Retour

Rapports de pays

Soudan Rapport de pays

Survol

INTRODUCTION

Il convient de prendre en compte avant tout séjour au Soudan (40 millions d'habitants) le contexte politique, sécuritaire et sanitaire particulier de cet État d'Afrique subsaharienne.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

En raison des tensions persistantes dans les cinq États du Darfour (le Darfour Central, le Darfour septentrional, le Darfour méridional, le Darfour occidental et le Darfour oriental), en situation de guerre avec Khartoum depuis 2003, la plupart des autorités diplomatiques occidentales y déconseillent formellement tout déplacement. Cette région est exposée aux combats, aux affrontements intercommunautaires, au risque d'enlèvement (notamment de travailleurs humanitaires et, de manière générale, de ressortissants étrangers) ainsi qu'à une forte hausse de la criminalité violente.

Les régions limitrophes du Soudan du Sud (Kordofan-MéridionalNil Blanc, Nil Bleu), une partie du Kordofan-Septentrional, la région du Djebel Ouanat et le parc naturel de Dinder dans l'État de Sennar sont également formellement déconseillées en raison des affrontements qui y perdurent ainsi que des importantes restrictions sur les déplacements imposées par le gouvernement soudanais.

Notons que le reste du territoire, incluant la capitale Khartoum, est déconseillé sauf raison impérative par diverses autorités diplomatiques occidentales.

À Khartoum, il est recommandé d'éviter de se rendre dans les quartiers de la banlieue où sont localisés plusieurs camps de déplacés (Mayo, Soba, etc.).

En raison du risque de piraterie maritime, il est formellement déconseillé de naviguer ou de mouiller au large des côtes soudanaises.

SÉCURITÉ

La situation sécuritaire est extrêmement précaire dans certaines régions en raison de conflits intercommunautaires persistants et de la présence de mouvements rebelles en conflit avec le gouvernement.

Le Darfour (ouest) est particulièrement affecté par ces tensions. Depuis 2003, des combats récurrents opposent mouvements armés et forces gouvernementales appuyées par les milices Janjawids. Le régime de Khartoum est accusé par Amnesty International d'avoir fait usage d'armes chimiques au Jebel Marra, dans la région du Darfour occidental. Malgré la signature d'un accord de paix, les factions rebelles se sont multipliées et les violences avec, engendrant une des plus graves crises humanitaires au monde. Parallèlement, les heurts intercommunautaires ont augmenté ; la force hybride des Nations Unies et de l'Union Africaine (UNAMID) signale régulièrement des incidents religieux/ethniques dans les cinq États du Darfour. En janvier 2017, des hommes armés ont attaqué la localité de Nertiti (région du Jabal Marra), causant le décès de huit personnes. 

Par ailleurs, dans les États du sud à la frontière avec le Soudan du Sud, la situation sécuritaire n'est pas meilleure du fait d'affrontements depuis 2011 entre le mouvement rebelle MPLS - Nord (Mouvement populaire de libération du Soudan à l'origine de la guerre civile et de l'indépendance du Soudan du Sud) et le gouvernement (régions du Kordofan et du Nil Bleu). En février 2017, d'importants combats entre forces gouvernementales et rebelles du MPLS - Nord ont eu lieu dans l'État du Sud Kordofan, après plusieurs mois d'accalmie. La situation humanitaire dans ces régions est désastreuse (environ 550 000 déplacés et 270 000 réfugiés en Ethiopie et au Soudan du Sud) ; les autorités empêchent toute assistance humanitaire dans les zones contrôlées par les rebelles du MPLS-N, aggravant la situation.

En outre, le crime organisé impliqué dans le trafic et la contrebande opère dans l'est, profitant des frontières poreuses avec l'Érythrée et l'Éthiopie. Malgré un engagement du gouvernement pour contrer le phénomène, les autorités manquent de ressources pour mener à bien leurs efforts.

TERRORISME

Le risque terroriste est établi sur l'ensemble du territoire, y compris à Khartoum. Les interventions militaires françaises, notamment au Sahel (opération Barkhane contre les groupes djihadistes) et au Proche-Orient (opération Chammal contre l'organisation djihadiste « État islamique » - EI) appellent une vigilance particulière, qui doit spécialement être exercée dans et aux abords des lieux accueillant des ressortissants étrangers (restaurants, grands hôtels, ambassades, etc.).

Selon les autorités américaines, L'EI, Al-Qaïda et Boko Haram recruteraient certains de leurs membres au Soudan, une situation incitant à la vigilance.

CRIMINALITÉ

Le risque criminel est particulièrement contrasté au Soudan. Khartoum bénéficie d'un calme relatif du fait de la présence importante des forces de sécurité, la criminalité prenant essentiellement la forme d'une petite délinquance (vols à la tire, vols à l'arrachée par des individus circulant en deux-roues). Les ressortissants étrangers, habituellement ciblés en raison de leur richesse supposée, sont invités à rester vigilants dans les lieux fréquentés (les marchés par exemple), à éviter les déplacements à pied une fois la nuit tombée et à ne pas porter d'objets de valeur sur eux.

La situation est sensiblement plus dégradée dans le reste du pays, où la criminalité violente (carjacking, banditisme, agression et cambriolage à main armée) est élevée, notamment dans les États du Darfour et dans les zones frontalières. Les ressortissants étrangers sont spécifiquement visés ; les agresseurs surveillent parfois leurs victimes pendant plusieurs jours afin de prendre la mesure de leurs habitudes.

En cas d'agression, aucune résistance ne doit être opposée, les agresseurs étant la plupart du temps armés et n'hésitant pas à recourir à la violence. En cas de séjour prolongé dans le pays, un service de gardiennage doit impérativement être sollicité pour protéger votre résidence.

ENLÈVEMENTS

Les ressortissants étrangers sont souvent la cible d'enlèvements crapuleux. Depuis 2009, plusieurs cas d'enlèvement, essentiellement de travailleurs humanitaires et d'éléments des forces de maintien de la paix, ont été signalés, au Darfour et à la frontière avec le Tchad et la République centrafricaine. Il convient d'éviter de se rendre dans ces régions, et lorsqu'un déplacement est nécessaire, d'y être particulièrement vigilant.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

Des manifestations sont régulièrement organisées dans Khartoum. Si la plupart de ces rassemblements se déroulent de manière pacifique en raison du déploiement important des forces de sécurité, des débordements violents sont néanmoins parfois signalés, ce qui impose de les éviter impérativement.

Les tensions politiques entre le Président Omar al-Béchir, au pouvoir depuis 1989, et l'opposition constituent de fréquents motifs de contestation. S'il a été confortablement réélu au printemps 2015 à l'issue d'un scrutin boycotté par l'opposition, le Président fait toujours face au mécontentement de cette dernière, qui organise régulièrement des rassemblements émaillés d'affrontements avec les forces de sécurité.

Le président Omar al-Bashir a déclaré l'état d'urgence dans l'État d'Al Jazirah et a dissous l'assemblée législative de l'État le 6 novembre, en réponse à une crise politique locale en cours. Selon les responsables de la police, pendant l'état d'urgence, les rassemblements, les marches et autres actions de protestation sont interdits. La durée de cet état d'urgence n'a pas encore été précisée.

En outre, le gouvernement mène fréquemment des offensives contre la coalition de groupes rebelles du Darfour réunis au sein du Front révolutionnaire soudanais, et contre le MPLS-Nord.

Les tensions avec le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, sont également susceptibles de créer des troubles, qui demeurent toutefois habituellement cantonnés aux régions limitrophes. Si, fin-janvier 2016, le Président Omar al-Béchir a décidé la réouverture de la frontière entre ces deux pays, il menace régulièrement de revenir sur cette décision afin de peser sur les négociations en cours entre Khartoum et Djouba (Juba) pour régler les questions en suspens depuis 2011, notamment celle des rebelles. Le Soudan accusant son voisin du Sud de soutenir les insurgés opposés au régime de Khartoum.

En août 2016, des groupes armés et des partis d'opposition soudanais ont signé un accord sous l'égide de l'Union africaine en prélude aux pourparlers censés mettre fin aux hostilités dans trois régions du Soudan (Darfour, Sud Kordofan et Nil Bleu). Celui-ci a pour but de faciliter l'accès des organisations humanitaires dans ces zones de guerre.

En octobre 2017, le Président a décidé d'étendre jusqu'à la fin décembre un cessez-le-feu déclaré unilatéralement en juin 2016, en raison des affrontements entre l'armée gouvernementale et les mouvements rebelles présents au Darfour, dans l'État du Nil Bleu et dans l'État de Kordofan. La trêve a pour but d'encourager un processus de réconciliation nationale. Ce renouvellement intervient quelques jours après que les Etats-Unis ont décidé de lever les sanctions vieilles de vingt ans à l'encontre du pays, du fait des progrès réalisés dans la résolution des conflits. 

RISQUE SOCIO-ÉCONOMIQUE

Grâce aux recettes issues de l'exploitation des ressources pétrolières (92% des revenus de l'État proviennent de cette exploitation), le pays a enregistré jusqu'en 2010 une croissance économique proche de +10%. Depuis cette date, le Soudan fait face à une crise économique majeure - nonobstant une croissance modeste (PIB +3,1% en 2016) - caractérisée par une forte inflation et un épuisement des réserves en devises, en raison de la perte de la majeure partie de ses revenus pétroliers au profit du Soudan du Sud, et à la baisse des cours des hydrocarbures sur le marché mondial. Bien qu'un processus de diversification des recettes ait été mis en place, celui-ci ne porte pas encore ses fruits. Courant 2016, plusieurs manifestations, dont certaines ont dégénéré en affrontements, avaient eu lieu dans la capitale, notamment pour dénoncer la hausse du prix des denrées alimentaires, la fin des politiques de subvention sur le pétrole, ainsi que l'inflation galopante.

TRANSPORTS

De nombreuses zones du territoire soudanais sont soumises à d'importantes restrictions de déplacement. Pour tout voyage en dehors de l'État de Khartoum, les ressortissants étrangers doivent impérativement solliciter un « travel book » auprès des autorités compétentes : à l'étranger, l'ambassade du Soudan au moment de la demande de visa ; à Khartoum, au ministère du Tourisme. La délivrance de ce permis se fait sous 48 heures. Il convient de toujours le conserver avec soi, celui-ci étant requis par les autorités aux checkpoints.

S'agissant des déplacements à proprement parler, signalons que l'essentiel du réseau routier n'est pas goudronné et est constitué de pistes en plus ou moins bon état. Durant la saison des pluies (juillet à septembre), les routes sont souvent impraticables. Le non-respect du Code de la route par les usagers ne fait qu'accroître le risque d'accident. Les déplacements de nuit sont à proscrire. En tout état de cause, tout déplacement en dehors de la capitale doit se faire en convoi d'au moins deux véhicules, si nécessaire sous escorte armée,  avec des pièces mécaniques de rechange (roues de secours, câbles, etc.), des réserves en essence (les stations-services se faisant rares dans les zones rurales), en eau et en nourriture ainsi qu'avec des moyens de communications fiables.

Il importe également de varier autant que possible les horaires et itinéraires de déplacement et de prévenir une personne de confiance avant tout départ.

Le recours aux transports publics doit être évité en raison de la faible maintenance des véhicules et du comportement dangereux des conducteurs. Un réseau de transport privé par autobus relie plusieurs villes du pays.

Les vols intérieurs sont assurés pour l'essentiel par des compagnies aériennes soudanaises. Ces dernières étant toutes placées sur la liste noire de l'Union Européenne, leur utilisation doit être évitée, et ce d'autant que les accidents ne sont pas rares. Un vol international de Sudan Airways s'était écrasé le 10 juin 2008 à l'atterrissage à Khartoum (30 morts sur les 214 occupants) ; un appareil de la compagnie soudanaise Tarco Airlines s'est écrasé, également à l'atterrissage, à Zalingei le 11 novembre 2010 (six victimes).

Signalons enfin que, si un réseau ferroviaire existe (reliant notamment Khartoum à Port-Soudan), ses conditions de sécurité et de confort en font une option très aléatoire.

SANTÉ

Les conditions sanitaires sont peu satisfaisantes à Khartoum et précaires, voire très dégradées, dans le reste du pays. En tout état de cause, il est indispensable pour les voyageurs de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire.

Outre la présence endémique ou épidémique de nombreuses maladies, le Soudan dispose d'infrastructures de soin défaillantes : concentrées dans la capitale, elles ne sont pas en mesure de faire face aux cas autres que bénins. Un rapatriement ou une évacuation sanitaire (notamment vers le Kenya) est donc impératif en cas de problème de santé grave ou urgent.

Le Soudan est avant tout exposé aux maladies transmises par piqûres de moustique, endémiques au niveau national, notamment dans le centre et le Sud, et particulièrement fréquentes durant et immédiatement après la période des pluies estivales (juillet à septembre). On recense ainsi : la fièvre jaune (contre laquelle un certificat de vaccination international, valable dix ans, doit être présenté à l'entrée sur le territoire), la dengue, la fièvre de la vallée du Rift et le paludisme (le pays étant classé en zone 3 de chloroquino résistance). Les voyageurs doivent donc scrupuleusement observer des mesures de protection individuelle, parmi lesquelles : le fait de dormir sous une moustiquaire, le port de vêtements couvrant l'ensemble du corps (en particulier le soir et la nuit) et l'utilisation de répulsifs.

Le Soudan est également confronté aux maladies à transmission hydriques (dont le choléra, l'hépatite A et la fièvre typhoïde). Il est vivement recommandé de se laver les mains régulièrement et de consommer uniquement de l'eau en bouteille ou de l'eau décontaminée (l'eau du robinet n'est pas potable). Une épidémie de choléra touche actuellement le pays, notamment la capitale Khartoum, avec près de 25 000 cas recensés.

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire (notamment la bilharziose dans les eaux du Nil et de ses affluents), il est recommandé d'éviter de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

En outre, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte.

On observe également de fréquentes infections de méningite (y compris dans la région de Khartoum et notamment durant la saison sèche, de décembre à juin), la région se situant dans la « ceinture de la méningite », mais également de rougeoles, contre lesquelles la vaccination est souhaitable en amont du départ.

Enfin la rage est présente dans le pays.

RISQUES NATURELS

De mars à août, le Soudan subit des tempêtes de sable (les « haboobs ») pouvant s'avérer intenses et provoquer des difficultés respiratoires et d'importantes perturbations dans les transports.

Par ailleurs, certaines régions centrales et méridionales connaissent des pluies durant l'été (juillet à septembre) ; bien qu'elles soient généralement de faible ampleur, elles sont susceptibles de provoquer des crues subites. Durant l'été 2016, plus de 122 000 personnes avaient été affectés par d'importantes inondations et 13 000 habitations détruites. En conséquence, l'accès à l'eau potable, à la nourriture et aux infrastructures sanitaires s'en est trouvé compliqué, et ce notamment dans les régions isolées et pauvres où diverses maladies ont émergé. Par ailleurs, de nombreux axes routiers sont impraticables lors de ces événements pluvieux.

INFRASTRUCTURES

Des pénuries de carburants, d'électricité et d'eau sont récurrentes dans la capitale.

En outre, la majeure partie des infrastructures est délabrée en raison du manque d'entretien. Les infrastructures de télécommunications sont particulièrement vulnérables.

PIRATERIE MARITIME

En raison de la proximité des eaux territoriales soudanaises avec le golfe d'Aden et l'océan Indien, il existe un risque avéré de piraterie maritime, susceptible de cibler les navires de plaisance. Il est par conséquent déconseillé de mouiller au large du Soudan. Le cas échéant, et en cas d'impératif, des mesures de sécurité renforcées doivent être adoptées.

LÉGISLATION LOCALE

À leur arrivée sur le territoire soudanais, les ressortissants étrangers disposent de trois jours pour s'enregistrer auprès des autorités locales en passant par le ministère de l'Intérieur ou un commissariat de police. Le cas échéant, cette formalité doit être réitérée dans tout autre lieu de résidence hors de la capitale.

Pays musulman à 97%, le Soudan applique la charia (loi coranique). Il est donc nécessaire de respecter les prescriptions islamiques, notamment en matière d'habillement (vêtements amples couvrant bras et jambes). La possession (y compris dans les bagages) et la consommation d'alcool sont strictement interdites.

L'homosexualité est illégale.

Il est également interdit d'importer des postes émetteurs-récepteurs radio ; il est nécessaire de disposer d'une autorisation (fournie par le département de la Communication extérieure) pour toute prise de photographie.

À noter encore : en raison des sanctions américaines appliquées au régime soudanais, les cartes bancaires (Visa, MasterCard, American Express) ne sont pas utilisables au Soudan et les distributeurs de billets ne fonctionnent qu'avec les comptes bancaires nationaux. Il est donc impératif de prévoir suffisamment d'argent en espèces pour couvrir ses frais durant le séjour.

Climat

Le climat du Soudan varie selon les régions. Le nord et le nord-ouest (désert libyen) sont arides (les pluies sont rares) ; des tempêtes de sable sont fréquentes d’avril à septembre. Le centre reçoit quelques précipitations en juillet et en août tandis que la saison des pluies a lieu au sud de mai à octobre. Les étés sont très chauds, voire caniculaires dans tout le pays ; les hivers sont plus frais dans le nord.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 249 Police: 999 Pompiers: 999 Ambulances: 999

Electricité

Voltage: 230 V ~ 50 Hz

Prises: