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Rapports de pays

Tchad Rapport de pays

Survol

INTRODUCTION

Le Tchad (14 millions d'habitants), grand pays sahélien d'Afrique centrale, présente plusieurs risques importants (terrorisme, tensions socio-politiques, etc.) qu'il convient de prendre en compte avant d'envisager tout séjour sur place.

RÉGIONS À ÉVITER

La majorité des chancelleries occidentales déconseillent formellement à leurs ressortissants tout voyage dans la région du Lac Tchad, y compris sur les rives tchadiennes du lac. L'ensemble des zones frontalières sont également déconseillées (frontières avec la République centrafricaine, avec la Libye, le Soudan, le Niger, le Cameroun et le Nigéria).

Le reste du pays est déconseillé sauf raisons impératives.

Par ailleurs, pour information, le gouvernement britannique demande à ses ressortissants de surseoir à tout déplacement dans les régions de Tibesti, Borkou et Ennedi, dans le nord, du fait des nombreux trafics qui y prospèrent et de l'incursion régulière de nombreux djihadistes maliens. De nombreux affrontements entre communautés locales et immigrés d'autres régions du Tchad ont, de plus, récemment eu lieu dans la région de Tibesti pour le contrôle des mines d'or.

Une partie de la région de Kanem (à l'ouest des villes de Mao et de Bol) est également strictement déconseillée. Les autorités britanniques, déconseillent, de plus, tout déplacement non essentiel dans les régions de Sila, Wadi Fira et Ouaddaï (à l'est).

En raison du risque d'attentats à N'Djamena, la capitale, ces mêmes chancelleries recommandent de ne pas se rendre dans les lieux très fréquentés tels que les marchés ou lieux de culte.

TERRORISME

La menace terroriste est élevée au Tchad. Le pays déplore la présence sur son sol du groupe terroriste nigérian Boko Haram.

Depuis 2015, les attaques perpétrées au Tchad, notamment à N'Djamena et essentiellement sur les rives du Lac Tchad - point de rencontre des quatre pays les plus touchés par l'insurrection islamiste d'Afrique de l'Ouest : Tchad, Cameroun, Niger, Nigeria - mettent en exergue la persistance de la menace. En novembre 2016, un assaillant tchadien, suspecté d'avoir prêté allégeance à l'État Islamique (EI) a tiré sur les gardes positionnés à l'entrée de l'Ambassade américaine sans toutefois faire de blessés.

Cette menace est d'autant plus importante que le Tchad est un partenaire stratégique de la France, laquelle a installé le poste de commandement de l'opération Barkhane (lutte contre les groupes armés terroristes la bande sahélo-saharienne) à N'Djamena et dispose dans le pays de deux bases avancées temporaires (à Abéché et à Faya).

L'armée tchadienne de son côté participe à la Force Multinationale Mixte (FMM - force militaire composée de troupes issues des pays riverains du Lac Tchad - Nigéria, Niger, Tchad, Cameroun - et du Bénin) luttant contre Boko Haram depuis septembre 2015 et dont le quartier général se situe à N'Djamena.

Par ailleurs, des contrôles de sécurité ont également été instaurés dans la capitale, nécessitant pour tout déplacement d'être muni de ses documents d'identité, des papiers du véhicule et de sa carte de séjour ou visa pour le Tchad. En tout état de cause, il est impératif de rester calme et d'être coopératif avec les forces de l'ordre.

Le risque d'enlèvements lié aux activités terroristes est également prégnant dans le pays. La menace est d'autant plus importante pour les ressortissants français du fait du partenariat entre la France et le Tchad dans la lutte contre le terrorisme dans la région.

RISQUE SOCIOPOLITIQUE

La situation politique interne est à surveiller.

Les tensions entre l'opposition, notamment entre Saleh Kebzabo et le Président Idriss Déby demeurent vives. En avril 2016, la réélection du Président sortant Idriss Déby pour un cinquième mandat consécutif avait été sujette à de nombreuses controverses. Depuis lors, et ce malgré l'interdiction de manifester, diverses manifestations et journées de grèves générales ont été organisées, conduisant souvent à des interpositions violentes de la part des forces de l'ordre et à des arrestations de plusieurs membres de l'opposition. En octobre 2016, sans que cela n'aboutisse, l'opposition a déposé une motion de censure contre le gouvernement, pour dénoncer l'incapacité de ce dernier à faire face à la crise économique et financière qui touche actuellement le pays.

En janvier 2018, le gouvernement tchadien a mis en place de nouvelles mesures d'austérité afin de répondre aux demandes du Fonds monétaire international (FMI) et de continuer à soutenir le budget 2018 du pays. Ces mesures ont provoqué d'importants mécontentements au sein de la population. Plusieurs séries de grèves dans le secteur public, notamment dans les secteurs de l'administration, de l'éducation, ainsi que des manifestations ont été organisées.

Le Président tchadien a annoncé en février que les élections législatives seraient reportées. Le Président Déby a affirmé que le pays n'avait pas assez de fonds pour organiser des élections, en raison de la baisse des prix du pétrole. Les élections étaient initialement prévues pour 2015 mais ont connu de multiples retards.

Une nouvelle Constitution a été adopté en mai 2018, proclament la IVe République tchadienne. Le Tchad passe ainsi d'un régime semi-présidentiel à un régime présidentiel intégral, donnant au président de la République l'exclusivité du pouvoir exécutif (la fonction de Premier ministre a été supprimée).  

Par précaution, il est indispensable de se tenir informé de l'évolution de la situation politique et de demeurer systématiquement à l'écart de tout rassemblement.

RISQUE SOCIOÉCONOMIQUE / SITUATION HUMANITAIRE

Dû à l'effondrement du cours des matières premières sur les marchés internationaux - l'économie nationale s'appuyant à 70% sur la production pétrolière - et à la lutte contre Boko Haram, l'économie du pays est menacée. Les mesures d'austérité mises en place par le gouvernement, incluant une réduction des salaires et des bourses des étudiants, conjugué au manque d'opportunités professionnelles, au non-paiement des salaires des fonctionnaires ainsi qu'aux délestages incessants, ont conduit à une série de crises sociales à travers le pays (protestations, grèves). Des manifestations et des grèves fortement perturbatrices sont régulièrement organisées, notamment dans les secteurs de l'administration, de la justice, de l'éducation ou encore du secteur hospitalier, pour dénoncer les retards dans les paiements des salaires ainsi que les mesures d'austérité visant principalement les fonctionnaires (cf. réduction de salaire). Les journées « villes mortes » sont assez fréquentes. Cette situation aggrave les conditions de vie des Tchadiens, déjà précaires.

Près de 55% de la population tchadienne vit en deçà du seuil de pauvreté. L'espérance de vie est de 49 ans et le taux de mortalité infantile figure parmi les plus élevés du monde.

Par ailleurs, le Tchad est confronté à une crise humanitaire importante concernant 3,8 millions de personnes, due à l'insécurité alimentaire chronique, la dénutrition, les catastrophes naturelles (effets du phénomène climatique El Niño), les épidémies et les déplacements massifs de population.

L'insécurité alimentaire touche près de 2,3 millions de personnes. En 2017, près de 440 000 enfants étaient atteints de malnutrition aigüe. Les populations les plus affectées se trouvent dans la bande sahélienne et dans les zones accueillants les réfugiés, retournés et déplacés internes.

Le Tchad accueille plus de 400 000 réfugiés ayant fui les violences au Nigéria (Boko Haram), en République centrafricaine, au Soudan (Darfour) et en Libye. La nature prolongée de ces déplacements pèse lourdement sur les ressources écologiques et économiques du pays, une situation qui aggrave encore les conditions de vie d'une population locale déjà extrêmement déshéritée.

L'insécurité régnant dans la région du Lac Tchad empêche l'acheminement de l'aide humanitaire envers les populations affectées.

CRIMINALITÉ

Parallèlement à la dégradation de l'économie, une hausse du taux de criminalité a été observée depuis plus d'un an, particulièrement envers les ressortissants occidentaux. Des cas d'assassinats, d'enlèvements contre rançon, d'agressions et de vols à main armée sont de plus en plus signalés, notamment dans la capitale. Durant la première semaine d'avril 2017, 15 cas d'assassinats ont été rapportés. Par ailleurs, le 23 mars un ressortissant français a été enlevé dans la région de Sila (sud-est) avant d'être libéré le 7 mai.

En juin 2017, l'ambassade américaine a alerté ses ressortissants sur l'augmentation des cas de criminalité, en particulier aux alentours des restaurants, hôtels et établissements fréquentés de la capitale. Il convient d'éviter les quartiers populaires de Moursal et Chagoua ainsi que l'est de la ville, particulièrement touchés par ce phénomène en recrudescence. Les voyageurs doivent également se montrer particulièrement vigilants aux alentours du Palais Présidentiel et le long de l'avenue Felix Éboué.

En tout état de cause, il convient de ne pas se déplacer à pied à N'Djamena, de ne pas transporter d'importantes sommes d'argent et de ne pas porter de bijoux ou autres objets de valeur.

Les cas de carjacking sont également fréquents dans la capitale, notamment dans les zones résidentielles.

En dehors de la capitale, notamment sur les routes de provinces, les attaques par les coupeurs de route sont fréquentes et peuvent être particulièrement violentes (cf. infra, rubrique « Transports »). 

SANTÉ

Il est indispensable de souscrire en amont du départ une assurance maladie couvrant les soins à l'étranger ainsi que le rapatriement sanitaire, ce dernier étant fortement recommandé en cas de problème de santé grave ou présentant un caractère urgent.

Un certificat de vaccination contre la fièvre jaune est exigé à l'entrée du pays pour les voyageurs en provenance d'une zone endémique. La vaccination est recommandée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour tous les voyageurs âgés de neuf mois et plus qui se rendent au sud du Sahara. La vaccination n'est en revanche pas recommandée pour les voyageurs dont l'itinéraire se limite au Sahara. Concernant le paludisme, endémique dans tout le pays, il est impératif d'avoir recours à des mesures de protections individuelles contre les piqûres de moustiques et à un traitement médicamenteux adapté.

L'eau courante n'est pas potable ; les maladies diarrhéiques sont chroniques au Tchad. Il est donc indispensable de ne boire que de l'eau décontaminée ou en bouteille, de veiller à son alimentation et de se laver les mains plusieurs fois par jour.

Afin d'éviter tout risque de contamination parasitaire, il est recommandé d'éviter de se baigner ou de laver ses vêtements dans des eaux stagnantes. Il est formellement déconseillé de marcher pieds nus.

En outre, il est impératif de prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger du virus du Sida, lequel affecte une partie importante de la population adulte dans le pays.

Les vaccins contre la rougeole et la méningite sont fortement conseillés, de nombreux cas étant répertoriés dans le pays. Le risque de méningite est particulièrement élevé au Tchad, le pays se situant dans la « ceinture de la méningite ». Les cas sont le plus souvent recensés pendant la saison chaude (particulièrement entre la mi-février et avril).

Enfin, notons que les infrastructures hospitalières publiques sont insuffisantes et généralement peu fiables ; en cas de nécessité, il est préférable de se diriger vers des structures de soin privées, tout en privilégiant, dès que possible, l'évacuation vers un pays mieux pourvu en la matière.

TRANSPORTS

Malgré un effort d'aménagement, le pays souffre dans son ensemble - à l'exception de N'Djamena où les routes sont goudronnées - d'infrastructures routières obsolètes, insuffisantes et passablement dégradées. Durant la saison des pluies (juillet à octobre), les routes sont souvent impraticables, notamment dans le sud.

A N'Djamena et dans le reste du pays, en raison du risque de carjacking il convient de veiller à ce que les portes du véhicule soient verrouillées et les vitres closes.

Dans la capitale, les déplacements à pied sont à proscrire.

Les contrôles sont très nombreux, notamment aux abords des lieux sensibles (aéroport). Il convient, d'obtempérer à tout barrage érigé par les forces de sécurité. On notera que les véhicules ayant des vitres teintées sont interdits.

Pour tout déplacement en dehors de la capitale, une autorisation du ministère de l'Intérieur est requise. Toutefois, envisager un transport interurbain par la route peut s'avérer périlleux. Les coupeurs de route sont toujours actifs, systématiquement armés et potentiellement très violents. La dangerosité des axes routiers est accrue par le non-respect du code de la route par les usagers, le non-entretien des véhicules et l'absence de structures de soins. L'absence d'éclairage public et le défaut de signalisation font que tout trajet de nuit doit être banni. Tout accident de la circulation, a fortiori s'il est mortel, peut rapidement dégénérer en émeute violente.

En dehors des agglomérations, tous les déplacements doivent donc se faire de jour, en véhicule tout terrain (4x4) et préférablement en convoi, muni de réserves suffisantes en eau, en nourriture et en carburant ; l'approvisionnement en carburant est assuré dans les grandes villes mais est difficile hors des agglomérations. Il convient également de veiller à ce que le véhicule contienne des pièces mécaniques de rechange (roue, câbles, etc.) et dispose de moyens de télécommunication efficaces.

Le Nord, en dépit de quelques pistes commerciales ou logistiques bien marquées (entre la Libye et Ounianga Kebir / Faya-Largeau et N'Djamena / Faya-Largeau, Fada et Abéché), est dépourvu de voies terrestres fiables.

Par ailleurs, les autorités diplomatiques occidentales alertent les voyageurs sur la présence de mines dans la zone bordant la Libye. Cette région est difficilement sécurisable du fait des nombreux trafics qui y prospèrent et de l'incursion régulière de nombreux djihadistes maliens.

INFRASTRUCTURES

L'accès à l'électricité est inégal sur l'ensemble du territoire ; seuls 6,4% de la population y a accès. Bien que le taux de raccordement soit plus élevé à N'Djamena que dans les provinces, les coupures sont récurrentes.

A N'Djamena, les possibilités de communication demeurent aléatoires compte tenu de la qualité médiocre de ces services. Par ailleurs, l'accès à certains réseaux mobiles et sociaux (Twitter, Facebook…) peut être coupé par les autorités.

RISQUES NATURELS

Les inondations sont fréquentes dans plusieurs zones du pays et particulièrement dans le sud et l'est lors de la saison des pluies (juillet à octobre).

LÉGISLATION LOCALE

La population étant majoritairement de confession musulmane, il convient de respecter les traditions locales. Le 12 juillet 2015 était instaurée par les autorités nationales l'interdiction du port du voile intégral pour les femmes et du turban pour les hommes.

Par ailleurs, l'utilisation de voitures à vitres fumées est désormais interdite.

Il est interdit de photographier certaines emprises (bâtiments officiels, aéroports, infrastructures telles que des ponts ou ouvrages d'art, etc.), ainsi que les membres des forces de l'ordre.

Climat

Le climat est désertique au nord, sahélien au centre et tropical au sud. Dans le nord, les journées sont très chaudes et les nuits fraîches. Les pluies y sont insignifiantes. Dans le centre, la saison des pluies s'étend de mars à octobre. Dans le sud, la saison des pluies commence en mai et se termine fin septembre. Lors de la saison sèche (décembre à avril) les températures sont très élevées (surtout entre la mi-février et avril) : l'air est asséché par l'harmattan, un vent sec et chaud venu du Sahara traversant le pays du nord au sud.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 235

Il n'y a pas de service d'urgence dans le pays.

Electricité

Voltage: 220 V ~ 50 Hz

Prises: