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Syrie Rapport de pays

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INTRODUCTION

Depuis 2011, la Syrie est en pleine guerre civile opposant différents groupes rebelles armés aux forces du régime du Président Bashar al-Assad qui bénéficient d'un soutien militaire iranien et russe. L'opposition syrienne comporte des groupes rebelles Sunni soutenus par la Turquie sous le label « d'armée Syrienne libre » (ASL), des groupes djihadistes tels que l'État Islamique (EI) et Hayat Tahrir al-Sham (auparavant connu sous le nom de Jabhat Fateh al-Sham et al-Nusra Front), et les forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les États-Unis, majoritairement comportées de militants kurdes.

De nombreux pourparlers de paix ont été organisés par les Nations-Unies à Genève depuis 2012, et plusieurs ont aussi été initiés par la Russie à Astana, au Kazakhstan, cette année. Les nombreux cessez-le-feu n'ayant jamais été respectés, les négociations politiques n'ont pas encore abouti à un accord politique. Due à la situation géopolitique complexe actuelle, les gouvernements occidentaux déconseillent formellement, voire interdisent, tout voyage en Syrie.

POLITIQUE

L'incapacité d'aboutir à un accord politique s'explique largement par les différents objectifs politiques des diverses factions de l'opposition et de leurs soutiens extérieurs respectifs.  

Les forces pro-gouvernementales et les milices pro-Assad ont réussi à reconquérir de larges parties du territoire syrien grâce au soutien militaire et financier de la Russie, de l'Iran et du Hezbollah. Elles ont notamment bénéficié du matériel militaire et des frappes aériennes russes, de l'aide des Gardiens de la révolution islamique, organisation paramilitaire iranienne, ainsi que des opérations militaires du Hezbollah. Ce soutien a permis au régime d'Assad de reprendre contrôle de la ville d'Alep en décembre 2015 et de la ville de Homs en mai 2017, ainsi que d'autres lieux hautement stratégiques. Alors que les forces pro-Assad s'apprêtent à reprendre Damas, les provinces de l'Idlib et de Rif Dimashq (à l'est de Damas) sont les seules parties du territoire encore tenues par les forces rebelles.

Début avril 2017, le régime d'Assad a été accusé d'utiliser des armes chimiques contre des cibles civiles dans la province de l'Idlib. Ces attaques ont été condamnées par les gouvernements occidentaux et les Nations Unies. En réponse à ces attaques, les États-Unis ont lancé 59 missiles Tomahawk sur la base aérienne de Shayrat dans la province de Homs, soi-disant bombardant les avions utilisés pour les attaques chimiques.

L'opposition syrienne est très fragmentée, bien que tous souhaitent mettre fin au régime d'Assad. Cependant, les États-Unis et autres pays occidentaux membres de la coalition menée par le gouvernement américain se concentrent aujourd'hui essentiellement sur la destruction des différents bastions de l'EI à travers l'usage de frappes aériennes et forces d'opérations spéciales, ainsi que par le soutien et la formation militaire des forces démocratiques syriennes (FDS) par les États-Unis. Celles-ci, dont la branche kurde des Unités de Protection du Peuple (YPG) qui forme 70 à 75% des forces, ont été le premier allié des États-Unis de par leur efficacité militaire et leur concentration sur l'EI plutôt que le régime d'Assad. En février 2017, le FDS a annoncé qu'il avait réussi à reprendre la ville d'al-Bab dans la province d'Alep, aux mains de l'EI. Le FDS a ensuite lancé l'assaut le 6 juin 2017 sur Raqqa, de facto capitale de l'EI. La décision américaine d'armer directement l'YPG avant l'offensive même a durement augmenté les tensions entre la Turquie et les États-Unis.

Les forces militaires turques sont entrées en Syrie en août 2016 pour l'opération « Bouclier de l'Euphrate » afin d'obliger le retrait des forces de l'EI de la frontière turco-syrienne et de dissuader d'autres assauts des forces YPG dans le nord de la Syrie. Même si celle-ci a été qualifiée de succès dès la fin mars 2017 par la Turquie, le pays continue de soutenir divers groupes rebelles Sunni de l'armée syrienne libre (ASL). La Turquie a aussi lancé des frappes aériennes contre les forces YPG. Elle s'oppose fermement à l'YPG dû à son affiliation avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène une insurrection contre le gouvernement turc depuis 30 ans.

Le YPG et autres milices kurdes ont gagné d'importantes parties de territoire dans le nord et nord-est de la Syrie et espèrent aujourd'hui y établir une région autonome. Le président Recep Erdogan voit cette nouvelle indépendance comme une menace directe à la souveraineté turque car elle risque d'embrigader les kurdes turcs.

Depuis janvier 2017, les nombreux pourparlers à Genève et Astana n'ont pas donné lieu à un accord politique. Le 9 mai 2017, la Russie, l'Iran et la Turquie ont signé un accord à Astana afin de créer des « zones de désescalade » dans la province de l'Idlib, dans les régions Rastand Talbisch situées dans le nord de la province de Homs, ainsi que dans la région aux alentours de la frontière jordanienne, incluant certaines parties des provinces de Derra et Quneitra, aujourd'hui contrôlées par les forces de l'opposition. Ces zones auront pour but de protéger les civils ainsi que de permettre l'acheminement d'aide humanitaire. La Turquie, l'Iran et la Russie maintiennent une présence sécuritaire afin d'assurer la mise en place de cet accord. Cependant, les deux partis n'ont pas réussi à délimiter les frontières exactes de ces zones avant la date limite entendue, soit le 4 juin 2017, et les logistiques de surveillance policière demeurent floues.

Les Nations Unies (ONU) ont cessé de mettre à jour le bilan officiel des victimes du conflit depuis 2015. Toutefois, l'organisation a issu une récente estimation suggérant qu'au moins 400,000 personnes avait été tuées, contre 250,000 deux ans plus tôt, en 2015. On compte près de 4,7 million de réfugiés syriens dans les pays avoisinants, soit en Turquie, au Liban et en Jordanie. 

RÉGIONS À ÉVITER

L'ensemble du territoire est pris au piège par les combats qui y font rage et tout voyage en Syrie pose un réel risque. Les zones contrôlées par le gouvernement sont relativement plus calmes - toute proportion gardée - notamment les provinces côtières de Latakia et de Tartus. De même, les régions du nord et nord-est, contrôlées par les forces kurdes, sont aussi plus calmes, bien que celles-ci soient parfois victimes d'attaques terroristes. En tout état de cause, tout séjour y est déconseillé.

Même si le régime contrôle la majorité de la capitale Damas, à l'exception de quelques quartiers dans les banlieues, les combats y sont fréquents. En février 2017, le gouvernement a lancé plusieurs attaques afin de reprendre les quartiers restants. De plus, des attaques terroristes y ont souvent lieu, telles que le bombardement de la Cour de Justice le 25 mars 2017 qui a fait 25 morts.

Depuis février 2017, la plupart des combats a eu lieu dans le nord, dans la province d'Alep, dans les régions contrôlées par l'EI dans l'est de la province de l'Hom, et dans la région frontalière jordanienne (surtout dans la ville de Deraa) qui a été la cible des aériennes du régime d'Assad et de la Russie.

Les régions centrales et est de la province de Homs doivent être évitées. Même si le régime d'Assad contrôle la majorité du territoire s'étirant de l'est de Holms à Palmyra, la majorité de l'est de la province de Homs est sous le contrôle de l'EI.

Il est formellement déconseillé de se rendre dans les provinces de Raqqa et Deir Az Zor en raison de l'offensive actuelle sur Raqqa menée par les États-Unis afin d'éliminer l'EI, ainsi que des combats réguliers entre les forces gouvernementales syriennes et les militants de l'EI à Deir Az Zor.

Les provinces de l'Idlib et de Rif Dimashq, contrôlées par les force rebelles, doivent être évitées en raison de la présence de groupes armés djihadistes salafistes affiliés à Al-Qu'aida. Les combats entre les groupes rebelles représentent aussi un risque considérable, notamment dans la province de l'Idlib.

La frontière entre la Syrie et l'Irak doit être évitée car elle présente un point de transit pour les militants djihadistes entre les deux pays.

TERRORISME

Il existe un risque accru et constant de terrorisme en Syrie. Les bâtiments publics, les transports publics et autres espaces publics sont souvent la cible d'attaques terroristes. Celles-ci se sont démultipliées depuis le début de 2017 alors que l'EI perd de plus en plus de territoire.

ENLEVÈMENT 

En plus des risques liés à la guerre, le risque d'enlèvement est très élevé, notamment à Damas. L'EI a appelé ses combattants à s'en prendre aux intérêts étrangers ainsi qu'aux ressortissants français et occidentaux présents au Moyen-Orient. Dans ce contexte, les ressortissants occidentaux présents en Syrie sont particulièrement exposés au risque de kidnapping, comme le rappellent les récents enlèvements de journalistes étrangers ces derniers mois. Plusieurs d'entre eux ont été exécutés par les combattants de l'EI.

RISQUES NATURELS

La Syrie se trouve dans une zone d'activité sismique.

Durant l'hiver, l'ouest du pays peut être touché par des températures très basses et des chutes de neige.

LÉGISLATION LOCALE

Bien que la Syrie soit majoritairement musulmane, la société syrienne est pluraliste et tolérante envers les autres religions et cultures. La consommation d'alcool est autorisée.

La consommation de drogue est totalement interdite et sévèrement réprimandée. La peine de mort peut être encourue pas les consommateurs ou trafiquants de stupéfiants.

Les paiements ou retraits d'argent ne peuvent plus s'effectuer par carte de crédit Visa ou Mastercard. 

TRANSPORTS

Les routes sont généralement en bon état, mais beaucoup ont été détruites pendant la guerre et sont désormais impraticables.

La majorité des aéroports à travers la Syrie n'est plus opérationnelle. Ainsi, même si l'aéroport international de Damas fonctionne encore, la plupart des vols sont annulés.

Il est possible d'entrer en Syrie par le Liban via la frontière terrestre.

Les lignes ferroviaires Damas-Lattaquié et Damas-Alep sont peu développées et peu utilisées ; il est déconseillé de les emprunter.

SANTÉ

En raison du contexte sécuritaire particulièrement dégradé, les infrastructures sanitaires ont été réduites à néant. Le risque d'épidémies a notamment augmenté en raison de l'absence de vaccins, les convois humanitaires ne pouvant plus atteindre les villes assiégées.

Depuis juin 2017, 17 enfants ont été paralysés suite à une flambée de cas de poliomyélite à Mayadin et Raqqa, exposant les premiers cas de cette épidémie en Syrie depuis 2014.

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un risque très limité de paludisme peut exister entre mai et fin octobre dans des foyers situés le long de la frontière septentrionale, en particulier dans les zones rurales du gouvernorat d'El Hasaka (aucun cas autochtone signalé depuis 2005, mais le système de notification est sinistré depuis 2010).

Autrefois appelée le Mal d'Alep, la leishmaniose cutanée est endémique en Syrie, et particulièrement présente parmi les populations syriennes des camps de réfugiés à la frontière du pays, en raison des conditions sanitaires précaires, directement liées au conflit en cours. La ville de Hama connait actuellement une épidémie de leishmaniose due au manque de soins et d'infrastructures sanitaires. La leishmaniose est une maladie transmise par la piqûre d'un insecte, le phlébotome. Elle produit des lésions cutanées, le plus souvent indolores, qui peuvent disparaître en un ou deux ans, pourvu qu'elles ne s'infectent pas.

Les maladies diarrhéiques sont très fréquentes en Syrie et des épidémies de choléra surviennent régulièrement. La fièvre typhoïde est également présente en Syrie, avec des épidémies régulières notamment dans les villes assiégées (45 cas à Madaya mi-août 2016) et dans les camps de réfugiés (vingt cas dans le camp de Zayzoun, à l'ouest de Dara'a, fin août). Pour réduire le risque de contamination, il est impératif de se laver les mains régulièrement et soigneusement, de ne boire que de l'eau purifiée ou en bouteille, et de ne pas consommer d'aliments crus ou insuffisamment cuits.

La bilharziose (maladie parasitaire due à un ver) est supposée endémique en Syrie, avec plusieurs cas recensés en 2012. L'infection se produit lorsque les larves du parasite, libérées par des gastéropodes d'eau douce, pénètrent dans la peau d'une personne lorsque cette dernière est en contact avec une eau infectée. Celle-ci peut provoquer de l'hypertension, ainsi que des varices œsophagiennes, dont la rupture peut engendrer des hémorragies mortelles. Il est recommandé d'éviter de boire, se baigner ou laver ses vêtements dans des eaux stagnantes.

Quelques cas de rage animale ont été signalés dans le pays. Il est impératif d'éviter tout contact avec les animaux domestiques et sauvages (morsures, griffures, léchage). Si vous êtes griffé ou mordu, consultez un médecin dans les plus brefs délais.

Climat

Le climat est désertique dans le centre, méditerranéen sur la côte et montagnard au nord-est. L'été est chaud (30°C) et sec sur la côte, l'hiver y est doux mais pluvieux. Dans la zone désertique, le climat est sec et très chaud (40°C) l'été avec peu de précipitations. L'hiver est frais, les températures peuvent descendre jusqu'à 3°C la nuit.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 963 Police: 112 Pompiers: 113 Ambulances: 110

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: