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Turquie Rapport de pays

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INTRODUCTION

Les conditions de voyage, l'environnement sécuritaire en Turquie (80 millions d'habitants) varient d'une région à une autre. De manière générale, tout voyage en direction des régions frontalières de la Syrie ou à Diyarbakır est déconseillé en raison du risque sécuritaire persistant. L'augmentation du nombre d'attaques terroristes, notamment liée à l'activité de plusieurs groupes armés dont le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et l'État islamique (EI), présente une menace directe à la sécurité nationale.

Par ailleurs, depuis le coup d'État manqué de juillet 2016, la répression menée par le gouvernement contre tout opposant politique s'est durcie, à l'instar du prolongement de l'état d'urgence. Ce dernier a été prolongé pour la 7e fois consécutive le 19 avril 2018 pour une période de trois mois. Cependant, des manifestations aux formes variées sont fréquemment organisées à Ankara et à Istanbul. Le niveau de la criminalité est variable selon les villes : relativement faible à Istanbul, en légère hausse à Ankara - même si les crimes violents restent rares.

RÉGIONS DÉCONSEILLÉES

Les ressortissants occidentaux présents en Turquie sont exposés au risque d'attentat et de kidnapping, notamment dans le sud, à proximité de la frontière syrienne où l'organisation djihadiste « État islamique » (EI) est active (voir section TERRORISME). Ainsi, la majorité des gouvernements occidentaux déconseillent à leurs ressortissants tout déplacement dans un rayon de 10 km de la frontière syrienne et de la ville de Diyarbakir.

Depuis 2015, les tensions et affrontements dans le sud-est se sont ravivés. Par conséquent, certains gouvernements occidentaux suggèrent à leurs ressortissants d'éviter tout voyage - sauf raison impérative - dans les provinces de Siirt, Tunceli et Hakkâri ainsi que dans les régions de Batman, Bingo, Diyarbakir, Elazig, Gaziantep, Hatay, Kilis, Mardin, Mus, Sirnak, Şanlıurfa et Van.

Des couvre-feux ont été décrétés dans les provinces de Diyarbakır, Sirnak, Mardin et Hakkâri, et sont imposés de manière régulière dans les villages et agglomérations du sud-est.

TERRORISME

Plusieurs groupes armés sont actifs en Turquie, parmi lesquels l'EI et le Parti des travailleurs kurdes (PKK). 

Depuis l'été 2015, les militants du PKK mènent régulièrement des attaques, souvent meurtrières, dans le sud-est. Sont principalement visés des commissariats de police, des pipelines et les forces de l'ordre. La reprise des combats entre le PKK et les forces gouvernementales a mis fin au cessez-le-feu de 2013 qui clôturait un conflit vieux d'une décennie (40 000 victimes).

De nombreuses attaques meurtrières ont eu lieu récemment dans les principales villes turques :

Le 31 décembre 2016, au moins 35 personnes ont perdu la vie lorsque deux hommes armés ont ouvert le feu dans une discothèque d'Istanbul (Reina) alors qu'était célébrée la nouvelle année ; une quarantaine de blessés furent déplorés. L'attaque a été revendiquée par l'EI. Le 10 décembre 2016, deux explosions survenaient près du stade Besiktas à Istanbul, tuant 41 personnes et blessant 155 autres. La première détonation fut provoquée par une voiture piégée à l'entrée principale du stade ; la deuxième par un kamikaze se faisant exploser au milieu des forces de l'ordre dans le parc Macka. Le groupe militant kurde TAK, affilié au PKK, a revendiqué l'attaque. Dans la soirée du 28 juin 2016, un attentat suicide perpétré par trois assaillants portant des armes à feu cibla l'aéroport international d'Istanbul-Atatürk (IST), provoquant la mort de 44 personnes et faisant de nombreux blessés. Des attentats ont également frappé le centre d'Istanbul le 7 juin et le 19 mars, faisant une quinzaine de victimes et plusieurs dizaines de blessés. Le 13 mars, un attentat à la voiture piégée visait la capitale Ankara (Parc Guven) au prix d'un bilan humain élevé (37 victimes ; une centaine de blessés), une action imputée au PKK. Le 18 février 2016, une voiture a explosé au passage d'un convoi militaire à Ankara, tuant au moins 28 personnes (61 blessés). Le TAK a ensuite revendiqué l'attaque. Le 12 janvier, un attentat suicide provoque la mort de 10 personnes (15 blessés) dans le quartier de Sultanahmet Square (district de Fatih) à Istanbul. Le 10 octobre 2015, un double attentat à la bombe dans le centre d'Ankara (quartier d'Ulus, près de la gare) perpétré lors d'une marche pour la paix faisait plus d'une centaine de morts et 500 blessés.

Une reprise des actions terroristes - principalement dirigées contre les forces de police - du Parti-Front de libération du peuple révolutionnaire (DHKP-C), mouvement d'extrême gauche, est également à signaler.

En dépit de cette kyrielle d'attentats récents, Ankara et Istanbul demeurent des villes relativement sûres.

POLITIQUE

La situation politique a changé de visage en Turquie et la répression politique s'est intensifiée suite à la tentative de coup d'État des 15 et 16 juillet 2016 menée par une faction de militaires (le « Conseil de la paix dans le pays »). Cette tentative de prise de pouvoir a été violemment réprimée (350 morts dont 179 civils). Le 20 juillet 2016, le Président Recep Tayyip Erdogan instaurait l'état d'urgence pour une durée de trois mois, accordant des pouvoirs supplémentaires aux autorités et aux forces de sécurité afin de rétablir l'ordre. Celui-ci a été prolongé à plusieurs reprises depuis lors.

Parmi les mesures prises, l'acte le plus significatif est sans doute la dérogation à la Convention européenne des droits de l'homme. Dans le cadre de l'état d'urgence, les autorités ont arrêté plus de 50 000 personnes ; 150 000 autres ont perdu leur emploi, dont de nombreux journalistes, des militaires et plusieurs centaines d'individus soupçonnés d'accointance avec Fethullah Gulen, accusé par Ankara d'avoir joué un rôle central dans la tentative de putsch.

Par ailleurs, un référendum constitutionnel a été organisé le 16 avril 2017. Voulu par le président Erdogan, ce référendum proposait de renforcer les prérogatives présidentielles, permettant au chef de l'État actuel de consolider sa mainmise sur les institutions. La campagne s'est déroulée sous de fortes tensions et le référendum a été approuvé avec 51,4 % des voix. Celle-ci a été marquée par de nombreuses manifestations dans le pays, notamment à Ankara, Istanbul et Izmir, dénonçant le résultat de la consultation ainsi que des irrégularités électorales alléguées.

Les prochaines élections présidentielles et législatives sont programmées en 2019. 

RISQUE SOCIAL

Les manifestations ne sont pas rares, notamment à Istanbul et Ankara. En avril 2015, le parlement avait approuvé une loi autorisant les forces de l'ordre à ouvrir le feu sur les manifestants en cas d'émeute. Depuis l'échec de la tentative de coup d'État du 15-16 juillet 2016, de nombreuses manifestations pro-gouvernementales se sont déroulées pacifiquement.

À Istanbul, les principaux points de rassemblements sont la place Taksim, l'avenue Istiklal, les places des quartiers de SisliBesiktas et de Kadikoy.

À Ankara, les manifestations se déroulent généralement sur les places UlusSihhiye et sur la place principale de Kizilay.

CRIMINALITÉ

La criminalité varie en fonction des villes considérées. Elle est relativement basse à Istanbul même si certains incidents de délinquance urbaine, tels que des vols ou des pickpockets, peuvent avoir lieu dans les endroits bondés, notamment ceux fréquemment par les touristes. En revanche, les délits mineurs, ainsi que les agressions, les crimes liés à la drogue et la prostitution, sont plus fréquents, notamment à Adana, même si les crimes gratuits violents surviennent rarement.

La criminalité a augmenté à Ankara en 2016, dans la foulée de l'arrivée de réfugiés fuyant les conflits en Syrie. La majorité des crimes et délits relèvent de la petite délinquance et des cambriolages ; des crimes violents (viols, agressions, assassinats) - ciblant principalement les nationaux turcs - surviennent également.

Il est conseillé de refuser toute boisson ou nourriture offerte par des inconnus et de se méfier des nouvelles amitiés trop rapides. À titre d'exemple, des sédatifs seraient utilisés par des masseurs de spa (spas privés et dans des hôtels) afin de faciliter les agressions sexuelles.

CRISE DES MIGRANTS

Plus de trois millions de réfugiés syriens séjourneraient aujourd'hui sur le territoire turc, dont beaucoup sont installés dans des camps précaires près de la frontière. D'autres tentent de rejoindre l'Union européenne. Comme mentionné ci-dessus, l'arrivée de migrants sur le sol turc aurait notamment pour conséquence une hausse de la criminalité ; une situation susceptible de déboucher sur des manifestations locales d'hostilité.

RISQUES NATURELS

Le risque naturel est à surveiller. La Turquie est située dans l'une des zones sismiques les plus actives de la planète. Le nord peut être secoué par de violents séismes (cf. faille d'Izmir ; 18 000 victimes à l'été 1999) ; l'est n'est guère épargné, comme en témoigne le puissant séisme du 23 octobre 2011 (magnitude 7,2) et ses 500 victimes.

La Turquie connaît également des précipitations à l'occasion violentes et destructrices pouvant entraîner des glissements de terrain. À trois reprises durant l'été 2017, des pluies torrentielles à Istanbul ont provoqué des inondations et impacté significativement les transports.

SANTÉ

Il est recommandé de souscrire une assurance couvrant les frais médicaux et le rapatriement sanitaire avant le début du séjour. Si les hôpitaux publics peuvent manquer de moyens, de nombreuses infrastructures privées très modernes dispensent des soins de qualité (mais onéreux) dans les grandes agglomérations et les villes touristiques.

Un risque limité de paludisme existe de mai à fin octobre dans la province de Mardin. Des cas sporadiques avaient été signalés en 2014. A priori, il n'y aurait aucun risque de paludisme dans les principales zones touristiques de l'ouest et du sud-ouest. 

La fièvre hémorragique de Crimée-Congo (CCHF) devient une préoccupation sanitaire publique majeure en Turquie dans les régions proches de la mer Noire et dans les départements de Sivas, Tokat et Corum (région d'Anatolie centrale). 

Les maladies diarrhéiques sont fréquentes en Turquie. Il est de ce fait avisé de consommer de l'eau en bouteille.

La présence de nombreux chiens errants à Istanbul et Ankara, responsables de la diffusion de la rage, est à considérer.

TRANSPORTS

Le réseau routier est de bonne qualité dans les grandes villes et en cours de modernisation. La signalisation routière est conforme au protocole international. Cependant, la Turquie connaît l'un des plus hauts taux d'accident de la route au monde. Les piétons doivent se montrer extrêmement prudents, notamment lors de la traversée d'une rue, les automobilistes faisant souvent peu cas du Code de la route. Il est conseillé d'éviter de circuler la nuit, particulièrement sur les routes secondaires.

Il est recommandé de n'emprunter que les taxis officiels disposant de compteurs « taksimetre ».

Le réseau ferroviaire est fiable et relie les principales villes. Des lignes à grande vitesse (YHT) existent. Reliant Ankara-Konya et Ankara-Eskisehir-Istanbul, elles sont abordables et confortables.

De nombreuses compagnies aériennes locales assurent des liaisons multiples entre les différentes villes du pays. Les conditions climatiques hivernales peuvent donner lieu à des annulations et retards, particulièrement à Istanbul aux aéroports d'Istanbul-Ataturk (IST) et Sabiha Gökçen (SAW).

Des restrictions de circulation routière peuvent être appliquées dans les districts frontaliers de la Syrie et l'Irak ainsi que dans le département d'Agri, où l'accès au Mont Ararat et à Tendürek requiert une autorisation gouvernementale.

LÉGISLATION LOCALE 

En raison de l'état d'urgence en vigueur, les forces de sécurité sont autorisées à arrêter et à fouiller les individus dans les lieux publics et à vérifier qu'ils sont en possession de papiers d'identité en règle ; elles peuvent également interdire les manifestations publiques et imposer des couvre-feux dans certains lieux. Les personnes sans passeport, ou sans autre document d'identité valide, peuvent être emprisonnées ou verbalisées (cf. amende, procès-verbal). Sous ce régime d'état d'urgence, les individus peuvent être détenus pour une durée (maximale) de 30 jours.

Il est interdit, sous peine de prison, d'insulter la nation turque, le chef de l'État ou le drapeau.

Il est interdit de prendre des photographies ou de filmer certaines infrastructures militaires ou gouvernementales. Des photographes ayant pris des clichés à caractère politique ont été arrêtés par les autorités.

La Turquie reste un pays de transit majeur sur la route des Balkans vers l'Europe de l'Ouest pour le trafic de drogue. La possession et la consommation de drogue sont punies par la loi. Le trafic de drogue est puni (peine de six à douze années de prison). Il est hautement conseillé aux voyageurs de se méfier de tout colis suspect et de ne pas accepter de produits proposés par un inconnu.

De même, le trafic des biens culturels est strictement réglementé et sanctionné par la loi.

DIVERS

La communauté LGBTQ+ n'est pas acceptée par l'ensemble de la société turque bien qu'elle ne soit pas en soi illégale. De manière générale, la société turque demeure conservatrice quant à la majorité des questions liées aux droits LGBTQ. La communauté LGBTQ est fréquemment victime de violence, de discrimination et de harcèlement.

Climat

Le climat varie selon les régions. Il est méditerranéen sur les bords de la mer Egée et de la Méditerranée : chaleur l'été et douceur l'hiver. Il est continental dans les terres avec des températures qui descendent en dessous de 0°C en hiver et atteignent parfois 40°C en été (notamment en Anatolie). Sur les bords de la mer Noire (nord) le climat est plus tempéré et plus arrosé.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 90 Police: 155 Pompiers: 110 Ambulances: 112

Electricité

Voltage: 230 V ~ 50 Hz

Prises: