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Rapports de pays

Soudan sud Rapport de pays

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INTRODUCTION

Les voyageurs étrangers désirant se rendre dans ce jeune État du Soudan du sud (indépendant du Soudan en 2011 ; douze millions d'habitants) prendront en compte la situation sécuritaire très fébrile y prévalant et n'envisageront un séjour dans la capitale et ses environs uniquement dans le cadre d'un déplacement professionnel impératif.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

La plupart des chancelleries occidentales déconseillent formellement à leurs ressortissants tout voyage sur l'ensemble du territoire y compris dans la capitale, Djouba (Juba en anglais) où les déplacements sont déconseillés sauf raisons impératives.

TERRORISME

Bien qu'il n'y ait pas de menace avérée, la porosité des frontières, avec des pays voisins touchés par la menace terroriste, peut inciter certains groupes sévissant dans la région à transiter ou trouver refuge au Soudan du sud.

SÉCURITÉ

D'un point de vue sécuritaire, des foyers de violence inter ou intra-ethniques sont recensés dans le pays, notamment dans l'État de l'Equatoria Central, dans la ville de Wau et ses environs, ainsi que dans les deux États de Bahr El Ghazal (occidental et septentrional). Des conflits intercommunautaires sont également récurrents, en particulier dans les États de Jonglei, Unité et Lacs.

Le 11 décembre 2017, le gouvernement a décrété l'état d'urgence pour trois mois dans l'État des Lacs (qui comprend les régions des Lacs occidentaux, de Gok et des Lacs orientaux), suite à d'importants combats interethniques entre les milices ethniques Rup et Pakam (plus de 170 victimes). Les forces de sécurité ont reçu l'ordre de désarmer les milices locales et de rétablir l'ordre ; cependant, les violences pourraient se prolonger.

Plusieurs affrontements ont eu lieu depuis mars 2017 entre forces gouvernementales et groupes rebelles, mais également entre groupes ethniques, dans l'État de Jonglei, notamment à Pibor (est), ainsi que dans la ville de Wau (centre-ouest), dans la ville de Yei (sud-ouest), et dans l'État du Haut Nil (nord-est), forçant des milliers de civils à fuir.

Un premier cessez-le-feu unilatéral avait été déclaré par le président le 27 mars, mais les violences ont perduré. Un deuxième cessez-le-feu a donc été déclaré le 22 mai afin de redémarrer les négociations de paix avec les groupes rebelles et mettre fin à la guerre civile. Le 4 juin, un accord a finalement été signé entre les rebelles du SPLA et le gouvernement, celui-ci établissant un cessez-le-feu à Yei.

La frontière avec le Soudan est également une zone de contentieux. Des affrontements occasionnels entre les Forces Armées Soudanaises (SAF) et l'Armée Populaire de Libération du Soudan (SPLA), ainsi que la présence de nombreuses milices, rendent la région particulièrement dangereuse. Les milices rebelles anti-soudanaises sont connues pour fomenter, trouver refuge et conduire des opérations contre les SAF à partir des États du nord du Soudan du Sud.

Les personnes présentes dans la capitale Djouba sont invitées à maintenir un haut degré de vigilance ; des combats entre les milices du Président Kiir et celles de son rival, l'ex vice-président, Riek Machar, peuvent survenir à tout moment. Il convient de rester extrêmement prudent et d'éviter tout déplacement non-essentiel dans la capitale.

Le pouvoir central peine à tenir son armée, parfois directement responsable d'abus à l'encontre de la population et présentant un risque pour la stabilité nationale (corruption, violence). Selon un communiqué du haut-commissaire de l'ONU du 4 août 2016, les soldats sud-soudanais s'étaient rendus coupables de crimes (viols, meurtres, pillages) lors de divers affrontements.

Les attaques à l'encontre du personnel humanitaire sont également récurrentes, avec une hausse constatée depuis le mois de mars 2017. Depuis le début de l'année 2017, au moins 12 employés d'ONG ont été tués et huit convois humanitaires attaqués. Au total, 82 humanitaires ont été tués depuis le début de la guerre civile en 2013. 

ENLÈVEMENTS

Les cas d'enlèvements sont en recrudescence dans le pays depuis le mois de mars 2017, en particulier à l'encontre des employés du secteur pétrolier et du personnel humanitaire. En mars, deux ingénieurs indiens ont été enlevés, ainsi que huit employés locaux d'une ONG américaine et quatre employés dans le secteur pétrolier. Tous ont été libérés quelques jours plus tard.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

Les restrictions de voyages sont dues à la violente guerre civile ayant éclaté fin 2013, mettant aux prises les partisans du président Salva Kiir de l'ethnie Dinka à ceux de son ancien vice-président, M. Riek Machar de l'ethnie Nuers.

Malgré l'accord de paix signé par les deux belligérants le 26 août 2015, des combats sporadiques se sont poursuivis jusqu'en avril 2016, date de retour de Riek Machar à Djouba, après avoir mené des représailles depuis son fief du nord, durant la guerre civile. À son retour, ce dernier a été intégré dans le gouvernement de transition en qualité de vice-président, fonction déjà exercée entre juillet 2011 et 2013.

À la veille du cinquième anniversaire de l'indépendance, le 8 juillet 2016, la capitale était en proie à de nouvelles violences, déclenchées sur fond de rumeurs faisant état de la prise en otage de Riek Machar par les hommes du Président. Dans ce contexte, Djouba est redevenue le théâtre d'affrontements entre forces loyales au Président et ex-rebelles fidèles à son rival Riek Machar. Ces combats, qui ont duré quatre jours, jusqu'au 11 juillet 2016, ont fait 300 victimes et 60 000 déplacés.

À la suite de ces troubles, le Président Kiir a remplacé son vice-président Riek Machar, ayant quitté la capitale, ainsi que plusieurs autres ministres proches de ce dernier, ravivant ainsi les tensions. Par ailleurs, les Nations Unies ont négocié avec le Président le déploiement d'une force de protection régionale forte de 4000 hommes, doté d'un mandat renforcé leur permettant de faire usage de la force, afin de sécuriser l'ensemble du territoire. Le premier contingent a été déployé début mai.

Des manifestations anti-gouvernementales peuvent avoir lieu, notamment dans la capitale Djouba. Début mai 2017, les magistrats se sont mis en grève pour dénoncer les conditions de travail difficiles et les bas salaires. À la même période, une manifestation d'étudiants dénonçant les conditions économiques et sécuritaires désastreuses du pays s'est soldée par des violences avec les forces de l'ordre, causant la mort de trois étudiants.

Par précaution, il est indispensable de se tenir informé de l'évolution de la situation politique, de respecter les couvre-feux lorsqu'il y en a et de demeurer systématiquement à l'écart de tout rassemblement.

Les élections législatives, initialement prévues en juin 2015, ont été repoussées à 2018.

RISQUE SOCIO-ÉCONOMIQUE / SITUATION HUMANITAIRE

La situation économique du Soudan du Sud ne fait que se détériorer depuis son accession à l'indépendance. Bien que le pays soit riche en hydrocarbures, la chute des cours du pétrole depuis deux ans et une baisse de la production ont drastiquement réduit les revenus budgétaires du gouvernement, largement dépendants de l'or noir. De plus, le pays fait face à une inflation considérable (+110% en décembre 2015) portée par la hausse du prix des produits alimentaires, confrontant plus d'un tiers de la population à de graves pénuries alimentaires. Les conflits mais aussi le dérèglement climatique impactent la production agricole, déjà insuffisamment exploitée. D'après le gouvernement et les Nations Unies, la population est menacée d'une sévère famine ; plus de cinq millions de personnes devraient être confrontées à un manque de nourriture dans les mois à venir, notamment dans le nord (État d'Unité). Dans la région, 100 000 personnes sont déjà exposées par la famine. 

Le Soudan du Sud, du fait de conflits incessants, est confronté à une crise humanitaire majeure. Depuis le début de la guerre civile en 2013, les combats ont engendré plus de 3,5 million de réfugiés, dont 1,7 ont fui le pays et 1,9 sont des déplacés internes. La situation est d'autant plus alarmante que l'acheminement de l'aide est mis à mal par les violences (agressions, extorsions) à l'encontre du personnel humanitaire et des stocks.

Le gouvernement de Khartoum (Soudan) a mis en place un couloir humanitaire le 27 avril 2017 afin de délivrer l'aide humanitaire nécessaire aux personnes affectées par la famine. Ce couloir relie la ville d'El Obeid dans le centre du Soudan à la ville d'Aweil dans l'État de Bahr al-Gazal au Soudan du Sud.

Dans ce contexte, des contestations sociales importantes peuvent aisément survenir.

CRIMINALITÉ

Le risque criminel est important dans tout le pays et notamment dans la capitale, où il est orienté à la hausse. Ce phénomène est attribué à l'instabilité politique continue, à des infrastructures défaillantes et à une corruption latente. À Djouba, vols à mains armées, cambriolages, carjacking, extorsions et agressions sont monnaie courante, y compris en journée. Les ressortissants étrangers sont particulièrement visés par les criminels armés qui n'hésitent pas à attaquer des quartiers gardiennés. Des agressions surviennent également aux abords de lieux fréquentés par les expatriés (banques, restaurants de standing notamment).

La situation n'est pas différente en province. En dehors de Djouba, les embuscades et le banditisme sur les routes sont fréquents.

SANTÉ

Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire, ce dernier étant obligatoire en cas de problème de santé grave ou présentant un caractère urgent.

Un certificat de vaccination contre la fièvre jaune n'est pas nécessaire pour entrer sur le territoire, toutefois, l'Organisation mondiale de la Santé le recommande pour tous les voyageurs. Concernant le paludisme, endémique dans tout le pays, il est impératif d'avoir recours à des mesures de protection contre les piqûres de moustiques et à un traitement médicamenteux adapté. Une nette augmentation des cas avait été enregistrée en 2016. D'autres maladies, en particulier virales, peuvent se transmettre par les moustiques, à l'instar de la dengue ou de la fièvre de la Vallée du Rift. Dans les États du Jonglei et du Haut-Nil, l'Organisation mondiale de la Santé signale une recrudescence de leishmaniose viscérale (kala-azar ou fièvre noire), transmise par une piqûre de mouches. L'utilisation de répulsifs est, là encore, recommandée.

L'eau courante n'est pas potable ; les maladies diarrhéiques sont endémiques au Soudan du Sud. Ravagé par les conflits et la violence, un déclin économique et une insécurité alimentaire latente, le Soudan du Sud doit régulièrement faire face à des épidémies de choléra. Il est donc indispensable de ne boire que de l'eau décontaminée ou en bouteille, de veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jour. Une épidémie de choléra touche le pays depuis le mois de juin 2016 ; début juin 2017, plus de 8160 cas avaient été recensés. 

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire, il est suggéré d'éviter de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

En outre, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte.

Enfin, les vaccins contre la rougeole et la méningite sont fortement conseillés, de nombreux cas étant signalés.

TRANSPORTS

Concernant le transport aérien, le Soudan du Sud est desservi par plusieurs grandes compagnies, dont Kenya Airways, Jetlink, Fly Dubaï ou encore Ethiopian Airlines. Les vols intérieurs et ceux à destination de Khartoum (Soudan) sont assurés par des compagnies locales (cf. Marsland, Sudan Airways, Tarco Air, Sun Air) placées sur la "liste noire'' européenne.

Le pays ne dispose que d'une centaine de kilomètres de routes asphaltées (dans la capitale Djouba, essentiellement). Ailleurs, la circulation se fait sur des pistes (terre) peu praticables lors de la période des pluies (avril à septembre).

La dangerosité des axes routiers est accrue par le non-respect du code de la route par les usagers, le non-entretien des véhicules, le mauvais état des axes et l'absence de structures de soins. L'absence d'éclairage public, le défaut de signalisation et la présence d'individus armés arrêtant les véhicules pour rançonner leurs occupants font que tout trajet de nuit doit être banni. En dehors des agglomérations, tous les déplacements doivent donc se faire de jour, en véhicule tout terrain (4x4) et muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et dispose de moyens de télécommunication opérationnels. Certaines chancelleries diplomatiques sensibilisent les voyageurs étrangers sur les nombreux checkpoints érigés à la nuit tombée (menaces, extorsions diverses…).

Les axes de Juba-Yei, de Juba-Torit et de Juba-Nimule sont particulièrement dangereux en raison de la présence d'hommes armés connus pour commettre des attaques à l'encontre des civils.

Les transports publics existent mais leur sérieux, plus encore leur sécurité, sont à minima sujets à caution. L'usage des motos-taxis (« boda-boda ») est formellement déconseillé.

Il n'y a pas de réseau ferroviaire dans le pays.

RISQUES NATURELS

Le Soudan du Sud souffre à la fois de sécheresses et de crues éclaires, ces dernières pouvant rendre l'accès aux axes routiers impossibles.

Par ailleurs, quelques failles sismiques traversent le Soudan du Sud, mais les tremblements de terre d'intensité majeure sont rares.

LÉGISLATION LOCALE

Les photographies sont strictement réglementées (permis payant) et certaines prises de vue sont interdites (bâtiments officiels, infrastructures telles que des ponts ou des ouvrages d'art, membres des forces de l'ordre).

L'utilisation des cartes bancaires et des chèques n'est pas encore possible ; les paiements doivent s'effectuer en espèces, en dollars américains de préférence.

Climat

Le Sud-Soudan est caractérisé par un climat essentiellement tropical. Les températures sont élevées toute l’année, avec une moyenne se situant entre 21 et 35 degrés. La saison des pluies dure de mai à octobre ; lors de cette dernière, des inondations peuvent survenir.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 211 Police: 999 Pompiers: 999 Ambulances: 999

Electricité

Voltage: 230 V ~ 50 Hz

Prises: