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Rapports de pays

Tadjikistan Rapport de pays

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INTRODUCTION

Dans ce pays (huit millions d'habitants) pauvre, enclavé et montagneux d'Asie centrale, aux portes du théâtre de crise afghan, aux « faibles capacités de gouvernance, souffrant un taux élevé de corruption, des forces de l'ordre totalement inefficaces et un contrôle très limité sur des zones stratégiques », un voyage emporte un panel d'exposition aux risques que le visiteur étranger prendra soin d'évaluer.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

Les gouvernements occidentaux déconseillent formellement tout voyage dans la région frontalière afghane au sud du Tadjikistan en raison des trafics de drogue et de traite de personnes, ainsi que de l'infiltration de militants extrémistes dans la province de Khatlon, au sud-ouest du pays. L'autoroute M41 reliant la capitale Douchanbe à Khorog le long de la frontière Afghane est utilisable, bien que déconseillée.

La région frontalière avec l'Ouzbékistan est à éviter dû à la forte présence de mines suite à la décision unilatérale de l'Ouzbékistan d'en poser le long de la frontière avec le Tadjikistan afin d'empêcher le trafic de drogue et les infiltrations transfrontalières de militants terroristes. Malgré le fait que celles-ci ont toutes été placées sur le territoire ouzbek, les frontières n'ont pas encore été toutes délimitées ; un risque considérable lié à la présence de mines demeure donc sur le territoire tadjik.

Il est fortement déconseillé de traverser la frontière afghane depuis le Tadjikistan à travers la province de Khatlon, même pour les titulaires de visa afghans et via des passages frontaliers sécurisés sur les autoroutes majeures.

Une vingtaine d'années après la fin de la guerre civile (1997 ; entre 50 000 et 100 000 victimes), des affrontements entre forces de sécurité et groupes armés (anciens chefs de guerre, combattants d'Afghanistan, entités mafieuses, chefs religieux radicaux) ont lieu sporadiquement.

CRIMINALITÉ

La criminalité au Tadjikistan affecte relativement peu les occidentaux, y compris dans sa capitale Douchanbe. Cependant, les niveaux de corruption et de trafic de drogue restent très élevés, le Tadjikistan se plaçant au 151e rang sur 176 sur l'Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International.

Toutefois, les étrangers sont facilement reconnaissables par les criminels, qui les présument en possession d'espèces et d'objets de valeur. Ainsi, la petite délinquance ainsi que des agressions non-armées et des cambriolages sont fréquents dans les zones urbaines.

Les individus présents à Douchanbe se doivent d'être vigilants lorsqu'ils sortent la nuit dans les bars, les boîtes de nuit ou les restaurants ; ceux-ci sont fréquentés par de nombreux consommateurs et trafiquants de drogue.

TERRORISME

Il est possible que le pays ait des liens avec l'État Islamique (EI). Fin juin 2015, le gouvernement a annoncé que l'ancien chef des forces spéciales de la police, qui avait mystérieusement disparu en avril la même année, avait rejoint l'EI en Syrie. Le Ministère de l'Intérieur du Tadjikistan a déclaré en 2016 que les forces de sécurité avaient contrecarré 36 attaques terroristes et arrêté environ 50 individus ayant tenté d'organiser des attaques sur des bâtiments gouvernementaux.

En septembre 2015, des accrochages avec les forces de sécurité ont fait plusieurs victimes près de l'aéroport de la capitale, Douchanbé, avant de se prolonger dans la vallée voisine de Romit plusieurs jours durant. En juillet 2009, plusieurs explosions ont eu lieu en divers endroits publics de la capitale, Douchanbé.

POLITIQUE

Les voyageurs relèveront que le président Emomali Rakhmon (84% des voix au 1er tour lors des élections de 2013…) - en poste depuis 23 ans - concentre la quasi-totalité des pouvoirs dans cette république ; le prochain scrutin présidentiel n'est pas programmé avant 2020.

En 2016, le gouvernement tadjik a mis en place une stratégie nationale afin de contrer l'extrémisme violent et le terrorisme. Celui-ci a été largement dénoncé par les groupes civils comme étant essentiellement un outil employé pour davantage limiter l'expression politique dans le pays. La vague actuelle de répression étouffe les organisations de protection des droits de l'Homme, et les avocats et journalistes indépendants sont souvent l'objet d'attaques. Le gouvernement censure différents sites internet, restreint la liberté des médias et contrôle étroitement l'expression religieuse.

La communauté LGBTQ+ (lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels et en questionnement) est sujette à de nombreuses discriminations.

RISQUE SOCIAL

Même s'il existe un risque d'agitation sociale spontanée, les manifestations demeurent rares. La population tadjike reste très marquée par la guerre civile de 1992, dont l'estimation des victimes oscille entre 20,000 et 100,000 morts. Ainsi, seules des injustices perçues comme profondément flagrantes sont susceptibles d'entraîner des manifestations.

SANTÉ

Le risque sanitaire est particulièrement élevé.

Les maladies diarrhéiques, y compris la typhoïde, sont fréquentes.

Le pays est touché par le paludisme ; le risque est particulièrement significatif entre juin et octobre en particulier dans les zones méridionales (région de Khatlon) et dans quelques zones centrales (Douchanbé), occidentales (Gorno-Badakhshan) et septentrionales (région de Leninabad). La maladie du charbon (ou anthrax) est également, ainsi que le botulisme.

La tuberculose est récurrente dans le pays. L'épidémie de rougeole débutée mi-avril 2017 dans le district de Rudaki s'est étendue à la capitale Douchanbe ainsi qu'aux districts environnants.

Des cas sporadiques d'encéphalite à tiques sont également recensés (entre avril et juin principalement) et de leishmaniose dans le sud.

Les infrastructures hospitalières ou médicales sont très éloignées - qualitativement - des standards européens, marquées par la carence (matériels, médicaments, personnels). En cas de problème sérieux, une évacuation sanitaire devra être envisagée ; la plupart des autorités occidentales suggèrent à leurs ressortissants désirant se rendre dans ce pays peu visité de souscrire une assurance voyage auprès d'une compagnie d'assistance garantissant la prise en charge des frais médicaux et le rapatriement sanitaire.

RISQUES NATURELS

Le pays se situe en effet dans une zone fortement exposée au risque sismique (2000 secousses annuelles en moyenne. Le nombre de séismes s'est accru au Tadjikistan en 2016 et 2017. La vallée de Gharm dans le centre du pays est particulièrement à risque (50 000 victimes lors du séisme qui a touché la zone en 1949), de la même manière que la région du Kouliab, dans le sud-ouest.

Le risque d'inondations est important dans la région du Khatlon (sud-ouest), la vallée de Gharm (centre) et la région du Khorog (sud-est), et peut également entraîner des glissements de terrain et des avalanches, en haute montagne ; le risque est particulièrement élevé au printemps, lorsque les précipitations sont intenses.

La vallée de Ferghana est exposée à un risque de grave pollution : l'Ukraine a en effet entreposé d'importantes quantités de déchets radioactifs à Mayluu-Suu, dans un secteur sujet aux glissements de terrain. En cas de glissement de terrain d'ampleur, la vallée de Ferghana pourrait être contaminée, ce qui menacerait directement les trois millions d'habitants qui y résident.

TRANSPORTS

Les infrastructures de transport et d'hébergement restent largement inférieures aux standards occidentaux. L'entretien inadéquat ainsi que les habitudes de conduite imprudentes font que celle-ci reste dangereuses au Tadjikistan. Les piétons ne traversent pas les rues aux passages cloutés et ne regardent que rarement les deux côtés de la rue avant de traverser. Les taxis et les marshrutka (taxis partagés) s'arrêtent souvent de façon impromptue ou font des embardées brusques devant les véhicules afin de transporter autant de clients que possible.  Il est déconseillé de conduire seul et il est recommandé de faire appel à un chauffeur local expérimenté afin de minimiser le risque d'accident.

À Achgabat, les transports en commun sont dangereux et souvent bondés.

Le voyage en dehors de zones urbaines est dangereux pendant l'hiver en raison des avalanches, glissements de terrain, inondations et éboulements qui peuvent bloquer les routes majeures. Les routes reliant Achgabat - Khujand et Achgabat - Pamir peuvent être fermées pendant de longues périodes en raison d'avalanches et d'accumulation de neige. Ainsi, des équipements de secours (téléphone satellite, réserve d'essence, pelle, pneus équipés de chaînes, eau, nourriture, couvertures) sont à prévoir pour les voyages dans l'arrière-pays. 

Du fait de conditions météorologiques hivernales difficiles, les autorités françaises suggèrent d'éviter le tunnel d'Anzob, situé à 80 km (50 mi) au nord de Douchanbé sur l'autoroute nord-sud M34.

Climat

Le climat est principalement continental avec d'importantes variations de température entre les saisons et au sein d'une même journée. Les étés sont chauds et les hivers, froids. Dans les basses terres du sud-ouest du pays, le climat est subtropical aride. Les températures moyennes sont de 23 à 30°C en Juillet et de -1 à 3°C en Janvier. Dans le Pamir, à l'est, les températures sont beaucoup plus fraîches (5 à 10°C en juillet et -20 à -15°C en janvier).

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 992 Police: 02 Pompiers: 01 Ambulances: 03

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: