de préférence.

SANTÉ

Les infrastructures médicales sont quasi inexistantes. En cas de déplacement impératif en Somalie, il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire, ce dernier étant obligatoire en cas de problème de santé grave ou présentant un caractère urgent.

L'eau courante n'est pas potable ; les maladies diarrhéiques sont chroniques. Des cas confirmés de diarrhées aiguës ont été recensés dans la région du bas-Chébéli ; des cas de choléra sont également régulièrement signalés, en particulier dans la région de Banaadir. La sécheresse persistante en Somalie impacte plus de cinq millions de personnes en besoin d'aide humanitaire. En février 2018, 79 121 cas de diarrhée aiguë et choléra étaient signalés dans le pays depuis le début de l'année (1159 morts). Il est donc indispensable de ne boire que de l'eau décontaminée ou en bouteille, de veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jour.

Le vaccin contre la fièvre jaune - endémique dans la moitié sud - est nécessaire pour entrer sur le territoire pour les voyageurs ayant séjourné dans un pays à risque ou ayant transité dans l'aéroport d'une destination à risque.

Le paludisme étant très présent, il convient de se munir d'une moustiquaire, de produits répulsifs, de porter des vêtements couvrants et de prendre un traitement antipaludéen.

La dengue, une autre maladie transmise par les moustiques, est également présente en Somalie. Les mesures de précaution pour la prévention du paludisme s'appliquent également à la fièvre dengue.

De même, des cas de fièvre de la Vallée du Rift sont recensés dans le Sud

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire, il est recommandé d'éviter de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

Si la poliomyélite n'est plus endémique en Somalie, il n'en demeure pas moins que le pays est considéré comme étant à risque, des cas importés étant susceptibles de s'y développer. Un vaccin est disponible contre la poliomyélite.

En outre, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte.

La tuberculose et la rougeole sont présentes. Au premier semestre 2017, 12 000 cas suspects de rougeole avaient été recensés ; la moitié concernait des enfants âgés de moins de cinq ans.

Climat

Le climat est désertique et légèrement tempéré sur le littoral.

Il y a deux saisons de pluie, de mars à mai et de septembre à décembre. Le climat est très sec et chaud entre décembre et février. Dans le nord de la Somalie, les températures sont plus élevées que dans le reste du pays et les précipitations y sont à l'inverse plus faibles. La côte est très sèche. L'été, les vents de moussons apportent un peu de fraîcheur.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 252

Il n'y a pas de service d'urgence dans le pays.

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: