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Rapports de pays

Yémen Rapport de pays

Survol

INTRODUCTION

Le climat politique et sécuritaire du Yémen reste des plus sensibles. La majorité des gouvernements occidentaux déconseillent formellement tout déplacement dans cet État. Le Yémen (27 millions d'habitants) est un pays fragile et en développement, pauvre et affligé par une situation politique précaire et une guerre civile ravageuse. Le pays fait également face à un péril terroriste au quotidien, aux enlèvements (visant notamment les Occidentaux) et à une violence généralisée liée au conflit.

POLITIQUE

Le Yémen est instable sur le plan politique en raison de la guerre civile mettant aux prises les militants Shiites menés par Abdul-Malik Al-Houthi, face gouvernement et à ses forces régulières. En janvier 2015, les rebelles capturaient le Palais Présidentiel, et de facto s'emparaient du pouvoir à Sanaa. Les avancées des rebelles Houthis ont forcé le président à s'exiler, d'abord à Aden puis en Arabie Saoudite.

Face aux avancées des insurgés houthistes dans le centre, le nord et le sud, une coalition réunissant plusieurs pays arabes a été créée par l'Arabie Saoudite en mars 2015 ; les opérations successives de la coalition ont grandement contribué au recul des Houthis, aujourd'hui essentiellement sur la défensive dans le sud et à l'est de Sanaa.

Les raids aériens intenses menés par la coalition ont causé de très nombreuses victimes, tant civiles que militaires, valant à cette dernière d'être la cible de critiques de la communauté internationale. L'attaque la plus meurtrière avait eu lieu le 8 octobre 2016, à Sanaa, lorsqu'une frappe aérienne sur un cortège funéraire avait fait plus de 140 victimes.

Ces dernières semaines, le conflit se focalise essentiellement sur Taïz (sud de Sanaa), assiégée depuis plus de 18 mois, sur l'ouest du pays autour de Mokha, la frontière entre l'Arabie Saoudite et le Yémen, enfin, dans les provinces de Najran, Asir et Jizan. La campagne aérienne de la coalition a affaibli les positions des Houthis. On déplore également par ailleurs des affrontements avec des groupes terroristes, notamment Al-Qaida dans la Péninsule Arabique (AQPA). Depuis le début de l'intervention étrangère, plus de 10 000 victimes seraient déplorées.

TERRORISME

L'instabilité du Yémen est également alimentée par l'action des membres d'AQPA. Des affrontements violents entre l'armée yéménite et les combattants djihadistes sont fréquents à Hadramaout (est). En décembre 2015, les combattants d'AQPA étaient parvenus à renforcer leurs positions dans l'Est, au prix de violents combats avec les forces de sécurité, capturant les villes de Zinjibar et Jaar, à l'est d'Aden. Depuis lors, les forces gouvernementales ont repris Zinjibar, se sont assuré quelques gains territoriaux, mais la force de frappe des cellules terroristes demeure significative.

La menace terroriste perdure sur de larges pans du territoire. L'organisation djihadiste « État Islamique » (EI) appelle à perpétrer des attaques contre les ressortissants et intérêts occidentaux présents au Moyen-Orient. Aujourd'hui, le Yémen ne fait pas figure d'exception. En plus de la menace que représente la branche yéménite d'Al-Qaïda, l'une des plus actives du groupe terroriste, l'EI a accru sa présence dans l'Est, comme en témoignent les multiples attaques revendiquées par l'organisation terroriste à Sanaa et dans les principaux centres urbains, Aden compris (cf. attaque du 29 août 2016). La situation sécuritaire à Aden demeure particulièrement tendue (cf. assassinat du gouverneur revendiqué par l'EI en décembre 2015 ; 23 mai 2016, deux attentats suicides de l'EI visaient le quartier de Khormaksar à Aden, tuant une cinquantaine de personnes). Les attaques suicides contre les forces Yéménites à Aden le 10 et 18 décembre 2016 avaient fait plus de 100 morts et 130 blessés.

L'effort militaire contre le AQPA s'est intensifié en 2017 en raison de la résurgence de sa menace et de l'arrivée au pouvoir de l'administration de Trump. Fin juillet, les forces spéciales américaines menaient des raids au sol contre un camp de l'AQPA situé dans le gouvernorat d'Al Bayda (première opération américaine lancée directement sur le territoire yéménite depuis le début du conflit en 2015 ; elle fut critiquée localement et sur la scène internationale en raison du nombre important de victimes civiles).

ENLÈVEMENT

Plus de deux cents ressortissants étrangers ont été enlevés ces quinze dernières années au Yémen. Les gouvernorats de Saada, Mareb, Shabwah, Abyan, Lahej, du Jawf et de l'Hadramaout sont particulièrement exposés à ce risque. Ces enlèvements peuvent être le fait de plusieurs groupes, criminels (et visant à obtenir une rançon), terroristes ou rebelles.

Le ministère français des Affaires étrangères rappelle à ses ressortissants l'état très précaire de la situation sécuritaire et politique locale : « De nombreux membres d'AQPA sont implantés au Yémen, en particulier dans sa partie sud et est (région de l'Hadramaout). L'organisation dit cibler particulièrement les Français et recourt régulièrement à l'assassinat ou à l'enlèvement. »

Parmi quelques exemples :

Décembre 2014, Al-Qaïda exécute deux otages étrangers ; Août 2015, une ressortissante française est libérée par ses ravisseurs après avoir été kidnappée à Sanaa en février 2015 ;  Le 1er décembre 2015, une ressortissante franco-tunisienne du Comité International de la Croix Rouge (CICR) est kidnappée à Sanaa puis libérée le 3 octobre 2016, grâce au concours de la diplomatie omanaise ; Un prêtre indien a été kidnappé à Aden en mars 2016. En mai 2017, il apparaît dans une vidéo appelant le gouvernement indien à œuvrer à sa libération ; Septembre 2016, un professeur américain est enlevé à Sanaa.

TRANSPORTS

L'aéroport international El Rahaba (SAH) de Sanaa n'est ouvert qu'aux vols humanitaires et militaires bénéficiant des autorisations spécifiques. Il est, qui plus est, susceptible de fermetures intempestives à tout moment.

Les grands axes routiers sont goudronnés mais dangereux par temps de pluie et la nuit. Les axes secondaires ne sont pas asphaltés. Il est fortement conseillé de recourir à un chauffeur local. L'approvisionnement en carburant est très incertain.

Tout voyage s'effectuant par voie maritime à proximité des côtes yéménites est sujet aux attaques de pirates, lesquelles se soldent généralement par des prises d'otages, de plus en plus violentes. Le golfe d'Aden dans son ensemble demeure très exposé aux attaques et exactions diverses, un risque entretenu par la faiblesse structurelle des États avoisinants, Yémen compris. Plus récemment, différents navires émiratis et américains ont été pris pour cible par des missiles vraisemblablement tirés depuis des positions terrestres houthistes. Tant que les côtes n'auront pas été sécurisées, le risque demeurera. 

SITUATION HUMANITAIRE

Le Yémen traverse une grave crise humanitaire, liée tout à la fois à l'instabilité politique décrite plus haut, aux actes de violence militaire et terroriste constants depuis 2014 - sinon plus - et au blocus imposé par la coalition internationale.

Les principales conséquences visibles de cette crise humanitaire sont sans doute la famine frappant toutes les régions contrôlées par les rebelles, souffrant du blocus imposé par la coalition, et l'épidémie du choléra, qualifiée de « sans précédent », affectant bon nombre de gouvernorats du pays.

L'ONU rapporte que depuis mars 2015, en moyenne 113 personnes sont tuées ou blessées chaque jour au Yémen. Les personnes affectées par le conflit font face à des carences nutritionnelles et manquent d'accès à l'eau potable. Quelque 3,5 millions de Yéménites sont sans abris (déplacés, réfugiés).

SANTÉ

Il est essentiel avant votre départ de souscrire à une assurance prévoyant le rapatriement sanitaire. La situation sécuritaire dégradée impacte les infrastructures sanitaires, déjà limitées, dans l'ensemble du pays ; idem pour la disponibilité des médicaments et traitements qui permettraient de limiter le développement des maladies infectieuses. Ce constat est d'autant plus aggravé par le fait que les erreurs répétées lors des frappes aériennes menées par la coalition internationale ont à plusieurs reprises touché des infrastructures médicales assistées, voire directement gérées, par des ONG présentes sur le terrain. 

L'eau n'est pas potable au Yémen. Le pays subit en ce moment une épidémie de choléra majeure. Plus de 500 000 cas ont été signalés entre la fin avril et la mi-août 2017, provoquant la mort de près de 2000 personnes. Pour réduire le risque de contamination, il est impératif de se laver les mains régulièrement et soigneusement, de ne boire que de l'eau purifiée ou en bouteille, et d'éviter les aliments crus ou insuffisamment cuits.

Le nombre de cas de dengue, une maladie transmise par les moustiques, a largement augmenté depuis fin 2015, notamment dans le centre et le sud du Yémen (région du Taïz).

On recensera également au nombre des maladies présentes sur le territoire : la rage, la leishmaniose et la gale (transmises par piqûre d'insectes ou morsures d'animaux).

Une épidémie de poliomyélite sévit actuellement.

Un certificat de non-séropositivité (VIH-Sida) est exigé pour tout séjour de plus d'un mois.

LÉGISLATION LOCALE

Depuis 2010, le Yémen ne délivre plus aucun visa touristique. Il faut une autorisation spéciale des autorités yéménites pour pouvoir s'y rendre. Les personnes ayant le tampon israélien sur le passeport se verront refuser l'entrée sur le territoire yéménite.

Le Yémen est un pays musulman. Il convient de se montrer respectueux des rites et coutumes propres à la religion musulmane dominante. Les femmes doivent se couvrir les bras et les jambes ; il est interdit de fumer, de manger, ou de boire en public durant la journée, pendant le mois du Ramadan.

L'importation d'alcool est fortement déconseillée ; si une certaine tolérance existe, le risque de confiscation reste très élevé.

Climat

La saison des pluies arrose le Yemen de mars à août sauf dans les zones désertiques du Nord et de l'Est. Sur les côtes, le climat est chaud et humide, difficilement supportable, en juillet et août. La période la plus clémente s'étend de décembre à février. Dans les reliefs, les températures sont tempérées, l'été est humide et l'hiver est sec. En haute altitude (2 000 mètres), les écarts de températures sont importants entre le jour et la nuit.

Numéros utiles

Indicatif téléphonique: 967 Police: 199 Police touristique à Sanaa: 00 967 1 226 623

Electricité

Voltage: 220/230 V ~ 50 Hz

Prises: