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Rapports de pays

Venezuela Rapport de pays

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INTRODUCTION

Les personnes se rendant au Venezuela (916 000 km2 ; 30,9 millions d'habitants) doivent tenir compte du regain de tensions qui touchent tout le pays. La crise économique et politique, qui s'aggrave depuis plusieurs années, n'a fait que s'accroître ces derniers mois. Le système démocratique Vénézuélien est en déroute, l'inflation est galopante, le pays fait actuellement face à des pénuries d'essence, de médicaments, de nourriture et autres produits de base, les maladies sont en recrudescence et la criminalité est en forte hausse.

RISQUE SOCIO-POLITIQUE

La situation politique, en permanence entre provocations, tensions et agitations, susceptible d'évolutions rapides, mobilisant les masses en grands volumes, devra être observée par le visiteur avant et durant son séjour. Demeurez à l'écart de tout rassemblement ou mouvement de foule, dans les rues de Caracas notamment, lors des périodes de troubles et de récession économique. Toute manifestation doit être systématiquement évitée en raison du risque de violences de la part des manifestants, des forces de sécurité ou des groupes armés. Les barrages routiers (« guarimbas ») sont une stratégie communément utilisée par les manifestants ; ceux-ci peuvent engendrer d'importantes perturbations dans la circulation des véhicules ainsi que de violents affrontements. Les forces de sécurité ou les groupes paramilitaires armés, loyaux au gouvernement, peuvent tenter de mettre fin aux manifestations organisées par l'opposition, ce qui peut être à l'origine de heurts parfois mortels.

Comme mentionné ci-dessus, des manifestations se poursuivent dans la capitale Caracas et dans les grandes villes depuis début avril 2017. Cette agitation sociale a paralysé la vie quotidienne de Caracas, les routes étant bloquées par des barrages érigés par les manifestants et/ou les forces de sécurité, le métro fermé par le gouvernement et les magasins et entreprises clos dû au risque accru de violence. De nombreux affrontements, souvent meurtriers, ont eu lieu, entraînant la mort d'une douzaine de personnes et des milliers d'arrestations. Ces manifestations ont été lancées par l'opposition politique qui dénonce l'autoritarisme de plus en plus marqué de l'administration du Président Nicolás Maduro. Celui-ci a notamment décrété le report indéfini des élections régionales et l'illégitimité des décisions prises par l'Assemblée Nationale, aujourd'hui dirigée par la coalition de l'opposition MUD (Mesa de la Unidad Democrática).

Les prochaines élections présidentielles devraient avoir lieu avant mai 2018. Cependant, le climat politique tumultueux laisse penser que ces dates sont sujettes à changement.

CRIMINALITÉ

Le Venezuela est confronté à un niveau particulièrement élevé de crimes violents et à un contexte sécuritaire qui s'est fortement détérioré ces dernières années. En 2016, le pays a connu le taux d'homicides le plus élevé pour la deuxième année consécutive depuis son indépendance en 1823. L'Observatoire Vénézuélien de la violence (Observatorio Venezolano de la Violencia - OVV) a estimé le taux annuel d'homicides à 91,8 meurtres pour 100 000 habitants, plaçant le Venezuela en tête des pays en paix avec le plus taux d'homicides. Les crimes et délits à Caracas interviennent à tout moment de la journée et sont attribués aux organisations criminelles, aux gangs de rues. Les quartiers fréquentés par les touristes et les expatriés ne sont pas exempts de tout risque (kidnappings, cambriolages, vols à main armée, carjackings et vols à l'arraché).

En conséquence, les personnes présentes dans le pays, particulièrement en zone urbaine, sont invitées à rester vigilantes et à faire profil bas en toutes circonstances, les criminels pouvant cibler les étrangers pour leur richesse apparente. Ces derniers peuvent être armés ;  en cas d'agression, n'opposez aucune résistance et ne fixez pas votre agresseur dans les yeux.

Le recours aux services de sécurité privée est devenu de plus en plus commun pour les visiteurs officiels et hommes d'affaires, ainsi que pour les résidents. L'utilisation de voitures blindées est désormais fréquente à Caracas, notamment la nuit et pour les transports en provenance ou en direction de l'aéroport.

Les voyageurs noteront que la route en direction de l'aéroport international Maiqueta-Simón Bolívar (CCS) de Caracas est notoirement périlleuse ; de nombreuses agressions se produisent à l'aéroport, à l'intérieur et à l'extérieur des terminaux. Les criminels opèrent au sein de l'aéroport, repérant les passagers aux allures aisées et informent ensuite les bandits armés et braqueurs de voitures en attente sur les routes à l'extérieur de l'aéroport. Certains voyageurs ont été suivis depuis l'aéroport et agressés sur le chemin ou à leur arrivée à Caracas.

A Caracas, des hôtels aux prix raisonnable sont situés dans les quartiers sûrs comme celui de Chacao.

La zone Sabana Grande et les « barrios » de la ville (bidonvilles densément peuplés) connaissent un niveau élevé de criminalité et en tant que tels, doivent être évités.

ENLÈVEMENTS

Le nombre de kidnappings-express, contre rançon, a décuplé ces dernières années, jusqu'à devenir l'un des crimes les plus répandus dans ce pays marqué par la violence. Le nombre de cas s'est accru de 300% entre 2009 et 2015, et a continué d'augmenter en 2016.

Lors de kidnappings-express, les victimes sont généralement retenues en otage jusqu'à 24 heures par leurs ravisseurs. Durant cette période, une rançon est demandée ; la victime peut être amenée à retirer de force autant d'argent que possible dans des distributeurs de billets. La victime peut également être ramenée à son domicile qui sera cambriolé (argent, appareils électro-ménagers, automobile, etc.). Si vous êtes agressé, gardez votre calme, ne résistez pas et obéissez aux injonctions de votre agresseur.

CRISE ÉCONOMIQUE

Le Venezuela souffre actuellement de pénurie pour certains biens de première nécessité (aliments, produits domestiques, médicaments, fuel, etc.), d'eau et d'électricité ; une situation qualifiée de crise humanitaire par certains observateurs. Selon le gouvernement, ces pénuries (à l'origine de nombreux pillages, d'une affluence accrue dans les magasins et de tensions économiques) seraient dues en partie à la criminalité organisée, à la mauvaise gestion de l'économie nationale planifiée ainsi qu'à la contraction des recettes de l'État, elle-même une conséquence de la baisse des cours du pétrole (une des principales ressources vénézuéliennes à l'export).

Le pays est également confronté à divers autres problèmes socio-économiques : chômage, la pire récession économique depuis 70 ans, une hyperinflation et une pauvreté endémique (affectant 12 millions d'individus, soit plus du tiers de la population). Pour la quatrième année consécutive, le FMI prévoit une contraction de l'économie vénézuélienne de l'ordre de -7,4%  en 2017.

TRANSPORTS

Certaines compagnies aériennes internationales ont suspendu ou réduit le nombre de vols depuis et vers le Venezuela ces derniers mois, en raison de problèmes d'approvisionnement en devises étrangères, des problèmes de sécurité et/ou d'une demande faible.

À noter encore que Caracas (nord du pays ; 3,7 millions d'habitants) est fréquemment engluée dans les embouteillages. 

En raison de problèmes de sécurité (risque élevé de carjacking), il est pratique courante d'ignorer les feux rouges, surtout la nuit.

Les checkpoints sont fréquents, surtout sur ​​les routes interurbaines. Ils sont généralement tenus soit par la police locale ou par la Garde nationale bolivarienne (GNB). Il est obligatoire de s'y arrêter ; les automobilistes doivent être prêts à montrer les papiers d'immatriculation du véhicule, une attestation d'assurance  et une pièce d'identité («cedula» ou passeport). Les policiers et les gendarmes peuvent  fouiller les véhicules.

RISQUES NATURELS

Le Venezuela est vulnérable aux catastrophes naturelles. La saison des pluies dure (en règle générale) de mai à décembre. Les précipitations torrentielles et les glissements de terrain sont fréquents durant cette période. 

Le littoral septentrional des Caraïbes est régulièrement touché par des tempêtes tropicales de juin à fin novembre. Même si les frappes directes par les ouragans et les tempêtes tropicales sont relativement rares, les orages peuvent donner lieu à des pluies torrentielles, des vents violents et des inondations qui peuvent causer des dommages matériels et humains importants.

Les zones côtières (du centre et du nord du pays, où Caracas est située) sont exposées au risque sismique. 

FRONTIÈRE COLOMBIENNE

Les points de passage terrestres à la frontière avec la Colombie ont été fermés en août 2015, pour lutter contre le crime et les différents trafics dans la région frontalière, où les trafiquants de drogue et divers groupes armés sont présents (cf. Etats de Zulia, Táchira et Apure). La frontière a partiellement rouverte mi-août 2016 ; actuellement, seuls les piétons peuvent la franchir, et en seulement cinq points : le pont Simon Bolívar, le pont de La Unión (reliant le département colombien de Norte de Santander, et l'Etat vénézuélien de Táchira), le pont Jose Antonio Paez (reliant Arauca et Apure), le passage de Paraguachon (reliant La Guajira et Zulia) et le passage de Puerto Carreño (reliant Vichada, en Colombie, avec Apure et Amazonas au Venezuela). Ces points de passage seront ouverts de 06h00 à 21h00 (heure locale). Aucun accord concernant une réouverture complète de la frontière n'a été conclu pour le moment.

LÉGISLATION LOCALE

Photographier des installations militaires ou stratégiques, y compris les aéroports militaires et le palais présidentiel, est interdit par la loi.

Même si un certificat de vaccination contre la fièvre jaune n'est pas une obligatoire pour entrer au Venezuela, il y a eu des cas où des fonctionnaires ont illégalement imposé une amende aux voyageurs dans l'incapacité d'en fournir un. Certaines compagnies aériennes desservant le Venezuela insisteront sur la nécessité d'avoir une preuve de vaccination avant le voyage.

Des contrôles stricts de change sont en vigueur au Venezuela. Il existe actuellement deux taux de change officiels (ainsi qu'un taux au marché noir).

SANTÉ

Au chapitre sanitaire et médical, les visiteurs noteront que dans de nombreux sites touristiques (notamment Isla de Margarita et Puerto la Cruz), les standards de soins dispensés s'avèrent très inférieurs à ceux existants en Europe et en Amérique du Nord ; des pénuries de médicaments et de matériel médical affectent désormais gravement le système de santé vénézuélien. Les personnes se rendant au Venezuela sont invitées à se munir de médicaments de première nécessité.

Il est conseillé à tous les voyageurs de souscrire - avant le départ - à des assurances santé et voyage exhaustives, couvrant notamment les évacuations d'urgence.

En raison de crises politique, financière et sociale en cours dans le pays, ainsi que des années de secret de la part du gouvernement, des statistiques fiables concernant les épidémies sont limitées. Dans le même temps, il convient de noter que les fréquentes coupures d'eau et les pénuries de produits d'hygiène ont augmenté les taux de gale, de diarrhées et d'amibiases ces dernières années au Venezuela.

L'eau du robinet est impropre à la consommation. La fièvre typhoïde, le choléra et l'hépatite A sont présents. Ces maladies sont transmises par des aliments ou de l'eau contaminée. Afin de minimiser les risques, il est recommandé de se laver les mains avant les repas et de ne boire que de l'eau en bouteille.

Un certain nombre de maladies transmises par les moustiques sont endémiques. Ces maladies sont présentes dans tout le pays, à l'exception des zones de haute altitude. Le risque de transmission de maladies s'accroit pendant et après la saison de pluies.

Le Venezuela est actuellement touché par une grave épidémie de paludisme. Approximativement 240 000 cas de paludisme ont été signalés en 2016 ; la majorité - environs 75% - ont été recensés dans l'État oriental de Bolivar. Cette maladie est également présente dans au moins 17 États, dont Amazonas, Sucre, Delta Amacuro, Monagas, Zulia, Apure, Mérida, Portuguesa, Sucre et Táchira. Il existe un risque de fièvre jaune dans les états suivants : Aragua, Carabobo, Miranda, Vargas, et Yaracuy, ainsi que dans la région de la capitale. Toutefois, aucun cas n'a été signalé ni en 2015-2016, ni jusqu'à présent en 2017. Un vaccin est disponible. Il doit être impérativement administré au moins 10 jours avant un séjour dans une zone touchée par la fièvre jaune afin d'être efficace. Le pays est actuellement confronté à une épidémie de virus Zika. Selon certaines estimations, plusieurs centaines de milliers de personnes auraient été contaminées. Bien que le virus demeure habituellement relativement bénin, un lien possible entre le virus Zika et la micro-encéphalite (malformation à la naissance), ainsi qu'avec le syndrome neurologique Guillain-Barré, aurait été établi. La dengue est également présente. Près de 30 000 cas ont été officiellement signalés en 2016 ; le véritable décompte pourrait être bien plus élevé.

Les visiteurs sont invités à prendre les mesures nécessaires pour se protéger contre les piqûres d'insectes (utiliser un insectifuge, des moustiquaires, éviter les eaux stagnantes, porter des manches longues et des pantalons amples, etc...).

En raison du risque de schistosomiase et d'autres infestations parasitaires, il est déconseillé pour les voyageurs de se baigner dans les plans d'eau douce (lacs, rivières) et de marcher pieds nus à l'extérieur.

Climat

Le climat est tropical, avec une zone tempérée sur la côte. En montagne, le climat est plus frais. Les températures varient peu au cours de l'année. La saison sèche s'étend de décembre à avril, la saison des pluies prévaut le reste de l'année. La pluviométrie augmente en allant vers le sud. La côte est relativement aride, les Llanos et le massif guyanais sont bien arrosés et la partie amazonienne connaît des précipitations toute l'année.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 58 Police: 171 Pompiers: 171 Ambulances: 171

Electricité

Voltage: 120 V ~ 60 Hz

Prises: